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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Là où vont nos pères Shaun Tan (s)(d) DARGAUD

Là où vont nos pères

Chronique du 11/10/08

Un homme fait sa valise et quitte le domicile familial. Sa femme et sa fille, en pleur, rentrent seules à la maison après le départ du train qui emmène le voyageur vers l'inconnu...

Ce superbe one-shot est signé par un jeune auteur australien, dont ce titre est le premier album. Et quelle entrée en matière, avec pour récompense le prix du meilleur album au festival d'Angoulème 2008.

Il s'agit d'une histoire muette sans aucun texte ni aucune onomatopée, qui évoque la vie d'un immigré.
Les scènes sont imagées, les images parlantes. L'homme quitte une vie qu'il connait et arrive dans un pays étranger, peuplé de gens aux coutumes incongrues. La barrière de la langue, les difficultés de se faire comprendre, la quête d'un travail pour gagner de l'argent... l'auteur nous fait rentrer dans la peau du personnage en nous faisant vivre une aventure humaine merveilleuse, en plongeant le lecteur dans un monde imaginaire, dans lequel il perd tous ses repères, où il faut tout réapprendre.

On pourrait penser que le thème prête au pessimisme, mais il n'en est rien. Cette bande-dessinée est un rayon de soleil, une aventure vivante et pleine d'espérance, couronnée de rencontres et d'amitiés.

On apprécie le trait adopté par Shaun Tan, son crayonné léger et agréable, bercé par des couleurs sépia chaleureuses. On apprécie son travail, de la mise en page à la narration : un roman graphique qui se passe de parole.

Chronique du 28/02/11

Là où vont nos pères a reçu en 2008 le prix du meilleur album à Angoulême, voilà une récompense bien méritée. Au-delà du graphisme fabuleux de Shaun Tan, de ses sublimes illustrations crayonnées, c'est une BD qui pose des questions (plus qu'elle n'y répond) sur un sujet de société universel, et qui n'a pas vieilli depuis un siècle et demi : l'immigration.

J'y ai retrouvé une référence à Ellis Island, mais la nationalité de l'auteur pourrait parfaitement justifier d'une situation à Sydney. Dans tous les cas, si certaines caractéristiques fixent la BD dans un lieu et une époque (objets, décors, mode vestimentaire qui rappellent les années 20, illustrations type photos de l'époque, arrivée dans une ville pleine de gratte-ciels, statue qui rappelle la symbolique de la statue de la liberté, ou alors Harbour Bridge et l'opéra de Sydney, etc.), elle reste intemporelle et imaginaire (créatures, objets, écriture qui n'existent pas).
Une façon, peut-être, de rappeler que si New York et les années 20 paraissent lointaines, Là où vont nos pères aborde le quotidien de nombreuses familles aujourd'hui, ici en France. Cette question est d'autant plus actuelle que Shaun Tan, auteur australien, vit dans un pays où l'immigration est extrêmement contrôlée.

L'album retrace la vie de ces hommes et de ces femmes qui fuient leur pays où règnent misère, dictature, guerre. Prêts à quitter leur famille pour rejoindre un El Dorado de liberté et d'abondance et construire pour les leurs un avenir qu'ils ne peuvent avoir dans leurs pays d'origine. On les retrouve pourtant noyés dans le froid et le gigantisme des villes, dans une culture dont ils ne savent rien, entendant une langue qu'ils ne comprennent pas, après avoir été examinés comme des bestiaux, à la chaine, et numérotés. Sans autre choix, ces gens rejoignent les rangs des travailleurs à la chaîne.

Le choix d'une BD muette, ainsi que l'emplacement du scénario dans un lieu dont on ne comprend pas l'écriture, accentue le rapprochement du lecteur à la détresse de ces gens et à leur incompréhension.

Là où vont nos pères n'est pas pour autant pessimiste. Elle montre la solidarité qui se tisse entre les gens, et en particulier entre immigrés, et le bonheur d'autant plus grand de retrouver sa famille.

Roaarrr Challenge
- Fauve d'or - Angoulême 2008
- Mention spéciale du Jury Œcuménique 2008


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Là où vont nos pères

Année d'édition
2007

Légendes d'aujourd'hui Pierre Christin (s), Enki Bilal (d), Dan Brown (c) Humanoïdes Associés

Tome 1 : " La croisière des oubliés "

Chronique du 23/12/12

Il y a quelque part dans Paris un vieil hôtel particulier, un peu isolé et disparate si on le compare aux grands immeubles voisins et au chantier tout proche. Une bâtisse qui a traversé l'Histoire, elle en a vu des choses : des réunions politiques ou révolutionnaires, des coquettes et des soixante-huitards. En bref des rassemblements de toutes sortes... On lui prête même les plus folles rumeurs comme celle d'avoir été construite sur l'emplacement d'une ancienne demeure alchimiste, avec ses couloirs secrets et ses abîmes dissimulés.
Mais aujourd'hui l'irrationnel restera de côté, car c'est la crème des agents de l'État qui s'y retrouve pour une réunion capitale : RG, SDECE, Ministère des affaires étrangères, DST et quelques autres sont réunis dans l'optique de faire concorder leurs sources, apportées en unique exemplaire, sur l'individu nommé 50/22B.

Bien loin de là, dans la campagne landaise, un village vit de curieux événements... à moins que ce ne soit une hallucination collective ? La poignée d'habitants qui le composent se réveille un matin tous étonnés de voir leur maisons léviter, puis plus tard s'envoler...

Bienvenue dans les Légendes d'aujourd'hui !


La croisière des oubliés est la première œuvre issue de la fructueuse collaboration entre Pierre Christin et Enki Bilal.
Avant ça, Enki Bilal n'avait réalisé que Le bol maudit, projet sur lequel il travaillait dès 1972 pour le compte du journal Pilote (c'est d'ailleurs là qu'il fait la rencontre de Pierre Christin). Le récit sera publié sous le nom de L'appel des étoiles en 1975.
Quant à Pierre Christin, il était déjà rendu célèbre par le succès de Valérian.


Un album qui comporte deux histoire qui, si on est tenté de vouloir les rapprocher, n'ont finalement pas grand chose en commun.
J'ai eu beau chercher un lien entre elles, rien ne permet d'affirmer que les personnages (en particulier les deux « rebelles mystérieux », possiblement 50/22B et la secrétaire) aient eu un quelconque rôle dans la première partie.
Et même sur la forme, nous avons affaire à un traitement franchement différent.

La première partie est étrange, « Lovecraftienne » même ! Très (trop) courte, malheureusement trop téléphonée... on devine vite ce qui va se passer et qui est derrière tout ça. Je dirais qu'elle n'a pas été suffisamment développée pour présenter un intérêt quelconque... et c'est dommage parce que j'aime bien cet univers-là. Il aurait fallu intégrer plus de finesse, des silences pesants, des non-dits, que la tension croissent tout au long de l'histoire. Ces quelques pages ne permettent pas ça.


« Moi j'vous l'dis... c'est encore leur saloperie de camp militaire... D'abord ça a été les barbelés qu'on chassé les lièvres... Et puis leur missels automatiques...
_ Missiles eh, idiot...
_ Bah, missels, missiles, tout ça c'est pas catholique... la preuve, les palombes, elles viennent plus par ici...
»

La seconde partie apporte en revanche ses lettres de noblesse au duo d'auteurs. Une croisière dans le paranormal. Une lutte symbolique contre l'industrialisation et l'armée. Il y a là une belle idée défenseure de la ruralité contre la révolution industrielle (nous sommes en 1975 au début de la 3ème révolution industrielle). On retrouve même une certaine poésie avec ce voyage surprenant. Ce sont des idées qui volent et qui parcourent le pays. Une belle image !


On retrouve dans cet album le dessin des premiers Bilal avec un trait plus gras... en fait la différence notable c'est qu'il y a un trait ! Aujourd'hui on est plutôt dans l'absence de trait, dans l'épure (ce qui n'est pas pour me déplaire par ailleurs, j'adore ce que fait Bilal). Ici ce n'est pas le cas, ce qui rend les propos plus terre à terre, bien ancrés dans l'idéologie de l'époque.
Les bouilles sont un peu caricaturales, presque du dessin de presse. D'ailleurs Enki Bilal dessine des hommes politiques pour Pilote au début de sa carrière, en 1971. Ceci explique peut-être cela.

Je note que mon édition fait état d'une colorisation de Dan Brown (toute ressemblance avec un auteur bien connu serait fortuite), en lieu et place du travail initial de Patricia Bilal. J'aurais été curieux de pouvoir comparer !


Une album qui paraît aujourd'hui un peu vieillot dans son traitement (construction narrative, dessin...) mais qui contre toute attente résiste encore bien au niveau des idées, ce qui ne le rend pas encore tout à fait désuet. Et je dirais même que sa lecture est encore bien plaisante.


D'autres avis : Mo'




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Tome 1 : " La croisière des oubliés "

Année d'édition
2003 (1°ed.Dargaud 1975)

Tome 2 : " Le vaisseau de pierre "

Chronique du 06/01/13

Hôtel de luxe, appartements de standing, thalassothérapie, centre commercial, complexe autoroutier, port de plaisance... le petit village de Tréhoët, village typique et de caractère, est en proie à un grand changement.
Un projet immobilier d'une ampleur extraordinaire qui compte faire de ce trou perdu un nouveau pôle d'attraction balnéaire, profitant d'un panorama jusque là réservé à une poignée de villageois, marins ou fermiers pour la plupart, qui risquent de se retrouver déracinés.
Et que dire du château du vieux, culminant au sommet de la colline ? On a prévu de le démanteler pierre par pierre, pour le reconstruire plus loin dans un parc et en faire une simple attraction touristique.
Une transformation qui menace bien plus que les habitudes de vie d'une petite communauté : emplois, faune, patrimoine... c'est tout un environnement qui risque d'être profondément (et immuablement) chamboulé.

Le second opus de cette trilogie des Légendes d'aujourd'hui s'inscrit toujours dans cette même veine du fantastique. Le fil qui le relie à son prédécesseur est infime, étroitement relié par ce personnage qu'on appelle l'étranger, un individu énigmatique et différent qui n'en reste pas moins un meneur d'hommes et qui véhicule à lui seul le symbole de l'opposition et de la révolte. En dehors de ce protagoniste récurrent, Le vaisseau de pierre peut être considéré comme un véritable one-shot, une histoire à part mais se tournant toujours vers la confrontation. Il est toujours question d'évasion finalement, de croisière... non plus des oubliés, mais contre les promoteurs.

Les noms des patelins (Tréhoët, Tromiliau) sont entièrement fictifs mais on pourrait quand même situer l'histoire quelque part entre Lorient et Concarneau, sur la côté sud de la Bretagne. Une localisation géographique quelque peu trahie par le nom de Manech apparaissant sur un camion de conserveries, un port qui est, quant à lui, bien réel.


« Ben.... vous savez, le château de Tréhoët, c'est pas un endroit comme les autres...
_ Pour ça non...
_ Et puis avec ce temps...
_ D'abord, s'il y a des blessés, comment ça se fait qu'ils sont pas là ?...
_ Bon ! Comme vous voudrez ! Mais j'appelle la préfecture... tout de suite...
_ La préf !? Bon, bon, on y va...
»

Le duo Pierre Christin / Enki Bilal poursuit son aventure dans un ouvrage tout de même plus mature. On pouvait reprocher à La croisière des oubliés de se découper en deux récits plus ou moins courts avec quelques séquences narratives un peu lourdes. Le vaisseau de pierre est bien mieux construit et nous emporte dans l'aventure aux côtés de générations de Bretons attachés à leur territoire.
On se retrouve confronté à l'étrange, au fantastique, avec ce vieil ermite dont on dit qu'il est là depuis des siècles. Il y a ce petit côté Lovecraft qui ressurgit un peu dans l'événement final, comme si un Grand Ancien et sa horde d'êtres venus du fond des océans habitaient en quelque sorte les fondations du château. Les légendes bretonnes s'en trouvent renforcées par son assimilation à l'Ankou (la Mort) et autour du paranormal qui émane du vieil homme.


« … incidents inadmissibles qui se sont produits à Tréhoët alors que toutes les décisions ont été prises dans le cadre légal et qu'il s'agit d'un atout majeur pour le développement de la région...
Il est heureux que ces mauvaises plaisanteries n'aient pas débouché sur des incidents graves, à l'exception de quelques travailleurs étrangers légèrement blessés en raison de leur imprudence... Mais je mets en garde les agitateurs qui s'aviseraient de récidiver... une compagnie de CRS va stationner dans la région de Tromiliau et...
»

Comme dans le premier opus, il y a vraisemblablement deux mondes. Celui des villageois et des « envahisseurs », qui vont voir des phénomènes étranges et qui vont être obligés d'y croire ; et le monde du réel, celui des extérieurs, des médias, des politiques, qui se chargent d'étouffer l'affaire et de la rationaliser. Une antinomie qui nous fait osciller entre l'incongru et la raison.

Un belle aventure qui laisse néanmoins un goût de lutte illusoire contre la fatalité : l'économie plus forte que la révolte ? 37 ans après la parution de cette bande dessinée, on est en droit de lui donner raison...
Je serai cependant très curieux de savoir si, après tout ce temps, les lointains cousins bretons de la Terre de Feu savent enfin jouer du biniou !

Et pour terminer la chronique en musique, sachez que le groupe Tri Yann à réalisé un album intitulé Le vaisseau de pierre en hommage à la bande dessinée. On y retrouve tout le contenu de celle-ci, du fantastique à la lutte, le tout sur des musiques typiquement bretonnes. C'était en 1988, déjà !



« C'est n'importe quoi ! »
Ce sont les premiers mots qui sont sortis de ma bouche en refermant la BD. Mais attention, pas du n'importe quoi fait n'importe comment... Du n'importe quoi très bien amené.
Tout au long de la BD, on se demande où les auteurs veulent bien nous amener et la réponse est tout simplement hallucinée.
Dans un univers tellement contemporain que le profit occulte tout, le fantastique et les croyances populaires réapparaissent pour sauver les hommes et leur patrimoine et font une incursion très inattendue dans un monde très cartésien.

Comme toujours, le duo Christin/Bilal fonctionne à merveille. Ce scénario n'a certainement pas le côté politique de Partie de Chasse, mais il montre du doigt les pratiques intéressées et insensibles des investisseurs et des décideurs. Le trait de Bilal et ses couleurs, même s'ils n'ont pas encore la personnalité bien marquée qu'on leur trouve aujourd'hui, sont déjà très modernes, surtout quand on sait que la première édition du Vaisseau de Pierre date de 1976.

Les caractères bien trempés des personnages font sourire. On s'amusera devant le vieux Joseph que le passé nazi rendrait franchement antipathique si sa monomanie pour les bombes ne le décrédibilisait pas. On rigolera franchement devant les boutades qui fusent à l'égard du jeune curé, trop moderne pour une religion à l'image si archaïque. On finit par écarquiller les yeux quand on découvre le plan pharaonique et improbable des habitants de ce petit village menacé par un projet hôtelier et touristique.

Un livre indémodable !

D'autres avis : Mo', Champi


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Tome 2 : " Le vaisseau de pierre "

Année d'édition
2003 (1°ed.Dargaud 1976)

Légendes de la Garde David Petersen (s)(d) GALLIMARD

Tome 1 : " Automne 1152 "

Chronique du 14/07/14

« Qu'importe l'ennemi, pourvu qu'on ait la cause ! »

Telle est la devise de la Garde, en charge de défendre le peuple souris. Cette troupe d'élite aux multiples talents et devoirs endosse à la fois les rôles d'éclaireurs, d'enquêteurs, de guerriers et de protecteurs. De lourdes responsabilités qui leur incombent et pour lesquelles on ne les croiraient pas capables car leur petit monde est insignifiant tout autant que l'extérieur est plein de dangers. Sur les épaules de la Garde pèsent l'espoir et en quelque sorte l'utopie de tous leurs semblables : se libérer un jour de l'autarcie obligatoire et sécuritaire dans laquelle ils sont enfermés.

L'aventure prend forme par la recherche de ce marchand, hier arpentant les routes de Rootwallow à Barkstone et aujourd'hui porté disparu.
Lieam, Kenzie et Saxon sont dépêchés sur l'enquête tandis que Sadie est envoyé sur la côte pour comprendre le mutisme d'un autre membre de la Garde...


« Quand le chat n'est pas là, les souris dansent ! »

Tout le monde connaît l'expression et il est assez amusant de voir que la langue française regorge de ces images qui transforment l'homme en animal. « Je voudrais être petite souris » devient donc tangible sous la plume de David Petersen qui transpose notre monde dans celui, plus petit mais du coup bien plus vaste, des muridés.

Jean de la Fontaine déclarait se servir « d'animaux pour instruire les hommes » au travers de fables moralistes. Il avançait ainsi à pas feutrés, préférant l'ambiguïté, critiquant sans s'exposer vraiment.
David Petersen s'inscrit plus dans la veine anthropomorphique moderne qui consiste a évoquer sans pudeur l'humain sous des traits animaliers, à donner une forme d'humanité aux animaux qui nous entourent. Le « syndrome Werber » fonctionne à fond : qui aurait envie de chasser une souris après avoir lu les Légendes de la Garde ?

Ce monde miniature que dépeint l'auteur est une belle caricature du nôtre : on y retrouve notre civilisation et ces mêmes métiers qui nous font vivre ou plutôt qui nous ont fait vivre.
1152 – tout un symbole – pose les bases médiévales propres au calendrier des hommes. 1152, nous sommes à l'aube de la Guerre de Cent Ans, alors qu'Aliénor d'Aquitaine quitte Louis VII de France pour épouser Henri Plantagenêt...
David Petersen nous engonce dans cette ambiance médiévale et plus précisément dans l'univers épique de l'Heroïc Fantasy. Les orcs et les vilains du bestiaire fantastique ont cependant laissé leur place à d'autres prédateurs comme le Tyran Furet, envahisseur vaincu de l'hiver dernier. Des bêtes à la taille risible pour nous autres humains mais gigantesques pour des souris... pas sûr que nous ririons autant si nous représentions l'ennemi dans toute sa démesure...

Et comme « l'homme est un loup pour l'homme », le peuple souris n'échappe pas non plus à cette règle : exit l'impitoyable Furet, point de chat à l'horizon (point d'anglais non plus), le danger pourrait cette fois venir de l'intérieur...


Un projet mûrement réfléchi

L'auteur, admiratif du travail de Mike Mignola (Hellboy) comme de Kenneth Grahame (Le vent dans les saules), tire son idée du lycée où il avait griffonné quelques notes sur un bout de papier : « les souris ont une civilisation bien à elles/trop petites pour aller avec les autres animaux ». Une idée courte mais précise et qui résume bien l'intention de l'auteur de dépeindre, 10 ans plus tard, un peuple fragile et sa réflexion sur son organisation pour survivre et faire face.

Mouse Guard (le titre en VO) est donc une œuvre de jeunesse qui a dû attendre d'arriver à maturité. David Petersen a d'abord dû faire ses armes sur des séries plus confidentielles parmi lesquelles ont compte une collaboration avec Jeremy Bastian (La fille maudite du Capitaine Pirate) : Ye Old Lore of Yore.

Et on est en droit d'apprécier le résultat et son graphisme tout en finesse. Les première pages aux contours un peu plus gras et aux décors un peu plus vides laissent rapidement leur place à un dessin pointilleux et riche en détails avec quelques scènes, notamment sous la pluie ou dans l'obscurité, particulièrement bien rendues. David Petersen manie parfaitement l'outil informatique et les dégradés pour donner vie à ce monde aux teintes automnales, bien en chair et dynamique.

Notons un changement de typographie sur l'épilogue pour une police manuscrite gothique qui fait un peu regretter son absence sur l'ensemble de l'album... ceci n'est qu'un détail.

Les bons albums d'Heroïc Fantasy sont rares alors ne boudons pas cette série !


Un univers en pleine expansion

Tout comme le grand Tolkien l'a fait avant lui dans un autre genre, David Petersen développe petit à petit son univers miniature. Par la bande dessinée bien sûr (le tome 3 est sorti en début d'année) mais pas seulement : il multiplie les supports et associe l'esprit ludique par le biais de divers jeux issus des Légendes de la Garde. C'est ainsi que le jeu de rôle a récemment été traduit en France, 6 ans après sa version originale, par voie de campagne de financement (comme souvent dans le JDR).
L'auteur s'est dernièrement lancé dans ce même procédé participatif, pour un jeu de société cette fois*. Gageons qu'il verra le jour, tout du moins outre-atlantique, car les souscripteurs sont nombreux !

* On aura tôt fait de penser que le jeu de société Mice & Mystics, paru en 2012, est une inspiration forte des Légendes de la Garde. Il n'est en tout cas pas le fruit de son géniteur.

Chronique du 14/07/14

L'univers de la BD fourmille de souris. Des histoires les plus choupinettes, comme celles de Mickey Mouse, aux plus terribles, comme dans Maus, toutes font des souris des créatures inoffensives, voire des victimes.
Celles-ci ont pourtant bien décidé de ne pas se laisser faire. Certes elles sont petites et cernées par les prédateurs, mais elles sont bien armées et elles ne craignent pas le danger : elles sont la Garde.

Ici point de magie, mais pourtant on y retrouve les grands ingrédients de la Fantasy : une société médiévalisante, une carte du pays, de jeunes héros intrépides et même le bourrin de service.
En soi, le scénario n'a rien d'extraordinaire, c'est une situation classique en jeu de rôle : une mission « bateau » dont l'enjeu devient bien plus gros qu'il n'y paraissait de prime abord, un complot et de la baston. Ce n'est sans doute pas un hasard si un jeu de rôle a d'ailleurs été tiré de la BD.

Pourtant l'univers en lui-même possède le charme innocent de la légende et de la simplicité. L'histoire est chapitrée – ce qui correspond à la parution originale en fascicules – et intègre en guise d'introduction une strophe, comme un chant à la gloire de la Garde, à la manière des grands textes épiques moyenâgeux.
Les héros aux personnalités bien définies amènent leur part d'amitié en barre : Kenzie le stratège du groupe, Saxon l'impulsif et Lieam la jeune recrue qui a tout à prouver. Sadie est le courage et la droiture incarnés, Gwendolyn la matriarche est la noblesse même, Celanawe et le chef de la Hache, ont leur dose de mystère...

Loin de se contenter de faire de l'anthropomorphisme, David Petersen développe les problématiques auxquelles sont confrontées ces petites bêtes. Leur taille les mets en danger et demande la plus grande prudence. Ainsi sont-elles contraintes de fonder leurs villes dans des recoins sûrs. Mais c'est aussi un atout pour se glisser là où les prédateurs ne peuvent les atteindre.
On se laisse séduire par ce monde épique qui n'a, pour autant, d'autre prétention que de faire vivre des aventures formidables à ces petites créatures au courage bien mésestimé.

Dans les Légendes de la Garde, il y a des morts, chez les héros et chez leurs ennemis, alors que les histoires d'amour sont très discrètes (voire le deuxième tome). Il y a de la légende, de l'aventure de l'héroïsme et pour ne rien gâcher, de très belles couleurs qui servent un dessin réaliste et anthropomorphique.

Alors, « qu'importe l'ennemi, pourvu qu'on ait la cause », précipitez-vous chez votre libraire ou dans toute bonne bibliothèque, et surtout, ne vous laissez pas impressionner par l'aspect « jeunesse » de l'ensemble : ces souris ne sont pas seulement un prétexte pour faire du choupinet tout plein, elles ont l'âme guerrière.


D'autres avis encore pour approfondir : Bidib, Yvan, Loula, Yaneck

La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.
Le blog de l'auteur.
Le site officiel des Légendes de la Garde.

Roaarrr Challenge
- Eisner Award - Meilleure publication pour enfants 2008
- Eisner Award - Meilleur recueil 2008
- Eisner Award - Meilleure anthologie 2011


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Tome 1 : " Automne 1152 "

Année d'édition
2008

Légendes des contrées oubliées Bruno Chevalier (s), Thierry Ségur (d) DELCOURT

Légende des contrées oubliées (intégrale)

Chronique du 19/12/10

Noren, Aren et Oten, avancent en terrain inconnu. Les nains ont une mission bien précise : ramener Raken auprès des siens, afin qu'il devienne le prochain roi de leur peuple.
Sur leur chemin, ils font très vite la rencontre de Firfïn, un Lïn. Sa race est bien connue pour sa cupidité et ses fourberies, mais il connaît les dangers de ces terres et pourrait être d'un grand secours aux nains.
Là commence l'aventure qui les mènera dans le grand nord, vers les contrées oubliées et le pays des songes... vers leur passé et leur futur.

Légende des contrées oubliées, c'est une série culte pour tout amateur d'heroïc fantasy ou de jeu de rôle qui se respecte. Mais... mais moi qui suis amateur d'heroïc fantasy et qui fait chaque semaine du jeu de rôle depuis quinze ans, je n'avais encore jamais lu cette série.
Mon retard est aujourd'hui comblé, grâce à cette nouvelle édition intégrale parue chez Delcourt. La couverture du tome 1 a ainsi été reprise, agrémentée d'un film en léger relief faisant ressortir les personnages au premier plan.
L'album comprends donc les trois titres de cette série : La saison des cendres, Le pays des songes, et Le sang des rois.

On ressent parfaitement à la lecture de l'album ce style propre à l'heroïc fantasy, ce danger de tous les instants. Les héros sont chahutés par les éléments, ils sont menés par des desseins qui les dépassent. Ils ne sont maîtres de rien... du moins pendant très longtemps.

La lecture de la première partie permet rapidement de situer l'intrigue et de présenter les personnages. Il y a les trois nains et le Lïn bien entendu, mais aussi cette grosse brute de Morkaï, un barbare pas très intelligent mais qui sait bien donner des coups. On en apprend plus sur la quête qui anime les nains, et on commence à discerner une trame de fond qui va bouleverser le monde.
Cette première partie là, je l'ai pas mal appréciée.

La lecture des suivantes a été pour moi un peu plus pénible. Peut-être la faute à une narration un peu plus décousue et à ce personnage omniprésent de Ssîn, abusant des "N" et alternant la casse des lettres sur chacune de ses phrases.
À contrario, les interventions d'Ewandor, une autre des puissances de ce monde, sont pleines de poésie et les bulles stylisées sont de toute beauté.

Le dessin de Ségur m'a aussi un peu partagé. D'une part ça fourmille de détails, c'est vivant et pointu. Mais d'autre part il y a cette difficulté de lecture, probablement accentuée par une mise en couleur terne et un manque de contrastes flagrant. J'ai cependant trouvé plus lisible le troisième et dernier opus de la série.

Personnellement, je préfère de loin La quête de l'oiseau du temps. Mais ça reste quand même de la bonne heroïc fantasy :)

Chronique du 10/01/11

J'ai commencé les Légendes des Contrées Oubliées il y a très très très longtemps (au siècle passé dirons-nous) et franchement, ça ne m'avait pas particulièrement emballée. Les personnages avaient une drôle de tête, le scénario n'était pas très original, les couleurs étaient fades, tout ça tout ça (c'est pourtant sur un scénario de LDCO que j'ai fait mes débuts dans le jeu de rôle). Jetez-moi des pierres : je découvrais à cette même époque et avec beaucoup plus d'enthousiasme Lanfeust de Troy !

Autant dire que j'ai repris cette lecture avec assez peu de motivation. Mais finalement l'intérêt, du moins, scénaristique apparaît à partir de la fin du tome 2. On se rend alors compte que les méchants ne sont pas forcément ceux que l'on croit, qu'il y a en fait des espèces d'énormes magouilles entre les dieux et que nos héros ne sont que des marionnettes (ce que lesdits héros n'apprécient pas franchement non plus).
Finalement, certains passages sont même assez drôles (Firfïn notamment, malgré sa « drôle de tête », a des expressions assez loufoques).

Je reste toutefois assez mesurée sur le récit, et en particulier sur cette fâcheuse manie de zapper les passages un peu trop encombrants de façon assez malpropre, mais globalement ce combat entre les dieux et les homm... les nains et autre lïns tient bien la route et surprend parfois. Les puissances elles-mêmes ne savent plus très bien ce qu'elles doivent faire ni où elles vont, trahissent et re-trahissent. Elles sont au final bien plus pourries que ces créatures simples qui, dans leur imaginaire, en ont fait de grands sages. Je regrette encore cette classification si typique de l'heroic fantasy à savoir que l'appartenance à une race définit irrémédiablement le caractère. A croire que l'amour de l'or (ou ici des sels) possède son chromosome. Remettons toutefois les choses à leur place : Légendes des Contrées Oubliées a été écrit à la fin des années 80.

Pour ce qui est du dessin, seuls les lïns ont des « drôles de tête », une particularité assez réduite donc. Le décor, assez fouillé, est particulièrement agréable. La technique d'aquarelles, très pâle, donne au graphisme l'aspect vieillot que j'avais qualifié de fade, mais bon, soyons réaliste : cette bande dessinée EST vieille. Le travail de nuances reste pourtant très intéressant, en particulier sur le troisième tome qui se détache de toutes ces zones blanches qui caractérisent les premiers tomes, et sur les scènes d'orages, qui sont tout simplement sublimes.


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Légende des contrées oubliées (intégrale)

Année d'édition
2010 (T1-1987) (T2-1989) (T3-1992)

Léger bruit dans le moteur (Un) Gaet's (s), Jonathan Munoz (d) Physalis

Chronique du 11/01/13

J'évoquais il y a quelques temps l'audace des jeunes éditeurs. 2024 nous a ainsi gratifié de la sortie de Jim Curious... et c'est ici Physalis qui s'y colle. Aucun lien avec l'innovation et la lecture en 3 dimensions cette fois : Un léger bruit dans le moteur est tout simplement une histoire à part... et je pense qu'il fallait un certain cran pour la publier. Jean-Luc Luciani, le père du roman (puisque cet album dessiné est une adaptation), l'explique par ailleurs :
« Un léger bruit dans le moteur a été écrit en 1999 (et publié en septembre 2004 seulement). La base du travail était la suivante : écrire une histoire totalement hors normes, à la limite du publiable. Qui ne reposerait que sur le style de l'écriture. Effectivement une fois le manuscrit terminé, beaucoup de gens l'ont lu, aimé, mais m'ont dit qu'il était impubliable. »


« Elle c'est Laurie Gandriale. C'est une jolie fille ! Mais c'est une fille.
Voilà sa mère. La mère Gandriale. Depuis qu'elle a vu Laurie sortir de ses jambes ensanglantées. Elle a perdu la boule.
Du coup le père Gandriale fait tout à la maison. Il s'occupe du ménage, des courses... du repas... ainsi que de Laurie.
Laurie a toujours les yeux dans le lointain car tout est sale autour d'elle. Elle préfère regarder ailleurs.
Je l'aime bien Laurie. Je la tuerai après tous les autres. »


Un léger bruit dans le moteur, c'est l'histoire d'un enfant d'une dizaine d'année dans un petit village. Un enfant pas comme les autres dans un village pas comme les autres...
Le village en question, c'est ce genre de lieu un peu à l'écart de la ville, un peu à l'écart du monde. Finalement, à part le facteur qui vient de temps en temps délivrer le courrier et surtout les pensions permettant à la petite population de vivre dans leur « confortable » misère, il ne s'y passe rien... Enfin, rien d'avouable... parce que du côté de l'inavouable en revanche il y aurait beaucoup à dire : une institutrice décrépie pour une pseudo-école précaire, des familles décomposées-recomposées habituées aux engueulades quotidiennes, des mères folles et des pères incestueux, des noirs méprisés pour leur couleur de peau, une catin et des femmes jalouses des excursions nocturnes de leur mari, un vieux curé qui n'a même plus la force de parler, une épicière-voleuse et son chat balafré, une communauté qui préfère taire ses morts pour préserver leur pension...

« Tu comptes faire quoi maintenant ? Hein, dis-moi ?
_ Je vais te tuer. »


Quant au gamin : une sorte de Dexter précoce et haineux qui consigne ses pulsions meurtrières sur un cahier avant le passage à l'acte. Méthodique, froid, implacable, il ne laisse de chance à personne. Pour lui ce village n'est qu'un ramassis d'incapables et il ne peut compter que sur lui pour se débarrasser de toute crasse nauséabonde.
Impubliable ?


Gaet's (créateur de la collection bio rock en BD) et Jonathan Munoz (dont c'est il me semble le premier album) livrent ici une adaptation coup de poing, percutante et qui plus est... magnifique !
Le dessin de Munoz est réellement fantastique, surligné par tous ces tons ocres, ce crachin, ces visages aux yeux horrifiés et cernés, ces jeux d'obscurité, tout autant de choses qui traduisent à merveille ce petit côté malsain (que j'aime beaucoup d'ailleurs).
Un album que les auteurs ont pourtant eu beaucoup de mal à publier. Oh bien sûr il y a ce côté impubliable mais ce n'est pas le seul obstacle dont ils ont dû s'affranchir. Car au départ l'album aurait dû faire les meilleurs jours de manolosanctis avant que ce concept de publication (souvent décrié mais quelquefois glorifié) ne finisse par payer ses errements. Après la fermeture de leur potentiel « éditeur » c'est sur Facebook que la publicité se fait pour l'album, jusqu'à cette lettre au père noël... et l'arrivée d'un éditeur providentiel : Physalis. Une belle histoire !

Mais je me dois de tempérer mon enthousiasme...
La comparaison avec Je ne mourrai pas gibier, là encore adaptation d'un roman éponyme, est pour moi obligatoire (je ne prétend pas comparer les romans originels, je ne les ai pas lus).
Dans l'un comme dans l'autre le schéma narratif est le même : on sait d'emblée ce qui va arriver et on remonte petit à petit le fil de l'histoire.
Pourtant, quand je trouve l'un impérial dans son développement, j'éprouve beaucoup plus de difficultés avec le second...

Un léger bruit dans le moteur ne m'a pas foncièrement déçu : c'est un album bien fait et graphiquement très beau.
Pourtant j'ai trouvé que l'album manquait de morale. Ah oui, j'en viens à cette fichue morale ! Pourquoi diable un récit devrait-il donc toujours avoir une morale ? Effectivement ma vision pourrait paraître un peu étriquée... Dans Je ne mourrai pas gibier, où est la morale ? Le gars il tue bien plein de gens et on l'excuserait presque à la fin, pire... on le comprend un peu !
Là où je suis perplexe c'est dans la construction même du récit. On a besoin de souffler mais les auteurs ne laissent aucune place à la respiration. Tout s'enchaîne très vite, trop vite. Dans Je ne mourrai pas gibier la tension va crescendo alors qu'ici tout ronronne sur le même tempo : on ne comprend pas le dessein de ce gamin psychopathe... le ton se veut « provoque » mais il souffre d'un manque de pauses criant... Même si le village est pourri jusqu'à la moelle, les actes manquent pour moi de justification.

Une bande dessinée belle (graphiquement) et poignante (au sens large) à ranger loin de la portée des plus jeunes. Un contenu choquant qui ne laissera personne indifférent.

Chronique du 11/01/13

Voilà un livre que j'ai lu avec un sentiment de gêne omniprésent. Dès les premières pages, on va droit au but, et c'est déjà le premier choc. Le gamin est complètement traumatisé par le décès en couches de sa mère, certes. Du coup il tourne psychopathe, certes. Les adultes qui peuplent son village sont immondes, certes. Mais du début à la fin, les actes de cet enfant sont gratuits. Pourquoi s'attaquer à celui-ci, ou à celui-là ? De surcroît les méthodes sont atroces, et le vocabulaire passablement enfantin accentue le décalage entre l'âge de l'enfant et ses actions.
J'ai pourtant continué la lecture, convaincue que les auteurs nous menaient quelque part, que le but de cet BD n'était pas uniquement de bousculer le lecteur sans raison, mais la fin ne m'a pas rassasiée.

Bon, avec une telle mise en bouche, on pourrait croire que j'ai détesté, mais ce n'est pas le cas. Un léger bruit dans le moteur est ambigüe, car c'est malgré ça une bonne BD. Le rythme est efficace, les personnages sont succulents et gratinés. Quant au dessin... Miam le dessin ! Il est tout simplement sublime, tout en rondeur et innocent et en même temps très expressif et angoissant. Les couleurs mettent une ambiance du tonnerre. Voilà, on est dans le monde sans pitié de ce mioche terrible.

Quelque part, j'aurais même tendance à féliciter l'éditeur d'avoir osé ça. J'ai découvert après coup qu'il s'agissait d'une adaptation de roman. D'un roman noir... Comme c'est curieux... Précisément LE genre qui me rebute ! Pourtant l'ambiance marche vraiment bien, ce n'est pas ce qui me rebute, mais vraiment les actions et le mode de pensée de ce personnage qui ne devrait même pas être assez vieux pour distinguer correctement le bien du mal...


D'autres avis : Choco, Yvan, OliV'


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Année d'édition
2012

Léon la came Sylvain Chomet (s), Nicolas De Crécy (d) CASTERMAN

Tome 1 : " Léon la came "

Chronique du 08/04/13

En pleine thématique « Nos petits vieux » sur k.bd, il a donc été proposé de lire Léon la came. Honte à moi qui ne maîtrise pas tous les classiques de la bande dessinée : à part le fait que ça devait parler d'un vieux, je ne savais pas vraiment ce qui allait m'être donné de découvrir...
J'aurais très bien pu en rester là et laisser faire mes copinautes mais j'ai été attiré par le nom de ce duo d'auteurs dont j'apprécie énormément le travail.

Sylvain Chomet, c'est le brillant réalisateur de l'excellent film d'animation Les triplettes de Belleville, dont j'ai eu l'immense chance de voir la projection en avant première au cinéma avec l'auteur lui-même.
Quant à Nicolas De Crécy, c'est un auteur que j'aime particulièrement, avec un trait si atypique et somme toute très attirant.
Deux auteurs qui n'en sont pas à leur coup d'essai en terme de bande dessinée et qui collaborent dès la fin des années 80' et publient Bug Jargal en 1989. Ensemble, ils poursuivent leurs aventures, alternant entre le 7ème et le 9ème Art avec le brio qu'on leur connaît.
Léon la came a par ailleurs obtenu le (feu) Grand prix de la ville de Sierre en 1995 ainsi que (feu) le Prix René Goscinny du meilleur scénario en 1996. Et c'est pas rien !

Attiré, je l'ai été aussi par cette belle réédition de 2010 à couverture rigide. Certes un peu onéreuse (25 €) mais tout à fait plaisante.
Je ne peux pas en dire de même pour les tomes suivants, tout bonnement introuvables... j'ai du me contenter de l'intégrale des tomes 2 et 3 en couverture souple... sic !
Attiré... Oui mais...
Voilà, lorsque je me suis plongé dans cette histoire, le dessin de Nicolas De Crécy n'est pas parvenu à m'emballer comme à son habitude. (Volontairement ?) Léger, comme une esquisse, il ne semble pas vraiment rentrer dans son sujet et laisse l'impression d'une immersion dans un rêve plutôt que dans une réalité. Un peu comme un souvenir d'enfance un peu flou en somme...

De même, le récit tarde à se mettre en place et nous dévoile les indices avec parcimonie. Des clefs de lecture qui feront longtemps planer le doute sur la personnalité réelle des protagonistes, sur leurs desseins, sur leurs actions.
Il y a néanmoins un rythme certain qui se dégage de cette bande dessinée. Les choses se mettent peu à peu en place et la tension se fait de plus en plus pesante à l'approche d'un final en apothéose, l'apothéose d'une vie pour un Léon militant, et l'apothéose tout en rebondissement de l'amour, celui qui surprend là où on ne l'attend pas.


« T'inquiète pas mon grand, ce sont des choses qui arrivent même aux lapins.
_ Un moment, j'ai cru que ça y était... J'ai pensé au petit ange avec son arc, mais les flèches étaient en beurre, et mon dindon est retombé, vaincu...
_ Le petit ange, c'était une image, Gégé. L'amour, c'est un peu plus que ça...
_ Je regarderai ce soir dans le dictionnaire !
_ Ne dis donc pas de conneries ! La littérature ne te sera d'aucun secours. Laisse donc ça aux consciencieux, aux laborieux, et autres premiers de la classe ! L'amour, c'est une affaire de cancres !
»

Léon la came c'est bien entendu ce bon vieux Léon (Léonce pour être tout à fait exact, mais il préfère qu'on l'appelle Léon). Un centenaire débordant de vie et qui n'a pas sa langue dans sa poche. Tantôt espiègle comme un enfant farceur ou un papi sénile, il sait également se montrer dur en affaire, voire même dangereux quand il faut montrer les crocs. Un personnage absolument sensationnel qui égaye la monotonie latente d'un récit dont on a du mal à cerner l'intrigue et les enjeux pendant un bon moment.


« Le retour de ce grand-père ressuscité des morts fit sur mes onze mètres d'intestin grêle l'effet d'une bombe à hydrogène. »

Autre protagoniste haut en couleur : Géraldo-Georges, le petit fils du vieux Léonce. Génialissime tour de force des auteurs, ce trentenaire pubère et puceau est d'entrée dépeint comme une personne détestable, s'enfuyant aux toilettes dès lors qu'il est stressé pour s'y enfermer des heures durant. Tout le monde lui rit au nez, se moquant de ses manies. Mais lorsqu'on referme le bouquin, c'est avec cette impression énorme d'attachement pour ce garçon qui avait besoin d'un déclic pour dire « merde » à sa vie de merde et pour partir vivre de belles choses, enfin !


Au final, Léon la came me laisse un sentiment mitigé. Un récit un peu laborieux mais somme toute plutôt génial. Des dessins plutôt crades mais qui collent à la peau de cette famille Houx-Wardiougue.
Léon la came est clairement une critique sociale contre le capitalisme, qui s'ancre parfaitement dans un contexte de lutte prolétaire, et un joli pied de nez à la vie, aussi !

Chronique du 08/04/13

La première chose qui séduit dans Léon la Came, c'est le casting des auteurs. Sylvain Chomet au scénario et Nicolas de Crécy au dessin, on va pouvoir rêver un peu !

La première chose qui rebute dans Léon la Came c'est l'ambiance pesante, soutenue par un trait dense et des teintes qui balancent entre le sépia sombre et le turquoise aseptisé.

Mais en poussant un tout petit peu la lecture, les choses prennent une toute autre dimension. On se met à se passionner pour cette famille méprisable que les auteurs ont caricaturé à l'excès, et pour ce personnage atypique quasi-centenaire et toujours contestataire. Le ton est cynique, les personnages rient jaune, c'est un délice.

Léon est un vieux bonhomme qui aime mettre le bazar (vocabulaire purgé) dans les ordres établis. Ce qu'il fait le mieux : laisser les gens penser qu'il les soutient pour mieux les briser de la façon la plus vicieuse qui soit. Son retour sonne donc comme un vent de révolution chez les Houx-Wardiougue. Et chez les Houx-Wardiougue, les révolutions on n'aime pas trop trop ça. Ça ne fait pas assez BCBG, la révolution. D'ailleurs si le Bloc Soviétique s'est cassé la figure ce n'est pas un hasard. Dehors les Cocos ! Autant dire que le Léon il a de quoi s'amuser, et c'est tout simplement jubilatoire.

Pourtant, ce Léon n'est qu'un prétexte pour suivre le narrateur de cette histoire. Géraldo-Georges, dit Gégé, va suivre, à l'initiative de son grand-père, une véritable métamorphose. Du statut de cafard, il apprend à s'affirmer et à dire caca (vocabulaire purgé) à cette famille qui l'a toujours écrasé. Tout ça pour nous amener petit à petit vers une conclusion (du premier tome seulement... je suis curieuse de découvrir ce que les auteurs nous ont concocté pour les deux tomes suivants) en feu d'artifice entre révélations, scandales, rébellion et retournements de situation.
Pour ceux qui auraient le moindre doute : oui, Léon la Came vaut le coup d'être lu, et ce jusqu'au bout, car c'est le dénouement qui donne au récit toute sa majesté et son génie.


D'autres avis : Legof, Mitchul


Roaarrr Challenge
- Prix René Goscinny 1995


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Tome 1 : " Léon la came "

Année d'édition
2010 (1ed.1995)

Licorne (La) Mathieu Gabella (s), Anthony Jean (d) DELCOURT

Tome 1 : "Le Dernier Temple d'Asclépios"

Chronique du 18/01/10

Allemagne, 1565 :
Conrad Gessner, éminent naturaliste, est capturé par des hommes et mis à mort sur un bûcher. Mais au moment où devait s'abattre la sentence, une créature monstrueuse tente de le sauver... en vain.
Quelques jours plus tard à Paris, Ambroise Paré, chirurgien de renom, se rend sur les lieux d'un carnage. Il y retrouve là des personnes assassinées d'étrange façon : un fragment d'os projeté à la façon d'une flèche dans le corps de l'un d'eux, ou un autre corps éviscéré...

Nous voilà dans le ton : une histoire mêlant fantastique, histoire et médecine.
Il faut dire que Mathieu Gabella est fils de médecin, voilà d'où lui vient une partie de son inspiration.
Alors non, pour les puristes, Gessner n'est pas mort sur un bûcher mais de la peste, et les protagonistes de l'histoire ne vivent ou meurent pas de la façon décrite dans l'ouvrage, mais ils sont une source d'inspiration. Cela fait aussi vivre l'histoire, une histoire complexe et dont nous ne pouvons comprendre les enjeux dès les premiers instants, il nous faudra être patients, un peu.

J'aime vraiment cette thématique, avec les primordiaux, qui sont des êtres inspirés de la mythologie mais allègrement revus à la sauce Anthony Jean. Mais La Licorne, c'est aussi une bande-dessinée fascinante, car elle nous en apprends beaucoup sur l'Histoire, avec un grand H, et sur l'évolution de la médecine. À l'époque, ils n'étaient pas encore très savants sur la machine humaine, et étudier le corps était vu comme une abomination (et pourtant tellement nécessaire). Comparé à aujourd'hui, on peut dire que c'étaient des bouchers :)

Le tout superbement narré et dessiné. Vraiment, La Licorne est une BD qui vaut le détour, autant pour sa thématique qui sort de l'ordinaire, pour le coup de crayon de Jean, ou pour l'accroche et l'engouement qu'il procure.




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Tome 1 : \\"Le Dernier Temple d\\'Asclépios\\"

Année d'édition
2006

Tome 2 : "Ad Naturam"

Chronique du 18/01/10

1565, Milan :
Des compagnons de Michel de Nostredame attendent ce dernier, mais il a du retard. Il aurait déjà dû être là avec d'autres savants !
Pendant ce temps, dehors, leurs ennemis sont tapis dans l'ombre et guettent le moindre de leurs gestes. Mais ils sont soudainement attaqués par un homme énigmatique, possédant quatre bras et paré d'un masque...

Le tome deux de La Licorne démarre sur les chapeaux de roues. Complètement dans la continuité du premier, on est toujours autant subjugué par le scénario et captivé par le dessin d'Anthony Jean, qui travaille d'abord au lavis avant d'appliquer sa couleur en plus sur informatique, ce qui donne une ambiance plus chaleureuse à la bande-dessinée.

À la fin, quelques pages sont consacrées au making-of de la BD. Il est notamment indiqué comment travaillent les auteurs mais aussi les sources d'inspiration de Mathieu Gabella. Pour la médecine, on le savait, mais pas pour le lien entre les bêtes merveilleuses et celle-ci. Lien qui est en fait une tapisserie, celle de la Dame de la Licorne... on comprendra alors pourquoi les tapisseries ont elles aussi un rôle tout important dans l'histoire.
On y apprend également pourquoi le dessinateur a souhaité sortir des sentiers battus pour réinventer les bêtes des légendes. C'est vrai qu'elles prennent vraiment une autre dimensions imaginées ainsi.

Un nouveau tome captivant donc, et qui nous en dit un peu plus sur le combat qui s'installe. Qui sont les adversaires (la science contre l'Église, pour prendre un raccourci) et quel est leur but !




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Tome 2 : \\"Ad Naturam\\"

Année d'édition
2008

Ligne de fuite (La) Christophe Dabitch (s), Benjamin Flao (d) FUTUROPOLIS

Chronique du 08/10/07

1888 à Paris, le journal « Le Décadent » se prépare une nouvelle fois à publier un poème de Rimbaud ... un pastiche de plus. Ce n'est pas là leur premier méfait, mais plutôt que de faire hommage au grand poète qui attire tant de convoitises, et dont personne ne sait ce qu'il est advenu, ce journal ne cesse de braver les interdits !
Adrien, l'auteur malgré lui, se voit confronté à sa réalité, et part à la recherche du vrai Rimbaud. Un voyage qui l'emmènera plus loin qu'il ne semblait l'imaginer....

Génial ! Grandiose ! Somptueux !
Si j'ai été attiré par la couverture de ce livre au premier coup d'oeil, l'avis de mon Libraire (Bédélire, à Bordeaux) m'a convaincu de l'acheter les yeux fermés. Et après l'émerveillement d'Abdallahi, de ce même Christophe Dabitch, je ne suis décidément pas prêt d'être déçu, tant cette bande-dessinée est excellente, une fois de plus.

Un voyage qui s'inspire de faits réels, avec les "faux" du journal en question, qui exista de 1886 à 1889, la disparition de Rimbaud, les nombreux poèmes parus avant 1888 dont le rythme des rimes nous accompagne tout au long de notre lecture.
Un voyage également à la découverte d'un auteur, d'un poète, et qui nous amène en Afrique, loin de tout... quelles sont les raisons d'un tel exil ? Quelles motivations, ou tentations, pourraient être assez fortes pour pousser un homme à s'éloigner de sa famille, de son pays, alors que la renommée l'avait gagnée ?
Un voyage vécu par notre héros malgré lui, Adrien, se perdant dans ses pensées et se cherchant lui-même, sur le chemin le menant jusqu'à Rimbaud....

Et il y a le dessin de Benjamin Flao, un dessin coloré, des traits fins et agréables, des scènes touchantes, des visages expressifs, des cases de transition, ajoutant aux décors une beauté fugitive.

Il aura sûrement fallu de nombreuses recherches à nos auteurs pour faire de cette bande-dessinée ce qu'elle est. Et on ne peut que les féliciter de ce travail merveilleux.... merveilleux, et si c'était le mot de la fin ?

Chronique du 08/10/07

Incroyable ! Rimbaud est au cœur de cette BD tout le long et il n'apparait pas une seule fois.
Sur la base de faits réels à l'origine mais développés et romancés au final, Dabitch nous entraine dans l'aventure de la découverte de soi sur un scénario parsemé de poèmes d'Arthur Rimbaud.
Rimbaud n'est qu'une quête, un idéal absolu. Mais au bout de cette quête...


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Année d'édition
2007

Lilymande Kélilan (s)(d), Javier Martin (c) CASTERMAN

Tome 1: "Princip'île"

Chronique du 03/02/07

La Terre que nous connaissons tous à subi une grave mutation. En 2085, un astéroïde percuta la surface de la lune, la rapprochant dangereusement de notre planète, enchaînant de graves catastrophes climatiques. Depuis, son orbite n'est toujours pas stabilisée, et ne restent en surface que 2 îles, regroupant la majeure partie des survivants. Mais les plus riches ont construit des habitations sous-marines pour subsister, et le monde semble avoir oublié leur existence.
Lilymande est une jeune fille étrange, et possède une anatomie différente des habitants de la surface. Elle a été retrouvée un jour amnésique et semble dotée de capacités athlétiques extraordinaires. Accompagnée de Jarba et d'Ektor, elle part à la recherche de son passé....

Je n'ai pas trouvé cette bande dessinée à mon goût, et je ne l'aurais pas achetée si on ne me l'avait pas donnée à l'entrée du festival de Saint-Malo 2005. En effet, le dessin simpliste ne me plaît pas et les couleurs sont grossières et tirent en majeure partie vers le vert.
Quant au scénario, il relève selon moi un peu le niveau. Certes il n'est pas révolutionnaire, mais une fois dans l'histoire, on va jusqu'au bout. La bande dessinée se laisse lire, et répond aux intrigues rapidement, tout en apportant de nouveaux éléments avec parcimonie.

Chronique du 03/02/07

Il y a sans doute un effort dans le scénario qui mériterait de retenir notre attention... Peut-être que la suite vaut le coup, peut-être que...
Mais il y a le dessin, et là, je suis désolée, mais non.


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Tome 1: \\"Princip\\'île\\"

Année d'édition
2004

Lionne (La) Sol Hess (s), Laureline Mattiussi (d) Treize étrange

Tome 1 : " Pedicabo ego vos et irrumabo "

Chronique du 11/04/12

Pedicabo ego vos et irrumabo
Bon, moi qui n'ai jamais fait de latin, je me suis quand même dit : Attends, la langue française a quand même une base latine ! Je ne connais certes pas grand chose au latin mais je dois pouvoir essayer de déchiffrer ce titre...
Au final je me suis arrêté à un vague Mon pied de chien... sans être capable ni de savoir si j'avais raison (et j'en doutais sincèrement) ni de déchiffrer la suite. Bref, il me faudrait lire la BD pour tenter de comprendre cette phrase, mais vu que c'était le but que je me fixais au départ, ce n'était pas bien grave.

Je peux du coup désormais vous donner la véritable traduction. Oreilles chastes s'abstenir (et si c'est votre cas passez directement à un autre album car celui-ci n'est pas pour vous) : « Je vous enculerai et me ferai sucer. »
J'espère que les moteurs de recherche ne s'affoleront pas vers BenDis après cette malencontreuse citation, qui n'est nullement ma prose mais de celle d'un certain Catulle, poète romain s'il en est, célèbre pour ses vers d'un genre nouveau. Car à l'époque où la plupart des poètes se tournaient vers la gloire des Anciens et des Dieux, lui et quelques autres (que la postérité aura oublié) ont cherché à conter des faits plus personnels. Catulle fut même le premier à narrer sa passion amoureuse, dans une période où avoir des sentiments pour une femme était dégradant, où les orgies étaient légion.
Le vers en question est tiré de l'une de ses œuvres les plus controversées, Carmen 16, poème érotique et surtout très vulgaire. Catulle était cependant un très grand poète, ouvert aux vers raffinés ou aux critiques les plus acerbes, notamment envers Jules César qu'il a côtoyé.

Passé ce trait d'Histoire, essayons de percer le fil de l'histoire avec un petit "h".
Nous sommes donc à Rome du temps Catulle et sous le règne de l'Empereur Auguste. Un règne en déclin car la ville est en proie à une terrible peste noire. Les citoyens, s'ils ne crèvent pas dans les rues sales et nauséabondes de la capitale italienne, assouvissent leurs meurs les plus dépravées dans des tavernes lubriques en d'innommables orgies jusqu'au lever du jour.
Dans cette ambiance glauque et obscène, une prostituée de luxe nommée la lionne attire toutes les convoitises. Grec, juif ou romain, du bouseux au noble, ils rêvent tous d'une nuit avec elle. Mais la lionne est inaccessible et n'appartient plus à Catulle. Désormais, c'est le Consul Publius Afranius qui l'aura pour lui seul !

Une histoire qui met en scène le sexe dans toute sa splendeur. Pas de voile, juste du plaisir et de la bestialité. Pour être franc, je m'attendais à une lecture plus savoureuse. Laureline Mattiussi était parvenue à donner une fougue incroyable à une piratesse à l'appétit vorace dans L'île au poulailler. Mais ici, si son graphisme demeure toujours aussi atypique et agréable, tout en rondeur et en fausse simplicité, je me suis ennuyé. C'est surtout le récit que je remet en cause, non pas qu'il soit dénué d'intérêt, mais je lui trouve une fadeur que n'avait pas le diptyque marin. La faute à une trame scénaristique qui se met en place lentement, quasiment sur la conclusion de ce premier opus.
Oui, je lirais probablement la suite, parce que je reste persuadé que le duo d'auteurs à quelque chose à dire et je veux savoir quoi. Qui plus est, le lieu et l'époque de l'action m'intéresse. J'espère seulement qu'il ne faudra pas attendre le troisième et dernier tome de cette série pour ressentir nous aussi ce petit frisson.




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Tome 1 : \\" Pedicabo ego vos et irrumabo \\"

Année d'édition
2012

Live War Heroes Fabrice David (s), Éric Bourgier (d) SOLEIL

Live War Heroes

Chronique du 23/11/09

17 septembre 2021 - Los Angeles
Une nouvelle émission de télé-réalité débute, présentée par Ted Carlson. Le but est simple : un américain, un patriote, sera envoyé en mission militaire à caractère humanitaire dans un pays en conflit. Le tout bien entendu filmé en temps réel et retransmis en direct sur le web.
C'est Peter Suttgrave qui sera le héros de tout une nation, saura-t-il relever le défi et profiter du million de dollars qui l'attend ?

Live War Heroes est la première bande-dessinée du duo David & Bourgier. Comme j'ai énormément apprécié Servitude, dans un tout autre genre, je me suis également procuré ce one-shot, pour voir, puisqu'il avait justement été réédité pour l'occasion (1ère édition en 2003).

Et pourtant, je ne suis ni fan des histoires militaires, ni fan des TV-réalité ... au final je reste quand même un peu sur ma faim. Le scénario n'est pas d'une qualité extrême et n'a pas su me convaincre vraiment à réviser mon jugement sur ce genre de thème. Il faut dire que le sujet, comme je le soulignais précédemment, ne me plaît pas au départ. Et je ne suis pas franchement avare de ce sentiment de patriotisme exacerbé.
Mais il faut quand même avouer que l'intrigue et l'enjeu dépasse de loin la présentation de l'émission telle qu'on souhaite la montrer à son public. Car derrière cette pseudo intervention militaire à but humanitaire se cache des ambitions politiques cruciales et non avouées.

Question dessin, on retrouve déjà les traits qui m'ont fait adorer Servitude. Pas pour toutes les scènes, mais sur quelques pages qui se passent en mission à l'étranger, sur ce fond sépia vraiment réussi.

Bref, Live War Hero est certainement une bonne BD pour ceux qui aiment les histoires militaires et les amateurs de one-shots qui ne s'égarent pas dans des séries à rallonge.
Mais pas pour moi :)

Chronique du 14/04/2012

Oh ! Du Soleil..., me direz-vous. Oui bon certes, mais des fois, Soleil est capable de sortir des trucs bien, tout n'est pas non plus à jeter à la poubelle hein. Servitude par exemple, est une excellente série, alors pourquoi ne pas s'essayer à ce one-shot sur lequel les auteurs se sont fait la main ?

Ma réponse sera claire : parce que ça ne vaut clairement pas Servitude. Voilà, si vous hésitez à passer à côté de Live War Heroes, n'hésitez plus, ça ne vaut pas le coup. Il n'est pas franchement mauvais non plus hein, mais on sent bien que c'est une première œuvre. Le dessin d'Eric Bourgier n'est pas moche, mais il est loin d'avoir atteint sa maturité, et pas mieux pour le scénario de Fabrice David.

On sent déjà les ficelles machiavéliques et politiquement intéressées. On retrouve des protagonistes ballotés par des événements qui les dépassent. MAIS les protagonistes sont niais et les ficelles machiavéliques sont convenues. Et puis les allées et venues temporelles sont mal gérées : on passe son temps à fouiller dans les pages précédentes pour s'y retrouver.

Bon, si vous avez Live War Heroes dans les mains, que vous revenez de votre librairie (indépendante) préférée ou de la bibliothèque avec le bouquin dans votre panier, ne le jetez pas non plus. Je suis un peu agressive parce que Servitude vaut mille fois mieux que ça, mais ça reste une lecture sympa quand même, avec une perspective sur la télé-réalité, poussée au bout du principe et de ses effets, qui pourrait être intéressante en s'appliquant un peu.


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Live War Heroes

Année d'édition
2009 (1°ed.2003)

Lou ! Julien Neel (s)(d) GLÉNAT

Tome 1: "Journal infime"

Chronique du 11/09/07

Lou est une petite fille débordante d'énergie, qui nous plonge dans son univers délirant. Elle est élevée par sa mère, hardcore gameuse depuis qu'elle à acheté à sa fille une console de jeu, et n'a jamais connu son père. Elle se confectionne elle même ses habits car elle ne veux pas ressembler aux autres, et elle aime le théâtre même si elle reste incomprise.
Lou est amoureuse de Tristan, son voisin, mais elle n'ose pas faire le premier pas. Et il en est de même de sa mère avec Richard, le nouveau voisin.
Telle mère, telle fille comme on dis !

Une bande-dessinée drôle et pleines de gags du début à la fin, on ne s'ennuie pas. Un album récompensé par le Prix jeunesse à Angoulême en 2005. Franchement une bonne découverte, même si j'étais pas chaud au départ.
Un dessin simple et agréable, et des couleurs pleines de vie.
A lire et à relire, et toujours avec le sourire :)

Chronique du 11/09/07

Aaaah ! Lou ! ... La fraicheur, l'innocence, la jeunesse.

"Tchô la Collec'" nous a livré pas mal de BD sans attrait, mais vendeuses et "djeuns". Selon moi il y en a deux qui sortent du lot : Lou! et Mamette :)

Mamette, nous en parlerons plus tard, ici on s'occupe de Lou!
Lou, c'est cette grande fille ou jeune ado, à cet âge entre deux tirs. C'est cette gamine qu'on a toutes (oui, tout-E-s) été. C'est l'âge où les choses simples sont encore magiques, même si les Barbies ne le sont plus (authentique !). C'est la collégienne qui se cherche une identité à travers les vêtements (qu'elle confectionne elle-même pour ne pas être habillée comme les autres). C'est la copine d'enfance. C'est la jeune amoureuse timide.
Et puis il y a sa mère, ancienne rebelle, éternelle gameuse, future écrivain de science fiction, mauvaise cuisinière et mauvaise ménagère. Et Richard, le nouveau voisin qui se promène avec un gilet en "mouton mort" (pauvre bête). Et Tristan, le voisin d'en face dont Lou est amoureuse depuis le jardin d'enfant mais auquel elle n'a jamais parlé. Et le chat, qui n'a pas de nom. Et la grand-mère, éternelle insatisfaite, râleuse, mauvais caractère (on en découvrira plus dans le tome 2). Une galerie de personnages typiques et sacrément attachants !

Bref, cette BD ne peut que plaire au public qu'elle visait : les jeunes filles (il s'arrache en bibliothèque), mais également à celui qu'elle ne visait pas : les anciennes jeunes filles. Encore que Jérôme n'appartient à aucune de ces catégories ;)
Elle se présente sous forme de gags, facile à aborder donc, mais suit une continuité d'événements. Le trait de Julien Neel est aussi pur que l'âme de son héroïne, ce qui n'en facilite que la lisibilité, sans pour autant nous refiler du dessin de mauvaise qualité.

Roaarrr Challenge
- Prix Jeunesse 9-12 ans - Angoulême 2005


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Tome 1: \\"Journal infime\\"

Année d'édition
2004

Tome 2: "Mortebouse"

Chronique du 11/09/07

Lou revient dans de nouvelles aventures. Après l'année scolaire mouvementée vient l'été et les vacances... chez mamie. Quelle angoisse ! Deux semaines à manger du choux de Bruxelle dans un village paumé dans la campagne.

Un second tome dans la lignée du premier, avec son lot de surprises et ses amours de vacances. L'occasion de découvrir un peu mieux la mamie et l'enfance de la mère de Lou. Malgré tout, je suis plutôt nostalgique du premier tome, on a un peu perdu la magie de la découverte et le sourire a franchement pris la place sur le rire.
Et puis y'a plus les petits icones en haut de chaque page pour l'illustrer, ça craint ça, j'aimais bien les petites icones moi ^^

Chronique du 11/09/07

Les vacances d'été, c'est la galère. A la ville, il n'y a plus personne et pour partir en vacances quand Maman est fauchée, c'est chez Mamie : à Mortebouse.

C'est l'occasion d'en savoir plus sur la jeunesse rebelle de la mère, le mauvais caractère et les feuilletons de la grand-mère et... LES CHOUX DE BRUXELLES ! Repas préféré de la dite Mamie qui en met à tous les repas.

Nouveau cadre, nouveaux personnages. En secondaire mais tellement typique : le voisin avec lequel la vieille s'engueule depuis 30 ans sans savoir pourquoi. Ils ont plus leur importance : Clément Fifrelin, ancien tortionnaire de jeunesse de sa mère et actuel soupirant tête à claque et Paul "aloha", au physique peu avantageux mais tellement poète !

Bref l'occasion de nouvelles aventures rocambolesques !


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Tome 2: \\"Mortebouse\\"

Année d'édition
2005

Tome 3: "Le cimetière des autobus"

Chronique du 11/09/07

Il y a des moments dans la vie où rien de va plus. On a l'impression que le monde entier s'acharne contre nous et que personne ne s'inquiète pour notre misérable existence.... excepté peut-être le chat ?
La rentrée scolaire prend le pas sur les vacances à Mortebouse, qu'on en finirait presque de regretter. Mina n'est plus dans la même classe, Maman n'en a plus que pour les beaux yeux de Richard "peau de mouton", et Lou plonge de plein fouet dans l'adolescence !

Difficile d'être une ado ! Lou traverse ici une période noire et difficile, mais c'est aussi l'occasion de faire de nouvelles rencontres, comme Marie-Émilie, fille gothique et rebelle issue d'une famille bourgeoise pleine de problèmes existentiels, et K-rine, qui après une première altercation houleuse, est peut-être la personne la plus à même de la comprendre.

Un album un peu moins "fun", du fait des moments difficiles de Lou, mais on est heureux de retrouver les décalages humoristiques de sa mère, qui à défaut de trouver ce qui cloche chez sa fille au début, vit dans son monde à elle.
Ah oui, la grand-mère qui dope les ventes de Sidera m'a fait hurler de rire, et aussi la série de gags sur le loyer :)

Chronique du 11/09/07

Moi j'aime beaucoup comment Richard et la mère sont complètement largué par la crise d'adolescence de Lou. Et le chat qui parle :D

Effectivement, sans cesser d'être drôle, cet album l'est moins que les précédents. Nouvelles mésaventures, nouvelles amies, nouveaux personnages. Le plus cocasse parmi ceux-là étant à mon goût la mère de Marie-Amélie.

Ah oui et puis la mère de Lou sort enfin son bouquin, donc pas de mini aventures de Sidéra.

Et j'ai appris aujourd'hui que le tome 4 sortait le 24 octobre. Juste avant Saint-Malo où Julien Neel sera justement présent ;)


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Tome 3: \\"Le cimetière des autobus\\"

Année d'édition
2006

Tome 4: "Idylles"

Chronique du 10/05/08

Lou et ses copines sont invitées par les parents de Marie-Émilie à passer leurs vacances dans leur villa au bord de la mer, et s'apprêtent à se lancer dans la "chasse aux garçons". Pendant ce temps, la mère de Lou est invitée à faire la tournée des festivals avec Richard pour la sortie de son livre.

Un album plein de fraicheur ! Et pourtant, on y retrouve tous les personnages qui ont fait le succès de Lou, de Tristan à Paul, de la grand-mère à Clément Fifrelin !
Et puis des nouveaux personnages bien entendu, dans des gags qui se succèdent et s'entremêlent. Les deux histoires parallèles de Lou et de sa mère se succèdent et sont liées par les thèmes de chaque page, et se retrouvent à la fin.

C'est vraiment rafraichissant, drôle, bref : un excellent album de Lou !

Chronique du 10/05/08

C'est pas mon préféré pour être franche. On s'embourbe dans des amours adolescentes (et adultes d'ailleurs aussi), dans les relations entre machin et truc et entre bidule et chouette. Cet album apporte peu ou presque au personnage de Lou.
Ce qui me semble *vraiment* marquant, c'est Preston et Manolo en slip en fourrure.
Et puis la construction du récit, qu'on retrouve dans Chaque chose avec les situations qui se répondent entre elles et qui dynamisent pas mal l'ensemble.


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Tome 4: \\"Idylles\\"

Année d'édition
2007

Tome 5 : "Laser Ninja"

Chronique du 22/12/09

La traditionnelle page de garde de l'album, consacrée au carnet intime de Lou, est mangée par une feuille brûlée. On pense alors à une brûlure volontaire ? Non, l'immeuble de Lou, et de sa mère, et de Richard, est en train de cramer. Et avec lui disparaît pas mal de choses, des affaires, des souvenirs... ne reste à Lou que le collier offert par Paul... quant à sa mère, elle avait prévu une mallette de secours, comprenant la game boy et les chips au vinaigre ! Donc tout va bien !

Cet album, récompensé par le Prix jeunesse à Angoulême en 2010, est un véritable chamboulement. Finalement c'est un peu comme tout perdre pour tout recommencer, sur de nouvelles bases, un nouveau départ. Et ce pour tout le monde. Ah, je vous ai pas dit, mais la mère de Lou est enceinte !
C'est un album de non-dits, des choses bizarres que nos protagonistes n'arrivent pas à cerner, des événements qui les dépassent mais qu'ils prennent avec une philosophie qu'on ne leur connaissait pas.
Un incendie, c'est quand même quelque chose de vraiment flippant.
Les adolescents sont devenus grands, on dirait. Et les adultes eux aussi avancent dans leur vie, ils se posent des questions, il s'interrogent.

Ah, et il y a aussi le croisement entre le journal intime de la mère de Lou que sa fille prends comme lecture depuis l'hôtel pour passer les soirées, et ses rapprochements avec le vie de maintenant. Ça permet un peu de mieux cerner la mère, ses relations familiales, et à Lou de mieux la connaître aussi.

Je vais pas faire le spoiler sur le nom du p'tit bout, je vais pas non plus raconter les aventures, parfois tragiques, parfois heureuses, de nos héros, mais il me tarde le tome 6. C'est pas possible qu'il nous plante là comme ça Julien Neel, hein ? Dis :)

Chronique du 22/12/09

J'ai A-DO-RÉ cet album.
Autant le tome 4 commençait à entrer dans une certaine routine qui ne m'avait pas emballée, autant celui-ci fait table rase. Le quotidien de Lou change sur tous les plans, tous les acquis sont détruits, d'autres événements viennent bouleverser sa vie... Bref, cet album vient renouveler Lou! de fond en comble (ou presque : on ne touche pas à l'amitié, c'est sacré).
Bon, en puis la construction du récit, en parallèle avec le journal de sa mère ado, crée un lien entre la mère avant et Lou maintenant et aussi avec la mère maintenant et tout...

Roaarrr Challenge
- Prix Jeunesse - Angoulême 2010


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Tome 5 : \\"Laser Ninja\\"

Année d'édition
2009

Tome 6 : " L'âge de cristal "

Chronique du 22/02/13

« Euh... !? »
C'est sûrement avec ce genre d'interjections que le commun des fans de Lou devrait accueillir les premières planches de ce nouvel opus.
Souvenez-vous, Lou, cette petite fille qu'on voit grandir au fil des tomes de la série. Elle entre peu à peu dans l'adolescence, elle s'émancipe... jusqu'à ce grand chamboulement magistral du 5ème tome : Laser Ninja !
Autant vous le dire d'emblée, vous allez être très très surpris avec ce 6ème opus, à milles lieues de ce que vous pourriez oser imaginer en terme de virage à 180 degrés. Et je n'aurais qu'à vous faire un petit synopsis pour vous en convaincre :

La petite Lou a bien grandi ! Pour preuve, elle porte maintenant des lunettes, qu'elle considère finalement comme un accessoire de mode plutôt cool. Elle a arrêté d'écrire dans son journal intime (enfin, elle y revient quand même au moins le temps de nous raconter cette histoire) et elle aime bien s'occuper de son petit frère Fulgor. Jusque là, tout va bien...
Fini les cours barbants à l'école, c'est qu'elle travaille maintenant ! Employée par le gouvernement voyez-vous, pas le genre de job courant quoi... accrochez-vous : elle a pour mission d'analyser ces gigantesques (et nombreux) cristaux roses qui sont apparus partout dans la ville. Des cristaux étranges dont elle doit étudier les ondes qu'ils transmettent.
Pendant ce temps-là, sa mère écrit un nouveau livre, mais elle est aussi très très occupée par l'adaptation en comédie musicale (sur glace s'il vous plaît) de son premier gros roman à succès.

Étonnés ? Vous n'avez encore rien lu !
En tout cas on peut dire que Julien Neel nous surprend !
Au premier abord, on est franchement déboussolés par ce déroulement complètement inhabituel par rapport aux précédents épisodes. On essaie tant bien que mal de se raccrocher à ce qu'on a l'habitude de voir, au moindre petit détail qui nous rapproche de la petite vie de la Lou qu'on connaît. Mais il faut bien l'avouer, elle a bien changé ! Et même au niveau du graphisme d'ailleurs, qui paraît un peu flou, comme dans un rêve.
Petit à petit, on finit par se prendre au jeu de cette lecture très typée science-fiction romancée. On aurait pu s'attendre à une conclusion qui nous aide à remettre nos idées en place mais non, il va falloir faire nous-même le travail... pour ceux qui le souhaitent évidemment.


« C'est l'histoire d'une très jolie princesse, un peu idiote, qui, depuis qu'elle est toute petite, bloque sur le même garçon stupide...
Alors elle voudrait aller danser, pour oublier à quel point elle est bête, mais malheureusement elle doit garder le dinosaure de sa maman qui est partie dans la nuit faire un truc secret...
»

Alors ce Lou ! Réalité ou fiction ? Aberration de la série ou éloge de l'adolescence ?
J'ai entendu un peu de tout de la bouche de ceux qui l'avaient lu avant moi, entre le bluffant et le bizarre. C'est vrai que ce côté fantastique tombe comme un cheveux sur la soupe, nous qui n'étions pas habitués à ça dans les aventures de Lou ! Mais finalement, l'image de l'adolescence est bien présente et tout à fait assumée. C'est surprenant, mais pas si incompréhensible que ça...


« Non mais on est d'accord, « Gjord », c'est Richard, non ?
_ Y'a de fortes chances, oui... Enfin... Au début, j'étais sûre que c'était lui, oui... Mais il est fort, il joue le jeu à fond, quoi...
_ Non mais attends... C'est LE PÉRE DE FULGOR ! Il a fui avant sa naissance pour s'enfermer dans une graoute, et là il revient après tout ce temps, déguisé en Suédois pour postuler au rôle du prince Fulgor, son aller ego dans TA comédie musicale, et...
_ OUI. On est d'accord, ça tient pas debout... C'est bien pour ça que je lui accorde le bénéfice du doute... C'est peut-être bel et bien son sosie suédois, après tout... Ou alors, si c'est VRAIMENT Richard, c'est qu'il est devenu complètement fou dans sa graoute et qu'il a monté ce plan absurde pour nous revoir... Ou alors c'est un autre Richard... qui vient d'une autre dimension.
_ Non ! Ça c'est de la science-fiction.
_ Oui, mais justement, ça rejoint un peu le truc sur lequel je travaille en ce moment...
_ Pour ton nouveau bouquin ou pour le spectacle ?
_ Non. Pour mon truc top-secret du gouvernement, avec les cristaux et tout...
_ Tu travailles sur un truc avec des univers parallèles ?
_ Non, pas vraiment, c'est heu... plutôt une sorte de heu... d'altération de la réalité...
»


L'adolescence c'est quoi, d'abord ?
Dans le cas de Lou et de nombre d'enfants de son âge, c'est des amours tumultueux (entre les cartes de Paul, les je t'aime moi non plus avec Tristan, les petits flirts qui s'intercalent dans tout ça), une activité diurne de tous les instants (discothèque, nuits blanches...), un quotidien éreintant (babysitting, cours, travail...)
Une complexité de tous les jours qui se trouve ici imagée dans un phénomène d'altération de la réalité qu'on croirait tout droit sorti d'un livre de science-fiction. Ah ben tiens, ça tombe bien, la mère de Lou tient enfin son inspiration en tout début d'album et est en passe d'écrire le dernier chapitre à la toute fin...

Un parallèle-fiction entre les romans et la complexité des relations amoureuses et de l'adolescence.
Bah oui, l'adolescence c'est quand même vachement compliqué et on ne sais pas tout le temps très bien où on est ni où on va. Les cours c'est chiant, les garçons c'est à la fois cool et pas cool (en alternance selon les périodes). Bref, une vie pas facile facile qu'on a bien envie parfois de mettre entre parenthèses : toute une aventure !

On se demande quand même au final ce que représente réellement cet album de Lou :
La vision de l'adolescence par Lou ?
Un livre de science-fiction écrit par sa mère ?
Une thérapie pour Julien Neel, qui avait besoin de changer de ton pour raconter les choses différemment.
Et si c'était un peu des trois ?

Après un tome 5 de toute beauté, Julien Neel nous prend à parfait contrepied. Moi qui n'étais pas spécialement fan des premiers Lou, là, je suis bluffé !


D'autres avis : David Fournol, Zaelle




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Tome 6 : " L'âge de cristal "

Année d'édition
2012

Loup des mers (Le) Riff Reb's (s)(d) SOLEIL

Chronique du 21/05/13

« Jack London a dévoré la vie avec l'appétit d'un gigantesque incendie : pilleur d'huîtres, chasseur de phoques, chercheur d'or, militant révolutionnaire, vagabond, reporter de guerre, éleveur et exploitant agricole, matelot des mers froides et yachtman des mers chaudes, écrivain autodidacte de plus de cinquante romans et nouvelles.

Soudainement rassasié, il pisse lui-même sur ce feu comme on éteint la lumière à seulement quarante ans.

Et cet incroyable bilan n'est pas suffisant car un auteur n'est pas seulement la somme de ses œuvres et de ses actes, mais aussi celle de ses obsessions, de ses égarements, de ses rêves, ainsi que de la cendre de ses illusions. Cendres refroidies qui nous réchauffent encore comme ces étoiles éteintes depuis des millénaires qui, à nos yeux, brillent toujours.
»

Cette belle préface, signée de la main de Riff Reb's lui-même, témoigne tout le respect et l'admiration qu'il porte à l'auteur californien, mort trop jeune, en 1916, d'une maladie du sang. Le loup des mers est une œuvre qu'il a écrite en 1904.
Après À bord de l'Étoile Matutine (Pierre Mac Orlan), Riff Reb's se lance dans une nouvelle adaptation de roman par delà les mers, et cette fois les phoquiers remplacent les pirates.


« Comment gagnez-vous votre vie ?
_ Je... Je suis un gentleman... J'ai des revenus suffisants.
_ Et qui les a gagnés, ces revenus ? Votre père, sans doute ! Ce sont les jambes d'un mort qui vous supportent. D'autres ont travaillé pour vous, ça se voit. Vous serez tout juste bon à laver la vaisselle et à aider le marmiton !
_ Capitaine, tout cela ne vous regarde pas. Je désire être débarqué, je peux payer pour ça. Fixez votre prix !
_ J'ai une contre-proposition à vous faire. Mon second est mort, tout le monde va grimper, le mousse aussi. Vous prendrez sa place... 20 dollars par mois, nourri. Vous allez devenir quelqu'un et apprendre à marcher sur vos propres jambes.
»

Voilà donc ce jeune américain nommé Humphrey Van Weyden, critique littéraire de profession, embarqué à bord du Fantôme (le nom du phoquier). Lui qui n'avait jamais pris que le ferry, le voilà parti pour braver les océans à bord d'une goélette. Après une première rencontre musclée avec le Capitaine Loup Larsen, les deux hommes vont apprendre à se connaître tout au long de la traversée qui les mènera jusqu'aux lointains rivages du Japon.
Et c'est bien cette improbable alchimie entre le gentlemen et le marin qui fait tout le charme du Loup des mers.

Loup Larsen est certainement le personnage le plus emblématique du Fantôme, mais aussi le plus complexe, à la fois atypique et fascinant.
D'un charisme diabolique, le Capitaine mène ses hommes par la haine et se plaît à avoir des ennemis. Heureusement pour lui, il dispose d'une grande force de persuasion et d'un corps sculptural qui fait de lui un monstre de la nature. Paradoxalement, il dispose d'une insoupçonnable érudition qui, mise aux côtés de sa brutalité apparente, nous enivre d'une fragrance exquise.

Derrière ce personnage fort de caractère, les autres protagonistes pourraient nous paraître bien fades. Mais ce n'est pas le cas.
Évidemment, le temps d'une bande dessinée est bien trop court pour leur donner autant de relief à tous, mais il n'en demeurent pas moins intéressants. Et c'est d'autant plus le cas d'Humphrey Van Weyden lui-même.
Arrivé à bord vêtu de ses habitudes aristocratiques, sa personnalité de gentilhomme se brise pour mieux construire celle qui le fera homme. Sa rencontre avec Loup Larsen est fortuite mais fondamentale dans sa transformation, ce qui fait de lui un personnage fort.

Il y a dans le récit cette impression d'héritage, de legs. Non pas que Loup Larsen ait vu dans le jeune homme quelqu'un de sa trempe (il n'est pas assez gaillard) mais il y a une fascination certaine entre ces deux hommes, du respect aussi, malgré les océans qui séparent leurs deux personnalités.

« Immortalité. Foutaises. »

Vous l'aurez compris, j'ai été passionné par la psychologie des personnages durant ma lecture. Des personnages qui me hantent encore quelques jours après tant leur charisme est prégnant.
Mais ne parler que de ça serait oublier la très grande qualité du dessin de Riff Reb's. La justesse de son trait et la maîtrise de ses ombres donnent à ses planches une clarté exemplaire, sur les scènes de jour comme de nuit. Et les gueules qu'il dépeint sont empruntes d'une grande expressivité, le plus souvent sadiques ou grinçantes il est vrai.

Du côté de la colorisation, Riff Reb's a pris le parti d'articuler son album autour d'une bichromie différente pour chaque chapitre. Un choix discutable dans son intérêt peut-être (on aurait pu se satisfaire d'une quadrichromie de l'ensemble) mais qui permet d'ancrer chaque passage dans une ambiance différente : le bleu des paisibles alizés, le vert de l'angoisse, le rouge du sang...


Je n'ai pas lu Jack London, c'est pas bien c'est vrai, mais je vais tâcher de composer avec ce manque.
Il m'est du coup impossible de dire si l'œuvre de Riff Reb's est une adaptation fidèle ou pas. On remarque le découpage des chapitres, probablement identique à la trame du roman. On pense repérer les ellipses aussi de fait (le chapitre 4 est très court et marque un résumé au rythme d'un jour par case). Mais le tout est très bien fait, de sorte que la lecture est très fluide et n'entache ni la compréhension ni le tempo de l'histoire (on suppose que la tension est plus progressive et pernicieuse dans le roman encore). C'est d'ailleurs l'un des meilleurs livres qu'il m'ait été donné de lire cette année (et encore une fois un excellent travail de la collection Noctambules). Et l'album inaugurera notre mois de juin sur les pirates et loups des mers sur k.bd.


Si je devais avoir un regret, c'est dans la scène finale (que je tairais, faut pas abuser hein). J'aurais tant aimé que le marin et son second reprennent la mer ensemble, forts de leur expérience passée...

Chronique du 21/05/13

Si la couverture du Loup des Mers intrigue et attire, c'est à reculons que j'ai ouvert cette BD. Ne me demandez pas pourquoi ; vous avez déjà la réponse ! Ben oui, bien deviné : c'est une adaptation de roman. Beurk beurk beurk et 100 fois beurk, on va encore se trouver avec un truc bâtard.
Alors pour modérer tout le bien que je vais pouvoir dire de cette BD ci-dessous, je précise que je n'ai pas lu le roman et que j'aurais sans doute détesté si ça avait été le cas. Mais voilà, là tout de suite, dans l'immédiat, j'ai vraiment trouvé ça bien.

En fait d'abord, ce que j'ai apprécié, c'est que je n'ai pas senti le fait que c'était une adaptation. Oui bien sûr, Riff Reb's a gardé le chapitrage, ce qui nous donne quelques indices sur les ellipses qui ont été faites comme me l'a fait remarqué Lunch (moi j'ai pas remarqué, j'étais sous le charme). Mais ça se fait naturellement et je n'ai pas ressenti le besoin d'associer ces chapitres à ceux d'un roman. L'histoire est fluide, sans précipitation et même pire : ça m'a donné envie de lire le roman de Jack London pour pouvoir à nouveau ressentir le flot d'ambiances de ce Loup des Mers (si si... bon allez, je vous donne l'autorisation : vous pouvez me flageller).

On se laisse happer par la personnalité du Capitaine Loup Larsen, toute sa force et son ambiguïté. Et si le décor époustouflant des vagues à perte de vue offre à l'histoire un cadre vraiment visuel, la lecture est rendue oppressante par la seule présence du capitaine. Riff Reb's fait à merveille ressentir le paradoxe des océans, vastes espaces s'il en est, qui contraignent à ces terribles huis-clos, entassés les uns sur les autres pendant plusieurs mois sur les bateaux.

Et que serait un récit maritime s'il n'y avait le dessin ? Un trait fouillé où les ombres sont intrinsèques, des cases pleines de mouvement, des doubles pages au crayon époustouflantes et une grande expressivité des personnages. Quant aux couleurs – une teinte par chapitre – elles participent à créer des ambiances. Bref, ce n'est pas là dessus qu'on va trouver la faille.
Non, si vraiment il fallait trouver un défaut à cette BD, c'est peut-être d'avoir dû faire des choix. Certes les événements ne sont pas précipités, mais on ne ressent pas la temporalité, et il nous semble finalement que le bateau traverse le Pacifique en une semaine. Et à se concentrer sur le duel entre Loup Larsen et le héros Humphrey Van Weyden, on ne prend peut-être pas non plus assez de temps pour découvrir les personnages plus secondaires qui ont pourtant tous leur rôle dans cette histoire.



D'autres avis : Champi, David Fournol, Legof, Mitchul, OliV', Yvan, Zaelle, BOBD

La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.


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Année d'édition
2012

Lucky Luke Morris (s)(d) DUPUIS

Tome 8 : "Lucky Luke et Phil Defer"

Chronique du 25/08/11

L'as de Pique n'est qu'un saloon de mauvais goût parmi tant d'autres. Son whisky est dégueulasse et son patron est une canaille finie, mais comme il n'y a qu'un saloon à Bottleneck Gulch, il ne désemplit pas...
... jusqu'à ce qu'un autre saloon se construise à quelques mètres de là. Un établissement qui a même le toupet de s'appeler l'as de cœur !

Ah, vous vous dites : Ben voyons, bien sûr, Lucky Luke ! Il nous l'avait pas encore chroniqué celui là !
Oui, c'est bien parfois de revisiter ses classiques, et pourquoi pas Lucky Luke, le cowboy le plus célèbre de tout le Far West, celui qui tire plus vite que son ombre !
Contre Phil Defer dit le Faucheux qui plus est, l'un des albums qui a bercé mon enfance, dans cette ma foi plutôt bien entretenue édition de 1977. Il y a bien quelques chocs sur la couverture souple de cette BD en fascicule, mais son état général est correct, et pour être franc, c'est une lecture qui fait plaisir.

Si on ne retrouve pas encore la complicité légendaire du cowboy avec Jolly Jumper (je me souviens avoir eu un jouet à l'effigie du cheval tiens, je me demande ce que c'est devenu tout ça), le chien Rantanplan ou encore les Dalton, Lucky Luke a déjà la dimension de l'as de la gâchette qu'on lui connaît, et son sens de l'humour bien particulier qui a le don d'agacer ses adversaires.
Phil Defer, engagé pour l'occasion par le patron peu scrupuleux de l'as de pique, est un grand gars longiligne dont l'allure même prête à la moquerie (mais que personne n'a envie de chercher). Les gags s'enchaînent, laissant peu de répit au lecteur que nous sommes, jusqu'à ce que bien entendu, tout finisse pour le mieux dans le meilleur des mondes (as usual).

À noter que les dernières pages de la bande dessinée sont consacrées à un récit court narrant l'aventure du dénommé Pilule. Une histoirette racontée au coin du feu par Lucky Luke, qui nous apprends que l'habit ne fait pas toujours le moine ;)

Le 8ème tome d'une très très longue liste (Morris en a dessiné 70, l'œuvre de toute une vie. Le dernier, La légende de l'Ouest, étant paru en 2002, l'année après sa mort). L'un des derniers à être scénarisé par le maître. La plupart des suivants seront le fruit de sa collaboration avec René Goscinny... un autre maître (Astérix, Iznogoud).

I'm a poor lonesome cowboy...

Chronique du 25/08/11

Comme il est plaisant de faire une pause dans les classiques de la BD Franco-Belge. Délaisser les titres du moment pour revenir à ceux de notre enfance, ceux qui ont laissé une trace indélébile dans le paysage bédéphile aussi bien que dans l'esprit des novices. Ces BD qui font dire à certains : la BD c'est pour les enfants. J'apprécie parfois de rester une grande enfant.

Bref, en ce moment, j'aime à lire des choses simples et pas prises de tête. Lucky Luke se prête tout à fait à cet état d'esprit.

Pas une grande découverte donc : un Lucky Luke tout ce qu'il y a de plus classique et sous sa forme première. Lucky Luke et Jolly Jumper (qui n'est encore qu'un simple cheval). Point. Pas de Rantanplan ni de Frères Dalton, et pourtant déjà un personnage récurrent : le croque-mort.

Bref, un charme nostalgique, une grande simplicité dans le scénario. Rien d'exceptionnel mais un bon moment de détente.


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Tome 8 : \\"Lucky Luke et Phil Defer\\"

Année d'édition
1977 (1°ed.1956)

Lulu femme nue Etienne Davodeau (s)(d) FUTUROPOLIS

Livre premier

Chronique du 22/03/10

Lulu est partie, laissant son mari et ses trois enfants seuls.
Un entretien d'embauche anodin, un peu loin du domicile familial, et voilà que Lulu prend conscience qu'elle se sent bien, libre loin de sa vie quotidienne...

J'avoue, je n'aurais jamais acheté et probablement jamais lu Lulu femme nue si cela n'avait été pour la chroniquer sur k.bd. Ce n'est pas le genre d'histoire qui me donne envie de voir plus loin... et pourtant, cette colorisation douce est engageante, plaisante. Quant au récit, bien que différent de mes lectures habituelles, il m'a en quelque sorte accroché, captivé. J'ai pas levé les yeux avant la fin de l'album. Il n'y a pas de longueur, et pourtant l'aventure de cette femme est contée tranquillement, entre copains, autour d'une table un soir d'automne.

Je ne crois pas que Lulu soit partie parce que son mari était alcoolique et qu'il le donnait l'affectif petit sobriquet de "grosse courge". Non, elle s'est seulement rendu compte en étant loin de chez elle qu'elle passait à côté de sa vie, qu'elle pouvait aussi se sentir libre... qu'elle n'était pas qu'une extension de gazinière ou de lave-linge.

Des rencontres, de la contemplation. Lulu femme nue n'est pas drôle, mais il est reposant. Les personnages n'ont pas tous le même intérêt, mais on se rend compte comment ça compte, d'avoir des copains qui sont là pour t'aider quand ça ne va pas, dans les moments délicats de ta vie.
J'ai aimé le personnage de Xavier, qui raconte l'histoire sur ce tome 1, et qui a un rôle difficile dans l'histoire. Il est là pour aider Tanguy, le mari, quand il fait une connerie, faisant fi de tous ses défauts. Et il est aussi là pour retrouver Lulu et voir s'il peut l'aider.
J'ai aussi beaucoup aimé Morgane, la fille de 16 ans et pourtant si mature, au point de comprendre pourquoi sa mère est partie, sans rien lui reprocher. C'est une fille courageuse et qui s'occupe de ses deux frères en l'absence de sa mère.
Et puis il y a aussi les frangins de Charles. De sacrés phénomènes... on leur doit le peu d'humour présent dans le livre, notamment avec les "ex-sorbets" et le "coup des bonbons".

L'intérêt du livre réside dans le fait de cette liberté, de cette soif de liberté. Ce besoin vital qu'elle avait complètement oublié, victime de sa vie méprisable avec un individu rustre et pathétique. C'est ça qui est beau finalement, c'est cet abandon.
Pas forcément mon style de lecture, mais... on a envie de découvrir pourquoi après tout ce temps, elle n'est pas encore rentré... rentrera-t-elle d'ailleurs ?

Chronique du 22/03/10

Lulu Femme Nue est une BD tout à fait dans la mouvance de ce que fait habituellement Etienne Davodeau : elle a pour thème les gens du commun, ceux dont on ne parle pas, ceux à qui il n'arrive jamais rien d'extraordinaire si ce n'est une anecdote un jour, une histoire qui rompt avec la continuité.
Une rupture avec la continuité, c'est très exactement l'histoire de cet album. Qu'est-ce qui a poussé Lulu, la quarantaine, mariée, trois enfants, chômeuse longue durée à ne pas rentrer chez elle ce jour-là. L'histoire est touchante, on se met à aimer l'escapade de Lulu et à détester tous ceux qui la jugent et qui préfèrent la ramener à son rôle de mère.

Ce qui me dérange c'est le récit lui-même. Qu'il y ait un parallèle entre l'aventure de Lulu et son entourage resté à la maison à l'attendre donne un certain rythme à l'histoire. Ce qui la dénature complètement, c'est le présent de narration utilisé par les narrateurs. Il n'est pas naturel du tout, on bute, on s'accroche, on se rape. Le présent de narration, on l'utilise dans un roman pour rapprocher le lecteur du héros, mais on ne l'utilise pas en soirée pour raconter un truc à ses copains, tout simplement parce que ce n'est pas naturel, parce que c'est un temps de récit difficile à utiliser et parce qu'il n'est pas fluide.


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Livre premier

Année d'édition
2008

Livre second

Chronique du 22/03/10

Xavier a maintenant raconté tout ce qu'il sait de l'escapade de Lulu, de ses rencontres, de son périple. C'est alors Morgane qui prend le relai, et poursuit l'histoire là où elle s'est arrêtée...

Finie l'histoire avec Charles, on ne le revoit plus. Non, cette fois nous découvrirons la vieille Marthe, et la jeune Virginie. De nouveaux personnages, la poursuite d'une aventure.

Depuis la fin du tome 1, je m'attends à quelque chose de fort... de tragique. Et pourtant, je l'avoue, Étienne Davodeau m'a bluffé. Jusqu'à la toute fin, il est parvenu à nous tenir en haleine et à nous mener en bateau.
Je ne voudrais surtout pas en dire d'avantage tant cela gâcherait l'effet de surprise à tous ceux qui ne l'ont pas encore lu... à vrai dire, quel final !

Malgré ça, le second tome est vraiment différent du premier. On n'est plus dans le batifolage, Lulu sait où elle va, elle a franchi un cap. D'ailleurs, c'est un peu le cas de tout le monde. Morgane prend exemple sur sa mère et ose remettre son père à sa place. Tanguy... lui aussi, il change !
On se rend compte au fil de l'album que Lulu manque à tout le monde, à ses amis... à sa famille... évidemment, l'extension de la gazinière faisant défaut, les repas ne sont plus ce qu'il étaient. Et comme l'extension du lave-linge n'est pas là non plus, exit les culottes propres ! Morgane fait ce qu'elle peut, mais ce n'est pas évident pour elle qui doit déjà gérer le handicap de son père, la garde des deux frères, concilier les amis de sa mère sa disparition, en plus de ses études.

Deux tomes différents, des rencontres différentes, des sentiments différents. Et pourtant, une seule Lulu.
Si j'ai aimé ? Je crois que oui... peut-être moins que le tome précédent. On a aussi l'impression que le retour de Lulu à la maison se fait plus pressant, et qu'elle va se renfermer dans son quotidien. Le sentiment de liberté est moins présent. Même si la fin laisse présager le contraire... les gens peuvent-ils vraiment changer du jour au lendemain ?

Chronique du 22/03/10

La suite des aventures de Lulu. La fin du premier tome laissait une intrigue en suspens et on commence le 2° tome avec beaucoup de curiosité. Lulu continue son expérience, mais ailleurs, autrement, et avec d'autres personnes. Le risque d'un tome 2 était précisément l'ennui, mais Davodeau évite l'écueil avec virtuosité. Mieux, Lulu elle-même est différente. Elle apprend de son escapade. Son visage devient presque beau, et son attitude est dans le partage. Le suspense laissé à la fin du premier tome se dénoue en une succession de rebondissements. Alors qu'on crois avoir compris, ben non c'est autre chose !

Comme dans le premier tome, le présent de narration m'a beaucoup perturbée, et je regrette un final qui traine en longueur, même si c'est pour "boucler la boucle", effet assez surprenant et plutôt réjouissant.


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Livre second

Année d'édition
2010

Luuna Didier Crisse (s), Nicolas Keramidas (d), Bruno Garcia (c) SOLEIL

Tome 1 : "La Nuit des Totems"

Chronique du 15/04/11

Luuna est sur le point d'être initiée, et comme le veut la tradition Paumanok, cette nuit sera la sienne, et elle rencontrera son totem.
Seulement voilà, la nuit de pleine lune appartient à Unkui, le dieu maléfique. Malgré la protection offerte par Hohapah l'esprit de l'arbre, Unkui veut la Paumanok et impose ses conditions : elle sera sienne une nuit tous les 28 jours. Mais cette nuit-là sera terrible...

Voilà, alors que le tome 6 vient ouvrir un nouveau cycle des aventures de Luuna, je rouvre le tome 1 de ma bibliothèque. Une envie soudaine de me replonger dans le mainstream de la BD Soleil (Hum ^^).

Avouons-le, Luuna n'est pas un chef-d'œuvre. Mais force est de remarquer quand même que la série sort un peu du lot "Celtique, pirates, fantasy" que l'éditeur à pour habitude de nous faire ingurgiter à la pelle.
Rien de transcendant ceci dit dans le scénario de Didier Crisse (Atalante), même si l'idée de départ est intéressante (faute d'être très originale non plus) : confronter cette jolie indienne qui parle aux esprits de la forêt à un problème de conscience. Il faut dire qu'on ne l'a pas gâtée la pauvre, avec ses deux totems loups : le bon et le méchant.

Luuna part donc en quête de vérité, partagée entre sa période de bonté (dominée par le loup blanc) et sa nuit de cruauté (dominée par le loup noir). Long est le chemin qui la mènera au bout de son périple. Surmontera-t-elle la malédiction d'Unkui ? Acceptera-t-elle ses deux totems ? Aura-t-elle le courage de n'en garder qu'un seul ?
Pour ça, il faudra attendre les tomes suivants.

Côté dessin, Nicolas Keramidas débute avec cette série. C'est ici son premier tome. Le trait n'est pas encore affirmé, mais on commence à discerner sa patte. Ce qui me plait le plus, je crois, ce sont les Pipintus, qu'ils soient rouges ou verts... avec une légère préférence pour les verts d'ailleurs. Côté répliques, Didier Crisse les a bien chargés (tout l'humour de l'album vient de ces petits personnages secondaires). Et côté mimiques, c'est un régal. Les bouffons de service en somme.

Mon gros bémol c'est surtout la couleur de Bruno Garcia. C'est d'un fade cette colorisation numérique !

Allez, Luuna, ça plaira aux ados, et ça reste divertissant malgré tout à tout âge. C'est déjà pas mal (tiens, j'ai l'impression de me répéter dans mes avis sur les albums de Crisse).




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Tome 1 : \\"La Nuit des Totems\\"

Année d'édition
2002