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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
James Bond (les origines) Charlie Higson (s), Kev Walker (s)(d) CASTERMAN

Tome 1 : " Silverfin "

Chronique du 10/11/11

Lassé de la pêche en rivière, activité dans laquelle il excellait, un jeune homme, Alfie Kelly, prit le risque de braver la zone interdite du Loch Silverfin pour s'adonner à son petit plaisir. Malheureusement pour lui, les anguilles du coin sont plutôt du genre carnivores... son corps ne fut jamais retrouvé.
Pendant ce temps là, James Bond débarque à l'université d'Eton. Une école très réputée et fréquentée par le fleuron de l'aristocratie anglaise...

_ Je me rappelle d'une fois, quand ton père et moi étions enfants... Nous avons essayé de rester éveillés toute une nuit. Ni lui ni moi n'avons réussi.
_ J'ai du mal à vous imaginer enfants, toi et papa.
_ Je me sens encore enfant, parfois... Jusqu'à ce que je me regarde dans un miroir. On dirait que j'ai cligné de l'œil et que toute ma vie est passée comme un éclair. Je suis juste un vieux bonhomme maintenant.
_ Mais non.
_ Si. Est-ce que tu as une idée de ce que tu veux faire plus tard ?
_ Peut-être explorateur. Ou espion, comme toi.
_ Oh ! Ils m'ont attrapé, tu sais. Juste une fois. Ils sont venus me chercher de nuit. De gros soldats allemands. Ils m'ont mis un sac sur la tête puis m'ont traîné à terre en pyjama. Ils ne m'ont pas très bien traité. Mais je ne leur ai rien dit.
_ Tu t'es enfui.
_ Évidemment... Personne ne peut retenir un Bond bien longtemps... Pas vrai ? James, si tu veux que je te donne un conseil... ne deviens jamais espion.


Silverfin est le premier album de la série narrant la jeunesse du plus grand espion de tous les temps : James Bond. Kev Walker, auteur de comics bossant pour Marvel ayant également illustré quelques cartes de Magic et divers jeux de rôles, a décidé d'adapter en bande dessinée le roman de Charlie Higson paru en 2005. La bande dessinée, elle, a été sélectionnée pour les Will Eisner Award (adaptation d'un autre) en 2011, mais est repartie bredouille.

La première chose qui frappe en commençant la lecture, c'est le sens du cadrage que développe l'auteur. On ressent tout de suite la touche qui caractérise le genre cinématographique. Le romancier y est peut-être pour quelque chose, étant donné qu'il est aussi scénariste, producteur et acteur. Toujours est-il que le storyboard sent bon le 7ème art et qu'on ne serait pas étonné de voir un jour ces titres repris sur grand écran (d'autant que les œuvres estampillées Fleming ne courent plus les rues et que c'est la société Ian Fleming Publications elle-même qui a commandé les romans à Charlie Higson).
Je n'ai rien à redire sur la forme de cet album. Kev Walker y a mis tout son savoir faire, développant un comics au récit limpide dans lequel les flashbacks savamment dosés alternent avec les scènes du présent. Le dessin est précis, les décors fouillés et les couleurs collent parfaitement au rythme de la narration.

Si je suis plutôt satisfait de l'album d'une manière générale, de son intrigue et de sa mise en forme, je reste tout de même sur ma faim. La raison n'est pas forcément à imputer à Kev Walker, qui je pense a fait un bon travail d'adaptation, mais plutôt à l'auteur du roman Charlie Higson. Je ne suis pas vraiment entré dans le récit du fait qu'il portait cette étiquette James Bond ! OK, c'est une idée intéressante à développer que de parler de la jeunesse de ce héros mythique, mais elle manque cruellement de profondeur. Car ce Bond là n'a rien de l'espion charmeur et piquant qu'on aime tant. Le bonhomme n'est pas souriant et surtout on ne parvient pas à reconnaître en lui l'homme au service secret de sa majesté qu'il est censé devenir lorsqu'il sera adulte.

Ian Fleming en grincerait-il des dents s'il était encore vivant ?




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Tome 1 : \\" Silverfin \\"

Année d'édition
2009

Jane, le renard & moi Fanny Britt (s), Isabelle Arsenault (d) La pastèque

Chronique du 23/11/14

Avec un parti-pris graphique surprenant – un dessin qu'on croirait vacillant, quasiment dénué de couleurs – Jane, le renard & moi pose dès la couverture de l'album, austère et sur fond gris, une barrière avec le lecteur.
À première vue peu avenant, le livre se révèle pourtant de plus en plus immersif et bien pensé.


Récit d'une adolescence fragile

L'école publique, gratuite et obligatoire (merci PEF) représente une bonne partie de notre vie à tous. Les enfants débutent leur scolarité dès 3 ans et ne la terminent généralement qu'à l'âge adulte.
L'école c'est l'apprentissage : compter, lire, vivre en communauté... pour petit à petit envisager son avenir. Pour les parents, la réussite de leur enfant revêt toujours d'une importance capitale. Pour les enfants, c'est aussi leur petit jardin secret quel que soit leur degré de maturité.

« Je suis une saucisse de Toulouse, un ballon de football, une bouteille d'Orangina, un bébé truie, un coussin à fourchettes. Je fais fuir les garçons... et les renards. »

Hélène est une enfant comme une autre, jeune et fragile. Mais depuis quelques temps les journées à l'école sont un véritable calvaire. Ses amies la fuient. Pire : ils l'insultent, la rabaissent moralement plus bas que terre. Hélène s'enfonce dans la dépression, intériorise son mal-être, l'entretient.

Nous savons d'expérience que l'école est parfois rude, que les enfants ne se rendent pas compte du mal qu'ils font et sont parfois cruels, qu'il y a toujours plus ou moins un bouc émissaire sur lequel il est plus facile de taper, voire de rejeter sa propre peur.
Hélène vit une adolescente difficile, subissant les brimades de ses camarades de classe. Alors elle se réfugie dans la lecture de Jane Eyre pour fuir son quotidien de railleries. Elle voit en Jane son propre reflet et s'identifie facilement à son enfance malheureuse et sans amour.


Hélène Eyre ou les Mémoires d'une adolescente

Ce récit croisé de Jane dans la vie d'Hélène se fait au fil de sa lecture du roman de Charlotte Brontë.
La période choisie par Fanny Britt pour son scénario est courte de quelques semaines tout au plus (en parfaite adéquation avec le rythme de lecture d'Hélène : 13 pages le temps d'un trajet en bus). Chacune des apparitions de Jane apporte une bouffée d'oxygène dans la trame narrative, qui parvient parfois à déborder du cadre de la fiction le temps d'une pause colorée. Inspiration... respiration !

L'histoire est intelligemment menée, sans longueur. Avec beaucoup de tristesse certes, mais aussi une bonne dose d'optimisme. Ouf !

Au départ déconcertant, le talent d'Isabelle Arsenault était tout juste ce qu'il fallait pour accompagner les cris du cœur d'Hélène.
Le coup de crayon de l'illustratrice n'est pas le plus facile d'accès mais il est parvenu à me convaincre au fil de ma lecture, pour finalement me subjuguer. C'est vraiment en lisant qu'on prends le ton du graphisme.
L'auteure est incroyable dans sa maîtrise du crayon à papier, alternant les mines différentes pour faire un trait plus gras ou plus fin selon les besoins et les circonstances, donnant à ses arrière plans une beauté un peu surréaliste : on n'imagine pas autant de justesse dans une silhouette qui se découpe au loin, autant de précision dans tel immeuble aux traits si propres et aux ombres si bien dosées.
Dans ce contexte tout de gris et de blanc, la couleur n'est là que pour les moments de joie. Elle a un véritable impact visuel : le dessin au service de la narration.


L'école on ne sait jamais vraiment ce qu'il s'y passe et en tant que parent, j'ai été touché par cette fille qui subit les journées de classe comme un supplice, qui est mise à l'écart et qui de fait s'isole encore plus. Cette lecture a provoqué chez moi comme une mise en abyme de mes propres angoisses de père, qui se demande comment se passe les journées de sa fille et qu'il ne maîtrise pas.
Mince, je crois que je suis un peu papa-poule finalement...

Une lecture forte me concernant... et que je conseille évidemment.

Chronique du 23/11/14

Des écrits sur l'adolescence, il y en a à tire-larigot, mais parmi tous ces bouquins, toutes ces BD, y en a-t-il un seul qui vous ait vraiment rappelé votre propre adolescence ?

Si Jane, le renard & moi m'a tellement touchée et dérangée, c'est sans doute parce qu'il m'a rappelé ma propre jeunesse : un court épisode de ma vie (il a dû durer 2 semaines maxi, mais que voulez-vous, à cet âge on se fait tout un monde de pas grand-chose) pendant lequel je me suis disputée avec mes amies. La solitude de cette petite Hélène et le rejet qu'elle subit de la part des autres me rappellent tellement ce que j'avais vécu à cette époque que ça me fait dire que ce récit à un quelque chose de la fiction autobiographique.

Bien sûr, ma propre expérience n'est pas aussi exagérée. La harcèlement auquel elle fait face est autrement plus important, et en cela ce livre me rappelle Orignal. Mais le sentiment de solitude est tellement prégnant que quiconque l'a subit à un moment de sa vie ne peut que se sentir pris à parti par l'histoire d'Hélène.


On ne sait même pas comment se déclenche le rejet. On se doute que les robes à crinoline n'y sont pas pour rien, ça se confirme plus tard même. Mais comment ça s'est fait ? Brutalement avec une dispute ? De façon plus insidieuse ? Geneviève a-t-elle simplement commencé à se moquer d'elle en entrainant ensuite les autres à en faire autant ?


Mais ce n'est pas la seule chose qui m'a émue. Le rapport humain entre l'héroïne et sa mère a quelque chose de profondément bouleversant. Il est fait de non-dits, de lourdeurs et d'absence de communication sans pour autant que l'amour qui les lie ne soit jamais mis en cause, mais pour autant jamais exprimé. « C'est une ado » m'a répondu Lunch. Certes mais c'est à double sens.

Hélène aime sa mère et souffre de la vie qu'elle mène, c'est évident, elle nous l'explique pendant deux pages :

« Quand [ma mère] fait ça, je l'imagine penchée sur sa vieille Singer passé minuit. Après avoir fait le souper, parti le lavage, aidé mes petits frères avec les devoirs, fini un dossier pour <strike>aujourd'hui</strike> demain, étendu le lavage, fait les lunchs pour demain, envoyé la gang au lit, changé l'aiguille du tourne-disques, plié le lavage, changé le fusible du poêle (…). Passé minuit, donc. Les yeux rouges les cheveux pris dans ses bobépines dépareillées, le huitième café noir refroidi sur la laveuse (…), je l'imagine vider sa canette de fil juste avant d'avoir fini. Je l'imagine obligée de changer la canette et d'enfiler pour la vingtième fois le fil dans l'aiguille de la machine et se dire à voix haute pour que peut-être quelqu'un l'entende (…) : « Je vais mourir de fatigue ». Alors je regarde la nouvelle robe à crinoline toute belle (…) et elle se fane un peu, tout de même. » (oui l'extrait est long, il fait deux pages).

De même, la mère aime sa fille (c'est une mère) mais ne sait pas (ou plus) l'exprimer.


Cet amour aussi bien que sa non-expression transparait dans les mots et dans les regards et j'y ressens un profond malaise. Cette idée que ces deux personnes s'aiment comme une mère et sa fille peuvent s'aimer et qu'elles ne l'expriment en aucune manière a un côté « temps perdu » qui me dérange.


Évidemment ce livre est FAIT pour déranger, l'atmosphère graphique l'accompagne donc au fusain dans les teintes grisâtres. Mais malgré un style volontairement barbouillé, les traits sont beaux, expressifs et maitrisés, distillant une ambiance parfaitement adaptée. Seules les planches consacrées à Jane Eyre (la bouée de sauvetage d'Hélène dans sa solitude et sur laquelle elle bovaryse) se colorent à la peinture, la sortent de son univers sinistre et lui laissent espérer un avenir meilleur. Jusqu'à ce que les deux histoires se confondent. Jane Eyre finit bien, Jane, le renard & moi aussi et soudain les couleurs reprennent le dessus dans la vie d'Hélène.


En dehors de Jane Eyre et de cet aspect graphique évolutif, le rayon de soleil de cette BD, c'est son langage. Jane, le renard & moi est une BD québécoise, parue chez un éditeur québécois. On soupe, on est tanné, on sent le swing et on magasine... C'est chantant comme l'est toujours le québecois, c'est authentique sans être kitch, c'est un pur régal !


D'autres avis : Bidib, Mo', David Fournol

Le blog d'Isabelle Arsenault.
La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.


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Année d'édition
2012

Je ne mourrai pas gibier Alfred (s)(d), Henri Meuner (c) DELCOURT

Je ne mourrai pas gibier

Chronique du 22/07/10

L'histoire est déjà écrite. Le mal est déjà fait.
Le décor est posé dès l'entame de l'album : une célébration de mariage qui aurait dû être festive et joyeuse. Mais au final elle se finit en bain de sang.
Bilan : 5 morts, 2 blessés graves, et 1 blessé léger... celui là même qui a voulu se jeter par la fenêtre après avoir canardé tout ce beau monde, celui là même qui, répugné par la connerie humaine, a voulu tout pulvériser...

Après une telle entame, il fallait tout expliquer. Comment un jeune homme, étudiant la mécanique dans la ville voisine, avait pu en arriver là ? Il n'a même pas de nom d'ailleurs, ce garçon. Comme si son rôle était finalement minime par rapport à tous les autres. Comme s'il n'était là que pour raconter la bêtise des autres. Comme s'il son acte ne valait pas la somme des leurs.
Mot après mot, page après page, on apprends ce qu'il s'est passé dans sa vie et dans sa tête. On se prend d'affection pour Terence, l'idiot du village, au même titre que notre principal protagoniste. On se met vite à haïr Frédo, de même pour Arnaud.
Le livre déboule a une vitesse effroyable, on ne maîtrise plus rien... on subit ! Pire encore, on comprends !

En refermant le bouquin, on a cette sensation d'avoir lu un album très dur, et pourtant il y a cette impression de légèreté et d'accessibilité. Tout s'est passé tellement vite. On compte et on recompte les morts, on essaie de voir qui s'en est sorti. On s'étonne de comprendre ce gamin qui a pu commettre tout ça, bien qu'on ne puisse cautionner un tel acte.
On sait que ça aurait pu être pire...
« J'aurais aimé avoir un fusil-mitrailleur à ce moment-là, un gros bazooka. Ou un avion de chasse.
J'avais vu des missiles tomber sur une ville, à la télévision.
Un seul d'entre eux aurait suffi pour balayer Mortagne de la surface de la terre.
Mais il ne tombait pas de missiles par ici. »


En bref, c'est un récit particulièrement bien mené et surtout très convaincant, d'après le roman de Guillaume Guéraud que je n'ai pas lu.

J'ai accroché à fond sur le contenu.
Le dessin paraît imprécis, brouillon, dur... je ne suis pas un grand partisan de ce type de trait, mais je ne peux qu'admirer le résultat, qui colle parfaitement à la narration et qui donne le ton.

Une lecture vraiment très plaisante.




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Je ne mourrai pas gibier

Année d'édition
2009

Je suis morte Jean-David Morvan (s), Nicolas Nemiri (d) GLÉNAT

Tome 1: "Apprendre"

Chronique du 05/01/08

Aster est une petite fille pas comme les autres... enfin, c'est ce qu'on dit ! Les gens, son père en premier, la considèrent comme spéciale, différente, voire inexistante. D'autres au contraire la trouve particulière, exceptionnelle, et la plaignent. Ester essaie simplement de se faire sa place dans un monde qui ne semble pas être le sien, et rêve d'être cosmonaute.

Si j'avais un premier commentaire à faire spontanément après la lecture de ce tome, ce serait : Génial !
Enfin une bande-dessinée qui sort du lot, avec une histoire fraiche et innovante, et dont l'intrigue n'est dévoilée qu'à la fin de ce volume 1, ce qui en préserve l'intérêt croissant de cette question prédominante : Y'a un truc qui cloche ... mais ... qui est-elle ?

Le dessin de Nicolas Nemiri est d'une excellente qualité. On ressent bien les sentiments partagés par les protagonistes, les expressions sont marquées, et les personnages attachants. Les couleurs employées, les ombres, les rêves d'Aster mêlés à la sa vie quotidienne donne un caractère particulier à cette histoire qui l'est tout autant.

A noter l'excellente couverture, que j'aime beaucoup, et cette première page en papier canson présentant un ex-libris intégré à la BD (particulièrement agréable pour y placer une dédicace au dos ;).




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Tome 1: \\&quot;Apprendre\\&quot;

Année d'édition
2003

Tome 2: "Comprendre"

Chronique du 22/03/08

La petite fille a bien grandi, Ester vit maintenant en marge d'une société qu'elle déteste, avec ses semblables, mortels tout comme elle. Une vie insouciante dans laquelle ils jouent avec la mort chaque jour... jusqu'à ce qu'elle cueille l'un d'entre eux !

Après un excellent premier tome, il a fallu attendre 5 longues années pour voir le second. L'effet de surprise n'est plus présent, mais c'est vraiment avec un grand plaisir qu'on le dévore.
Si on avait abordé le thème de la société parfaite lors du volume 1, c'est ici le sujet de la mort qui est omniprésent. Un sujet dont tout le monde a peur, une fin que tout le monde redoute un peu. Ici, Jean-David Morvan inverse la problématique, et se pose les questions dans l'autre sens :
Que pourrait penser une personne dont les jours sont comptés alors que le monde entier est peuplé d'immortels ?
Quelle importance peut-on donner à sa vie quand on sait qu'elle est éphémère dans une civilisation où la notion de temps n'existe plus ?

Le dessin de Nicolas Nemiri a lui aussi évolué pour s'adapter à l'évolution de la bande-dessinée. Les traits sont plus légers, parfois imprécis, comme pour accentuer les réflexions d'Ester sur un sujet qui la dépasse.
Les couleurs sont toujours aussi belles, on ne s'en lasse pas !

Pour finir, je suis un peu déçu de la couverture, un peu parce que celle du premier tome était géniale. Et à l'intérieur, plus de page 'canson' avec ex-libris intégré !




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Tome 2: \\&quot;Comprendre\\&quot;

Année d'édition
2008

Jeronimus Christophe Dabitch (s), Jean-Denis Pendanx (d) FUTUROPOLIS

Tome 1: "Un homme neuf"

Chronique du 27/04/08

Jeronimus Cornelisz a perdu son unique fils, mort de la syphilis. C'est peut être là que commence le changement. Un tournant dans sa paisible vie de Haarlem en Hollande. L'ancien apothicaire anabaptiste décide de tout quitter, et de s'embarquer à bord du Batavia, la plus grande fierté de la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales (VOC), qui devra ramener une cargaison d'épices à son retour.
Mais le navire ne reviendra jamais, emporté par la folie des hommes....

Histoire tirée d'un fait réel et bien connu en Hollande et en Australie, cette nouvelle bande-dessinée des auteurs d'Abdallahi est encore une fois une véritable merveille.
Éblouissante tout autant dans l'approche de la narration, qui tente de se placer dans les pensées de Jeronimus, que dans le coup de pinceau de Jean-Denis Pendanx, toujours aussi magnifique. Pour cette BD, il a dû apprendre à travailler la mer, domaine qu'il avait laissé de côté avec ses précédents ouvrages, tout en préservant cette technique qui lui a valu les honneurs sur Abdallahi.

Je vous laisse découvrir cette nouvelle "trilogie", là où commence la folie d'un homme, la mise en place de la trame, de début d'une mutinerie !

Chronique du 27/04/08

Le duo Dabitch/Pendanx n'en finit plus de nous mettre des baffes. Le sujet abordé cette fois est loin d'être soft, et les illustrations de Jean-Denis Pendanx, après nous avoir plongé dans l'infini du désert avec ces taches de peinture aux couleurs chaudes, nous plonge dans l'infini de l'océan avec ces taches de peinture aux couleurs froides.

D'un côté Christophe Dabitch nous donne littéralement un coup de massue d'un point de vue scénaristique. Il aborde un véritable drame historique avec un point de vue à la fois orientée vers la compréhension du personnage de Jeronimus Cornelisz et à la fois détachée avec des ajouts documentaires.
De l'autre côté, Jean-Denis Pendanx revient avec cette technique qui avait tant marqué sur Abdallahi et avec laquelle il joue avec brio, profitant d'effets de flou pour marquer la personnalité du personnage.


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Tome 1: \\&quot;Un homme neuf\\&quot;

Année d'édition
2008

Jim Curious Matthias Picard (s)(d) 2024

Voyage au cœur de l'océan

Chronique du 01/11/12

2024 est une maison d'édition toute jeune, née en 2010 (et non en 2024 comme vous l'aviez deviné). Et c'était peut-être la seule maison d'édition suffisamment audacieuse pour se lancer dans un projet pour le moins audacieux : une bande dessinée en 3D !

Concept innovant pas si innovant que ça, puisque la 3D existe depuis l'antiquité, si l'on croit ce bon vieux Euclide, déclamant aux environs de 300 av. J.C. que « voir le relief, c'est recevoir, au moyen de chaque œil, l'impression simultanée de deux images dissemblables du même objet ». Bon évidemment, en Grec ce doit être autre chose, mais l'essentiel est là !

La représentation 3D n'apparaît pourtant qu'en 1838 (bien après l'Antiquité n'est-ce pas), grâce à l'anglais Charles Wheatstone. Et c'est en 1850 seulement que naît le principe des lunettes à filtres rouges et bleus tel que nous le connaissons.

Si le cinéma s'est approprié la 3D dès 1910 quand Pathé s'est fait livrer sa première caméra stéréoscopique, ce n'est que dans les années 50 que le 7ème Art connaît son âge d'or dans la matière (de la 3D, j'entends bien)... avant qu'elle ne sombre dans l'oubli... jusqu'à l'Avatar de James Cameron.

Pour la bande dessinée, il aura fallu attendre Matthias Picard (auteur de Jeanine) et son Jim Curious : Voyage au cœur de l'océan.
Enfin, il y a eu d'autres expériences avant Jim Curious tout de même. Des expériences différentes et convaincantes à la fois. Souvenez-vous, c'était il n'y a pas si longtemps, François Schuiten sortait son album La douce, et il était possible par le biais d'un ordinateur muni d'une webcam de faire sortir une locomotive à vapeur de son livre et de la faire évoluer devant l'écran sur un paysage qui défilait. Une expérience qui a été appelée « à réalité augmentée », mais Matthias Picard est bien le premier à oser dessiner pour un public à lunettes bicolores (enfin, dites-moi si je me trompe, mais je n'en ai pas mémoire en tout cas).

Pour ce faire, il a utilisé du rhodoïd, un papier que tous les utilisateurs de rétroprojecteurs connaissent, de matière plastique transparente. Il a peint l'un des côtés en blanc, l'autre en noir. Puis il a ensuite procédé par grattage sur la surface noire pour obtenir le rendu visuel qu'il souhaitait (le blanc apparaissant donc derrière).
Oui mais où est la 3D dans tout ça me direz-vous ? Eh bien ensuite, il y a sur l'image des traits rouges et des traits bleus, reproduisant à peu de choses près les mêmes dessins, mais avec un léger décalage. Le filtre rouge des lunettes ne permettra de voir que les traits bleus. Et le filtre bleu seulement les traits rouges. Le tour est joué, le cerveau humain faisant ensuite lui-même le montage final, recomposant l'image en relief.
La vie est bien faite !


Après cette petite leçon d'histoire, il est de bon ton de remercier la brochure fournie avec l'album. Car c'est bien grâce à elle que je peux vous dire tout ça aujourd'hui. Instructive et de bon goût (avec l'aisance des mots justes et drôles qu'il faut, sans information outrancière, ce qui nous permet de rester à flot et de s'instruire en même temps), j'aurais cependant plutôt apprécié la voir formulée écrite directement en préambule plutôt que sur un papier libre. Ma foi, les papiers livres par étymologie ne sont pas attachés aux libres... et par conséquent sont livres de voler !

Et l'album dans tout ça ?
Je salue le procédé, je loue l'expérience, mais le voyage en lui même est plutôt classique.
Rigolo quand même, il nous fait prendre conscience d'un rêve éveillé de ce sympathique Jim, revêtu d'un scaphandre sans lien et sans oxygène (sisi), qui part se baigner dans l'eau toute proche et polluée du coin. Rapidement, le héros explorateur fait face à des espèce animales qui n'ont rien à faire ensemble et dans pareil endroit, pour petit à petit partir à l'aventure d'un monde fantasmé, féérique et légendaire.
Le final nous réserve une surprise de taille, que je vous laisserais visiter par vous même, car l'expérience à elle seule vaut franchement le détour.

L'histoire est relativement courte, même si nous prenons le temps de voyager au cœur des cases, de jouer avec les bulles ou de nous frayer un chemin parmi les algues. Pas de mots, seulement des sensations. Et à la fin l'impression heureuse d'avoir passé un petit moment autour d'un concept ludique.
Plus court et nous aurions été déçus. Plus long et nous aurions eu mal aux yeux. Il faut dire que les lunettes ne sont pas très ergonomiques et que la vision 3D... ça va un temps !

Retour à la réalité : tout ça est perfectible... finalement... c'est exactement ce qu'on reproche à Avatar !

Chronique du 13/04/14

Un album BD en 3D ? Est-ce un prétexte ? Un gadget ? Une vraie innovation ?
Avant d'ouvrir l'album, j'aurais dit « réponse 1 et 2 ». De prime abord, il n'y a apparemment pas grand intérêt à cette BD si ce n'est la 3D justement.
Après lecture, et surtout après relecture, je dis clairement « réponse 3 ».

En nous faisant visiter les fonds marins avec des lunettes 3D, Jim Curious nous propose une immersion complète. On est avec lui, sous les océans, nageant entre les poissons et les baleines. On ne lit pas une histoire : on y plonge littéralement.
Plus encore que la 3D, c'est sans doute le choix d'une BD muette qui donne à Jim Curious toute son ambiance, propice à une plongée dans cet univers silencieux et contemplatif. La 3D vient finalement soutenir l'ambiance et immerger visuellement le lecteur.

Un découpage à base de grandes cases (3D oblige de toutes façons) voire de pages complètes voire même d'un polyptyque permet véritablement de pénétrer le décor, tandis qu'un dessin sur carte à gratter donne un style un peu « gravure XIX° siècle ».
Souhait manifeste de l'auteur ou simple association d'idée de ma part ? En tous cas ce style « old school » et plusieurs éléments du livre (comme le titre secondaire Voyage au cœur de l'Océan qui m'inspire Voyage au centre de la Terre) ne sont pas sans me rappeler les univers de Jules Verne. En tous cas, si un certain nombre de références m'échappent, difficile de passer à côté de cette visite expresse au cœur de l'Atlantide engloutie, certes guère originale dans l'idée, mais amenée de façon si simple qu'on est surpris de l'y trouver.

Une visite non-guidée dans les tréfonds de nos océans, voilà en tous cas ce que propose Matthias Picard dans son Jim Curious. Une belle réussite autant au niveau technique que scénaristique. Il y avait longtemps que je n'avais pas pris le temps de lire une BD uniquement pour la contempler et me laisser bercer par ses vagues.
A noter toutefois que la lecture de la 3D est plus efficace à la lumière naturelle, d'où une meilleure dégustation à la relecture (première lecture le soir à la lueur des ampoules non pas décevante mais moins prenante).


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Voyage au cÅur de l&#039;oc&eacute;an

Année d'édition
2012

Jolies ténèbres Fabien Vehlmann (s), Marie Pommepuy (s), Kerascoët (d) DUPUIS

Jolies ténèbres

Chronique du 28/11/09

C'est comme un conte un peu malsain ...
Une petite fille reçoit son amoureux Hector dans son salon. Confortablement installés dans un sofa à consommer un bon chocolat chaud avec du cake, en compagnie du petit "frère" qui joue le serviteur. Lorsque tout à coup, le décors se met à changer radicalement, il fond et dégouline, d'énormes goûtes rouges et gluantes tombent et obstruent la sortie. Mais tout le "petit monde" se retrouve quand même dehors sain et sauf. L'endroit d'où ils sortent par dizaines se dévoile peu à peu ... le corps d'une fillette, étendu sur l'herbe rosée, immobile.

Par où commencer ?
Tout d'abord l'accroche visuelle : lorsque j'ai croisé ce livre en librairie, j'ai de suite été saisi par la beauté de la couverture, une illustration magnifique montrant le visage "endormi" de la fillette. Quelle beauté !
Et il suffit d'ouvrir la bande-dessinée pour se conforter dans cette idée, le dessin est vraiment magnifique, alternant la simplicité d'un trait qu'on retrouverait avec grande joie pour accompagner les contes pour enfants, et la dure réalité, sombre et sinistre, du cadavre !

Car c'est là l'histoire : nous sommes plongés dans un conte qui n'en est pas vraiment un. La vue du corps de la fillette est omniprésent, du début à la fin du tome, qui part tout en douceur et qui se dégrade peu à peu :
Au départ, les petits êtres font face à leur nouvelle vie hors du corps, ils s'organisent pour tenir le coup, ils font front au monde extérieur pas forcément rassurant, mais avec une énergie débordante et le sourire. Puis au rythme du corps qui se décompose, les protagonistes deviennent de plus en plus obscurs, mauvais, malsains.

Cet album est le fruit d'une idée originale de Marie Pommepuy, qu'elle a développé avec Fabien Vehlmann. Et c'est encore elle qui est au dessin, car Kerascoët est en fait un binôme qu'elle partage avec Sébastien Cosset.

J'ai vraiment adoré ce "one-shot". C'est beau, mais faites attention, car ce n'est clairement pas un livre à mettre dans toutes les mains !
Reste à savoir ce qui les auteurs ont voulu en faire : une représentation poétique de la mort ? une introspection post-mortem de la fillette cherchant son assassin, se raccrochant à la dernière odeur qu'elle a senti ?
Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'en faire une analyse psychologique, Jolies ténèbres c'est une excellente BD, à lire (et relire) sans modération.

Chronique du 29/06/11

Jolies Ténèbres est un album tout en contrastes. La couverture, le style de dessin, les premières pages nous font miroiter un univers tout en innocence. Ce serait bien mal connaître Fabien Vehlmann qui nous a concocté, comme à son habitude, quelques surprises.
Jolies Ténèbres aborde en fait la mort et la cruauté sans aucun fard, et avec d'autant plus de brutalité que l'héroïne, Aurore, se cache derrière tout un tas de bonnes intentions.
Personnages issus de l'imagination et des rêves d'une petite fille morte, les protagonistes se caractérisent par le « sadisme latent » de l'enfance (dixit Freud), les barrières du monde adulte en moins.
Les personnages aux traits ronds et les couleurs acidulées de Kerascoët tranchent également avec les images de cadavre et les situations dramatiques qu'il représente.

Bref, voici une BD qui bouscule, qui se démarque par l'originalité de sa démarche et par le ton adopté, et qui séduit ceux qui aiment être surpris. A ne pas mettre entre toutes les mains pour autant : âmes sensibles s'abstenir.


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Jolies t&eacute;n&egrave;bres

Année d'édition
2009

Joséphine Pénélope Bagieu (s)(d) Jean-Claude Gawsewitch

Tome 1

Chronique du 12/05/10

Joséphine est une célibataire endurcie : c'est volontaire.
Mais derrière ce masque, évidemment, la jeune fille est tout autre. Complexée, mal à l'aise dans sa vie de tous les jours, et cruellement en manque d'affection.

Commençons par le commencement : je n'ai pas beaucoup aimé.
Voilà qui a le mérite d'être direct.

Premièrement, c'est un album pour filles. Pour être franc, dès la première page je me suis demandé ce qu'il y avait de drôle. Il a fallu qu'Angélique me dise que c'était parce qu'elle n'était pas bronzée alors que toutes les filles autour l'étaient. Pareil plus tard, je n'avais pas compris l'allusion au fait qu'on lui dire « avec les formes » qu'elle était grosse. En bref, c'est un livre pour les filles, et je la déconseille aux mecs (enfin, ce n'est que mon avis hein).

Question scénario, tout se résume à des histoires de cœur et de grosseur de fesse.
Question humour : c'est purement féminin (difficilement compréhensible par un mec j'entends).
Et d'un point de vue dessin, j'ai trouvé ça très plat. Ça manque de contenu, il n'y a pas de fond... seulement les personnages.

Bon, bien sûr, il y a quelques strips qui font sourire, certains bien stéréotypés même.
Celui chez la coiffeuse par exemple m'a plu. Joséphine demande une coupe qui change radicalement pour au final repartir avec la même que d'habitude. Avec l'expression de la coiffeuse qui se déconfit petit à petit. Mais ils sont bien rares ceux qui pour moi relèvent un peu le niveau de cette BD.

Désolé, mais pour moi, je me répète, c'est une BD de fille.




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Tome 1

Année d'édition
2008

Julia et Roem Enki Bilal (s)(d) CASTERMAN

Chronique du 16/12/11

Au moment du « Coup de sang », Roem et Merkt faisaient des photographies et de la musique du côté espagnol des Pyrénées. Pourtant, les voilà maintenant à errer sur une route dans le désert de Gobi - lui-même flottant sur la mer Baltique - au bord de la déshydratation. L'un rêve d'un séjour au pôle nord, bien loin de la chaleur ambiante. L'autre aimerait vivre une dernière histoire d'amour, celles avec un grand A, avant de mourir. Ils finissent par stopper leur marche vers nulle part, vaincus par la soif.
C'est finalement Howard Georges Lawrence, aumônier militaire de métier, qui les retrouve inanimés et qui sauve les deux hommes d'une mort certaine.
Un peu plus tard, ils tomberont sur cet immense hôtel à la construction inachevée, peut-être originaire d'Abu Dhabi. Le « Coup de sang » avait tout déréglé, tout mélangé. On pouvait presque sentir la route onduler sous la houle et le ciel gris toucher la terre en cendres. Les communautés étaient trop rares pour être évitées, les refuges convoités. Et cet hôtel là était habité !

Un nouvel album d'Enki Bilal est un peu comme un événement pour moi. J'éprouve toujours une grande joie de découvrir la suite de son œuvre, et avec la très grande objectivité qui caractérise le fan de l'auteur que je suis, je vais tenter de faire une chronique tout à fait objective (Hum, j'ai déjà employé deux fois le qualificatif « objectif »... ah non tiens, trois ^^).

Tout d'abord, Julia & Roem c'est la suite d'Animal'Z sans vraiment l'être.
La suite parce que c'est le même univers développé, avec ce « Coup de sang », véritable cataclysme climatique qui a touché notre Terre, mais aussi avec l'ambiance graphique morne et grise qui traduit ce dérèglement.
Pas la suite parce que rien ne relie les personnages d'Animal'Z à ceux de Julia & Roem. Dans le premier volet de cette série (trilogie ? tétralogie ?) qu'on pourrait allègrement appeler « du Coup de sang », les hommes avaient de nombreux attributs bioniques, s'ils n'étaient pas carrément le fruit d'expériences génétiques douteuses. Ici, nous avons affaire à des hommes et des femmes ni plus ni moins... et c'est déjà pas si mal !
Évidemment, Julia & Roem poursuit son voyage au cœur d'un monde - notre monde - pourri par les effets d'une catastrophe naturelle. Mais Enki Bilal ne pousse pas cette fois (ou en tout cas nettement moins) la réflexion sur nos actes du quotidien et sur les inventions actuelles qui révolutionneront le monde de demain... qui je l'espère, sera moins gris que celui-là.
Stoppons là toutes ces comparaisons, car Julia & Roem est foncièrement différent sur le fond d'Animal'Z !

Car si nous évoluons dans le même univers, il ne s'agit pas du tout de la même thématique !
Roem, Merkt, Julia, Tybb, Lawrence, Parrish... ces noms n'évoquent pas grand chose individuellement mais en les mettant côte à côte, on en vient à en imaginer d'autres : Roméo, Mercutio, Juliette, Tybalt, Laurence, Pâris...
Vous ne rêvez pas : Enki Bilal a voulu revisiter la pièce de jeunesse la plus célèbre du répertoire de Sir William Shakespeare : Roméo et Juliette.
Tout le monde connaît au moins de nom cette pièce de théâtre, la plupart auront en tête le terrible dénouement de cette tragédie. Reste à savoir comment l'auteur s'y prend et vers quelle fin il souhaite nous mener. Toujours est-il que les ingrédients sont là et qu'ils ne demandent qu'à s'émanciper.

J'ai pour ma part trouvé une certaine ingéniosité au récit alors que l'entrée en matière n'avait pas franchement fait mouche. C'est donc avec l'intérêt grandissant que j'ai dévoré cette lecture. Au fil de l'album, les répliques Shakespeariennes se dessinent, elles naissent dans la bouche des personnages qui ne savent pas vraiment ce qui leur arrive. Chacun joue plus ou moins son rôle, tout en ayant conscience ou non de cette (rigolote) mascarade.

« Sa beauté était suspendue à la face de la nuit comme un riche joyau à l'oreille d'une éthiopienne. Beauté trop précieuse pour la possession, trop exquise pour la Terre... »


Oui mais...
J'ai en revanche toujours autant de mal à accrocher à cette ambiance graphique grise. De même que ces encarts textuels pour faire parler la voix-off de Lawrence : typologie mal choisie probablement.
Bon, certes, c'est pas le meilleur Bilal, j'en conviens. Si vous voulez vraiment découvrir l'auteur, lisez plutôt la Trilogie Nikopol ou les excellents albums issus de sa collaboration avec Pierre Christin : Les phalanges de l'Ordre Noir ou Partie de chasse pour ne citer que ceux-là.
Mais bon, en toute objectivité, j'ai vraiment passé un très bon moment. Ça me donnerait presque envie de lire Roméo & Juliette. Moi qui fait du théâtre, c'est quand même un comble que je ne l'aie pas encore lue cette pièce, au moins pour ma culture générale.




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Année d'édition
2011

Julien Boisvert Dieter (s), Michel Plessix (d), Isabelle Rabarot (c) DELCOURT

Julien Boisvert (édition intégrale)

Chronique du 11/04/10

Julien Boisvert est un fils de bonne famille. Abandonné par son père parti alors qu'il était tout petit. Délaissé par sa mère, pianiste de renom. Il a dû se débrouiller seul depuis son plus jeune âge. Mais la vie n'en a jamais fait quelqu'un de débrouillard pour autant.
Mais lorsqu'un jour, sa mère refait surface et décide de rester quelques temps chez lui, c'est la goutte de trop et il décide de se prendre en main en acceptant une mission en Afrique pour son travail. Ainsi, il aurait la paix !

Cela fait un moment qu'on a cette intégrale de 4 albums dans la bibliothèque. Mais je n'avais jamais été particulièrement tenté par la lire. Et puis aujourd'hui on a parlé de Michel Plessix et du fait qu'on n'avait pas de dédicace pour cet album parce qu'il ne savait plus dessiner que le chien. Alors je me suis lancé.

Pour être franc, même si j'ai lu plutôt rapidement le volumineux pavé, je ne suis au final pas très emballé. J'ai trouvé la lecture agréable, mais pas forcément à mon goût, c'est tout.

Tout d'abord le graphisme me paraît un peu vieillot, contrairement aux autres œuvres de Plessix que j'adore, le vent dans les saules et sa suite le vent dans les sables. Et puis la tête du héros, et sa façon de s'embourber dans des histoires qui ne le regardent pas forcément me font vraiment trop penser à Spirou. C'est peut-être une inspiration lointaine d'ailleurs... j'en sais rien.

Ensuite l'histoire...
Le tome 1 me laisse un goût amer. Julien Boisvert se fait berner pendant tout le bouquin, les mecs qu'il rencontre font ce qu'ils veulent et pire que tout : on sait que c'est eux qui ont foutu le feu au début et le héros de l'histoire ne le sait pas, c'est rageant ! Et en plus, il perd son premier amour parce qu'il est trop naïf. Et il n'essaie même pas de la retrouver... Franchement, autant c'est le tome que j'ai préféré d'un point de vue narration, autant il m'a beaucoup frustré.

Dans le tome 2, il rencontre sa future femme. Mis à part ça, il se mêle surtout de choses qui ne le concernent pas (un gamin qu'il emmène promener alors que son père refuse qu'il sorte de peur qu'on le kidnappe). Évidemment, ça lui jour des tours...

Le tome 3 se déroule au Mexique cette fois, après l'Afrique et l'Angleterre. On y apprend que Julien Boisvert a fui ses responsabilité d'adulte lorsque son fils est né. Là bas, il a refait sa vie, ouvert un restaurant et suit des cours de chamanisme. Les choses se corsent quand sa femme le retrouve et lui présente son fils... qui a bien grandit. Les conflits naissent alors avec sa nouvelle femme, jalouse au plus haut point.

Et au final, le tome 4 réconcilie Julien Boisvert avec son père, qu'il n'avait plus vu depuis tout petit. Il avait fui le domicile conjugal alors que son fils était tout petit encore... ce qui n'est pas sans rappeler quelqu'un.
Un tome qui clôt la série et qui est aussi une manière de dénoncer la ségrégation raciale qui sévissait aux États-Unis.

Ce qui est intéressant dans la construction de ces 4 albums, c'est le cheminement de Julien Boisvert. Au départ, ce n'est qu'un gosse naïf qui ne connait rien à la vie. Et puis il passe les épreuves, tout en reproduisant les mêmes erreurs que son père avant lui. En cela c'est une belle leçon de vie... après... je ne suis pas très fan.



Roaarrr Challenge
- Prix des libraires 1993 (T1)
- Prix du Jury Œcuménique 1996 (T4)


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Julien Boisvert (&eacute;dition int&eacute;grale)

Année d'édition
1998 (1°ed.1996)