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Garulfo
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Alain Ayroles (s), Bruno Maïorana (d), Thierry Leprévost (c)
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DELCOURT
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Tome 1: "Livre premier" (édition intégrale)
Garulfo est une grenouille. Non ! Pas un de ces crapauds immondes, une admirable et pertinente grenouille, qui ne rêve que d'une seule chose : quitter sa mare et devenir un homme !
Un jour il fait la rencontre de Dame Héphylie se faisant raconter l'histoire d'une grenouille se transformant en prince lorsque la princesse l'embrasse. Il ne lui faut pas en entendre plus pour se rendre compte qu'il s'agit là de LA solution qu'il attend depuis toujours. Mais malgré une arrogante tentative, le miracle ne se produit pas. Qu'à cela ne tienne, il n'a plus qu'à trouver un fée qui exaucera son vœu !
Ayant eu cette bande-dessinée bien après sa parution, j'ai la version intégrale en deux tomes. Le livre premier est composé des tomes 1 et 2 de la série.
Et je ne peux que regretter de ne pas l'avoir lue plus tôt tellement elle est enjouée.
Je ne sais pas ce que j'ai préféré dedans, de la grenouille téméraire aux ambitions démesurées à l'improbable conte de fée revisité, en passant par les conversations hilarantes entre Fulbart le canard et Garulfo notre héro, les nombreuses méprises, les quiproquos, et les innombrables retournements de situation burlesques !
Et j'en passe bien évidemment... cette bande-dessinée est un chef d'œuvre comique dans un univers médiéval-féérique, parfaitement accompagné par les traits soignés et précis de Bruno Maïorana.
Ma note » 19/20
Dure vie que celle des grenouilles. Garulfo, grenouille mâle bien sous tous rapports, en fait les frais. Son rêve ? Devenir un homme, cette espèce révérée peuplée de nobles chevaliers et de belles dames. L'univers ? Celui des contes de fée, mais pas vraiment un conte enchanteur. Les princesses sont capricieuses, les chevaliers sont tout sauf preux, un roi au passé de coureur de jupon. Et parmi tous ces parvenus terriblement humains, Garulfo, innocente créature, découvre que les contes de fée ne le sont pour personne, grenouilles comprises.
La grande force de Garulfo, ou plus exactement du premier cycle, c'est cette confrontation entre les contes de fée et la réalité. Entre la perversité humaine et la dure loi de la nature, on préfèrera très vite la seconde. Il y a également l'innocence du héros qui teinte le tout d'un humour très particulier et donne ce ton complètement décalé. La chute ne se termine pas tout à fait sur un happy end, la sorcière donnant la mesure, détail franchement plaisant. Rien ne laisse espérer une suite, de quoi ravir les petits budgets.
Quant au dessin, il est à la fois simple et fouillé. Il souligne le côté fictif de l'histoire et s'accorde tout à fait avec le faste des cours royales. Quinze ans après la parution du premier tome, il ne s'est pas démodé, pas plus que le contenu lui-même, rapidement devenu un classique de la bande dessinée, à raison.
Ma note : 17/20
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Année d'édition 2003 (T1-1995) (T2-1996)
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Tome 2: "Livre deuxième" (édition intégrale)
Le Prince Romuald est beau, riche et arrogant. Il ne ménage rien ni personne et ne se soucie que de sa propre personne. Mais la troisième "fée" sa marraine lui avait donné un don qui devrait découvrir lui-même lorsque le temps sera venu.
Pendant ce temps là une grenouille balbutiait avec son seul amour dans une mare bien paisible, puis elle se transforma en homme... à nouveau !
Le second "volet" des aventures de Garulfo en version intégrale reprend les tomes 3 à 6. Mais si l'histoire continue au moment où elle s'était terminée, la césure est parfaite et les deux premiers tomes peuvent amplement se lire seuls.
Mais ... ce serait bien dommage de s'arrêter là !
J'avoue que j'avais trouvé qu'il y avait un truc qui clochait avec Garulfo, mais si j'étais sur la bonne voie, jamais je n'aurais imaginé un scénario plus saugrenu et loufoque.
Je n'en dirais pas plus pour ne pas altérer le plaisir que pourrait avoir le lecteur en découvrant Garulfo suite à cette brève, néanmoins j'ai une nouvelle fois adoré ces aventures de cape et d'épée fantastiques et épiques mettant en scène cet admirable batracien transformé en homme qui n'a d'yeux que pour la paix et qui s'efforce de ranger ceux-ci dans le droit chemin.
Et ma foi, il se débrouille pas trop mal malgré tant de maladresses : c'est là tout son charme.
Des fous rires garantis, de la surprise, du mystère, des joutes, du spectacle, de la chevalerie, des retournements de situation dans tous les sens, des galanteries, des gaffes, des rencontres improbables, des quiproquos comiques et des transformations ... de la MAGIE !
A lire absolument (pourquoi ai-je autant attendu ? ^^)
Ma note » 19/20
Garulfo, la suite. Le Garulfo inversé du début donne une certaine satisfaction, mais je ne vous cache pas que ça prend rapidement un arrière goût de "on fait une suite mais en fait c'était pas prévu". Cette impression s'efface pourtant assez vite pour laisser place à une véritable originalité dans le scénario.
Avec ce second cycle arrivent de nouveaux personnages, notamment celui qui partage désormais la vedette avec notre charmante grenouille, j'ai nommé le Prince Romuald. Côté décalage, on n'est pas en reste : un prince charmant odieux, un petit Poucet reconverti en escroc-bandit-voleur-écuyer, un ogre sensible, un chat botté parvenu et prétentieux, un chevalier poltron, une nourrice pochetronne ou encore un chevalier noir pacifiste.
Le duo de choc Garulfo-Romuald donne véritablement un nouveau souffle à ce second cycle, multipliant les situations cocasses et les scènes burlesques. Difficile de rester insensible à la session "sponsor" façon "Juste prix".
Un bémol tout de même. J'avais aimé le happy end mesuré du premier cycle, mais cette fois, il est total voire inutile ou inefficace sur certains aspects.
En terme de dessin, j'ai apprécié une finesse grandissante dans les expressions des visages. Je suis littéralement tombée sous le charme de la princesse Héphylie dont Maïorana nous offre un panel grandissant et de plus en plus expressif d'attitudes.
Ma note : 18/20
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Année d'édition 2004 (T3-1997) (T4-1998) (T5-1999) (T6-2002)
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Geste des Chevaliers Dragons (La)
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Ange (s), Alberto Varanda (d-T1), Philippe Briones (d-T2-T4), Sylvain Guinebaud (d-T3), Christian Paty (d-T5), Laurent Sieurac (d-T6), Thierry Démarez (d-T7), Delphine Rieu (c-T1), Stéphane Paitreau (c-T2 à T7),
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SOLEIL
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Tome 1: "Jaïna"
Parce qu'il existe des dragons, porteur d'un miasme nommé le "veill" et qui déforme son environnement, il existe l'Ordre des Chevaliers Dragons afin de combattre ce fléau.
Le veill transforme les êtres vivants, leur donnant une apparence hideuse et monstrueuse. Pire encore, il les rendent agressifs, leur enlevant toute humanité. Le dragon, au fur et à mesure qu'il vieillit élargit l'influence de son mal. Mais seules les vierges peuvent échapper à sa vigilance et le tromper, le combattre.
Jaïna, accompagnée de son écuyère Ellys, part à la recherche du dragon, en suivant le chemin arpenté six lunes plus tôt par sa sœur... six lunes qui auraient dû avoir raison du fléau qui s'abat sur la région....
Premier tome d'une longue sérié, initié par Ange et Varanda chez Vents d'ouest et qui à ensuite migré chez Soleil à partir de 2003, la Geste des Chevaliers Dragons est une bonne épopée d'héroic-fantaisy, avec un concept simple et efficace et un scénario qui, sans être extraordinaire, est bien structuré et tient complet en un seul tome.
On y retrouve toutes les qualités du récit légendaire, son côté épique, ses rebondissements, mais aussi un cadre médiéval et des monstres fantastiques (et des femmes fortes en tenue légère ^^).
Bref, c'est un bon premier volume, qui se laisse lire, sans plus de prétentions.
Ma note » 14/20
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Année d'édition 2003 (1°ed.Vents-d\'ouest 1998)
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Tome 2: "Akanah"
Akanah est apprentie Chevalier, au même titre que son amie Eléanor. Elles sont sous la tutelle d'Oris, un Chevalier qui a déjà abattu plusieurs dragons et dont la renommée n'est plus à faire.
Les deux compères sont très complices, et en particulier lorsqu'il s'agit de se lancer dans des escapades nocturnes pour chercher la bagarre et aguicher les hommes.
Alors qu'elles font route vers Pierranne où Oris doit rencontrer le doge, elles apprennent que les trois chevaliers dragons envoyées pour tuer le dragon n'y sont pas parvenues et que la cité est déjà sous le coup du veill....
Second opus de la série, paru cette fois chez Soleil, et qui nous emmène une nouvelle fois dans une aventure contre un terrifiant dragon, très différent du premier, et plus dans l'esprit classique de la créature mythique.
L'héroïne, ou plutôt le personnage central de l'histoire, est Akanah, la petite fille sauvée par Jaïna dans le tome 1. Et on se rend compte une fois de plus que les apprenties sont bien plus frivoles que les Chevaliers (allez savoir pourquoi ^^), surtout lorsqu'elles font la rencontre d'un beau jeune homme nommé Jan, chargé de cartographier la zone touchée par le veill.
Par rapport au tome 1, je donnerais un petit plus pour le graphisme de Briones/Paitreau, que je préfère à celui de Varanda/Rieu, probablement pour la mise en couleur plus douce.
Un autre point positif : l'humour qu'apporte le duo des deux apprenties dans leurs frasques.
Après, évidemment, il n'y a plus l'effet de surprise du premier volume, bien que certains points, et notamment l'interrogation sur le fait que le médaillon protecteur de Jan fonctionne ou pas, nous préserve d'une trame trop monotone.
Ma note » 15/20
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Année d'édition 2003
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Tome 3: "Le pays de non-vie"
Les sœurs de la vengeance ont encore frappé. Lorsque les chevaliers dragons échouent, elles sont appelées en dernier recours, et annihilent toute forme de vie dans un rayon de plusieurs kilomètres, au sacrifice de leurs vies. C'est la seule méthode qui permet de tuer un dragon et de stopper la progression du Veill à coup sûr.
Il ne reste alors plus qu'un terre morte, mais néanmoins précieuse pour les chasseurs de Veill, des aventuriers qui prennent d'énormes risques pour arriver juste après l'intervention des sœurs. Trop tôt et ils risquent de succomber au Veill, trop tard signifie une perte d'argent, car de nombreux autres chasseurs seront alors en concurrence avec eux, et les trésors que laissent le dragon derrière lui seraient alors moins importants. La famille Vargas en fait parti, bravant la mort pour quelques pierres....
Un troisième tome qui tient toutes ses promesses. Pour moi, c'est le plus réussi de tous.
Tout d'abord parce que l'immaturité des chevaliers dragons à fait place à une guerrière sage et torturée.
Mais aussi parce que les protagonistes que sont la famille Vargas, sont des personnages très intéressants.
Le pays de la non-vie retrace leur route, un chemin qui les conduit peu à peu de vie à trépas, de la colère à la folie.
Ange nous dévoile une nouvelle forme de l'hideuse apparence du Veill, en nous amenant sur le chemin des sœurs de la vengeance, une partie du récit qui n'avait été que sommairement abordée dans les ouvrages précédents.
Le tout merveilleusement rendu par les traits de Sylvain Guinebaud.
Un album sombre, plein d'émotions et de tension, et qui m'a vraiment plu.
La geste des Chevaliers Dragons étant une série mettant en scène des histoires différentes à chaque nouveau volume, si vous devez n'en lire qu'un, je ne saurais que vous conseiller de choisir celui là.
Ma note » 17/20
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Année d'édition 2004
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Tome 4: "Brisken"
La bataille de la passe de Brisken est un triste événement de l'Histoire des Chevaliers Dragons.
A l'époque, l'Ordre de Messara était au service de l'Empereur et défendait la ville du même nom, comme il l'avait toujours fait. Il comprenait plus de 400 membres, il était le plus puissant de tous, car le tout premier, l'Ordre fondateur des Chevaliers Dragons.
Un jour, l'Empereur fit convoquer la matriarche de l'Ordre, et lui demanda de protéger la cité contre une horde de monstres, des êtres vivants déformés par le Veill qui se dirigeaient vers eux. Ils devrait faire opposition à Brisken, en attendant les renforts des soldats qui étaient en mission dans une région lointaine et que l'Empereur avait rappelés de toute urgence en apprenant la nouvelle.
La matriarche accepta son devoir de protéger la cité du Veill, tout en étant persuadée que l'Empereur lui tendait un piège, afin d'affaiblir la puissance d'un Ordre qui le dérangeait.
Le scénario met cette fois en scène un très grand nombre de Chevaliers Dragons, pour ce qui restera la plus grande bataille que leur Ordre ait jamais connu. Une bataille sanglante, qui n'aurait jamais dû exister. Mais la stupidité des hommes n'est plus à prouver !
Ange a cette fois décidé de revenir sur cet événement, dont le nom avait percé dans le tome 2, Oris en étant l'une des participantes.
Si l'histoire nous prouve l'ampleur et la puissance de l'Ordre des Chevaliers Dragons, je reste relativement déçu par les dessins de Briones, qui avait pourtant réalisé le tome 2 dans un tout autre style. Sa technique à énormément changé, son rendu est moins fouillé, et certaines têtes de personnages sont vraiment ratées (ce n'est que mon opinion évidemment, mais rien que sur la première page, le visage d'Alia est bâclé).
Déçu aussi par le découpage des cases des pages 36 à 39. Il m'a fallu un instant pour comprendre que le sens de lecture avait changé, et qu'il fallait visionner les deux pages en même temps, ligne par ligne... l'effet est certainement voulu, dans l'héroïsme de la charge que ces deux double-pages décrit, mais je n'en reste pas moins convaincu que la lecture s'en trouve altérée.
En bref, le tome 4 n'a pas la classe ni l'application des précédents albums, malgré une histoire qui tient la route.
Ma note » 12/20
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Année d'édition 2006
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Tome 5: "Les Jardins du Palais"
Faïza était une grande ville avant que le veill ne sème le trouble, vingt ans auparavant. Aujourd'hui, elle n'est plus que l'ombre d'elle même, réduite à accueillir seulement quelques centaines d'habitants terrifiés par le simple mot "dragon".
Au sein de cette ville déchue, se dresse une école de chevaliers dragons, mais elle est déserte. Il ne reste plus que Ralène pour veiller sur les lieux, elle qui a vaincu le dragon vingt ans plus tôt.
Mais cette quiétude sera bientôt troublée par la venue du chevalier Snejana, et de sa "même pas écuyère" Josanifellana.
Cette histoire n'est que confrontation de caractères diamétralement opposés.
Là où Ralène est solitaire et humble, Snejana est provocante et imbue de sa personne. Quant-à Josanifellana, elle est jeune, insouciante et précieuse, et n'a visiblement rien à faire dans un tel ordre... mais vous découvrirez qu'elle a ses propres secrets, et un caractère bien trempé. C'est le personnage que je préfère des trois, allez savoir pourquoi (même si le caractère de Ralène est intéressant, Snajana est très énervante quant-à elle :)
Ce tome ci ne nous montre pas le veill comme il en avait jusque là l'habitude, mais la faune issue du veill et ses déformations : un univers peuplé de monstres dangereux.
Ange a donc une fois de plus maintenant notre curiosité au travers d'un voyage vers l'inconnu.
Au niveau du dessin, j'aime bien la patte de Paty. Néanmoins, je ne sais pas s'il s'agissait d'un acte volontaire ou d'un manque de temps, mais certaines cases sont abondamment simplifiées (les premières cases de la page 18 sont vraiment pauvres)
Ma note » 14/20
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Année d'édition 2006
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Groenland Manhattan
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Chloé Cruchaudet
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DELCOURT
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Groenland Manhattan
Le capitaine Peary est une nouvelle fois en expédition au Groenland en vue d'être le premier à planter le drapeau américain sur le pôle nord. Mais las de ses échecs répétés, il va cette fois revenir à New York avec quatre esquimaux, dont fait partie Minik, le plus jeune d'entre eux.
Ce qu'il faut savoir tout d'abord, c'est que cette histoire est avant tout basée sur une histoire vraie. Le capitaine Peary est connu pour être le premier à avoir "conquis" le pôle nord le 6 avril 1909. Mais il est aussi celui qui, ne voulant pas revenir bredouille lors de ses expéditions précédentes, décida de ramener des esquimaux aux états-unis "pour la science".
C'est de la vie de Minik dont parle le livre. Un enfant arraché à ses origines alors qu'il est tout petit, et qui perd peu à peu ses racines. Une histoire de mensonge permanent où les hommes font de lui et des siens un sujet d'étude, voire pour ses compagnons des articles de musée.
Alors qu'il souhaite revenir chez lui bien des années plus tard, il n'a plus de racines, il est perdu et voué à le rester. Il vit entre deux mondes et ne sera plus jamais un esquimau, sans avoir jamais vraiment été un américain.
Pour écrire cet album, l'auteur avait contacté Delphine Deloget, la réalisatrice d'un documentaire dont le titre était "Qui se souvient de Minik". C'est de ce reportage qu'elle s'est inspirée et c'est de la rencontre entre ces deux personnes et du visionnage des photographies noir et blanc de l'époque qu'est né l'histoire telle qu'elle est décrite dans la bande dessinée.
Dans son dessin, Chloé Cruchaudet est aussi parvenue à relater la froideur de ce récit, tant pas le climat arctique que par le scénario qui laisse peu de place aux sentiments. Une colorisation volontairement dans des tons bleus délavés.
En bref, c'est un livre historique, et même si la vie de Minik reste floue quand à son avenir après son départ de New York, le récit n'en demeure pas moins poignant, et le personnage quelque part attachant.
Ma note » 16/20
Groënland-Manhattan est empreinte d'une étrange poésie : celle du déracinement et de la perte d'identité. Cet enfant, Minik, perd tout à la fois sa terre, sa famille et bientôt ses souvenirs. Enfant inuit attaché à la tribu, il devient, passé les premiers moments de curiosité, un inconnu perdu dans l'impressionnante population de New York.
L'histoire est terrible, et pourtant elle émeut comme un poème !
L'illustration est une merveille, avec des couleurs à la douce candeur qui ajoute encore à la poésie de l'histoire. Les teintes pastelles se marient extrêmement bien avec la blancheur de la banquise et le brouillard qui couvre l'âme et la mémoire du personnage principal.
Mon bémol se situe sur les images que Minik a dans la tête. C'est très certainement voulu, mais je trouve que le dessin et les couleurs utilisés à ces moments-là tranche trop.
Ma note » 18/20
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Année d'édition 2008
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