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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Sakuran Moyoco Anno PIKA EDITION

Série terminée - 1 tome paru

Chronique du 11/01/11

Kiyoha est une jeune courtisane dans le quartier des plaisirs d'Edo. Arrivée dans la maison Tamagiku alors qu'elle était encore enfant, elle a appris les bonnes manières puis les bases de son futur métier de prostituée.
Sakuran retrace le chemin de cette fille pas comme les autres, une petite effrontée qui gravira néanmoins tous les échelons jusque devenir une Oiran, c'est à dire le plus haut rang des courtisanes.

Vous avez peut-être entendu parler du film Sakuran. Vous l'avez peut-être même vu. Eh bien il s'agit ici du manga qui est à l'origine du film réalisé par Mika Ninagawa.
Un manga qui a le mérite de montrer le fonctionnement du quartier des plaisirs, en nous immergeant dans une maison, que l'on peut comparer aux maisons closes que l'on connaît.
Vous l'aurez compris, Sakuran parle de prostitution, mais pas que. C'est aussi une histoire d'amour, des petites trahisons, et un peu d'humour.

J'ai lu l'album et j'ai vu le film, je peux donc allègrement comparer. Tout d'abord, je suis déçu de ne pas retrouver dans le manga ce qui m'a plus dans l'adaptation cinématographique : la couleur. Il faut dire que Mika Ninagawa étant une photographe renommée, l'usage des décors est dans le film quelque chose de somptueux. Le travail de la réalisatrice a aussi quelque chose de fabuleux dans le sens où elle a repris les répliques qu'elle a aimé, et qu'elle a monté le film en se permettant des ajustements de son cru. Par exemple, la trame de l'histoire est contée différemment et... elle a rajouté un peu de poésie qui fait ma foi un peu défaut au manga (avec les cerisiers par exemple).

Cependant le manga est tout de même plus complet. On y retrouve des détails qui nous ont manqué dans le film. Comment Kiyoha a eu le pantalon pour s'enfuir chercher son amant par exemple.
Il y a aussi quelques scènes qui n'ont pas été adaptées au cinéma, comme celle du doigt coupé.

D'un point de vue dessin, je trouve parfois périlleux de différencier les courtisanes. Mis à part Kiyoha et ses grands yeux qui la rendent unique (je fais le même reproche au film sur ce point).
Les prostituées sont vraiment majestueuses, le trait est fin et bourré de détails, c'est un délice. Comparativement, le visage du vieil habitué de la maison est selon moi bâclé. Mis côte à côte, c'est flagrant.
J'ai aussi beaucoup apprécié la couverture au visuel magnifique et les quelques pages colorisées à chaque début de chapitre.
Ce que j'aurais aimé lire ce manga entièrement en couleur !

En bref, j'aime le caractère bien trempé de Kiyoha. Je trouve quand même que le film est parvenu à sublimer le manga de Moyoco Anno.

Chronique du 11/01/11

Dans le Japon de l'Ere d'Edo existait un monde tout à fait inconnu des civilisations occidentales. Pendant un siècle, l'Occident s'est persuadé que les Geishas, ces belles femmes occupant les quartiers des plaisirs, ne pouvaient être que des prostituées. Aujourd'hui, on lève le voile et on se cantonne tellement au débat sur le statut exact de la Geisha qu'on en oublie qu'elles ont cohabité avec des prostituées, des vraies. Ces prostituées vivaient dans un monde extrêmement hiérarchisé. Un microcosme dans le microcosme des quartiers des plaisirs.

Sakuran est le seul manga (du moins le seul traduit en France) qui parle de cet univers. Enfin... Si l'on excepte, bien sûr, les deux cases consacrées à Yumi Komagata dans le tome 17 de Kenshin le Vagabond. Bref, Sakuran est le seul qui dépeint cette société si particulière, ses complots et ses coups de théâtre. Et c'est bête à dire, mais il traite d'un sujet auquel je m'intéresse tout particulièrement depuis plusieurs années.

J'ai découvert l'existence de Sakuran lorsque son adaptation au cinéma est sortie en France. J'avais été frappée par ce film. Réalisé par une photographe, il m'avait marqué par son punch, ses couleurs, sa puissance. Mais j'avais dit que je n'achèterais pas le manga. Je savais que je le lirais si je tombais dessus, mais la couverture n'était pas du tout engageante. Des yeux énormes et cernés, des mains trop carrées et pas du tout féminines (et vu l'univers, c'est quand même dommage). Il aura finalement fallu que Jérôme m'offre la BD. Ces mains qui sont si moches sur la couverture ont beaucoup plus de grâce à la lecture, et en noir et blanc, force est de constater que ces gros yeux sont moins choquants (même si bon, ils sont quand même énormes). Certaines représentations de l'héroïne frappent même par la beauté qui s'en dégage.

La question du graphisme passée, on est bon pour la lecture du scénario. Difficile, en ayant vu le film au préalable, de s'en détacher. Je suppose que l'adaptation cinématographique est donc extrêmement réussie, d'autant qu'on retrouve dans le livre cette puissance qui caractérisait le film. Les quelques représentations en couleur marquent autant par leur vivacité que les images de Mika Nikagawa et le caractère de Kiyoha est tout aussi volcanique et rebelle. On remarquera toute fois que le film a tellement rallongé l'histoire que Moyoco Anno pourrait écrire un second tome !

Revenons-en au manga. On voit grandir cette jeune femme : de l'enfance lorsqu'elle est vendue, jusqu'à l'obtention du statut d'Oiran, et par elle, on découvre toutes les traditions et pratiques qui leur sont propres (l'apprentissage, les "étalages", les défilés, la vente de la virginité,... jusqu'au grand ménage de printemps), les problèmes inhérents à ces femmes-objets (la jalousie, la concurrence, le savoir-faire, la quête de la liberté, l'Amour avec un grand A, etc.). Mais ce n'est pas un documentaire version manga. C'est vraiment une histoire, la vie d'une femme qui, comme tant de femmes pendant les 3 siècles d'existence de Yoshiwara, a été vendue et a consacré sa vie au sexe et au plaisir des hommes.

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