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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Quai d'Orsay Abel Lanzac (s), Christophe Blain (s)(d)(c), Clémence Sapin (c) DARGAUD

" Chroniques diplomatiques " Tome 1

Chronique du 30/12/10

C'est un jour important pour Arthur Vlaminck, car il a rendez-vous avec son avenir. Et pas n'importe lequel puisqu'il doit rencontrer Alexandre Taillard de Vorms, le ministre des affaires étrangères. Celui-ci doit lui proposer le job de sa vie : devenir l'un de ses conseillers et écrire ses discours. Il est à ce moment là bien loin de s'imaginer la complexité de son nouveau travail.

Une bande-dessinée qui traite de politique. Ça demande un minimum d'attention. Et d'autant plus lorsqu'elle est nominée dans la sélection d'Angoulême 2011.
En un sens, je comprends l'engouement. Il y a une force incontestable qui se dégage dans chaque trait. Il y a du mouvement, c'est dynamique. On ressent parfaitement l'oppression, le stress, l'angoisse des personnages. Il y a une pression monstre qui ressort du dessin, des bulles ou des onomatopées (dont les omniprésents VLOM, traduisant la vitesse des passages éclairs du ministre, qui ne laisse jamais vraiment le temps aux autres protagonistes d'en placer une).

Maintenant, même si j'avoue trouver le récit original, je ne lui ai pas non plus trouvé de saveur particulière. C'est incontestablement un bon album, mais il ne me touche pas plus que ça. Une lecture qui me permet en tout cas de découvrir le travail de Christophe Blain, et ça c'est plutôt une bonne surprise.

À noter qu'Abel Lanzac a été employé dans le dit ministère, et c'est là qu'il y a puisé son inspiration pour l'album. Dominique de Villepin incarnerait donc le portrait du ministre du temps où il était en charge des affaires étrangères. Un personnage montré comme toujours en avance sur les pensées des autres et un homme pressé... qui ne laisse pas indifférent.

Une petite allusion à Tintin est faite page entre la page 37 et 39 : « Un bon discours, c'est un discours dont on se souvient. C'est comme "Tintin". Vous avez lu "Tintin" ? Vous vous en souvenez ? Pourquoi vous vous en souvenez à votre avis ? ». Le ministre se sert de ça pour expliquer à ses collaborateurs pourquoi ils se sont plantés dans la mise au point du discours. Et on comprend. Et c'est génial (oui Angélique, tu vois, c'est bien Tintin, c'est monsieur le ministre qui le dit).

Autres planches qui m'ont beaucoup plu : le rêve du ministre (pages 91 et 92). L'utopie d'un futur fait de paix, et qui a son héros. Un univers futuriste génial qui tient sur toute la page 92 conclut le rêve. Le travail est ahurissant et complètement hors du temps.

Chronique du 30/12/10

La petite histoire de cet album : Abel Lanzac est un pseudonyme. Derrière ce scénariste se cache un ancien collaborateur de Dominique de Villepin aux Affaires Étrangères. Et Dominique de Villepin se cache lui-même derrière le ministre Alexandre Taillard de Vorms, personnage quasi-principal de cette BD. C'est bon, on est dans le bain de la politique diplomatique, on sait où on met les pieds. Ou plutôt non, on est prêts pour le découvrir, car l'univers dépeint dans Quai d'Orsay est un OVNI de la bande dessinée franco-belge. Il fallait l'oser, Lanzac (?) et Blain l'ont fait.

Dès les premières pages, on est dans l'ambiance. Face à Arthur Vlaminck, jeune "héros" timide et sans expérience, tout est gigantesque (décors, interlocuteurs) et tout va très vite, surtout le ministre.

Le ministre. Tout un personnage. Il ne laisse le temps à personne. Il va droit au but, et tout doit aller vite. Il entre, il parle, il sort. Son grand nez a sans doute été placé là pour améliorer l'aérodynamique de son corps grand et carré version armoire à glace. Deux mots pour le dépeindre : "synthétique" et "VLON" (le bruit que fait immanquablement la porte quand il entre et quand il sort). Il a aussi de la présence, du charisme, il en impose, autant par sa taille que par ce qu'il dégage.
Son livre de chevet : Les Fragments d'Héraclite, semble contenir tout le savoir du monde et de la diplomatie. N'oublions pas non plus l'indispensable Stabilo®. Ces petits objets qui donnent au personnage une dimension rocambolesque.

Tout va dans le sens de la vitesse : textes rapides, personnages speeds, images pleines de mouvement (la speedline des mangas face au trait de Blain, c'est comme me comparer moi sous ma douche face à la Callas), onomatopées à chaque mouvement du ministre, multiplication des bras et des mains à faire pâlir d'envie l'Homme de Vitruve et un rythme presque étouffant.

Bref, on entre directement dans la peau d'Arthur, on est complètement intimidé par ce personnage atypique et noyé dans ses instructions contradictoires et d'apparence abusives. D'ailleurs, dans cette ambiance folle, le jeune Arthur évolue. Du jeune thésard ambitieux mais mal à l'aise, il devient au fur et à mesure plus sûr de lui, plus analytique, plus complice avec ses collègues aussi, mais surtout plus distant dans sa vie privée avec sa copine.

Dans ce cabinet ministériel, on voit défiler les rencontres au sommet (OTAN, Europe, représentants étrangers). Les drames internationaux se font et se défont, les crises les plus graves sont résolues, mais à côté de ça, il semble qu'on est hors du monde, loin du quotidien, loin des gens.

J'y ai aimé certains passages en particulier, aussi parlants du point de vue graphique et scénaristique : le train page 53 (la secrétaire du chef de cabinet qui tente d'empêcher le ministre d'entrer dans le bureau et qui le compare à une locomotive) et la comparaison entre Tintin et le discours diplomatique pages 38 et 39.


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" Chroniques diplomatiques " Tome 1

Année d'édition
2010

" Chroniques diplomatiques " Tome 2

Chronique du 19/01/13

À l'heure où la France s'engage dans une guerre au Mali, voilà que nous nous replongeons ici dans une autre époque... une époque où cette même France était farouchement opposée à la guerre en Irak.
Deux combats, deux causes, deux méthodes.

Alors que le Quai d'Orsay premier du nom nous immergeait dans un environnement politique que nous ne connaissions pas, qu'il nous embarquait en quelque sorte dans de la diplomatie « courante et gentillette » (n'oublions pas le problème des anchois tout de même), le second opus nous amène plus dans le dur avec un conflit très sérieux : la crise au Lousdem !
Le Lousdem c'est ce pays un peu lointain (mais pas trop) qu'on aurait presque oublié aujourd'hui mais qui à un moment donné, selon les « rumeurs » les plus expertes, possédait des armes de destruction massives capables de causer une 3ème guerre mondiale. Évidemment, tout rapprochement avec un pays nommé Irak serait fortuit.
Le constat est simple : les États-Unis souhaitaient la guerre, la France menait une âpre bataille auprès de l'ONU pour s'opposer à une intervention militaire sans preuves irréfutables.
Oui mais voilà, les USA c'est toujours eux les plus forts, même qu'ils ont Superman (ici incarné par M. Cole, tout rapprochement avec M. Colin Powel serait là encore fortuit) !

« Alors, je vous écoute. Qu'est-ce qu'on met à la place de « conséquences graves » ? Je vous écoute.
_ On pourrait dire « graves conséquences ». C'est moins fort que « conséquences graves ».
_ Ils sont comment dans la direction Europe ?
_ Très inventifs aussi.
_ Je sais que vous êtes polyglottes, messieurs. Or, je vous rappelle que la résolution est en anglais et qu'elle sera lue en anglais. « conséquences graves » se dit : « serious consequences ». « Consequences serious » n'existe pas.
»


Bon, vous aurez bien compris que Quai d'Orsay vient une nouvelle fois nous parler de politique, et en particulier de la période où Dominique de Villepin était à la tête du Ministère des Affaires Étrangères.
Le ministre (Alexandre Taillard de Vorms dans la BD) nous y est présenté comme un visionnaire et, si on remet les faits dans leur contexte, force est de constater qu'il avait raison : aucune arme de destruction massive n'a été trouvée en Irak. Et pourtant, j'en viens encore à me demander si, sans l'intervention armée américaine, nous n'aurions pas eu droit à une guerre quand même, initiée par Saddam himself. N'oublions pas que c'était pas un rigolo le monsieur.


Je me suis relu le tome 1 quelques jours plus tôt histoire de me le remettre en tête. Eh bien je n'ai pas du tout le même ressenti que lors de ma première lecture. Mais il faut dire que j'étais sous perfusion sur un lit d'hôpital, les neurones probablement au fond des chaussettes. Ça aide pas ! Cette fois j'ai trouvé la lecture excellente, drôle et pleine de dynamisme, avec une répartie qui met plein de rythme et qui nous en met plein la vue d'un monde qu'on ne connaît pas, nous simples citoyens.

Par contre le second tome m'a moins emballé. Il faut dire qu'il n'y a plus cet aspect découverte du Ministre. Là où il nous surprenait à chaque page (Mais il est dingue ce type !), il nous paraît nettement plus rationnel. Le conflit auquel il doit faire face joue certainement sur ses nerf, ce qui le rend plus prévisible et parfois même désagréable.
Enfin je ne dis pas qu'il n'y a plus de surprise (c'est plutôt un sentiment d'ensemble) parce qu'il parvient encore parfois à nous mettre à genoux.

« Arthur. Venez, on va pisser.
Vous savez, le Président m'a dit un jour quelque chose de fondamental... avec nos vies infernales...
Quand vous avez le temps de pisser, pissez.
Quand vous avez le temps de bouffer, bouffez.
Quand vous avez le temps de baiser, baisez.
HAHAHAHAHA
»


Si je dois donner un gros point positif à cette série (chapeau bas M. Abel Lanzac... Arthur Vlaminck ou qui sais-je), c'est qu'elle retrace vraiment la situation telle qu'elle s'est produite à l'époque. Je me suis amusé à rechercher des vidéos d'archives et je suis tombé sur le discours que Dominique de Villepin a prononcé à l'ONU et qui a été applaudi par tout le monde. Eh bien c'est mot pour mot le texte repris dans la BD.
Un récit qui est donc tout à fait fidèle à l'histoire, du moins pour sa partie publique.
A contrario de L'actu en patate, on n'a pas ici l'impression de retomber dans une actualité dépassée. C'est peut-être le fait de changer les noms des états cibles et des politiciens qui veut ça... ce qui permet à celui qui n'a pas saisi de qui on parlait et de quel conflit il s'agissait de prendre quand même du plaisir à la lecture.

Bien entendu, c'est toujours un enchantement pour les yeux de voir comment Christophe Blain donne vie aux personnages avec son dessin plein de dynamisme.
Un tome 2 qui sent le (Clémence) Sapin (uhuh, mais c'est pas sa faute), plus fade au niveau des couleurs... Sérieux, quel gâchis ce papier glacé ! Il était trop bon celui utilisé dans le tome 1 ?

Allez, histoire de pas finir sur une mauvaise note, estimons-nous heureux d'avoir le droit de prendre des vacances peinards, une bonne BD dans les mains. Franchement, c'est pas une vie votre job au Ministère les gars !

Chronique du 19/01/13

L'humour de Lanzac et le trait ahurissant de Blain, on ne les a pas oubliés, y'a pas moyen. Alors quand le deuxième tome débarque en librairie, ni une ni deux, on saute dessus (mais on met 1 an à en tirer une chro ^^) et on n'est pas déçu, bien au contraire !

Poursuivant (au sens propre du terme, car ça va très très vite) les péripéties d'Arthur Vlaminck au sein du ministère des Affaires Étrangères, les auteurs parviennent toujours à nous faire vivre le quotidien déconcertant du Quai d'Orsay à coups d'affaires toutes plus susceptibles les unes que les autres de mettre la paix mondiale en péril.

Avec un dynamisme explosif, des personnages remarquables, un cynisme détonnant, un décalage truculent et des citations à mourir de rire, ils nous font dévorer cet album de la page 1 à la page 100 avec autant de régal sinon plus que pour le volume introductif.

En effet, celui-ci prend en plus toute une dimension en nous baladant de New-York à Moscou sur le thème de la crise du Lousdem, événement encore très frais dans nos mémoires puisque le retrait des troupes américaines dans ce très célèbre pays du Moyen-Orient ne date que de 2011 (tiens, c'est justement l'année de parution du bouquin, marrant ça). Comment ça, ça ne vous parle pas ??? Mais enfin si quand même : les armes de destruction massive, les inspecteurs, la guerre du Golf, tout ça... Ouais bon l'Irak si vous préférez !

Bref, en implantant son histoire dans une actualité devenue historique, Lanzac embarque ses lecteurs avec d'autant plus d'entrain dans son univers si particulier où quelques hommes enfermés dans des bureaux (ou des avions et des hôtels aussi) pèsent sur l'avenir du monde en jouant avec les mots et avec les faiblesses des diplomates étrangers.

Avec cette fabuleuse habileté, les auteurs nous surprennent et nous voilà scotchés à la page, avides de découvrir comment ces acteurs de l'avenir du monde vont tirer leur épingle du jeu.

Et en prime cette fois, les pensées d'Arthur prennent forme pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques.

Le dessin de Blain est toujours aussi savoureux, il rythme les cases, les pages, les chapitres, il appuie avec un talent incroyable la personnalité et les attitudes des protagonistes. Les pages sont construites avec un véritable savoir-faire, nous embarquant d'une page à l'autre avec la plus grande aisance. Expressivité, action, vitesse, exubérance restent les maîtres-mots... Vivement le troisième tome !!!


D'autres avis : Yvan, PaKa, Snoopy

Roaarrr Challenge
- Fauve d'or - Angoulême 2013


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" Chroniques diplomatiques " Tome 2

Année d'édition
2011

Queen & Country Greg Rucka (s), Collectif (d) AKILEOS

Intégrale T1

Chronique du 10/09/13

Lorsque Yvan nous a récemment fait l'éloge de Queen & Country, il nous a parlé de la meilleure série d'espionnage qu'il ait eu l'occasion de lire. Avec une présentation aussi dithyrambique il est parvenu à capter notre attention. Notre libraire a achevé de nous convaincre, prétextant qu'elle ne connaissait pas suffisamment les romans d'espionnage pour tenir la comparaison mais que du point de vue cinéma et bande dessinée mélangés, Queen & Country était ce qui se faisait de mieux.
Greg Rucka le Tom Clancy de la BD ?

Queen & Country nous amène à côtoyer les locaux du S.I.S. (Secret Intelligence Service), c'est à dire le service en charge de la sécurité de la Grande Bretagne. Les « vigies » du MI-6, au nombre de 3, sont investies de missions coordonnées par leur supérieur direct Paul Crocker. Ils œuvrent de concert pour le pays et pour les beaux yeux de Sa Majesté. Des copains de James Bond en somme.
Parmi ces vigies figurent Tom Wallace (le chef de section), Tara Chace (une femme dangereuse) et Ed Wittering (le bleu).
On pourrait aisément tenter de faire un rapprochement avec les scénarios de Ian Fleming, mais là où James Bond est un héros charismatique mêlé a des aventures centrées sur sa personne, Queen & Country développe surtout des intrigues politiques qui s'imbriquent aux menaces extérieures. Nous sommes sans cesse baladés entre les missions (d'espionnage, d'infiltration et pourquoi pas diplomatiques) et les scènes au quartier général, le cœur même des conspirations.
Et ce n'est pas tout, car en plus de ça, Queen & Country met sur un piédestal ses héros, à la fois chair à canon et terriblement humains. C'est peut-être même le point fort de la série : les agents secrets sont faits de sang et de larmes. Ils ont un cœur, une âme et des remords.

La construction des personnages se fait au même rythme que le récit progresse. Les missions s'enchaînent et nous apprenons d'eux, non pas en revisitant leur passé mais en vivant leur quotidien, suffisamment riche pour tenir en haleine. Nul besoin de connaître ce qu'ils ont été, on vit avec leurs actes et leurs angoisses. Les scènes d'action, prenantes, alternent avec les crispations des manœuvres en coulisses et les moments plus calmes et psychologiques. Une alchimie qui fonctionne bien.

« Et dire que c'est pour ça que j'ai quitté le régiment.
_ Allez, avoue, Ed, ça t'excite de te rouler dans la boue.
_ C'est bon pour le teint, pas vrai ? Non pas que tu en aies besoin... vu que tu es le plus beau spécimen de tous les services secrets.
_ C'est ça, la boue, la sueur et la merde mettent les filles en valeur.
_ Pour moi, oui.
_ C'est comme ça que tu parlais à tes potes du S.A.S. ?
_ J'l'aurais fait... si j'en avais pincé pour l'un d'eux.
»


Pour remplir son devoir, Greg Rucka a pensé à plusieurs dessinateurs. Ils sont 4 dans cette intégrale 1 :
Steve Rolston (partie 1 – Opération : Broken Ground) a un dessin assez simple. Plus clair et sans usage de noirs intenses, il permet une identification rapide des personnages, mais je trouve que son trait à aussi tendance à adoucir leur caractère, à lisser leur personnalité.
Le dessin de Brian Hurtt (partie 2 – Opération : Morningstar) est plus fin. Plus réaliste aussi ! Il donne une vraie identité aux personnages et en particulier à Tara Chace qui est elle-même en quête de repères. C'est incontestablement le style auquel j'ai le plus adhéré dans cette intégrale 1.
Pour finir, Leandro Fernandez (partie 3 – Opération : Krystal Ball) adopte un style plus typé comic-books avec des visages allongés et des allures plus sombres. Certes, ce graphisme colle parfaitement à l'ambiance et renforce le côté manipulateur des dirigeants (c'est de la politique tout de même), mais je l'ai trouvé finalement moins convainquant... Et puis ça m'a dérangé de voir Tara Chace avec d'aussi gros seins alors qu'elle passait plutôt pour une fille jolie mais d'un aspect plus militaire... Les gros seins c'est quand même un peu encombrant pour les missions d'infiltration à la dure, n'est pas Lara Croft qui veut !

Stan Sakai fait également une brève apparition, avec son style cartoonesque bien reconnaissable. Sur quelques pages, il présente une histoire courte sur la mafia russe qui se situe quelque part entre deux chapitres de l'Opération : Broken Ground.

Des styles graphiques très différents pour chaque histoire qui n'ont comme seul point d'accord que le traitement du noir et blanc. Les dessinateurs successifs s'approprient les personnages et les redessinent complètement, ce qui a pas mal complexifié ma lecture... J'ai éprouvé beaucoup de difficultés à chaque début de partie pour retrouver mes marques, je comparais et essayais tant bien que mal de remettre les bons rôles sur les bonnes têtes. Et c'était pour moi un aspect très pénible.


Vous l'aurez compris, le changement graphique permanent m'a un peu perturbé, mais ce qui est fort sur Queen & Country, c'est surtout le scénario, porté par ses rivalités entre bureaux fédéraux et ses personnages qui prennent de plus en plus d'envergure.
On est un peu comme dans une série TV américaine : les premiers épisodes posent le décor et plus on avance, plus on rentre dans l'intimité du récit. Les protagonistes prennent du poids et donnent envie de les suivre. L'intégrale 2 n'est pas très loin.

Chronique du 10/09/13

Yvan nous a vendu Queen & Country comme l'une des meilleures séries d'espionnage. Notre libraire Magali a plussoyé en arguant qu'en littérature comme au cinéma, c'était sans doute ce qui se faisait de mieux. Voilà l'enjeu quand même !
Ou pas, peut-être qu'en fait, c'est juste que le niveau moyen du genre n'est pas très élevé ?

Je suis taquine ! Queen & Country est un excellent divertissement. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on voit du pays. Y'a un peu d'action mais pas trop non plus. Un peu de psychologie mais pas trop non plus. Du sentiment, enfin... à peine. Un bon mélange à bonne dose qui rend addict et qui fait qu'on ne lâche plus sa petite intégrale et qu'on attaque la seconde dans la foulée.

Le soucis – et le système des intégrales accentue vraiment ce défaut – c'est le changement d'illustrateur à chaque épisode, avec un style très différent à chaque fois. Lunch l'avait trouvé vraiment dérangeant. Pour ma part ça ne m'a pas vraiment gêné au premier changement car le premier style (Steve Rolston) est vraiment amorphe et neurasthénique. Le deuxième graphisme (Bryan Hurtt) au contraire est bien en accord avec l'esprit de la série, alors quitter son style pour adopter un genre Lara Croft (mensurations 140-35-100) avec des pifs et des mentons carrés à la Batman (Leandro Fernandez), c'est passé moyen en travers de la gorge sur la troisième histoire (et encore, dans l'intégrale 2 on passe la seconde justement).
Ce qui a dû passer beaucoup plus inaperçu avec une édition originale en fascicules devient vraiment agressif en alignant les histoires les unes derrière les autres.

Bref, un changement de style graphique dommageable sur une série de très très bonne valeur avec une héroïne au caractère bien trempé et pourtant un peu sensible, des directeurs antipathiques, un boss tête brûlée, une secrétaire cynique... Des personnages bien définis qui nous trimballent sur les plus gros conflits de la décennie 2000.

Dommage aussi pour les boulettes de l'éditeur un peu trop nombreuses sur la fin du bouquin avec des tirets de césure au milieu des mots pas « césurés » (euh suis-je claire là ?). Une déception car Akiléos nous a habitué à un travail plus propre...


D'autres avis : Zaelle, Yaneck

Roaarrr Challenge
- Will Eisner Award - Meilleur nouvelle série 2002 (Opération : Broken Ground)


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Intégrale T1

Année d'édition
2012

Intégrale T2

Chronique du 10/09/13

La seconde intégrale repart sur les mêmes bases laissées par les précédentes histoires, c'est à dire un terreau fertile pour de nouvelles missions et de nouvelles conspirations.
Les services secrets essaient tous de tirer parti des investigations des autres, piétinant leurs platebandes lorsqu'ils n'échangent pas de bons procédés (le S.I.S. et la C.I.A. s'apprécient un peu, on ne peut pas en dire autant du M.I.5). Et puis les personnages sont mis à mal par Greg Rucka, qui n'hésite pas à les tordre sous la pression, à les persécuter jusque dans leurs tripes.

Au niveau de l'aboutissement, c'est de mieux en mieux : plus on avance et plus la série prend de la consistance.

Côté dessin en revanche, j'y retrouve les mêmes travers. Cette fois cependant, j'ai surtout été décontenancé par la première performance, celle de John Alexander (partie 4 – Opération : Blackwall). À grands renforts de noirs, portant des traits aux allures d'esquisses, la lisibilité des personnages en prend encore un bon coup. Un dessin que je rapprocherais un peu au travail d'Eddie Campbell dans From Hell. On finit par s'y faire, ce n'est pas non plus désagréable, c'est juste cette alternance qui est préjudiciable.
Après ça, le dessin de Carla Speed McNeil (partie 5 – Opération : Storm Front) apparaît presque comme trop simple, avec ses fonds légèrement charbonneux pour le rehausser. Il reste cependant bien que plus expressif que le travail de Steve Rolston sur le premier album.
Pour finir, Mike Hawthorne (partie 6 – Opération : Dandelion) marque la série de son empreinte. Son trait est propre et il joue admirablement avec les contrastes fait de blancs et de grands aplats noirs. Mon préféré !

« Il est un peu tôt pour arpenter les remparts, non ?
_ Vous êtes donc au courant.
_ S'il y a bien une chose qui ne peut pas être gardée ici, c'est un secret.
_ Une des premières choses que j'ai l'intention de changer. Un déjeuner interminable.
_ Il m'arrive de manger, à l'occasion.
_ Et moi qui pensais que vous ne vous nourrissiez que d'arrogance et d'amertume.
_ Le tout arrosé des larmes de mes ennemis.
_ Vous devez être à sec.
_ Au contraire, je crains de me noyer. Si vous voulez bien m'excuser, Sir Frances, J'ai beaucoup de travail.
»


J'ai particulièrement apprécié cette dernière histoire, qui met un grand coup de pied à l'organisation et à la hiérarchie, à grands renforts de manipulations subtiles et de doubles jeux habiles.
On regrette déjà que le rideau se ferme...
En attendant la prochaine intégrale (pourquoi pas bientôt puisque la série compte déjà 2 histoires d'avance) je crois que je vais me lancer dans les hors séries déclassifiés.


Un autre avis : Yvan




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Intégrale T2

Année d'édition
2013

Quête de l'Oiseau du Temps (La) Serge Le Tendre (s), Régis Loisel (d), Yves Lancot (c-T1), Laurence Quilici (c-T2) DARGAUD

Tome 1: "La conque de Ramor"

Chronique du 17/12/07

Un sombre événement à été vu par Mara : durant la nuit de la saison changeante, dans quelques jours à peine, l'enchantement qui retient Ramor emprisonné dans une conque se dissipera. Et ce dieu maléfique sera de nouveau libre.
La mystérieuse de Mara envoie donc sa fille, Pelisse, chercher le brave chevalier Bragon, afin qu'il récupère la conque et la ramène à elle avant qu'il ne soit trop tard.
Alors le monde d'Akbar sera peut être sauvé !

Le tout début d'une aventure épique, celle de la quête de l'oiseau du temps, afin de changer le futur d'un inéluctable désastre.
Un scénario dans la plus pure tradition de la fantasy, riche en rebondissements, et nous réservant encore toutes ses surprises.

Même si le dessin à pris un sérieux coup de vieux (1983), il n'en reste pas moins que la bande-dessinée et l'intrigue sont de bonne qualité, le tout dans un univers qui ne manque certainement pas d'humour ^^




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Tome 1: \\"La conque de Ramor\\"

Année d'édition
1998 (1°ed.1983)

Tome 2: "Le temple de l'oubli"

Chronique du 22/12/07

La conque de Ramor est remise dans les mains de Mara, mais le rituel ne pourra s'accomplir sans l'oiseau du temps. Mais seules les runes gravées dans le temple de l'oubli garderaient le secret de sa cachète, un temple dont jamais personne n'est ressorti...

Seconde bande-dessinée d'une course contre le temps pour sauver le monde d'Akbar. Il ne reste à nos héros que 8 jours pour y parvenir... mais long est encore le chemin à parcourir. Personne ne sait où trouver l'oiseau du temps, il faudra d'abord pénétrer dans un temple qui ne semble donner que la mort à ceux qui cherchent le secret.

Un scénario toujours haletant, amusant, et sans temps-morts. Chaque scène est rythmée avec action, humour, et plaisir.
D'abord "classique", la série développe et apporte son intérêt dans ce mélange détonnant.




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Tome 2: \\"Le temple de l\\'oubli\\"

Année d'édition
1998 (1°ed.1984)

Tome 3: "Le Rige"

Chronique du 25/12/07

La quête continue, et le temps passe inexorablement ... il ne restait plus que quatre jours à Pelisse, Bragon et au mystérieux inconnu pour ramener l'oiseau du temps à Mara et sauver Akbar. Mais le trajet est difficile, et les voilà arrivés sur le territoire d'un ennemi redoutable, le plus grand des chasseurs : le Rige.

J'aime beaucoup ce troisième opus, le scénario nous invite ici à une traque dans un milieu hostile et inconnu, un endroit inévitable et dangereux pour accéder au doigt du ciel, repère de l'oiseau tant convoité. Une jungle riche en souvenirs pour le vieux chevalier Bragon, qui l'emmènera dans le combat de sa vie.

Après avoir travaillé avec deux coloristes différents sur les deux premiers tomes de la série, cette fois, les couleurs sont réalisées par Régis Loisel lui-même. Et sincèrement, le rendu, en plus d'être totalement changé, est bien mieux.
J'ai beaucoup apprécié cette bande-dessinée !




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Tome 3: \\"Le Rige\\"

Année d'édition
2001 (1°ed.1985)

Tome 4: "L'oeuf des ténèbres"

Chronique du 25/12/07

Le chevalier Bragon et toute son équipe arrive enfin au sommet du doigt du ciel, l'oiseau du temps n'est plus loin, mais le temps presse... il ne reste que trois jours à nos valeureux héros pour remettre l'oiseau à Mara et sceller à jamais le sort d'Akbar.

Suite et fin de cette aventure épique. Le dénouement de l'histoire, nous en apprenons plus sur les personnages, leurs intentions, leurs histoire...

Je suis un peu déçu tout de même d'avoir prédit ce qu'il allait se passer dans la majeure partie de l'intrigue... mais bon, la bande-dessinée reste tout de même d'une très bonne facture, et la série n'en demeure pas moins très bonne.




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Tome 4: \\"L\\'oeuf des ténèbres\\"

Année d'édition
2004 (1°ed.1987)

Quête de l'Oiseau du Temps (La) (Avant la Quête) Serge Le Tendre (s), Régis Loisel (s)(c-T1), Lidwine (d-T1), Mohamed Aouamri (d-T2), Vincent Mallié (d-T3), François Lapierre (c-T1 à T3) DARGAUD

Tome 1: "L'ami Javin"

Chronique du 30/12/07

Bragon est fils de fermier. Son père étant décédé, sa mère compte beaucoup sur lui pour les tâches quotidiennes, mais lui ne rêve que d'aventures....
La ferme ne semble pas être une vie pour lui, puis un jour où il se rendait au village pour la saillie d'une bouvrelle, il fit une rencontre qui changera le cours de sa vie : celle de Javin...

Nous sommes heureux de retrouver nos héros dans leur jeunesse. Une excellente occasion de connaître leur passé et toute la trame historique d'avant la quête de l'oiseau du temps.
Bragon n'avait rien du Chevalier de la légende, et Mara n'était qu'une jeune princesse.

Régis Loisel, Grand prix du festival d'Angoulême en 2003, à préféré pour ce tome laisser le travail de dessin à Lidwine, et deviens ainsi co-scénariste de la bande-dessinée avec Serge Le Tendre, en même temps qu'il s'occupe de la colorisation.
Ce cinquième opus arrive 11 ans après l'œuf des ténèbres, qui clôturait la série, et même si personnellement je n'ai pas eu à attendre aussi longtemps la parution des tomes, je pense que ceux qui ont aimé la quête, sont très heureux de retrouver ici leurs héros, et de les découvrir un peu mieux.

Un album de qualité qui reçut le Prix jeunesse à Angoulême en 1999.



Roaarrr Challenge
- Alph-Art Jeunesse 9-12 ans - Angoulême 1999


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Tome 1: \\"L\\'ami Javin\\"

Année d'édition
2003 (1°ed.1998)

Tome 2: "Le grimoire des dieux"

Chronique du 30/12/07

Bragon n'est pas encore chevalier, mais rêve toujours d'aventures. Son ami Javin n'est plus, sa place n'est peut être plus dans la marche des voiles d'écume... il songe à partir une fois de plus, et à rencontrer le combattant de légende qu'on surnomme le Rige.
Pendant ce temps là, l'ordre du signe frappait avec toujours plus de force, et assassinait la descendance des princes-sorciers tour à tour. Leur but reste toujours aussi mystérieux, mais on leur prête le désir de servir Ramor ; le père de Mara décide de prendre les devants en chargeant sa fille d'une mission : elle devra trouver le grimoire des dieux et le ramener. Lui seul pourra contrer le retour du dieu sombre.

Neuf années d'attente depuis le précédent tome, mais quelle joie de retrouver Bragon et Mara une fois de plus.
Ce nouveau récit s'inscrit toujours dans la très bonne dynamique de la série, avec un très bon scénario, qui arrive à tenir le lecteur malgré le fait qu'il connaisse le dénouement qui fait l'objet de la future "quête de l'oiseau du temps". Le dessin, bien que les dessinateurs se suivent, ne dénature rien des traits originaux de Régis Loisel, bien au contraire.

Ici encore, le destin de Bragon et Mara se croise et s'entremèle, et nous sommes attendris par leur histoire, touchante et impossible.

Le suivant ?




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Tome 2: \\"Le grimoire des dieux\\"

Année d'édition
2007

Coffret tomes 1&2

Chronique du 30/12/07

Certes, ce n'est qu'un coffret de plus, mais celui-ci a tout de même la particularité de soigner en même temps la promotion du tome 3, qui devrait paraître fin 2008, à en juger l'avancement de leur travail.
Les fans seront ainsi rassurés de ne pas attendre plusieurs années pour découvrir la suite de l'aventure.

Le prochain dessinateur sera Vincent Mallié, lui qui a dernièrement travaillé avec Régis Loisel pour l'album Le Grand Mort.

Le coffret nous offre également quelques ex-libris des premières cases du tome 3, en avant première :)




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Coffret tomes 1&2

Année d'édition
2007

Tome 3 : "La voie du Rige"

Chronique du 05/01/11

Bragon est arrivé à l'orée du territoire du Rige. Attablé avec les autres braves venus quérir l'enseignement du maître, il attends depuis déjà cinq jours. D'autres sont là depuis de longues années... mais le Rige ne viendra que pour un seul, à condition qu'il soit digne d'être son élève. Nul ne sait quand...
C'est alors qu'un nouveau venu fait son apparition. Il se fait appeler Devel et fait partie de l'ordre du Signe... encore eux. Mais contrairement aux autres, il n'aspire pas à attendre sagement : c'est lui qui ira chercher le Rige, et non l'inverse. Et son but n'est pas de devenir son apprenti, mais de le tuer.

Qu'il est bon de retrouver les aventures de Bragon. Et ce même si Mara n'y fait pas grande apparition. L'heure n'est plus aux amourettes. Bragon, après avoir quitté les arènes de Vaguamare, espère pouvoir être choisi par le Rige pour bénéficier de son enseignement. Devenir quelqu'un de reconnu et de renommé afin de pouvoir prétendre à la princesse Mara dont il est éperdument amoureux. Une quête noble mais ô combien dangereuse.

Le Rige, c'était pour moi le meilleur album de la quête. Je n'en attendais pas moins de cette suite qui nous fait retourner sur son territoire de chasse. L'histoire, on la connaît : Bragon deviendra son élève. Mais nous apprenons ici comment ça s'est passé.
Je trouve toujours aussi fort que les scénaristes parviennent à entretenir les lecteurs tout en sachant qu'ils connaissent la fin. En tout cas pour moi, c'est réussi. Je suis bon public il faut dire, et j'adore ça :)

Le dessin de l'époque a bien évolué. Les couleurs sont plus adaptées à la bande dessinée d'aujourd'hui. C'est vraiment un plaisir de lecture tout particulier... le tome 4 sonnera sûrement la fin du cycle. Combien d'années à attendre ?
Normalement, Vincent Mallié dessinerait aussi le tome suivant. C'était en tout cas ce qui était prévu en janvier 2008 lorsque je rencontrais Mohamed Aouamri à Angoulême. Ce dernier avait alors commencé le 9ème opus de la série (le tome 5 du second cycle ou alors le tome 1 du troisième, je m'y perds moi).
Je ne sais si ces vieilles nouvelles sont toujours d'actualité. D'autres rumeurs font état que Régis Loisel lui-même dessinerait le troisième cycle : Après la quête... allez savoir !

En tout cas le plaisir est toujours intact :)




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Tome 3 : \\"La voie du Rige\\"

Année d'édition
2010