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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Urban Luc Brunschwig (s), Roberto Ricci (d) FUTUROPOLIS

Tome 1 : " Les règles du jeu "

Chronique du 22/10/11

Zachary Buzz quitte la ferme familiale le cœur gros. Il laisse là sa sœur et toute sa vie derrière lui pour un avenir encore incertain. Le train qu'il prend doit le mener à Monplaisir, un gigantesque complexe de loisirs, le dernier endroit où ça rigole dans la galaxie ! Une cité tentaculaire et amorale, dans laquelle tout le monde se déguise et fait ce qui lui plaît.
Lui, il y est attendu pour commencer son nouveau job de policier...

Urban est un projet qui tient particulièrement à cœur pour Luc Brunschwig. Fan d'AC/DC, voilà près de 30 ans (il avait alors 15 ans) que l'idée lui trottait dans la tête de faire une adaptation en bande dessinée de l'un de leurs titres : Sin City.
Malheureusement pour lui, il ne fut pas le seul a avoir cette idée, et c'est Frank Miller qui saisit le premier l'opportunité avec son œuvre au titre évocateur : Sin City (1994 - 2001). À ce moment là, Luc Brunschwig débutait à peine sa carrière...
Mais il voulait raconter son Sin City à lui. Les Humanoïdes Associés lui en laissèrent l'opportunité en 1999 avec Urban Games. Une aventure qu'il partagea avec Jean-Christophe Raufflet, Laurent Hirn et Laurent Cagniat au dessin et Caroline Van Den Abeele à la couleur. Malheureusement, aucune suite ne verra le jour à cet album.
C'est à Roberto Ricci que nous devons cette résurrection, puisqu'il demanda à Luc Brunschwig deux ans plus tôt s'il n'avait pas un projet qui dormait dans un tiroir...
Si nous ne connaitrons jamais la suite d'Urban Games, Urban se révèle être à son image : les mêmes idées y sont développées. Mais cette fois, gageons que le projet emmené par Futuropolis, et probablement bien plus abouti tant scénaristiquement que graphiquement, aille à son terme : pas moins de 6 tomes sont prévus !

Si vous écoutez bien les paroles d'AC/DC, vous devriez bien vous faire une idée de cette ville de tous les vices :
Diamonds and dust
Poor man last, rich man first
Lambourginis, caviar
Dry martini's, Shangri-la
[...]
Ladders and snakes
Ladders give, snakes take
Rich man, poor man, beggarman, thief
Ain't got a hope in hell, that's my belief
[...]


Il n'y a pas un lieu qui ne soit bondé, où le chaland est accosté pour dépenser son argent. Le divertissement est roi à Monplaisir, le pseudo-bal des costumes est censé le rappeler, mais ce n'est là que de l'apparat pour masquer tous les côtés malsains de la cité. Il suffit de regarder ces écrans géants partout dans la ville pour s'apercevoir de l'incitation et de la débauche qui transpire de partout. Et que dire de ces filles dont le corps tout entier est un gigantesque panneau publicitaire ? Et ces émissions de télé-réalité dans lesquelles sont organisées des courses poursuites entre policiers - appelés Interceptors - et meurtriers ? Un jeu urbain qui n'est, si l'on y prête bien attention, qu'une véritable mascarade, suscitant l'adrénaline chez les visiteurs.

Le titre de l'album le rappelle bien : Monplaisir est un endroit hors normes, mais pas sans règles. Et cela vaut pour tout le monde, du voleur à la sauvette qui se fera bien vite rattraper par A.L.I.C.E., l'intelligence artificielle omniprésente de la ville, au tout jeune policier Zachary Buzz, qui va devoir appréhender et se faire sa place dans cette immense cité où la dépravation et la luxure règnent en maître.
Ce pauvre homme qui n'a encore jamais connu l'amour et qui a soif de justice ne sait pas encore où il a mis les pieds, qu'il fera bientôt parti du décor. Trop jeune, trop fragile malgré sa forte musculature, il devra rapidement s'adapter à ce milieu hostile et sournois, lui qui vient de la campagne.
Un héros dans lequel on s'identifie pleinement : il ne connait rien à cette ville !
Un personnage qui n'est pas sans relief, puisqu'on ressent un véritable mal-être qui émane de lui : pourquoi a-t-il décidé de quitter sa ferme familiale ? Que représente t'elle pour lui cette poupée, Overtime le Justicier du Temps, à laquelle il fait la conversation comme s'il s'agissait d'une entité à part entière (Schizophrénie ?) ? Elle est en quelque sorte son mentor et son ange-gardien, mais Zachary n'est-il pas d'ors et déjà en train de sombrer dans la folie ? Qui est le plus fou entre lui et ce Springy Fool, le lapin blanc chef d'orchestre de la cité ? Que se cache-t-il sous cette ville, derrière ces multiples yeux matérialisés par les écrans dont l'omniprésence enregistre le moindre geste ?

I'm goin' in to Sin City
I'm gonna win in Sin City
Where the lights are bright
Do the town tonight
I'm gonna win in Sin City

Oh, I'm gonna roll you baby !
Snake eyes, wooo !


Roberto Ricci, Italien d'origine, n'en est pas à sa première BD. Pourtant, son dessin et surtout sa colorisation sur Urban sont d'un tout autre ton que sur Les Ames d'Hélios. Une ambiance qui colle à la peau de Monplaisir : vive et colorée pour exprimer l'agitation des rues ; moderne, futuriste et technologique pour appuyer sur le caractère très urbain de cette cité où rien ne se perd.
Un premier tome d'Urban très prometteur pour une collaboration qui met des étincelles plein les yeux. Roberto Ricci travaille déjà sur le tome 2. Nous, on a déjà hâte d'y être !

Chronique du 11/03/11

La première chose qu'on voit sur une BD, c'est sa couverture. Les éditeurs ne s'y trompent pas, c'est un truc sur lequel ils font violemment bosser leurs illustrateurs. Du coup je ne peux pas concevoir de vous parler d'Urban sans commencer par sa couverture. Faut dire que ça fait des mois qu'elle traine sous mon nez. Trouver du temps pour lire la BD n'a pas été une mince affaire, mais passer 5 minutes de temps en temps à essayer de retrouver les personnages de la couverture, ça m'a beaucoup amusée. Je vous invite à cet exercice, si comme moi vous n'arrivez pas à dégager plus de 5 minutes par jour. Bref, voilà, la couv' est bien chiadée, et rien que ça, ça donne 'achement envie de lire l'intérieur.
Mais bon, Urban, ce n'est pas seulement une couverture, donc on va quand même se décider à l'ouvrir, cette BD.
On a compris avant même de l'ouvrir : ça va parler SF (hé oui, la couv', tout ça...), et là, sur ce point j'étais un peu inquiète. La SF, comme la Fantasy, c'est souvent une solution de facilité pour certains "auteurs". Un peu de vaisseaux spatiaux, quelques elfes et le tour et joué, on peut larguer n'importe quel scénar pourri. Hé bien soyez rassurez, ce n'est pas n'importe qui aux commandes, c'est Brunschwig. La cadre de l'histoire est subtilement mis en place. L'émotion a toute sa place dans ce monde futuriste, et les événements laissent entrevoir une enquête rythmée et énigmatique. Ouf.
Évidemment, comme c'est de la bonne SF, on va pouvoir y trouver au passage un avertissement, voire une critique sur notre société : la dérive du "tout est jeu" et "tout est spectacle".

Tout cela n'empêche pas Brunschwig de développer l'histoire de son héros, voire de le gratiner. Entre une enfance de "bouseux", un ami imaginaire, un caractère innocent voire enfantin, une âme de justicier, un amour déçu avant même d'avoir eu le temps de naître, nous avons là un personnage pataud, à la stature de nounours, balloté par des événements dont il n'entrevoit même pas le verre du petit bout de la lorgnette. Ce bonhomme est sympathique. Trop. On s'attache à lui, mais on sait d'avance que s'il ne se réveille pas un peu, il va s'en prendre plein la face.
Et en fond, une espèce de personnage étrange, une sorte d'ami imaginaire peut-être pas si imaginaire que ça, un justicier de fiction, le héros de notre Zach. Il est entouré d'une aura de mystère qui donne bien envie d'en apprendre plus sur ce qu'il est, son passé, son influence...

Pour ne rien gâcher, le dessin de Ricci est très beau, avec une maîtrise toute particulière des personnages, et ses couleurs sont juste sublimes. Tour à tour lumineuses, pastelles, sombres, sépia, elles participent complètement à l'ambiance de la ville ou du récit.

La note finale, c'est ma petite surprise. Alors que je retournais le livre dans tous les sens après l'avoir terminé, je suis tombée sur le logo de Futuropolis. Ce n'est clairement pas la ligne éditoriale habituelle de l'éditeur, et la couverture ne m'avait en rien laissé suggéré qu'on avait là du Futuro. Ca n'a certainement qu'une importance mineure, mais j'aime bien souligner quand les éditeurs prennent la peine de faire fi de leur ligne éditoriale pour faire découvrir un bon bouquin, tout simplement.


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Tome 1 : \\" Les règles du jeu \\"

Année d'édition
2011