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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Raghnarok Boulet (s)(d) GLÉNAT

Tome 1: "Dragon Junior"

Chronique du 01/05/08

Petit dragon deviendra grand, mais avant cela, il doit apprendre ! Il aimerait déjà savoir cracher du feu, pour l'heure, il faudra d'abord savoir volet !

Bande-dessinée humoristique basée sur une succession de blagues tenant sur une page et se suivant chronologiquement, Raghnarok traite des aventures d'un dragon. Contrairement à ses congénères, il est tout petit, et répugne à manger les humains. Un caractère atypique que sa mère (plutôt dans le genre pas commode) essaie de lui faire passer. Mais rien n'y fait, il tient à sa ligne de conduite et n'en démord pas.
Outre Raghnarok lui-même et sa mère, on retrouve également deux personnages importants : la grand-mère, doyenne de la famille, tellement grosse qu'elle ne bouge plus de son antre et gardant son trésor, et Najette, la fée, qui est sensée être sa guide et accompagnatrice. Tous les dragons en ont une !

On s'amuse bien, c'est une BD divertissante, même si j'ai préféré le "Miya", du même auteur également.




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Tome 1: \\"Dragon Junior\\"

Année d'édition
2001

Rébétiko David Prudhomme (s)(d) FUTUROPOLIS

Rébétiko (La mauvaise herbe)

Chronique du 12/12/11

Octobre, 1936.
Quand Stavros se lève... qu'elle heure est-il ? Le soleil est en tout cas déjà haut et la journée promet d'être longue.
Ce soir comme tous les soirs, il jouera du Bouzouki au Mikra-Asia jusqu'à l'aube, s'enivrant de Haschich au narguilé.
Mais avant ça, il va devoir se rendre à Singrou. Markos doit sortir aujourd'hui après six mois de taule. C'est l'heure des grandes retrouvailles, la bande pourra enfin être de nouveau réunie.

Le Rébétiko est un genre musical bien particulier. Né en Grèce, il est le fruit de l'immigration Turque, se nourrissant chaque jour des malheurs des bidonvilles.
Ces musiciens, bien que reconnus pour certains, sont pourchassés, arrêtés et maltraités. La faute à Métaxas, un dictateur nationaliste qui prit le pouvoir en 1936 et qui luttait contre ce fléau des bas-quartiers, le Rébétiko étant associé à la contrebande, à la drogue et aux bagarres dans les bars.
C'est de cette population là, vivant sous le regard de la police, dont David Prudhomme a voulu nous parler.

Il y a plusieurs thèmes qui sont abordés dans cet album d'une centaine de pages. La musique bien évidemment en premier lieu.
On y voit des musiciens jouant des instruments à corde qui peuvent nous paraître bien exotiques à nous français, faisant pourtant fureur dans les quartiers Athéniens. Pour ma part, je n'avais jamais entendu parler de Bouzouki – un luth à manche long – ou de Baglama – le même en plus petit.
La musique est accompagnée d'un chant qui vient des tripes, qui raconte la misère, la fumette, les femmes et la douleur. C'est une sorte de Blues Grec en somme, où l'improvisation reste une discipline reine.

Et puis d'autres thèmes, plus violents, viennent se greffer à ça.
On ressent la dictature en place dans le pays. On ressent cette répression qui fait froid dans le dos. Il ne faisait pas bon être immigré à l'époque, alors pensez-donc, un immigré musicien ! Les instruments étaient cassés ou au mieux simplement confisqués, leurs maîtres étaient jetés en prison.
Outre l'aspect politique, le récit développe aussi la vie dans les quartiers pauvres. Une vie où le vol était monnaie courante, où les gens préféraient vivre le moment présent ne sachant pas s'ils seraient encore là le lendemain. Il faut dire qu'il y avait des clans, que certains n'hésitaient pas à trahir, tromper ou vendre... et que les querelles se réglaient souvent à coups de surin dans le lard.

Plus j'y repense, et plus je trouve ce livre bien fait. Il porte un regard sur le monde salué par un prix taillé exprès pour lui durant le festival d'Angoulême 2010.
Le dessin, coloré, sent bon le soleil qui tape fort dans le ciel des pays méditerranéens. Les visages sont expressif, pour certains ils dégagent même une certaine classe. Le personnage de Stavros en est le parfait exemple, toujours bien habillé avec son chapeau visé sur le crâne et un air de cador.
Côté scénario, c'est l'histoire d'une nuit qui dégénère. De part sa longueur, elle parvient à capter tous les détails de ce climat ambiant particulièrement tendu de l'époque.
Si j'ai un reproche à faire à cette bande dessinée, ce serait plutôt sur son aspect musical. Je ne suis pas parvenu à ressentir le rythme des airs entonnés. Au contraire du Blues d'un Meteor Slim, qui pour moi est d'un genre plus connu, je me suis senti perdu avec ce Rébétiko là... mais le scénario est indéniablement plus abouti.

Chronique du 12/12/11

Aujourd'hui, je vous invite à aller planer au son des bouzoukis un narguilé au bec, car Rébétiko nous entraine sur les traces de la diaspora turque en Grèce en 1936. Une société marginale que le gouvernement dictatorial de Métaxas persécute, mais surtout des hommes qui ont gardé leur identité et leur liberté jusqu'au bout : celle de fumer, de jouer de la musique et de profiter de la vie sous les couleurs chaudes de d'Athènes et de David Prudhomme.

Leur musique, le rébétiko, est véritablement au centre de leur existence. A la lecture de cette petite centaine de pages, on découvre ce son trippant sans en avoir jamais entendu une seule note. Je n'ai même pas eu la curiosité d'aller écouter ça sur Internet, ça ne m'a pas paru utile parce que le rythme langoureux du rébétiko résonne dans les cases.

Marrant ça : j'ai été incapable de retrouver la musique du blues dans Le rêve de Meteor Slim alors que 1. tout le monde a été saisi par cette ambiance (sauf moi donc) et que 2. j'avais du blues en fond sonore. Mais au contraire, alors que je ne crois pas avoir jamais entendu une seule note de rébétiko, j'ai littéralement plongé dans leur musique à la lecture de l'album.

Par ailleurs, les personnages semblent être hors du monde. Devenus hors-la-loi par la seule pratique de leur art, ces musiciens se rient du dictateur et de ses interdits, ridiculisent les policiers et les producteurs. Ils cultivent leur indépendance avec cette musique proche de ces exilés qui viennent les écouter dans les bars, et celui qui se laisse tenter par les échos de l'Amérique et des dollars perdent leur âme de rébète. Ce qui transparait chez ces hommes, c'est l'insouciance et l'authenticité.

Une BD qu'on lira donc avec ce même état d'esprit. C'est une lecture hors du temps, une détente, une pause dans notre quotidien, que l'on savourera d'autant plus si on rame pour trouver le temps de lire. Si vous êtes overbooké : lisez donc Rébétiko !!!

Roaarrr Challenge
- Prix Regard sur le monde - Angoulême 2010


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Rébétiko (La mauvaise herbe)

Année d'édition
2009

Regard par-dessus l'épaule (Un) Pierre Paquet (s), Tony Sandoval (d) PAQUET

Un regard par-dessus l'épaule

Chronique du 15/03/10

Pepeto est un petit garçon de onze ans. Comme il passait devant le magasin de farce et attrape où il n'avait jamais osé entrer, il se décide cette fois de franchir le pas et d'acheter ses premiers pétards. En rentrant chez lui, à pas feutrés pour ne pas se faire prendre par sa mère, il voit une statue bouger... voulant la rattraper, il passe au travers du mur et se retrouve enfermé dans un monde parallèle...

J'ai trouvé cette bande-dessinée moins sombre et surtout moins prenante que celles que je connaissait de Tony Sandoval. Mais cela vient probablement du scénario qui pour une fois, n'est pas de lui, mais de Pierre Paquet. Ce dernier n'en est vraisemblablement pas à son premier exercice en tant qu'auteur, mais c'est la première fois qu'il pose son nom sur une œuvre, qui je pense, lui tient vraiment à cœur.

Dans celle-ci, nous suivons les pas d'un jeune garçon dans une quête initiatique intérieure. Au départ, on se demande s'il rêve ou fait un cauchemar, mais on ne croit pas vraiment à un monde fantastique derrière un mur... il y a quelque chose de trop profond dans le récit, de cohérent en somme.
C'est une véritable introspection, avec la figure emblématique du père et tout ce qu'elle symbolise... la transmission d'un savoir, le recherche du père, l'évolution dans la vie, l'endossement des responsabilités... le discours du jeune garçon est plutôt mature pour son âge.
On ne saura en revanche qu'à la fin le message qu'a voulu faire passer l'auteur dans ce livre.

J'ai pas trouvé le scénario fantastique, malgré tout. J'ai pas été profondément emballé. Ça se laisse lire sans être folichon, heureusement : c'est joliment dessiné.




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Un regard par-dessus l\\'épaule

Année d'édition
2010

Réseau Bombyce (Le) Cecil (s)(d)(c), Éric Corbeyran (s-T1-T2), Tatto Caballero (c-T3) Humanoïdes Associés

Tome 1 : " Papillons de nuit "

Chronique du 04/06/11

C'est la nuit, l'heure des voleurs. Lui, c'est Eustache, il a 15 ans. Alors que le butin lui tendait la main dans la vitrine de l'antiquaire, c'est là que la Rousse débarque en fanfare. Mais comment a-t-elle fait pour arriver si vite ?
Repartant bredouille, il sait bien qu'une fois la Rousse semée, il va devoir affronter le courroux de Gustav, son "patron". Sauf que ce soir là, ce dernier n'est pas d'humeur. C'est le casse raté de trop et il décide d'en finir avec Eustache... c'est pourtant bien lui qui a le dernier mot.
Bien des années plus tard, Eustache et son fidèle compère Mouche forment le Réseau Bombyce, la compagnie de monte-en-l'air la plus célèbre du coin.

Le premier tome du Réseau Bombyce, récompensé par le Prix des libraires en 2001, pose les bases d'une histoire bien alléchante. Le duo de voleurs, habitués de la cambriole de haute voltige, vont tomber sur un butin plus qu'inattendu. Alors qu'ils pensaient rafler le pactole du Baron dans son inexpugnable manoir vertical, ils ne trouvent finalement qu'une bobine de film et un carnet d'adresses.
Le film en question étant plus que compromettant (et ignoble, aussi, tant qu'à faire, puisque c'est un "snuff movie"), ils décident de s'improviser maîtres chanteurs. Pas dans leurs habitudes, mais il faut bien vivre...
Ils sont alors bien loin de s'imaginer dans quel pétrin ils se sont fourrés.

Le récit, rondement bien mené, a tout pour plaire. Il mélange le polar noir et la vie de rapine avec brio. On suit les aventures haletantes de ce duo des toits et on se demande bien comment ils vont se sortir de ce mauvais pas. Pour complexifier la toile, nos protagonistes (et surtout Eustache dans ce premier volet) ont un lourd passif et une certaine sensibilité, ce qui donne lieu à un chassé-croisé narratif des plus intéressants.

Côté graphique, j'ai trouvé plutôt sympathique de voir que l'histoire se déroulait dans Bordeaux, du moins dans un Bordeaux très Steampunk et pas mal chamboulé. La scène de la gare au tout début de l'album est là pour nous le signaler, mais c'est vraiment un point de détail tant la transformation est grande.
Les décors sont fouillés, et je reste fasciné par les décorations mais aussi tous les petits gadgets qui rendent le style Steampunk si envoûtant.

Une série qui est depuis peu terminée et qui compte trois tomes. Alors prenez l'envol !
Affaire à suivre...



Roaarrr Challenge
- Prix des libraires 2001 (T1)


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Tome 1 : \\" Papillons de nuit \\"

Année d'édition
1999

Tome 2 : " Monsieur Lune "

Chronique du 29/10/11

Le réseau Bombyce est plutôt mal en point. Eustache et Mouche ont vu trop grand en s'attaquant au Baron de Harcourd. Le monsieur à le bras très long et leur en fait voir de toutes les couleurs. S'ils s'en sont sortis après l'épisode du tournage dans le hangar 5 et qu'ils ont secouru la belle Zibeline - qui s'en tire toute défigurée - ils n'en sont pas moins blessés tous deux et ardemment recherchés par la police, totalement sous les ordres du Baron.
La situation est grave et plus que précaire...

Le second tome nous met rapidement au parfum : les protagonistes s'en sont sortis. Malheureusement pour nos héros, cela vaut tout aussi bien pour eux que pour le Baron.
Mais faut-il remercier le docteur Elysius, médecin ivrogne de bas étage, de les avoir remis sur pied ? Étant donné la situation, on se demande s'il n'eut pas été préférable pour eux d'être morts et enterrés. Car le Baron n'a pas renoncé à sa bobine de film et compte bien les retrouver morts dans d'atroces souffrances (et ils n'ont assurément pas fini d'en baver).

Un second opus tout aussi noir, sinon plus, que le premier. Le récit met en scène une véritable course poursuite entre la police et le réseau, une traque qui ne laisse pas de place à la tranquillité. On a la désagréable impression que les mailles du filet sont bien trop serrées pour ces petits papillons de nuit, qui bien qu'agiles acrobates, ne pourront s'échapper. Car les connaissances du Baron sont aussi influentes que nombreuses. Il en est même qui connaissent le passé d'Eustache, lequel traine derrière lui plus de casseroles qu'il n'y parait, sans pour autant avoir connaissance de ce qui se tramait autour de lui à l'époque.
Quel secret cachait donc l'occiput de cet immonde Gustav ? Si nous ne le savons pas encore, nous pouvons désormais être assurés qu'il n'a rien de glorieux, voire même qu'il est aussi sordide que celui du Baron !

Rappelons que le réseau Bombyce est une trilogie, terminée de surcroit, et qu'une intégrale est même parue ce mois-ci ! Alors n'hésitez plus si vous aimez le brigandage et les hautes envolées, cette série est faite pour vous !




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Tome 2 : \\" Monsieur Lune \\"

Année d'édition
2002

Tome 3 : " Stigmates "

Chronique du 01/11/11

Eustache est parvenu à convaincre son ami Mouche de l'aider à rentrer dans la maison de feu le docteur Brücke, qui avait séquestré le nain peu de temps avant de trouver la mort. Revenir sur les lieux n'enchantait guère son complice, mais Eustache pensait pouvoir y retrouver Zibeline, peut-être prisonnière elle-aussi de ce psychopathe.
Pendant ce temps, le Baron de Harcourd a décidé de passer à la vitesse supérieure. Il a usé de son influence pour convoquer une troupe d'élite de l'armée, spécialisée dans le dépistage et l'élimination. Monocle aura bien du mal à justifier leur venue auprès de ses supérieurs pour la traque de simples monte-en-l'air, mais le Baron ne lui laisse pas le choix : il veut absolument mettre la main sur le Réseau Bombyce !

On aurait pu croire que la récupération de la bobine de film aurait mis fin à l'obstination du Baron, que nenni ! Pire encore, il semble faire de cette affaire une question de vie ou de mort. Les révélations de Pol dans le tome précédent, l'un des membres du BOA - le club dans lequel ils se réunissent tous pour visionner les vidéos - semblent l'avoir particulièrement affecté, au point qu'il déballe l'artillerie lourde (déjà qu'elle l'était pas mal avant).
La traque se poursuit donc toujours, mais elle se ressent pourtant moins que dans le tome 2 où elle était oppressante. Car cette fois le réseau est chassé mais lui-même s'évertue à poursuivre sa chimère, ou tout du moins celle d'Eustache qui, n'en déplaise à son ami Mouche, n'a pas livré tous ses secrets.

Je suis très enjoué après avoir lu la fin de ce triptyque tant l'intrigue est bien ficelée. Les éléments sont livrés avec parcimonie d'un bout à l'autre. Eustache cachait bien son jeu et à l'image de Mouche, on a l'impression d'avoir été mené en bateau tout du long. Sacré Eustache !
Ceci étant dit, ce pauvre bougre a un lourd passif et on ne peut pas le blâmer d'avoir voulu l'oublier - même si ça lui trottait quand même sacrément dans la tête - et se venger (ah ben oui, y'a une histoire de vengeance évidemment).
Bref, tout se bouscule et s'affole. Le récit nous offre un bouquet final plein de suspense, de tension et de... surprise ! J'aime les histoires qui me surprennent, et on peut dire que là, je suis servi !

Pour conclure, j'aimerais revenir sur le travail de Cecil sur cette série, qui s'apparente au parcours du combattant. Je n'en connais pas tous les tenants et les aboutissants mais je sais qu'il aura fallu huit ans pour que ce troisième et dernier tome ne voit le jour.
Au début, Cecil, qui avait son histoire en tête, avait demandé de l'aide à Éric Corbeyran pour son projet, étant avant tout dessinateur et non scénariste. Ce dernier accepta de lui filer un coup de main. Petit à petit Cecil prit les choses à son compte et apprit sur le tas comment monter un scénario. Sur le tome 2 déjà, Éric Corbeyran avait pris ses distances. Sur le dernier volume, Cecil était tout seul... ce qui explique peut-être les huit ans de labeur.
Il finit par s'épauler de Delphine Cuveele pour les dialogues et de Tatto Caballero à la couleur pour ensemble terminer ce projet de longue haleine. " Ouf ! " diront tous les fans, qui attendaient la conclusion de la série avec grande impatience.

Cette pause de huit ans se ressent forcément dans l'album. Pour ma part j'ai trouvé les dessins toujours aussi beaux, riches et fouillés. La couleur, si elle n'est pas du fait de Cecil, reste à l'image des précédents opus, même si on sent la différence. Pari gagné par Tatto Caballero car il fallait que l'ambiance reste la même. Et puis évidemment, le scénario est plus dense... mais ça me paraît logique compte tenu de la conclusion à amener...

J'ai toujours eu une petite fascination pour les voleurs. Dans les jeux vidéos, ce sont souvent mes personnages fétiches. Dans mes lectures aussi. Si en littérature j'en ai trouvé de très bonnes (surtout Abyme de Mathieu Gaborit), c'est la première fois que je prends autant de plaisir dans une bande dessinée avec des voleurs, qui plus est avec une intrigue bien pensée et menée de main de maître.




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Tome 3 : \\" Stigmates \\"

Année d'édition
2010

Retour à la terre (Le) Jean-Yves Ferri (s), Manu Larcenet (d), Brigitte Findakly (c) DARGAUD

Tome 1: "La vraie vie"

Chronique du 26/10/07

Manu Larssinet et Mariette partent vivre à la campagne, aux Ravenelles, loin de la ville, de son trafic, de la pollution... et des magasins.
Mariette s'acclimate rapidement, mais le changement brutal s'annonce plus compliqué pour Manu ... et Speed (le chat).

Une série de strips hilarants sur le déménagement à la campagne, avec des personnages vraiment sympathiques et des scènes mémorables, des cartons, des digitales pourpres, des potes, des voisins, des soirées, le propriétaire, Mme Mortemont, Tip-Top, la coupe des châtaigniers, l'ancien maire et la boulangère...
C'est assez marrant de se plonger dedans et de s'y identifier finalement (nous aussi, on a migré vers la campagne ... en moins pire quand même). Quelques histoires sont vraiment parlantes, comme les cartons qui sont toujours pas vidés, ou le chat qui au départ était un peu perdu, qu'Angélique poussait à chasser et moi qui le retenait : "pauvre oiseau !".

Un bon moment, vraiment ... il me reste à lire les suivants maintenant :)

Chronique du 26/10/07

Aaaah ! Le retour à la terre, ma référence !

Jean-Yves Ferri a été absolument énorme sur ce coup. Manu Larcenet aussi, ne lui enlevons pas ce qui lui revient de droit...

Cette BD a simplement réussi l'exploit d'être universelle. Je n'ai encore rencontré personne qui ait lu Le retour à la terre sans l'avoir aimée. C'est vraiment incroyable comment chacun peut se retrouver dans ce quotidien décalé de Manu Larssinet et de Mariette. Même ma collègue Sylvie, qu'on ne peut jamais sortir de ses Achille Talon et autres Astérix a été enchantée par Le retour à la terre

En bref, un couple de citadins découvre la vie à la campagne. A mourir de rire ! Mariette explique le concept à merveille dans le tome 2, mais je garde la citation pour le tome 2 justement :)


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Tome 1: \\"La vraie vie\\"

Année d'édition
2005

Tome 2: "Les projets"

Chronique du 28/10/07

L'hiver est maintenant passé, la froideur des Ravenelles laisse la place au printemps. Manu est sur le point de terminer le second tome de "Pic d'ozone" et doit aussi dessiner l'affiche pour la fête du cochon. En même temps, Mariette voudrait un bébé, mais Manu, lui, préfèrerait un potager !

C'est toujours un plaisir que de lire cette série, qui me rappelle bien des choses ^^, comme l'herbe qui pousse et qu'on a la flemme de tondre par exemple, ou le passage sur le lézard. Tiens, pour l'anecdote, eux ils ont eu un lézard dans la maison, nous on en a eu pleins, du vivant au décapité par le chat, en passant par ceux à qui il manquait la queue. Mais le pire, c'était celui, bien vivant, qui se faufile dans le lit quand on se couche ... et croyez moi, ça fait bizarre !
Sinon, la série sur l'épicier m'a aussi beaucoup fait rire, et me rappelle une saynète que j'ai joué au théâtre : "je sais ce qu'il vous faut", mais qui au final ne vend pas ce genre d'article :)

Chronique du 28/10/07

La fameuse citation de Mariette, à la fois typique de l'humour de cette BD et du concept de base : "C'est Manu, vu par Ferri mais dessiné par Manu sauf que quand le Manu de l'album dessine, Manu change de style pour pas qu'on voie qu'il dessine comme lui"

Dans ce deuxième tome, notre charmant couple forment des projets. Mariette veut un bébé, Manu veut un potager. Ce qui amène à des quiproquos mortels :D Et pis y'a l'affiche pour la fête du cochon !


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Tome 2: \\"Les projets\\"

Année d'édition
2005

Tome 3: "Le vaste monde"

Chronique du 29/10/07

Mariette est sur le point d'accoucher, et elle se prépare avec Manu pour cette belle aventure. Les lectures sur le sujet se multiplient et si Mariette se prépare à la naissance du bébé, Manu se pose beaucoup de question et éprouve les pires difficultés à accepter sa condition de futur père !

Comme pour les deux tomes précédents, les histoirettes sont vraiment hilarantes, même si j'ai un peu moins accroché cette fois.
On aborde ici un tout autre sujet, finies les difficultés d'acclimatations aux Ravenelles, on sent même que le couple Larssinet est bien intégré à la vie du petit village. Tout ou presque tourne autour du futur bébé, et la Mme Mortemont joue un rôle prédominant (et on aime bien les gags avec Mme Mortemont).
Ah, il y a aussi quelques pages sur un festival de bande-dessinée paumé au milieu de nulle part avec des "fans" qui viennent se faire dédicacer leurs albums. Parlez à un auteur de BD de ce sujet, et je suis certain qu'ils auront tous quelques anecdotes très sympathiques à vous raconter (pour en avoir discuté avec Loïc Dauvillier il y a peu, c'était vraiment très drôle ... ah, y'en a vraiment, ils font très très très fort ^^' ).




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Tome 3: \\"Le vaste monde\\"

Année d'édition
2005

Tome 4: "Le déluge"

Chronique du 30/10/07

La petite Capucine est née, il est maintenant venu le temps des courtes nuits, du biberon et des couches. Difficile est la vie du jeune parent !

Encore une fois chapeau à Jean-Yves Ferri pour cette bande-dessinée pleine d'humour qui ne cesse de nous faire rire après 4 tomes, et merci à Manu Larcenet de donner vie à Larssinet (Larcenet vu par Ferri mais dessiné par Larcenet) comme il le fait, c'est vraiment super.
J'ai beaucoup aimé cet album, autant sur la "découverte du bébé" que sur les messages du blog, sur les scènes de Mme Mortemont ou sur les paroles de l'ancien maire.... et les inoubliables atlantes :)

Et pour finir en beauté, autant pour cet album très réussi que pour cette excellente série...




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Tome 4: \\"Le déluge\\"

Année d'édition
2006

Tome 5: "Les révolutions"

Chronique du 17/03/09

Alors que Mariette a repris ses études à la fac, Manu se retrouve à jouer les "hommes au foyer". Du coup, à lui les corvées de repassage devant la télé et le biberon de Capucine !

Ce que j'aime dans le retour à la terre, c'est que cette bande-dessinée nous fait rire avec une simplicité absolue. Contrairement à beaucoup d'autres BD qui se veulent comiques, celle-ci pose l'histoire simplement et fait mouche, non pas avec des gags forcément très hilarants, mais avec un naturel inégalable et une mise en abime continue.
Pour moi, le retour à la terre est encore une fois une référence en la matière, et on ne s'en lasse pas. Mieux encore, c'est toujours avec le plus grand plaisir qu'on découvre un nouvel opus, avec des personnages toujours aussi décalés et drôles... et les inoubliables atlantes, omniprésents dans cet album :)

Chronique du 17/03/09

Alors que Mariette est moins présente à la maison, voici Manu Larssinet en père de famille accompli et (plus ou moins) responsable. Sur fond de campagne électorale véreuse, et de "travail" avec Tonton Ferri (qui retrouve les cadavres des trois anglais !), on retrouve avec une formidable régularité le Manu halluciné des premiers tomes et son entourage loufoque. Toujours aussi invraisemblable et divertissante, cette série reste égale à elle-même depuis le départ, une valeur sûre de tous points de vue.


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Tome 5: \\"Les révolutions\\"

Année d'édition
2008

Rêve de Meteor Slim (Le) Frantz Duchazeau (s)(d) Sarbacane

Chronique du 23/10/11

Edward Ray Cochran décide de tout plaquer, sa femme enceinte et sa vie prospère, pour partir à l'aventure, pour arpenter les routes avec sa seule guitare et sa voix sur la piste du Blues !
Il fait alors une rencontre qui changera à jamais sa vie, celle de Robert Johnson. Rien ne compte plus pour lui que le moment présent, à improviser des chansons avant tout pour se faire plaisir et emballer les frangines.
Edward croisera le chemin de cet homme à plusieurs reprises, et apprendra de lui comme d'un mentor ou d'un ange-gardien. Il deviendra Meteor Slim !

Si Meteor Slim est un personnage fictif, certains des artistes qu'il croise ont eux, réellement existé. À commencer par Robert Johnson, l'un des plus grand Bluesman de tout les temps (lui-même ne le sait pas encore à ce moment là).
Le rêve de Meteor Slim pourrait être de celui de tous ces Bluesman des années 30', vivant au rythme de leur musique.

« Vous êtes déroutant vous, un jour vous êtes au plus haut, l'instant d'après vous êtes tout en bas. »

Il en faut du cran pour tout plaquer comme il le fait, pour abandonner sa famille pour une passion qui naît. L'homme n'est pas un saint mais il aime la musique plus que sa propre vie. On peut parfois le détester, surtout lorsqu'il incarne le parfait looser, ou au contraire l'apprécier l'instant suivant, lorsqu'il a retrouvé de sa superbe. Cela ne l'empêche pas d'avoir des remords, d'être touché par la détresse... heureusement, l'alcool est là pour l'oubli, et une guitare à la main il n'a peur de rien (pour reprendre les paroles de Jean Jacques Goldman).
Le Blues, c'est l'improvisation, c'est ce sentiment de liberté qu'il crie à la face du monde.

Cette liberté qui coule du Blues lui-même, on la ressent tout le long de notre lecture, bercés par ce son qui transpire dans chacune de ces phrases enveloppée de ses quelques notes de musique. Je trouve même dommage de n'avoir pas mis Robert Johnson en fond sonore (je me rattrape pour la rédaction de cette chronique. Ouf !).
Et c'est là un véritable exploit qu'a accompli Frantz Duchazeau tant l'exercice est difficile. Il le réalise avec brio, nous donnant même envie de chanter (si ce n'est que je n'ai pas du tout la fibre musicale ^^), avec ces Mmmmmmm qu'on entend résonner comme si nous étions à côté de Meteor Slim et sa bande lors de leurs expressions scéniques.

« If I send
For my baby and she don't comme,
If I send for my ba-by man, and she don't come,
All the doc-tors in hot springs sure can't help - her - none,
Shoot my pis-til, gon-na shoot - my gat-ling gun, gonna shoot - my »


Cette chanson est interprétée par Robert Johnson dans l'album. Si l'on s'en réfère à la vie éphémère de l'artiste (mort à 27 ans, comme tous les grands artistes), qui a perdu sa femme et son enfant sur le point de naître lors de son accouchement, elle prends tout son poids.
Meteor Slim et Robert Johnson ne font que se croiser dans l'album, même si c'est récurrent. Sans le savoir, ils mènent une vie faite de multiples points communs.

Frantz Duchazeau, à qui l'on doit quelques collaborations avec Fabien Vehlmann (Les cinq conteurs de Bagdad, La nuit de l'inca...), a fini par trouver sa voie avec Meteor Slim, puisqu'il a depuis signé deux autres albums sur la musique que sont Les jumeaux de Conoco station (2009) et Lomax (2011).
Depuis Les vaincus (2007), il incarne à la fois le rôle du scénariste et du dessinateur, arborant à chaque fois cette expression noir et blanc, qui pour Meteor Slim, colle si bien au récit.
Un trait aux allures parfois si simples et pourtant tellement expressif et plein de force, alternant ça et là quelques cases dont le graphisme fouillé laisse songeur.

Un beau livre, carré, à l'édition soigné, et qui sent bon le Blues !

Chronique du 03/12/11

A propos de Meteor Slim, on m'a souvent dit : "Quand tu lis cette BD, tu as l'impression d'entendre la musique". Bon ben avouons-le, je n'y connais rien au blues, et on dira que c'est à cause de ça hein... Donc non, je n'ai pas eu la musique au bord des lèvres en le lisant. Je l'ai eu dans les oreilles parce que Jérôme a eu la bonté de me mettre du Robert Johnson pendant ma lecture mais ça s'arrête là.
Cela dit, j'avoue que le rythme lascif du récit s'accorde super bien avec celui du blues, c'est vrai ! Et pas seulement le rythme. Le trait style feutre usé (enfin c'est du pinceau avec de l'encre hein), les fonds sombres pénètrent l'ambiance calfeutrée qui se dégage habituellement de cette musique.

Sortie de ces considérations musicales, Le rêve de Meteor Slim, ses décors aussi bien ruraux que citadins, le vocabulaire... Tout ça m'a littéralement propulsée dans l'Amérique noire et sudiste des années 50, le contexte raciste en moins (forcément vu qu'il n'y a pas un seul blanc dans cette histoire, et on s'en passe très bien). En fait, le background a un côté paradisiaque. Il faut bien dire que Meteor Slim court un peu après la belle vie : la musique, les femmes, l'alcool, et surtout la liberté.

Côté dessin, c'est juste une pure merveille ! Les cordes de la guitare semblent vibrer sous les doigts du héros et le pinceau de Duchazeau. Les personnages gagnent en souplesse et en décontraction. Les ombres et les lumières sont maîtrisées avec un incroyable talent. Entièrement en noir et blanc, on n'imaginerait jamais une once de couleur s'immiscer, elle gâcherait tout !

Je n'ai pas "entendu la musique" de Meteor Slim, mais je l'ai dévoré des yeux et j'ai savouré son récit. En plus, le papier est de très belle qualité, tellement épais que j'ai plusieurs fois cru avoir sauté une page. A défaut de l'ouïe, il me reste la vue, le goût et le toucher, ce n'est pas si mal...


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Année d'édition
2008

RG Pierre Dragon (s), Frederik Peeters (s)(d) GALLIMARD

Intégrale

Chronique du 14/11/14

« Le seul métier autorisé, quand on est flic, c'est poète », nous raconte Joann Sfar en préface de cette édition intégrale.
L'auteur du Chat du Rabbin a eu la chance de croiser la route de Pierre Dragon durant l'affaire de Charlie Hebdo et des caricatures de Mahomet. Il juge aussitôt l'homme de captivant, fourmillant d'aventures et d'anecdotes.
C'est donc à Sfar que nous devons la rencontre entre Frederik Peeters le génial suisse et Pierre Dragon l'inspecteur. C'est ainsi qu'est né RG, fruit de deux histoires policières probablement pas tout à fait vraies mais possiblement pas vraiment fausses. Le secret de la profession exige bien quelques aménagements, mais derrière l'apparat de la fiction c'est bien un récit qui fleure bon l'authentique qui se déroule sous nos yeux avides.


Les intrigues en deux mots

Tout démarre avec Riyad-sur-Seine (l'intégrale est composée de deux tomes). Une mission qui débute comme toujours par la routine : observation, écoute téléphonique... et qui va nous emmener sur une affaire bien plus complexe que le simple changement d'étiquettes sur des pull-over dans une boutique parisienne ne le laissait prévoir.

« Je ne veux savoir que ce qui m'arrange...
Si tu merdes, tu ramasses... si tu réussis, c'est moi qui ramasse... Alors ?
 »

Alternant les prises de contacts et les filatures, Pierre Dragon et ses hommes vont petit à petit rassembler les pièces du puzzle, jusqu'à remonter à la (quasi) source du réseau...
Le boulot de flic est bien ingrat !


Le second volet de l'intégrale, Bangkok-Belleville, nous amène sur l'enquête d'un réseau d'immigration clandestine. Pour parvenir à en retracer l'origine, Pierre Dragon va devoir obtenir la carte blanche d'un juge d'instruction...
Une enquête policière qui déborde largement dans dans la vie privée...


Une bonne dose de savoir-faire

L'expérience de Pierre Dragon dans son métier couplée au savoir-faire de Frederik Peeters dans la bande dessinée crée une alchimie complexe, entremêlant le quotidien de flic et des moments de pause plus intimes. L'auteur suisse brosse ses personnages comme à son habitude, dressant des portraits attachants et évolutifs pour chacun d'eux. Pierre Dragon est lui-même mis en abyme, intégré au récit de sa propre vie. Il est d'ailleurs assez drôle de le voir doté des caractéristiques graphiques propres aux héros-clefs de Peeters (Verlok Nim dans Aâma, l'arabe dans Château de sable...). On se prend petit à petit d'affection pour lui, pour son ami Cyril et ses théories aussi (sur les femmes surtout). On se sent en immersion dans cette ambiance d'équipe à courant alternatif, oscillant entre l'observation fastidieuse et l'action vive : une deuxième famille qui permet de supporter les hivers trop froids et le stress journalier.

RG c'est de la bonne histoire de flic avec de la filature, de l'observation, du cran et quelques accrochages, notamment entre services (ah, les joies de l'entente cordiale et du tirage de couverture).
C'est beau, c'est propre, c'est léché... Ça sonne tellement vrai qu'on sent presque la sueur, la pisse et l'adrénaline selon les circonstances...
Peeters a laissé le noir et blanc de côté un temps pour donner un caractère réaliste à son récit. Des teintes plutôt douces (rien à voir avec les couleurs tranchées qu'il utilisera plus tard dans Aâma) et qui collent bien aux ambiances décrites : le gris du quotidien, l'obscurité de la nuit, l'orangé-rouge de l'amour...

Je n'avais pas lu quelque chose d'aussi bon dans le genre depuis Queen & Courtry, qui bien que légèrement différent dans l'envergure des missions, traite tout de même d'espionnage tout en laissant une belle place à dialogues sur mesure pour des protagonistes incarnés.
Frederik Peeters nous prouve une nouvelle fois avec RG, s'il était besoin de prouver quoi que ce soit, qu'il a le souci du détail et sait mettre en images de belles histoires.



D'autres avis : David, Mo', Yaneck

Le dernier tumblr de Frederik Peeters




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Intégrale

Année d'édition
2012 (1°ed.2007)

Rork Andreas (s)(d)(c), Anne Delobel (c-T1) LE LOMBARD

L'intégrale 1

Chronique du 03/11/12

Rork est un nom qui revient souvent dans la bouche des bédéphiles et pour cause : plus qu'une série haletante, c'est tout un mythe des années 80, un véritable phénomène qui a su conquérir de nombreux fans.
Ce ne fut pourtant pas chose aisée. Publié au départ sous forme de récits courts dans Le journal de Tintin, on ne peut pas dire que Rork ait été la vedette de l'hebdomadaire. Bien au contraire, ces histoires d'un enquêteur du surnaturel sont plutôt effacées par rapport au succès d'autres séries comme Ric Hochet, Yakari, Bob Morane ou Thorgal...
Après une première mise au placard, le rédacteur en chef du Journal de Tintin décide de redonner une chance à Rork pour un numéro spécial. Andreas dessine alors Les Oubliés, une histoire flirtant avec le fantastique d'horreur d'un Howard Phillips Lovecraft et qui faisait bien plus que de mettre en scène le héros aux cheveux blancs : il annonçait aussi le malaise de son géniteur, et son envie de refaire surface.
En 1984, Le Lombart propose à Andreas de publier Rork sous la forme d'albums. Fragments regroupe donc plusieurs histoires courtes, suivi de Passages. 10000 exemplaires se sont vendus en 15 jours, la série était lancée !

Quelques années plus tard, Rork et Le journal de Tintin disparaissent en même temps, en 1993.
Andreas laissait derrière lui 7 albums et des milliers de fans, attendant fermement le retour de l'homme au manteau noir. Un retour qui n'arrivera qu'en 2012 avec le tome 0 : Les Fantômes !

Quant à ceux qui auraient loupé le coche, ceux qui ont entendu parler de Rork mais qui n'ont jamais pu trouver un tome dans une librairie les stocks étant épuisés depuis longtemps, qu'ils se rassurent : pour les 20 ans depuis la fin de la série, Le Lombard édite une version intégrale, deux tomes prévus, qui regroupera l'ensemble publications de Rork.



Pour moi, cette intégrale c'est surtout 3 histoires fascinantes, évocatrices de l'œuvre d'Andreas, que sont Les Fantômes, Passages et Le Cimetière des cathédrales.

Parlons du tome 0 pour commencer : Les Fantômes.
Rappelons tout d'abord que les inconditionnels de Rork pourront le trouver dans le commerce en couleur (d'Isabelle Cochet, aussi coloriste sur la série Capricorne aux côtés d'Andreas), sous la forme d'un album de format classique. Un préquelle qui retrace une enquête de Rork sur les traces de fantômes dont son commanditaire médium avait perdu la trace. Il n'est pas ici question de reprendre les aventures laissées à la fin du tome 7, il n'est pas non plus question de faire apparaître des personnages clefs de la série ni de répondre à des questions laissées volontairement ouvertes.
Mais les inconditionnels de Rork voudront certainement aussi je suppose mettre la main sur l'intégrale, car ce tome 0 est ici présenté en noir et blanc. L'Art du noir et blanc dans toute sa splendeur ajouterais-je même ! Le travail d'Andreas est ici magnifié, d'une beauté extrême.
Le trait est fin et d'une effroyable justesse, le dessin fourmille de détails, les décors sont somptueux, le jeu d'ombre et de lumière est donné par des hachures minutieusement cadencées dans un rythme régulier.

Vient ensuite Fragments (Tome 1), les fameuses premiers histoires publiées dans Le journal de Tintin. On ressent bien l'effet du découpage dû au périodique du fait que les récits sont courts, mais ils demeurent entiers, ce qui aide à nous immerger dans l'ambiance. Une ambiance qui nous rappelle les univers fantastiques de séries comme Au-delà du réel.

Dans Passages (Tome 2) déjà, Andreas cherche à donner de la cohérence à son univers. Il parvient à lier toutes les histoires et à leur donner un fil conducteur. Ce qui nous paraît au départ alambiqué ou improbable devient au final incroyable et cohérent. Et comme le dit si bien Andreas : « L'important, ce n'est pas de tout prévoir, c'est de ne rien oublier. »

L'histoire courte Les Oubliés nous offre des retrouvailles avec Rork. Et c'est en effet un homme profondément marqué par les événements antérieurs qui nous réapparait. Muet sur ce récit, Rork doit faire face à un danger monstrueux, finalement proche de l'univers horrifique de Lovecraft.

Le Cimetière des cathédrales (Tome 3) est ensuite un album mythique et magique.
Parfois en lisant une BD, on se demande si elle n'aurait pas été mieux en noir et blanc. Sur cette histoire j'ai vraiment la sensation que les couleurs sont indiscutables et prennent part intégrante au récit.

Pour finir, Le Sauveur du crétacé voir Rork s'affranchir d'une dernière péripétie dans une histoire très courte (2 pages).


Au fil des albums (hormis ce tome 0 qui est d'une maturité graphique évidente) on peut constater l'évolution artistique de l'auteur : les traits gagnent en spontanéité, les couleurs sont de moins en moins fades (signées par Anne Delobel sur Fragments et par Isabelle Cochet pour Les Oubliés, le reste des histoires étant le fait d'Andreas lui-même), délaissant le petit côté vieillot qu'ont celles des premières histoires. Dès le début on ressent cette passion pour l'architecture avec de grands bâtiments aux formes complexes et travaillées, l'apothéose venant avec les cathédrales pour ce premier tome intégrale. Si Andreas a toujours été à l'aise avec le découpage des cases, on ressent au fil de la lecture de plus en plus son besoin de s'affranchir des conventions usuelles avec des cases dans des cases ou des cases à la fois hautes et étroites. Là encore, ces dernières prennent toute leur dimension avec Le Cimetière des cathédrales, servant des plans de toute beauté.


J'ai vraiment adoré me plonger dans cette lecture... patrimoniale je dirais. Andreas est un grand auteur que tout le monde devrait lire au moins une fois.
L'occasion est donnée avec cette belle intégrale. Notez également qu'une exposition Andreas sera mise en place dans le cadre du 40ème festival d'Angoulême, fin janvier 2013. J'en serais, évidemment !


Un autre avis : Yvan




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L'intégrale 1

Année d'édition
2012

Royaumes engloutis (Les) Roke (s), Elias (d), Oliva (c-T1) PAQUET

Tome 1: "Les fils de la marée"

Chronique du 03/02/07

Dans un monde dominé par les démons et leur roi Serk, Elnar et Goroth ont découvert un dieu endormi. Grâce à lui, ils ont pu triompher de leurs ennemis et ont créé leur Empire.
Cinquante ans plus tard, un petit groupe mené par le capitaine Nord, ancien colonel de l'armée impériale, remarque en ville un démon nommé Brontes et un pirate du nom de Sarsi Aelius et décident d'enquêter sur ce qui se cache derrière cette improbable alliance....

S'il y a une chose que l'on retient après la lecture de ce premier tome, c'est qu'on attend la suite avec impatience. Le scénario met en place beaucoup de chose, et la trame d'une intrigue qui prends de plus en plus d'ampleur.
Les personnages eux aussi sont tous très fouillés, et ont tous un lours passé et des choses à cacher. Dans ce jeu de piste, on a hâte de savoir qui tirera son épingle du jeu.
Le dessin est fin et agréable, les décors sont riches et variés. Nous n'en attendions pas mieux de ce prof de BD catalan, qui s'était déjà fait connaître pour sa première série chez PAQUET: "Naüja".
On en redemande :)




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Tome 1: \\"Les fils de la marée\\"

Année d'édition
2005

Tome 2: "Rédemption"

Chronique du 03/02/07

Siori et Jorel sont revenus de leur mission et ont réussi a sauver Garala, la fille de Senseron, considéré comme le 3ème homme de l'Empire et recherché de tous.
Il va maintenant falloir se rendre à la ville gnome de Gran Kraal, dans laquelle se cache certainement cette astrologue qui avait une bien étrange quête à accomplir....

Un second tome qui clôt la série ? Dommage, d'autant qu'on sent bien qu'à la fin, tout est encore possible. Mais il est vrai que le scénario prendrait alors une toute autre allure, épique voire même mythique. Mais je n'en dit pas plus :)
Cette histoire nous délivre là une conclusion que nous n'attendions pas. Chapeau bas, messieurs, c'est dans la continuité du premier (je noterais même une légère amélioration des dessins, peut-être du fait que les couleurs sont réalisées par Elias lui même ?).




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Tome 2: \\"Rédemption\\"

Année d'édition
2006

Coffret tomes 1&2

Chronique du 03/02/07

A l'occasion de la sortie du tome 2 de cette série, PAQUET a décidé de produire un coffret (c'est la grande mode).
Celui-ci fait apparaître le maître de Jorel, le chevalier Safrac, tandis qu'une illustration du démon Brontes est visible au dos.

Rien de bien extraordinaire, si ce n'est le prix O_o (a pas fait gaffe ^^).

Chronique du 03/02/07

Et dire que c'est moi qui l'ai flanqué dans les mains de Jérôme... Oui j'ai honte.
Tout mauve avec un peu de dessin par ci par là... Bof.


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Coffret tomes 1&2

Année d'édition
2006