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Ile au poulailler (L') Laureline Mattiussi (s)(d), Isabelle Merlet (c) Treize étrange

Tome 1

Un capitaine et ses pirates. Ils viennent tout juste de piller un bateau qui était venu récupérer des trésors perdus par des navires espagnols lors d'une grosse tempête près des côtes de Floride. Alors que l'équipage s'apprête à passer une nuit agréable, le gosier plein de rhum pour fêter ça, voilà qu'ils se font attaquer par... d'autres pirates ! Pire encore : leur capitaine est une femme !

L'île au poulailler n'est pas un énième ouvrage sur les pirates. Enfin certes, il l'est, mais Laureline Mattiussi défonce quand même pas mal de "coutumes" et renouvelle le genre pour pas mal de choses. Ainsi on retrouve :
- un navire de pirates se faisant aborder par d'autres pirates
- un capitaine désabusé et abandonné
- une femme pirate et capitaine (pourtant ça porte malheur d'avoir une femme à bord)
- un second homosexuel
- deux capitaines qui se pillent et se poursuivent, mais autant pour l'or que pour le cul
- une île "base" étant un poulailler géant
- j'en oublie sûrement...

Pour résumer, l'île au poulailler est un album plaisant, avec une colorisation simple et tout à fait en adéquation avec ce récit sobre, ce scénario efficace et qui va droit à l'essentiel. C'est vulgaire, c'est prenant, c'est divertissant. C'est une bonne histoire de pirates quoi !

Ma note: » 17/20


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Tome 1

Année d'édition
2009
Ile sans sourire (L') Enrique Fernández Drugstore

L'île sans sourire

Un homme débarque seul sur une île battue par la tempête. La petite embarcation qui l'avait amené jusque là reviendra le chercher deux semaines plus tard.
L'homme en question se nomme Milander Dean, il est géologue et arrive dans cette petite communauté de pêcheurs pour étudier les pierres environnantes.
À peine arrivé, il croise la route d'Elianor Mise "Yukinde", qui signifie merveilleux. La petite fille est toujours joviale et déborde d'énergie, tout le contraire de notre mystérieux bonhomme qui ne lâche jamais un sourire...

L'île sans sourire porte vraiment bien son nom. Car tous les adultes sont mornes et tristes. Il n'y a guère que les enfants qui portent encore un peu de joie de vivre. Les maisons sont peintes et décorées avec des couleurs vives pour égayer leur quotidien, on leur raconte sans arrêt des histoires extraordinaires, à croire qu'on ne veut pas qu'ils grandissent, de peur qu'ils deviennent adultes, qu'ils deviennent comme les autres...
Mais quel secret cache tous ces artifices ?

L'île sans sourire est une histoire fantastique qui est née des mains d'Enrique Fernández, que j'avais déjà découvert dans son adaptation du Magicien d'Oz. Si les dessins sont toujours aussi ronds et pleins de couleurs, ravissant nos yeux ébahis, cette fois le scénario est de lui (Le Magicien d'Oz était scénarisé par David Chauvel). Et mis à part la narration que je trouve parfois une peu lourde pour un livre qui se veut simple, je n'ai vraiment rien à redire sur ce conte pour enfant vraiment sympathique à lire, et qui devrait plaire à toute la famille, du plus grand au plus petit.
Le contraste entre la tristesse des adultes et la joie des enfants est vraiment exacerbée par la venue de ce géologue renfermé sur lui-même et qui serait sur cette île comme une baleine dans l'océan, en permanence accompagné par la petite Eli et sa débordante activité.
C'est plein de regards, de sourires, de belles choses, de réalité mais aussi de fantastique. Et c'est le mélange de tout ça qui fait de l'île sans sourire un album vraiment plaisant.

Ma note » 17/20


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L\\\'île sans sourire

Année d'édition
2009
Inès Loïc Dauvillier (s), Jérôme D'Aviau (d) Drugstore

Inès

J'ai pour habitude de commencer mes chronique par un bref résumé. Mais pour être franc, je sais pas trop comment aborder le sujet, alors je vais me passer de ce traditionnel début.
Inès, c'est une bande-dessinée traitant des violences conjugales.
Comme ça, on est directement dans le vif du sujet.

J'ai mis beaucoup de temps à ouvrir cet album. Et pourtant, un petit peu à l'image de "Je ne mourrai pas gibier" d'Alfred, j'ai dévoré page après page sans déscotcher du bouquin. On est pris corps et âme à cette histoire orchestrée par Loïc Dauvillier. On a mal pour cette femme, on prie pour elle...

La femme a une peur bleue de son mari. Elle s'enferme tout autant physiquement que mentalement sur elle même. Elle s'isole, elle ne pense même pas à fuir. Et quand elle se décide à le faire, elle devient lâche. On est dans la peur, le non-dit et l'isolement.
Je ne sais comment on peut en arriver là. C'est le syndrome type de la femme battue qui est retranscrit ici. Celle qui n'ose pas parler de peur de tout perdre. Celle qui préfère prendre les coups plutôt que de se retrouver sans rien. Une victime des mots surtout, des mots retords, des mots malins, et qui font peut-être (sûrement) plus mal que les coups.
« Dis-toi bien que si tu me quittes, tu ne sera plus rien ! Plus personne te sautera ! »

Le texte est accompagné du dessin brut de Jérôme D'Aviau. Un dessin en noir & blanc, souvent plus noir que blanc. Il nous isole avec l'héroïne malgré elle, nous rappelant la noirceur de ses pensées : elle ne peux plus rien discerner dans une telle obscurité, coincée non pas physiquement, mais bien mentalement.
Son seul rayon de soleil, c'est sa petite Inès.
Et Inès, c'est le seul personnage de l'histoire à avoir finalement un nom. Comme si les autres n'avaient pas autant d'importance...

J'en viens du coup à me demander pourquoi. Et je pense que la réponse tient dans la conclusion, car c'est elle qui va subir toutes les conséquences de ces violences. C'est elle qui devra vivre avec ces blessures toute sa vie, avec ce qu'elle a vu, avec ce qu'elle a vécu, et avec ce manque...

Je n'en dirais pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture.
C'est un sujet difficile certes, mais c'est un album à lire absolument. Et il ne laissera personne indifférent !

Ma note » 18/20


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Inès

Année d'édition
2009