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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Ida Chloé Cruchaudet (s)(d) DELCOURT

Tome 1 : "Grandeur et humiliation"

Chronique du 27/10/10

Pendue à une branche d'un arbre aussi gros qu'étrange, Ida paraît seule et abandonnée. Du haut de son perchoir, la compagnie d'une larve ne lui plaît guère. Se changeant les idées, elle contemple la flore locale et mange un fruit à portée de main. Resterait-elle ici jusqu'à la fin de ses jours ? Serait-ce là son dernier repas ? Qu'il est loin le temps où elle était faible et alitée dans sa demeure en Suisse...

Chloé Cruchaudet aime le voyage. Si elle avait évoqué l'histoire dans le froid de Groenland Manhattan, c'est la découverte et la chaleur coloniale qu'elle met en avant dans Ida. Une autre époque, une autre civilisation.
C'est un plaisir que de retrouver les traits de l'auteur sur une nouvelle expérience, haute en couleur de part la culture africaine mais aussi au travers de la forte personnalité de l'héroïne.

À la lecture de ce premier tome d'Ida, je dois avouer que je le préfère largement à Groenland Manhattan. Les couleurs plus riches, réalisées à l'aquarelle ; le dessin plus affiné. La couverture de l'album parle d'elle même. Quelle classe, cette robe qui s'ouvre au monde tel un livre, en évoquant sa grande richesse.
Richesse narrative et graphique qui n'est pas passée inaperçue puisque l'album était sélectionné à la fois pour le festival d'Angoulême et pour le prix Artémisia 2010 ou elle côtoyait entre autre Rosalie Blum de Camille Jourdy et L'île au poulailler de Laureline Mattiussi. C'est ce dernier qui sera finalement primé.

Je reviens un peu sur l'héroïne au caractère bien trempé. Au départ faible et maladive, elle prends de l'assurance au fil du récit. Partant à l'aventure à contrecœur, elle s'y plait finalement et prends de plus en plus d'initiatives. Elle part à la recherche de cette image de l'Afrique exotique qu'elle tient de l'exposition universelle de 1867 qu'elle avait visité dans sa jeunesse.
Elle n'a peur de rien, muée par son rang et un caractère borné, à toute épreuve. Certains la qualifient d'insouciante... et ils ont raison. Mais on a l'impression qu'elle est capable de se sortir de toutes les embuches et que rien ne peut l'arrêter. Ce qui au final est plutôt jouissif ! Une héroïne peu singulière assurément.

Côté dessin, j'évoquais la profondeur de la couverture, mais il y a un autre procédé que j'ai beaucoup apprécié. Première rencontre en page 7, avec cette large case qui traduit le voyage d'Ida à bord de son fiacre. Le dessin sans case marquée est aéré, il nous invite à partir au matin, à croiser une ville, puis à passer la nuit avant de poursuivre la route le lendemain au milieu des moutons. J'adore cette évocation du déroulement du temps, cette tâche violacée marquant la nuit en plein milieu de la scène.

Conclusion : j'ai aimé, et j'ai hâte de lire le second opus (sur une série prévue en 3 tomes).

Chronique du 28/10/12

Après Groenland Manhattan, Chloé Cruchaudet voulait continuer à aborder les difficultés du déracinement. Le ton est autrement plus léger, mais le pari est réussi, puisque la série Ida vaudra à l'auteure un peu de gloire, et à ses lecteurs quelques moments bien cocasses.

Le ton décalé suit le voyage d'une vieille fille trentenaire du XIX° siècle autoritaire et égocentrique qui parcourt le paysage sauvage africain en crinoline en compagnie d'une secrétaire nymphomane.
Cette vision originale de l'époque coloniale met au passage en valeur l'arrogance des colons persuadés de représenter une race supérieure. Des propos que l'on réserve aux comptoirs du littoral, car peu de ces personnes s'aventurent dans l'Afrique profonde avec pour toute compagnie des porteurs autochtones. Alors une femme, pensez...

L'histoire est assortie de dessins faisant ressortir l'incongruité du personnage dans ce décor ainsi que de très belles couleurs à l'aquarelle, et ce premier tome (ou tout du moins sa première édition) nous gratifie d'une couverture matte très agréable. Dommage que les tomes suivants n'aient pas profité des mêmes soins de la part de l'éditeur...


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Tome 1 : "Grandeur et humiliation"

Année d'édition
2009

Tome 2 : "Candeur et abomination"

Chronique du 22/01/11

Alors que les écrits d'Ida font fureur en France pour l'exposition universelle de Paris, ni son éditeur ni sa sœur n'ont de nouvelles d'elle, et ils s'inquiètent. Pourtant, le courrier parvient bien à l'intéressée, qui ne se languit pas de les relire sans pouvoir y répondre, faute de papier à disposition.
Mais un comptoir Allemand est maintenant tout proche, auprès duquel ils comptent se réapprovisionner avant de poursuivre leur périple en Afrique.

Les folles aventures d'Ida et de sa suivante Fortunée reprennent, et nous emmènent cette fois au royaume de Dahomey, sur la côte des Esclaves.
Si l'aventurière a gardé son tempérament de feu, elle est aussi devenue un peu plus débrouillarde. Par contre, elle est toujours aussi naïve... mais l'album n'aurait pas la même saveur sans ce trait de caractère :)

Côté narratif, cela nous permet d'aborder sous d'autres angles les influences du colonialisme. Évidemment, impossible de s'arrêter dans une telle région du continent noir en occultant la traite des esclaves. Un thème difficile qui est pourtant amené avec un sentiment de légèreté, probablement aidé par la naïveté d'Ida.

" _ Le roi d'ici les capture, les vend aux Allemands, qui nous les vendent à leur tour.
_ Capturer ? Vendre ? Mais alors ce sont...
_ Non... Ne vous méprenez pas... Ils sont volontaires, ils ont signé des contrats, tout est fait dans les règles. "


La lecture relate aussi d'autres moments forts que les livres d'histoire préfèrent la plupart du temps éluder.
Cette bataille entre les Français et les soldats de Dahomey est parfaitement atroce. Quand les Français n'envoient à la charge que des soldats Africains, le camp adverse, lui, envoie des femmes à l'abattoir.

Côté graphique, je suis toujours aussi charmé par le dessin de Chloé Cruchaudet, et sa colorisation douce et agréable. À commencer par cette case en page 7 où les rayons du soleil illuminent le tableau paradisiaque et sauvage d'un cours d'eau traversant la jungle Africaine.
On retrouve encore cette notion de temps qui passe que j'avais tant aimé sur le premier opus, avec cette fresque en 5 cases sur la page 11.
Il y a aussi ces impressions d'horreur relatées sous la forme de dessins abstraits en page 58. C'est magnifique !
Le visuel de la couverture reprends la même idée que pour le tome 1, des poissons se dessinant dans les plis de la robe d'Ida. Mais je préférais quand même la couverture du premier album.

En bref, Ida c'est toujours un plaisir, une lecture intense et agréable.
Et puis le personnage d'Ida ressort vraiment grandi de ce tome 2. La conclusion l'an prochain ?




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Tome 2 : \\"Candeur et abomination\\"

Année d'édition
2010

Tome 3 : " Stupeur et révélation "

Chronique du 28/10/12

« Fortunée...
... Je pense qu'il est temps pour nous de rentrer. »


Eh oui, cela devait arriver un jour (et j'ajouterai même que c'est prévu depuis le départ) : le troisième tome d'Ida clôt, et de quelle manière, cet excellent triptyque !
Après les atrocités vécues au royaume de Dahomey, nos deux exploratrices décident de passer l'équateur, toujours plus vers le sud. Ida est toujours très impactée mentalement par ce qu'il s'est passé sur la côte des esclaves. Elle peut heureusement compter sur des bonnes sœurs missionnaires pour veiller sur son moral et sa santé.

J'avais un peu d'appréhension au début de ma lecture. Je me demandais si j'aimerais toujours autant cet univers là, si je ne m'en lasserais pas... si tous les opus auraient la même saveur ?
Quelques pages suffiront à me remettre mes idées en places : oui, Ida c'est toujours aussi bon !

« Moi, ce que j'aime avec la nourriture épicée, c'est qu'elle me rappelle que j'ai un ventre.
C'est vrai, comme il n'est pas dans notre champ de vision, on a tendance à l'oublier...
Jamais en Europe je n'avais eu autant conscience du chemin qui relie ma langue à mon anus. »


Si vous doutiez jusqu'à présent qu'en plus d'être exotique et complet, Ida était aussi très drôle et très frais, vous voilà rassurés.

Dernier épisode donc de l'extraordinaire voyage d'Ida et Fortunée dans les colonies africaines. La dénonciation du colonialisme est toujours aussi présente, incarnée par l'héroïne elle-même qui se rend compte que tout ça manque cruellement d'éthique. Des pratiques dont elle se rend compte très naïvement, mais qu'elle ne tarde pas de dénoncer au final.
De même, elle est vite apte à juger que tous ces clichés sur l'Afrique qu'elle lit ou entend sont complètement faux. Le tome 3 ouvre par exemple sur une illustration des « monstre de l'équateur » :

« Le pannote
Cette créature se sert de ses attributs surtout la nuit. Une oreille comme couverture, l'autre comme matelas. »

(Le tout illustré par un humanoïde avec les oreilles de Dumbo.)

« Le monopode
Aussi rapide qu'un tigre, il se déplace en sautillant et se sert de son pied comme parasol. »


Inutile de vous préciser que ces aberrations de la nature, aussi ridicules qu'effrayantes, n'existent pas (Vous en doutiez ? Mince, désolé d'avoir spoilé) !


Mais ce qui fait selon moi la force de cette série, c'est vraiment le personnage central d'Ida. Elle se métamorphose littéralement au cours des trois albums, avec comme point de basculement le carnage de Dahomey.
Lorsqu'elle quitte sa Suisse natale, Ida est juste une jeune fille au teint pâle qui n'a rien vu du monde à part une exposition universelle, son seul petit plaisir mémoriel. Gosse de riche, elle est élevée dans un cocon familial qui fait que le moindre geste est une épreuve extrême. Alors partir en voyage, en Afrique ou le climat est difficile, c'est tout une aventure. Très sincèrement, on aurait peine à croire qu'elle ait tenu si longtemps, si elle n'avait pas ce caractère de cochon et cette ténacité qui lui colle au corps comme une sangsue.
Ce voyage dans le sud lui a fait le plus grand bien. La chaleur et l'exotisme aidant, mais aussi son incommensurable orgueil, ont fait d'elle quelqu'un de débrouillard. Bien sûr, elle a rencontré des dangers autrement plus mortels que le simple problème pécuniaire. Et c'est ce genre de dangers qui ont forgé ce qu'elle est devenue, en très peu de temps finalement, à savoir une femme mure et réfléchie, culottée, imprévisible et sûre d'elle. Une aventure qui l'a profondément changée et qui lui a montré que la vie c'était pas seulement boire du thé dans un salon mondain.
Les colonies sont des affaires d'hommes. Les explorations sont des affaires d'hommes. Ida a su prouver à tous qu'elle était à la hauteur et qu'elle valait autant qu'eux, percutant tous les préjugés.


Graphiquement, j'adore les tronches que dépeint Chloé Cruchaudet. D'une expressivité presque caricaturale, elles sont un incroyable vecteur d'émotion. Le visage de la mère supérieure, avec son long cou fripé et son air dur, prête vraiment à sourire.
Mais je crois que ce qui me plaît le plus chez l'auteure est son sens de la couleur. Cette harmonie dans les cases osant mêler des tonalités de rouge, de vert ou de bleu. Où le moindre feu d'artifice égaye une case et des visages déjà souriants.

J'ai vraiment beaucoup ri durant la lecture. Ceci dès l'entame et jusqu'à la conclusion. Une conclusion qui est en plus de ça un réel ravissement. C'est divertissant, frais et servi avec beaucoup d'humour.
Non vraiment, cette conclusion vaut la peine d'un triptyque.




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Tome 3 : " Stupeur et révélation "

Année d'édition
2012

Ile au poulailler (L') Laureline Mattiussi (s)(d), Isabelle Merlet (c) Treize étrange

Tome 1

Chronique du 27/12/09

Un capitaine et ses pirates. Ils viennent tout juste de piller un bateau qui était venu récupérer des trésors perdus par des navires espagnols lors d'une grosse tempête près des côtes de Floride. Alors que l'équipage s'apprête à passer une nuit agréable, le gosier plein de rhum pour fêter ça, voilà qu'ils se font attaquer par... d'autres pirates ! Pire encore : leur capitaine est une femme !

L'île au poulailler n'est pas un énième ouvrage sur les pirates. Enfin certes, il l'est, mais Laureline Mattiussi défonce quand même pas mal de "coutumes" et renouvelle le genre pour pas mal de choses. Ainsi on retrouve :
- un navire de pirates se faisant aborder par d'autres pirates
- un capitaine désabusé et abandonné
- une femme pirate et capitaine (pourtant ça porte malheur d'avoir une femme à bord)
- un second homosexuel
- deux capitaines qui se pillent et se poursuivent, mais autant pour l'or que pour le cul
- une île "base" étant un poulailler géant
- j'en oublie sûrement...

Pour résumer, l'île au poulailler est un album plaisant, avec une colorisation simple et tout à fait en adéquation avec ce récit sobre, ce scénario efficace et qui va droit à l'essentiel. C'est vulgaire, c'est prenant, c'est divertissant. C'est une bonne histoire de pirates quoi !

Chronique du 07/06/2013

Mettre sens dessus dessous l'univers de la flibuste, voilà la noble quête de Laureline Mattiussi. Vendus à la Haute Bourgeoisie, se pillant entre eux ou encore menés de main de maître par une piratesse, les forbans vont devoir redorer un peu leur blason après le débarquement de L'île au poulailler. L'idée est excellente, et l'auteure s'en tire pas trop mal, il faut l'admettre. Pour autant, ce titre ne m'a pas transcendée. Pourquoi ?

Parce que le sexe y est trop gratuit et incompatible avec ce qu'on pourrait attendre d'une capitaine de bateau qui a dû s'imposer auprès de son équipage (et sans doute pas à l'aide de parties de jambes en l'air, aussi sauvages soient-elles) ?

Parce que les événements sont tellement abracadabrant que c'en est parfois too much ?

Parce que le trait épuré de Laureline Mattiussi n'apporte pas jusqu'à nos narine l'odeur addictive de l'iode ?

En tous cas, c'est une BD qui sent bon la testostérone, la baston et les couilles qui grattent. Un grand vent de liberté flotte occasionnellement sur ces pages, et une tempête de bêtise aussi. Ce personnage atypique met un grand coup de pied dans l'image idéalisée de la piraterie. Anne Bonny et Mary Read n'ont qu'à bien se tenir, la piratesse de L'île au poulailler (non, on ne connaitra jamais son nom) débarque sur les océans !


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Tome 1

Année d'édition
2009

Tome 2

Chronique du 02/10/10

Le capitaine et les deux hommes qu'il lui reste sont parvenus à s'enfuir de leur prison-abattoir, et emportent avec eux la piratesse assommée. Son réveil fut comme à l'accoutumée bestial, et c'est dans un fourré au sommet d'une colline verdoyante que les deux capitaines s'expliquent, avec le seul langage qu'ils comprennent : le sexe !
Pendant ce temps, les deux compères attendent et conversent autour d'un feu tout en préparant le poulet...

Ce second tome de l'île au poulailler, tout juste auréolé du prix Artémisia 2010 (BD féminine de l'année), clôt ce diptyque sur les pirates les plus atypiques de la bande-dessinée.
Aux protagonistes du premier opus vient s'en greffer un nouveau : le père de la piratesse, ancien pirate sédentarisé et nostalgique.

Si l'intrigue tourne toujours autour de ce trône d'or, convoité par tous, elle n'est qu'un prétexte pour servir le fond : qu'est-ce qu'un pirate ?
La réflexion est ici poussée à son paroxysme. Nous affrontons ses peurs et ses angoisses les plus profondes : la mort, la fuite. Nous les voyons agir comme des bêtes face à leurs pulsions. Nous nous interrogeons au travers des réflexions du père sur le devenir et sur les ambitions...
Être un pirate, est-ce seulement naviguer et piller ? Où est passé le code d'étique de ces marins s'entretuant ? Où est passé le respect ? Qui sont-ils pour oublier d'où ils viennent et pourquoi ils ont choisi la liberté ?

Si j'ai apprécié le côté distractif du premier tome, j'aime l'aboutissement du second. Tout ce qu'il apporte en questionnement et en fraicheur.
Côté dessin, j'ai adoré ce passage dans cette folie collective et imaginaire. Passage qui débute par cette succession d'onomatopées qui deviennent nombreuses, envahissante, étouffantes... et qui finissent par se matérialiser par les angoisses les plus profondes.
On en apprends au passage un peu plus sur les personnages.

Pour résumer je dirais que l'île au poulailler est un livre sur les pirates, mais pas pour les pirates. Si c'est un trésor que vous cherchez, alors vous vous êtes trompés de chemin. Si c'est un poulailler... alors vous trouverez peut-être un trésor, mais pas forcément celui que vous pensiez chercher !




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Tome 2

Année d'édition
2010

Ile aux cent mille morts (L') Fabien Vehlmann (s), Jason (d), Hubert (c) GLÉNAT

L'île aux cent mille morts

Chronique du 07/04/11

Gweny, une jeune fille à l'aspect canin, arpente la plage chaque jour dans l'espoir de trouver une bouteille contenant une carte au trésor. Au village, les vieux assis sur leurs bancs (avec leurs drôle de regards) se racontent l'histoire, celle du père de la petite qui, cinq ans auparavant, avait trouvé cette mystérieuse carte au trésor dans une bouteille échouée sur le sable et était parti à l'aventure, abandonnant femme et enfant.
La fillette s'est depuis ce jour mis en tête qu'elle trouverait elle aussi la carte menant à cette île lointaine et mystérieuse, et qu'elle irait chercher son père...
Jusqu'à ce qu'une nouvelle bouteille échoue sur le rivage...

L'île aux cent mille morts, voilà un nom des plus évocateurs : chouette, du sang et des larmes ! En plus, c'est un album de Fabien Vehlmann, l'occasion de s'en mettre plein la vue.
Sauf que voilà, même les plus grands font aussi des choses un peu moins bien, voire pas top du tout. Et cet album là, je ne l'ai pas trouvé à la hauteur de ce que j'ai lu de cet auteur jusque là.

Fabien Vehlmann est plutôt coutumier de ce thème, récurrent chez lui, qu'est la mort.
Dans Jolies Ténèbres, il l'aborde de plein fouet, comme une claque bien cinglante qu'on prend en pleine figure. Seuls abonde aussi dans ce sens, mettant la jeunesse en opposition directe avec la mort. Les derniers jours d'un immortel permet d'évoquer le devoir de mémoire tout en se posant la question de repousser les limites de la mort.

Ici la mort n'est qu'un prétexte, un titre, presque racoleur. C'est aussi une profession, avec cette improbable école de bourreaux perdue sur une île lointaine.
Vehlmann pose un contexte, celui d'une enfant recherchant son père contre vents et marées. Mais il ne parvient malheureusement pas à convaincre (du moins pas moi).
La faute au récit, simple et finalement pas si efficace que ça.
La faute aussi au dessin minimaliste de Jason conjugué aux grands aplats de couleur d'Hubert. Au découpage répétitif et sans charme : des planches de 9 cases - parfois 8 - parfaitement alignées et identiques de forme. C'est limite déprimant.
Il n'y a aucune émotion qui ne transparaisse dans les personnages, froids et finalement antipathiques. Là encore, l'agencement monotone des cases n'arrange rien.

J'aimerais conclure sur une bonne note, tant Fabien Vehlman a suscité d'engouement pour moi ces deux dernières années. Mais je ne suis pas certain d'être en mesure de trouver des arguments pour sauver cet album.
Peut-être que la succession des événements, qui s'enchainent rapidement, et le texte simple et sans emphase, pourraient plaire à un jeune adolescent... peut-être... mais même là, je suis persuadé qu'on peut largement faire mieux pour toucher cette tranche de lecteurs de bandes dessinées.




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L\\'île aux cent mille morts

Année d'édition
2011

Ile sans sourire (L') Enrique Fernández (s)(d) Drugstore

L'île sans sourire

Chronique du 07/12/09

Un homme débarque seul sur une île battue par la tempête. La petite embarcation qui l'avait amené jusque là reviendra le chercher deux semaines plus tard.
L'homme en question se nomme Milander Dean, il est géologue et arrive dans cette petite communauté de pêcheurs pour étudier les pierres environnantes.
À peine arrivé, il croise la route d'Elianor Mise "Yukinde", qui signifie merveilleux. La petite fille est toujours joviale et déborde d'énergie, tout le contraire de notre mystérieux bonhomme qui ne lâche jamais un sourire...

L'île sans sourire porte vraiment bien son nom. Car tous les adultes sont mornes et tristes. Il n'y a guère que les enfants qui portent encore un peu de joie de vivre. Les maisons sont peintes et décorées avec des couleurs vives pour égayer leur quotidien, on leur raconte sans arrêt des histoires extraordinaires, à croire qu'on ne veut pas qu'ils grandissent, de peur qu'ils deviennent adultes, qu'ils deviennent comme les autres...
Mais quel secret cache tous ces artifices ?

L'île sans sourire est une histoire fantastique qui est née des mains d'Enrique Fernández, que j'avais déjà découvert dans son adaptation du Magicien d'Oz. Si les dessins sont toujours aussi ronds et pleins de couleurs, ravissant nos yeux ébahis, cette fois le scénario est de lui (Le Magicien d'Oz était scénarisé par David Chauvel). Et mis à part la narration que je trouve parfois une peu lourde pour un livre qui se veut simple, je n'ai vraiment rien à redire sur ce conte pour enfant vraiment sympathique à lire, et qui devrait plaire à toute la famille, du plus grand au plus petit.
Le contraste entre la tristesse des adultes et la joie des enfants est vraiment exacerbée par la venue de ce géologue renfermé sur lui-même et qui serait sur cette île comme une baleine dans l'océan, en permanence accompagné par la petite Eli et sa débordante activité.
C'est plein de regards, de sourires, de belles choses, de réalité mais aussi de fantastique. Et c'est le mélange de tout ça qui fait de l'île sans sourire un album vraiment plaisant.




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L\\'île sans sourire

Année d'édition
2009

In God We Trust Winshluss Requins Marteaux

Chronique du 27/07/14

J'aurais dû écrire cet article depuis longtemps. Cela fait déjà un moment que j'ai lu cet album mais un amoncellement de problèmes personnels a émaillé mes envies de lectures et mes capacités de rédaction, peu aidé par un sentiment de déception générale autour de cet ouvrage…
Je reviens donc aujourd'hui, avec beaucoup de retard, sur la nouvelle bande dessinée de Vincent Paronnaud, plus connu dans le monde du 9ème Art* sous le nom de Winshluss : In God We Trust**.


L'alléchant programme

Les bédéphiles admirent surtout Winshluss pour son adaptation très remarquée de Pinocchio, primée à Angoulême par un Fauve d’or, la consécration suprême. Ceux qui l’ont lu ne peuvent que reconnaître le talent de l’auteur qui a su revisiter le conte italien de Carlo Collodi pour se le réapproprier totalement dans un style qui lui est propre : plus sombre, cynique et entièrement muet.
Il y avait donc beaucoup d’attente et d’envie à la sortie de son nouveau livre : In God We Trust.

L’envie, on la ressent d’autant plus en apercevant le livre en lui-même. Fort de son succès auprès du public et d’une reconnaissance certaine de son éditeur Les requins marteaux, à qui Winshluss est resté fidèle, l’auteur bénéficie d’une carte blanche pour la réalisation de son nouveau titre. C’est ainsi que la maquette se retrouve soignée aux petits oignons : couverture cartonnée avec marbrures dans le style des missels (on parle de religion après tout) avec des intégrations d’un vernis sélectif doré sur fond bleu du plus bel effet ; pages de fort grammage ; bande de tissu marque page.
Bref c’est alléchant et on peut remercie le Centre National du Livre de proposer régulièrement des subventions pour la conception d’ouvrages de qualité.


L’histoire du Grand Architecte par Saint Franky

« Ben ! Elle est où Ève ?
_ Je l'ai fait disparaître !
_ Hein ? Mais, pourquoi ?
_ Vois-tu Adam, j'ai bien réfléchi... et j'en suis arrivé à la conclusion suivante : l'origine du problème c'est la femme ! C'est pourquoi j'ai décidé de placer non pas un homme et une femme au jardin d'Éden, mais deux hommes ! Comme ça on est tranquilles...
_ Ha ! J'ai eu peur ! Pasque jouer au badminton tout seul c'est pas cool...
»

Après avoir retourné le conte de Pinocchio, Winshluss s'attaque au monument Bible et c’est ainsi que Saint Franky, patron des amateurs de houblon et de bandes dessinées, fait son apparition en robe de bure et petites ailes, la tête transpercée par une flèche qu’il a reçue à sa mort alors qu’il défendait vaillamment le bien le plus précieux de l’abbaye. C’est du haut de son nuage et bien équipé de sa chopine de mousse qu’il revisite ainsi les principaux axes : la Genèse, Adam et Eve, le sacrifice d'Abraham, Moïse, l'immaculée conception, Jésus, le Jugement Dernier et j’en passe... le tout entrecoupé de scènes annexes sur la vie de Dieu et diverses notes d'humour.

Winshluss s'approprie la Bible et la désacralise (sacrilège ?), la déforme allègrement en la réinterprétant à sa façon. C’est irrévérencieux, parodique, vulgaire (les qualificatifs du genre son nombreux), à l’image du Dieu grassouillet et en slip chevauchant sur son nuage. Quelques scènes ou répliques font sourire, certaines idées sont excellentes***, mais dans l’ensemble je me suis plutôt ennuyé… raté !
La forme décousue de la narration (ce sont plus des scènes qui se succèdent qu’un récit structuré) n’aide pas à l’immersion de lecture.

En conclusion je dirai qu’In God We Trust répond à la politique éditoriale des Requins Marteaux et plaira certainement aux amateurs du genre, sans cette fois susciter d’engouement démesuré.
Un livre à prendre au 8ème degré et à déconseiller aux enfants, aux croyants puristes et aux personnes dénuées de sens de l’humour.


* L’auteur est aussi réalisateur de cinéma avec entre autres les adaptations de Persepolis et de Poulet aux prunes en collaboration avec Marjane Satrapi.
** In God We Trust, devise nationale américaine.
*** L’épisode God VS Superman, certainement le plus drolatique, met en scène le peuple étasunien et son héros Superman face à Dieu qui veut faire son apocalypse.


D'autres avis : Yvan, David Fournol, PaKa, Yaneck

La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.




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Année d'édition
2013

Incal (L') Alexandro Jodorowsky (s), Moebius (d), Yves Chaland (c-T1), Isabelle Beaumenay-Joannet (c-T2 à T4), Zoran Janjetov (c-T5 et T6) Humanoïdes Associés

Tome 1 : " L'incal noir "

Chronique du 15/07/11

John Difool est un détective privé de seconde zone. Mais un jour, alors qu'il est engagé par une certaine Nimbéa Super Quinq en tant que garde du corps, tout bascule. La fille l'avait trompé, elle voulait profiter de son holomaquillage pour aller tirer son coup au Daredevil. Mais à minuit pile, celui-ci cessait de fonctionnait, ce qui a eu pour effet d'enrager son partenaire du moment : Kill "Tête-de-chien". S'ensuit alors une course-poursuite dans laquelle il parvient à s'échapper par les égouts, pour rencontrer d'autres problèmes... et finalement se retrouver à Suicide-allée, cogné par des hommes encapuchonnés et projeté dans le vide.
Heureusement, la cyber-police arrive à la rescousse. John Difool est miraculé... mais son histoire leur parait invraisemblable : que s'est-il réellement passé entre les égouts et Suicide-allée ?

Ah, que d'événements palpitants en seulement quelques pages. Le scénario est posé, défilant case après case dans une allure folle. Nous sommes dans un véritable délire de la science-fiction, travail conjugué d'auteurs talentueux : un scénariste inventif (Alexandro Jodorowsky), un dessinateur hors-normes (Moebius) et un coloriste cosmique (Yves Chaland). Et ils ne seront pas trop de trois pour faire de cet album - et de la série qui va avec - l'un des titres phares de la bande dessinée.

Déjà, remettons les choses dans le contexte.
Les albums de Moebius sont plutôt difficiles à trouver. Mais cette année, les Humanoïdes Associés - qui n'ont décidément pas encore tout vendu - ont bien compris ce qui leur permettait de gagner de l'argent. Moebius étant une valeur sûre (l'autre monstre sacré d'Humano, ils l'ont malheureusement légué à Casterman), ils ont décidé de ressortir la plupart de ses albums. Nouveaux tirages dont j'ai pu profiter, à commencer par la série mythique de L'Incal, initialement parue en 1981.
Finies les couleurs de Valérie Beltran tant décriées, c'est une version « couleurs originales » qui voit ici le jour. Tant mieux, car c'est certes très années '80, mais c'est aussi ce qui fait le charme de cet opus haut en couleurs (c'est le moins que l'on puisse dire). Et c'est peut-être aussi l'une des clef du succès de la série, qui passe les années (presque) sans prendre une ride.

Car il y a tout pour plaire dans L'Incal.
De l'action à n'en plus finir. Des rebondissements à la chaîne. Des gentils pas vraiment intègres. Des méchants pas foncièrement mauvais. Des manipulations en veux-tu en voilà. Bon, il y a aussi des vrais méchants, mais y a-t-il de vrais gentils ? Bonne question !
En guise de méchant manipulé malgré lui, celui qui deviendra plus tard un autre des grands héros de la bande dessinée : le Méta-Baron !

Pas mécontent de la couverture et d'avoir pu mettre la main sur l'ouvrage, je regrette tout de même l'usage du papier glacé. Et me je me mets à rêver... un jour, les Humanoïdes Associés réaliseront peut-être un nouveau tirage sur un beau papier à grains, à l'image des fac-similés de Tintin. Qui sait ?




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Tome 1 : \\" L\\'incal noir \\"

Année d'édition
2011 (1°ed.1981)

Tome 2 : " L'incal lumière "

Chronique du 27/12/11

John Difool n'est pas au bout de ses surprises. Capturé dans la nécropole Techno, il est maintenant prisonnier du Techno-Pape en personne, lequel s'apprête à réunifier l'Incal lumière avec l'Incal noir !
Si le rituel du Techno-Pape promet de plonger le monde dans une aura de ténèbres, une chose est sûre : John Difool ne s'en sortira pas dans ce cas, son corps se faisant disséquer organe par organe jusqu'à ce que l'Incal en soit extirpé.
Heureusement pour lui, il peut compter sur son fidèle Deepo, l'oiseau maintenant doté de la faculté de parler... du moins s'il parvient à vaincre sa peur...

Suite de l'épopée fantastique et complètement déjantée conçue par Jodorowsky et mise en image par le non moins célèbre Moebius.
Sauf que cette fois, si les couleurs restent toujours aussi cosmiques malgré le changement de coloriste - Isabelle Beaumenay-Joannet, femme d'Yves Chaland, prenant la succession de son mari pour quelques tomes - le dessin est bel et bien plus agréable à regarder. Le trait paraît moins épais, plus détaillé. Bref, c'est un plaisir pour les yeux, on apprécie et on peut balayer toutes les idées reçues qui font de cette série un objet totalement désuet, dépassé par le temps. Non, l'Incal est tout à fait intemporel ! La magie des couleurs opère et le scénario, invraisemblable au possible, met en scène une société complètement ahurissante, avant-gardiste et décadente.

Qui sont les gentils ? Qui sont les méchants ? Quelles est la vraie nature de l'Incal ? Quels sont les enjeux ? Nous cernons peu de choses, nous sommes juste persuadés que tout ça nous dépasse (les événements dépassent d'ailleurs sûrement les protagonistes eux-même).

Une série culte, vieille mais pas encore obsolète, à lire absolument.




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Tome 2 : \\" L\\'incal lumière \\"

Année d'édition
2011 (1°ed.1982)

Inès Loïc Dauvillier (s), Jérôme D'Aviau (d) Drugstore

Inès

Chronique du 27/08/10

J'ai pour habitude de commencer mes chronique par un bref résumé. Mais pour être franc, je sais pas trop comment aborder le sujet, alors je vais me passer de ce traditionnel début.
Inès, c'est une bande-dessinée traitant des violences conjugales.
Comme ça, on est directement dans le vif du sujet.

J'ai mis beaucoup de temps à ouvrir cet album. Et pourtant, un petit peu à l'image de "Je ne mourrai pas gibier" d'Alfred, j'ai dévoré page après page sans déscotcher du bouquin. On est pris corps et âme à cette histoire orchestrée par Loïc Dauvillier. On a mal pour cette femme, on prie pour elle...

La femme a une peur bleue de son mari. Elle s'enferme tout autant physiquement que mentalement sur elle même. Elle s'isole, elle ne pense même pas à fuir. Et quand elle se décide à le faire, elle devient lâche. On est dans la peur, le non-dit et l'isolement.
Je ne sais comment on peut en arriver là. C'est le syndrome type de la femme battue qui est retranscrit ici. Celle qui n'ose pas parler de peur de tout perdre. Celle qui préfère prendre les coups plutôt que de se retrouver sans rien. Une victime des mots surtout, des mots retords, des mots malins, et qui font peut-être (sûrement) plus mal que les coups.
« Dis-toi bien que si tu me quittes, tu ne sera plus rien ! Plus personne te sautera ! »

Le texte est accompagné du dessin brut de Jérôme D'Aviau. Un dessin en noir & blanc, souvent plus noir que blanc. Il nous isole avec l'héroïne malgré elle, nous rappelant la noirceur de ses pensées : elle ne peux plus rien discerner dans une telle obscurité, coincée non pas physiquement, mais bien mentalement.
Son seul rayon de soleil, c'est sa petite Inès.
Et Inès, c'est le seul personnage de l'histoire à avoir finalement un nom. Comme si les autres n'avaient pas autant d'importance...

J'en viens du coup à me demander pourquoi. Et je pense que la réponse tient dans la conclusion, car c'est elle qui va subir toutes les conséquences de ces violences. C'est elle qui devra vivre avec ces blessures toute sa vie, avec ce qu'elle a vu, avec ce qu'elle a vécu, et avec ce manque...

Je n'en dirais pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture.
C'est un sujet difficile certes, mais c'est un album à lire absolument. Et il ne laissera personne indifférent !

Chronique du 03/10/10

Loïc Dauvillier est un personnage des plus atypiques, mais en le rencontrant, on aurait peine à croire qu'il est l'auteur de scénarii tels que Ce qu'il en reste, Comment je me suis fait suicider, Nous n'irons plus ensemble au canal Saint Martin ou... Inès. Des bandes dessinées aux thématiques graves et violentes. Des thématiques qui plombent oserai-je dire, et qui nous montrent la détresse humaine sans fard.

Dans Inès, la violence conjugale est à l'honneur, et derrière elle, la violence des rapports humains, l'aveuglement ou la lâcheté de l'entourage, les drames familiaux. C'est une bande dessinée qui culpabilise, en abordant une situation à laquelle nous pouvons tous être confrontés sans pour autant savoir comment réagir. Aspect introduit par le jeune couple de voisins et l'ami de la famille, mais aussi par l'anonymat des personnages. Deux prénoms en tout et pour tout dans l'album : Franck, l'ami de la famille, et Inès, dont on n'apprend qu'à la fin à qui appartient le prénom.

Les auteurs instaurent une ambiance de profond malaise. D'Aviau use ici de contrastes clairs-obscurs saisissants, d'ombres envahissantes travaillées par de grandes lignes. Les pensées de la mère semblent dégouliner de leur "bulle" de courts traits noirs. Le scénario est basé sur de longs silences, des regards, des non-dits. Tout le long de l'histoire on suit le personnage de la mère, et on se persuade qu'elle est le personnage central de l'histoire, la fameuse "Inès" indiquée sur le titre. Quant à "la petite", elle est présente en spectatrice tout le long, comme sur la couverture du livre, elle se cache derrière l'histoire de sa mère. On ne sait pas ce qu'elle pense de la situation, on ne sait pas ce qu'elle en comprend. Comme dans la réalité en fin de compte, on ne pense aux enfants que quand il ne reste plus qu'eux. Et après avoir installé le malaise d'une situation conjugale et familiale dramatique, on finit sur un autre malaise : que va devenir cette enfant, sans parent et après avoir vu ce qu'elle a vu ?


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Inès

Année d'édition
2009