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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Anjin-san George Akiyama Le lézard noir

Série terminée - 1 tome paru

Chronique du 01/03/13

Au Japon il existe de nombreux magazines de pré-publication de mangas. Bic Comic en est l'un d'eux, confiné au genre seinen (mangas pour adultes).
Un jour, c'était en 1982 (autrement dit je n'étais pas bien grand), l'un des auteurs qui publiait une histoire dans ce bimensuel est tombé malade. Il fallait donc rapidement trouver une solution de remplacement. Le directeur de la rédaction fait alors appel à George Akiyama (Yûji de son prénom véritable) en lui proposant le défi de créer une histoire pour la semaine suivante. C'est ainsi qu'est né Anjin-san, fruit de l'urgence et de l'improvisation.

Anjin-san, c'est un personnage atypique et tout en rondeur. Chauve, de petite taille, il nous paraît sans âge, entre l'enfant et le vieillard.
Sa bouille sympathique et son sens de la répartie font aussitôt de lui quelqu'un d'attachant. Très vite pourtant, il nous intrigue.
Au début de l'histoire, Anjin Onodera (car c'est là son nom complet) vadrouille sur les routes et, pétri d'une gentillesse infinie, aide les gens qu'il croise et qui se trouvent dans le besoin. Il suit son petit bonhomme de chemin sans jamais s'en dérouter, il ne cède jamais aux diverses avances qu'on lui fait. Et pourtant, quel homme pourrait résister aux charmes de ces femmes en détresse ?

« Je ne suis personne... Je suis un homme banal... »

Au fil des histoires, Anjin-san nous paraît comme quelqu'un d'extraordinaire et de plus en plus mystérieux. À l'entendre, son grand père aurait 2500 ans et porterait le nom de Shakya-muni, le nom véritable de Bouddha. Des propos qui pourraient prêter à sourire mais que penser lorsqu'on le voit, quelques pages plus loin, s'envoler avec son parapluie. Des images qui nous rappelleront forcément Mary Poppins... ou pour les bédéphiles français que nous sommes, l'ermite du Retour à la terre.
Mais son pouvoir le plus précieux, c'est son don de voir dans le cœur des gens.


« Quand un être humain naît, la première bouffée d'air qu'il respire... s'il ne la recrache pas, elle reste dans ses poumons jusqu'à sa mort. C'est pour cela que l'homme n'oublie jamais sa région natale. C'est mon grand-père qui disait ça. La région natale, c'est l'air. »

Après plusieurs histoires, il fait la rencontre de Kirihito, un jeune voyageur qui en quelque sorte fuit son passé. Intrigué par Anjin-san, le jeune homme décide de le suivre dans sa région natale, et se fait héberger chez lui, dans une vieille auberge. C'est dans ce lieu qu'il fera la rencontre d'une geisha joviale et plutôt mignonne pour laquelle il s'entichera : Hinagiku.
Une histoire dans l'histoire qui apportera un fil conducteur à la série, mettant par moments le lecteur masculin autant mal à l'aise que ce pauvre Kirihito, démuni face à la belle et aux réflexions du vieux.

« Ça ne se voit pas parce que je suis toujours en kimono, mais j'ai de belles jambes, non ?
_ Euh... oui... Hein ?
_ Dis... Kirihito, tu es amoureux de moi, non ?
»

Anjin-san est quelqu'un de bon, tout simplement. Petit à petit on a l'impression qu'il s'efface au profit de ces deux autres personnages qui deviennent au fil des pages aussi importants que lui.


J'ai par moments trouvé la narration un peu chaotique, avec des ellipses entre les pages et des rythmes variables. Ça m'a gêné plusieurs fois mais au final ça me paraît bien anecdotique.
Car George Akiyama nous livre un récit où la philosophie côtoie le bonheur : une lecture qui fait du bien, tout simplement.
Pourtant, quand on connaît un peu l'œuvre de l'auteur, on ne peut qu'être surpris par ce personnage si gentil et attentionné, à 20000 lieues de Jintarô, le caïd de Shinjuku (son seul autre manga traduit en France à l'heure actuelle) et du reste de sa sulfureuse bibliographie.
George Akiyama a pour habitude de choquer en dépassant les limites du politiquement correct, Anjin-san est la preuve qu'il sait aussi nous surprendre en inversant complètement ses habitudes.

Le dessin (publication en 82/83) est très typé old school, dans la veine des auteurs de l'époque (Ishinomori, Tezuka...), tout en rondeur et simplicité. Un trait qui ne plaira peut-être pas à tout le monde mais une histoire qui devrait cependant ravir tous ceux qui, comme moi, auront succombé au charme de ce titre empreint de sagesse, d'amour et de poésie.


Un autre avis : David Fournol



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