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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Lou ! Julien Neel (s)(d) GLÉNAT

Tome 1: "Journal infime"

Chronique du 11/09/07

Lou est une petite fille débordante d'énergie, qui nous plonge dans son univers délirant. Elle est élevée par sa mère, hardcore gameuse depuis qu'elle à acheté à sa fille une console de jeu, et n'a jamais connu son père. Elle se confectionne elle même ses habits car elle ne veux pas ressembler aux autres, et elle aime le théâtre même si elle reste incomprise.
Lou est amoureuse de Tristan, son voisin, mais elle n'ose pas faire le premier pas. Et il en est de même de sa mère avec Richard, le nouveau voisin.
Telle mère, telle fille comme on dis !

Une bande-dessinée drôle et pleines de gags du début à la fin, on ne s'ennuie pas. Un album récompensé par le Prix jeunesse à Angoulême en 2005. Franchement une bonne découverte, même si j'étais pas chaud au départ.
Un dessin simple et agréable, et des couleurs pleines de vie.
A lire et à relire, et toujours avec le sourire :)

Chronique du 11/09/07

Aaaah ! Lou ! ... La fraicheur, l'innocence, la jeunesse.

"Tchô la Collec'" nous a livré pas mal de BD sans attrait, mais vendeuses et "djeuns". Selon moi il y en a deux qui sortent du lot : Lou! et Mamette :)

Mamette, nous en parlerons plus tard, ici on s'occupe de Lou!
Lou, c'est cette grande fille ou jeune ado, à cet âge entre deux tirs. C'est cette gamine qu'on a toutes (oui, tout-E-s) été. C'est l'âge où les choses simples sont encore magiques, même si les Barbies ne le sont plus (authentique !). C'est la collégienne qui se cherche une identité à travers les vêtements (qu'elle confectionne elle-même pour ne pas être habillée comme les autres). C'est la copine d'enfance. C'est la jeune amoureuse timide.
Et puis il y a sa mère, ancienne rebelle, éternelle gameuse, future écrivain de science fiction, mauvaise cuisinière et mauvaise ménagère. Et Richard, le nouveau voisin qui se promène avec un gilet en "mouton mort" (pauvre bête). Et Tristan, le voisin d'en face dont Lou est amoureuse depuis le jardin d'enfant mais auquel elle n'a jamais parlé. Et le chat, qui n'a pas de nom. Et la grand-mère, éternelle insatisfaite, râleuse, mauvais caractère (on en découvrira plus dans le tome 2). Une galerie de personnages typiques et sacrément attachants !

Bref, cette BD ne peut que plaire au public qu'elle visait : les jeunes filles (il s'arrache en bibliothèque), mais également à celui qu'elle ne visait pas : les anciennes jeunes filles. Encore que Jérôme n'appartient à aucune de ces catégories ;)
Elle se présente sous forme de gags, facile à aborder donc, mais suit une continuité d'événements. Le trait de Julien Neel est aussi pur que l'âme de son héroïne, ce qui n'en facilite que la lisibilité, sans pour autant nous refiler du dessin de mauvaise qualité.

Roaarrr Challenge
- Prix Jeunesse 9-12 ans - Angoulême 2005


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Tome 1: \\"Journal infime\\"

Année d'édition
2004

Tome 2: "Mortebouse"

Chronique du 11/09/07

Lou revient dans de nouvelles aventures. Après l'année scolaire mouvementée vient l'été et les vacances... chez mamie. Quelle angoisse ! Deux semaines à manger du choux de Bruxelle dans un village paumé dans la campagne.

Un second tome dans la lignée du premier, avec son lot de surprises et ses amours de vacances. L'occasion de découvrir un peu mieux la mamie et l'enfance de la mère de Lou. Malgré tout, je suis plutôt nostalgique du premier tome, on a un peu perdu la magie de la découverte et le sourire a franchement pris la place sur le rire.
Et puis y'a plus les petits icones en haut de chaque page pour l'illustrer, ça craint ça, j'aimais bien les petites icones moi ^^

Chronique du 11/09/07

Les vacances d'été, c'est la galère. A la ville, il n'y a plus personne et pour partir en vacances quand Maman est fauchée, c'est chez Mamie : à Mortebouse.

C'est l'occasion d'en savoir plus sur la jeunesse rebelle de la mère, le mauvais caractère et les feuilletons de la grand-mère et... LES CHOUX DE BRUXELLES ! Repas préféré de la dite Mamie qui en met à tous les repas.

Nouveau cadre, nouveaux personnages. En secondaire mais tellement typique : le voisin avec lequel la vieille s'engueule depuis 30 ans sans savoir pourquoi. Ils ont plus leur importance : Clément Fifrelin, ancien tortionnaire de jeunesse de sa mère et actuel soupirant tête à claque et Paul "aloha", au physique peu avantageux mais tellement poète !

Bref l'occasion de nouvelles aventures rocambolesques !


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Tome 2: \\"Mortebouse\\"

Année d'édition
2005

Tome 3: "Le cimetière des autobus"

Chronique du 11/09/07

Il y a des moments dans la vie où rien de va plus. On a l'impression que le monde entier s'acharne contre nous et que personne ne s'inquiète pour notre misérable existence.... excepté peut-être le chat ?
La rentrée scolaire prend le pas sur les vacances à Mortebouse, qu'on en finirait presque de regretter. Mina n'est plus dans la même classe, Maman n'en a plus que pour les beaux yeux de Richard "peau de mouton", et Lou plonge de plein fouet dans l'adolescence !

Difficile d'être une ado ! Lou traverse ici une période noire et difficile, mais c'est aussi l'occasion de faire de nouvelles rencontres, comme Marie-Émilie, fille gothique et rebelle issue d'une famille bourgeoise pleine de problèmes existentiels, et K-rine, qui après une première altercation houleuse, est peut-être la personne la plus à même de la comprendre.

Un album un peu moins "fun", du fait des moments difficiles de Lou, mais on est heureux de retrouver les décalages humoristiques de sa mère, qui à défaut de trouver ce qui cloche chez sa fille au début, vit dans son monde à elle.
Ah oui, la grand-mère qui dope les ventes de Sidera m'a fait hurler de rire, et aussi la série de gags sur le loyer :)

Chronique du 11/09/07

Moi j'aime beaucoup comment Richard et la mère sont complètement largué par la crise d'adolescence de Lou. Et le chat qui parle :D

Effectivement, sans cesser d'être drôle, cet album l'est moins que les précédents. Nouvelles mésaventures, nouvelles amies, nouveaux personnages. Le plus cocasse parmi ceux-là étant à mon goût la mère de Marie-Amélie.

Ah oui et puis la mère de Lou sort enfin son bouquin, donc pas de mini aventures de Sidéra.

Et j'ai appris aujourd'hui que le tome 4 sortait le 24 octobre. Juste avant Saint-Malo où Julien Neel sera justement présent ;)


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Tome 3: \\"Le cimetière des autobus\\"

Année d'édition
2006

Tome 4: "Idylles"

Chronique du 10/05/08

Lou et ses copines sont invitées par les parents de Marie-Émilie à passer leurs vacances dans leur villa au bord de la mer, et s'apprêtent à se lancer dans la "chasse aux garçons". Pendant ce temps, la mère de Lou est invitée à faire la tournée des festivals avec Richard pour la sortie de son livre.

Un album plein de fraicheur ! Et pourtant, on y retrouve tous les personnages qui ont fait le succès de Lou, de Tristan à Paul, de la grand-mère à Clément Fifrelin !
Et puis des nouveaux personnages bien entendu, dans des gags qui se succèdent et s'entremêlent. Les deux histoires parallèles de Lou et de sa mère se succèdent et sont liées par les thèmes de chaque page, et se retrouvent à la fin.

C'est vraiment rafraichissant, drôle, bref : un excellent album de Lou !

Chronique du 10/05/08

C'est pas mon préféré pour être franche. On s'embourbe dans des amours adolescentes (et adultes d'ailleurs aussi), dans les relations entre machin et truc et entre bidule et chouette. Cet album apporte peu ou presque au personnage de Lou.
Ce qui me semble *vraiment* marquant, c'est Preston et Manolo en slip en fourrure.
Et puis la construction du récit, qu'on retrouve dans Chaque chose avec les situations qui se répondent entre elles et qui dynamisent pas mal l'ensemble.


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Tome 4: \\"Idylles\\"

Année d'édition
2007

Tome 5 : "Laser Ninja"

Chronique du 22/12/09

La traditionnelle page de garde de l'album, consacrée au carnet intime de Lou, est mangée par une feuille brûlée. On pense alors à une brûlure volontaire ? Non, l'immeuble de Lou, et de sa mère, et de Richard, est en train de cramer. Et avec lui disparaît pas mal de choses, des affaires, des souvenirs... ne reste à Lou que le collier offert par Paul... quant à sa mère, elle avait prévu une mallette de secours, comprenant la game boy et les chips au vinaigre ! Donc tout va bien !

Cet album, récompensé par le Prix jeunesse à Angoulême en 2010, est un véritable chamboulement. Finalement c'est un peu comme tout perdre pour tout recommencer, sur de nouvelles bases, un nouveau départ. Et ce pour tout le monde. Ah, je vous ai pas dit, mais la mère de Lou est enceinte !
C'est un album de non-dits, des choses bizarres que nos protagonistes n'arrivent pas à cerner, des événements qui les dépassent mais qu'ils prennent avec une philosophie qu'on ne leur connaissait pas.
Un incendie, c'est quand même quelque chose de vraiment flippant.
Les adolescents sont devenus grands, on dirait. Et les adultes eux aussi avancent dans leur vie, ils se posent des questions, il s'interrogent.

Ah, et il y a aussi le croisement entre le journal intime de la mère de Lou que sa fille prends comme lecture depuis l'hôtel pour passer les soirées, et ses rapprochements avec le vie de maintenant. Ça permet un peu de mieux cerner la mère, ses relations familiales, et à Lou de mieux la connaître aussi.

Je vais pas faire le spoiler sur le nom du p'tit bout, je vais pas non plus raconter les aventures, parfois tragiques, parfois heureuses, de nos héros, mais il me tarde le tome 6. C'est pas possible qu'il nous plante là comme ça Julien Neel, hein ? Dis :)

Chronique du 22/12/09

J'ai A-DO-RÉ cet album.
Autant le tome 4 commençait à entrer dans une certaine routine qui ne m'avait pas emballée, autant celui-ci fait table rase. Le quotidien de Lou change sur tous les plans, tous les acquis sont détruits, d'autres événements viennent bouleverser sa vie... Bref, cet album vient renouveler Lou! de fond en comble (ou presque : on ne touche pas à l'amitié, c'est sacré).
Bon, en puis la construction du récit, en parallèle avec le journal de sa mère ado, crée un lien entre la mère avant et Lou maintenant et aussi avec la mère maintenant et tout...

Roaarrr Challenge
- Prix Jeunesse - Angoulême 2010


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Tome 5 : \\"Laser Ninja\\"

Année d'édition
2009

Tome 6 : " L'âge de cristal "

Chronique du 22/02/13

« Euh... !? »
C'est sûrement avec ce genre d'interjections que le commun des fans de Lou devrait accueillir les premières planches de ce nouvel opus.
Souvenez-vous, Lou, cette petite fille qu'on voit grandir au fil des tomes de la série. Elle entre peu à peu dans l'adolescence, elle s'émancipe... jusqu'à ce grand chamboulement magistral du 5ème tome : Laser Ninja !
Autant vous le dire d'emblée, vous allez être très très surpris avec ce 6ème opus, à milles lieues de ce que vous pourriez oser imaginer en terme de virage à 180 degrés. Et je n'aurais qu'à vous faire un petit synopsis pour vous en convaincre :

La petite Lou a bien grandi ! Pour preuve, elle porte maintenant des lunettes, qu'elle considère finalement comme un accessoire de mode plutôt cool. Elle a arrêté d'écrire dans son journal intime (enfin, elle y revient quand même au moins le temps de nous raconter cette histoire) et elle aime bien s'occuper de son petit frère Fulgor. Jusque là, tout va bien...
Fini les cours barbants à l'école, c'est qu'elle travaille maintenant ! Employée par le gouvernement voyez-vous, pas le genre de job courant quoi... accrochez-vous : elle a pour mission d'analyser ces gigantesques (et nombreux) cristaux roses qui sont apparus partout dans la ville. Des cristaux étranges dont elle doit étudier les ondes qu'ils transmettent.
Pendant ce temps-là, sa mère écrit un nouveau livre, mais elle est aussi très très occupée par l'adaptation en comédie musicale (sur glace s'il vous plaît) de son premier gros roman à succès.

Étonnés ? Vous n'avez encore rien lu !
En tout cas on peut dire que Julien Neel nous surprend !
Au premier abord, on est franchement déboussolés par ce déroulement complètement inhabituel par rapport aux précédents épisodes. On essaie tant bien que mal de se raccrocher à ce qu'on a l'habitude de voir, au moindre petit détail qui nous rapproche de la petite vie de la Lou qu'on connaît. Mais il faut bien l'avouer, elle a bien changé ! Et même au niveau du graphisme d'ailleurs, qui paraît un peu flou, comme dans un rêve.
Petit à petit, on finit par se prendre au jeu de cette lecture très typée science-fiction romancée. On aurait pu s'attendre à une conclusion qui nous aide à remettre nos idées en place mais non, il va falloir faire nous-même le travail... pour ceux qui le souhaitent évidemment.


« C'est l'histoire d'une très jolie princesse, un peu idiote, qui, depuis qu'elle est toute petite, bloque sur le même garçon stupide...
Alors elle voudrait aller danser, pour oublier à quel point elle est bête, mais malheureusement elle doit garder le dinosaure de sa maman qui est partie dans la nuit faire un truc secret...
»

Alors ce Lou ! Réalité ou fiction ? Aberration de la série ou éloge de l'adolescence ?
J'ai entendu un peu de tout de la bouche de ceux qui l'avaient lu avant moi, entre le bluffant et le bizarre. C'est vrai que ce côté fantastique tombe comme un cheveux sur la soupe, nous qui n'étions pas habitués à ça dans les aventures de Lou ! Mais finalement, l'image de l'adolescence est bien présente et tout à fait assumée. C'est surprenant, mais pas si incompréhensible que ça...


« Non mais on est d'accord, « Gjord », c'est Richard, non ?
_ Y'a de fortes chances, oui... Enfin... Au début, j'étais sûre que c'était lui, oui... Mais il est fort, il joue le jeu à fond, quoi...
_ Non mais attends... C'est LE PÉRE DE FULGOR ! Il a fui avant sa naissance pour s'enfermer dans une graoute, et là il revient après tout ce temps, déguisé en Suédois pour postuler au rôle du prince Fulgor, son aller ego dans TA comédie musicale, et...
_ OUI. On est d'accord, ça tient pas debout... C'est bien pour ça que je lui accorde le bénéfice du doute... C'est peut-être bel et bien son sosie suédois, après tout... Ou alors, si c'est VRAIMENT Richard, c'est qu'il est devenu complètement fou dans sa graoute et qu'il a monté ce plan absurde pour nous revoir... Ou alors c'est un autre Richard... qui vient d'une autre dimension.
_ Non ! Ça c'est de la science-fiction.
_ Oui, mais justement, ça rejoint un peu le truc sur lequel je travaille en ce moment...
_ Pour ton nouveau bouquin ou pour le spectacle ?
_ Non. Pour mon truc top-secret du gouvernement, avec les cristaux et tout...
_ Tu travailles sur un truc avec des univers parallèles ?
_ Non, pas vraiment, c'est heu... plutôt une sorte de heu... d'altération de la réalité...
»


L'adolescence c'est quoi, d'abord ?
Dans le cas de Lou et de nombre d'enfants de son âge, c'est des amours tumultueux (entre les cartes de Paul, les je t'aime moi non plus avec Tristan, les petits flirts qui s'intercalent dans tout ça), une activité diurne de tous les instants (discothèque, nuits blanches...), un quotidien éreintant (babysitting, cours, travail...)
Une complexité de tous les jours qui se trouve ici imagée dans un phénomène d'altération de la réalité qu'on croirait tout droit sorti d'un livre de science-fiction. Ah ben tiens, ça tombe bien, la mère de Lou tient enfin son inspiration en tout début d'album et est en passe d'écrire le dernier chapitre à la toute fin...

Un parallèle-fiction entre les romans et la complexité des relations amoureuses et de l'adolescence.
Bah oui, l'adolescence c'est quand même vachement compliqué et on ne sais pas tout le temps très bien où on est ni où on va. Les cours c'est chiant, les garçons c'est à la fois cool et pas cool (en alternance selon les périodes). Bref, une vie pas facile facile qu'on a bien envie parfois de mettre entre parenthèses : toute une aventure !

On se demande quand même au final ce que représente réellement cet album de Lou :
La vision de l'adolescence par Lou ?
Un livre de science-fiction écrit par sa mère ?
Une thérapie pour Julien Neel, qui avait besoin de changer de ton pour raconter les choses différemment.
Et si c'était un peu des trois ?

Après un tome 5 de toute beauté, Julien Neel nous prend à parfait contrepied. Moi qui n'étais pas spécialement fan des premiers Lou, là, je suis bluffé !


D'autres avis : David Fournol, Zaelle




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Tome 6 : " L'âge de cristal "

Année d'édition
2012

Loup des mers (Le) Riff Reb's (s)(d) SOLEIL

Chronique du 21/05/13

« Jack London a dévoré la vie avec l'appétit d'un gigantesque incendie : pilleur d'huîtres, chasseur de phoques, chercheur d'or, militant révolutionnaire, vagabond, reporter de guerre, éleveur et exploitant agricole, matelot des mers froides et yachtman des mers chaudes, écrivain autodidacte de plus de cinquante romans et nouvelles.

Soudainement rassasié, il pisse lui-même sur ce feu comme on éteint la lumière à seulement quarante ans.

Et cet incroyable bilan n'est pas suffisant car un auteur n'est pas seulement la somme de ses œuvres et de ses actes, mais aussi celle de ses obsessions, de ses égarements, de ses rêves, ainsi que de la cendre de ses illusions. Cendres refroidies qui nous réchauffent encore comme ces étoiles éteintes depuis des millénaires qui, à nos yeux, brillent toujours.
»

Cette belle préface, signée de la main de Riff Reb's lui-même, témoigne tout le respect et l'admiration qu'il porte à l'auteur californien, mort trop jeune, en 1916, d'une maladie du sang. Le loup des mers est une œuvre qu'il a écrite en 1904.
Après À bord de l'Étoile Matutine (Pierre Mac Orlan), Riff Reb's se lance dans une nouvelle adaptation de roman par delà les mers, et cette fois les phoquiers remplacent les pirates.


« Comment gagnez-vous votre vie ?
_ Je... Je suis un gentleman... J'ai des revenus suffisants.
_ Et qui les a gagnés, ces revenus ? Votre père, sans doute ! Ce sont les jambes d'un mort qui vous supportent. D'autres ont travaillé pour vous, ça se voit. Vous serez tout juste bon à laver la vaisselle et à aider le marmiton !
_ Capitaine, tout cela ne vous regarde pas. Je désire être débarqué, je peux payer pour ça. Fixez votre prix !
_ J'ai une contre-proposition à vous faire. Mon second est mort, tout le monde va grimper, le mousse aussi. Vous prendrez sa place... 20 dollars par mois, nourri. Vous allez devenir quelqu'un et apprendre à marcher sur vos propres jambes.
»

Voilà donc ce jeune américain nommé Humphrey Van Weyden, critique littéraire de profession, embarqué à bord du Fantôme (le nom du phoquier). Lui qui n'avait jamais pris que le ferry, le voilà parti pour braver les océans à bord d'une goélette. Après une première rencontre musclée avec le Capitaine Loup Larsen, les deux hommes vont apprendre à se connaître tout au long de la traversée qui les mènera jusqu'aux lointains rivages du Japon.
Et c'est bien cette improbable alchimie entre le gentlemen et le marin qui fait tout le charme du Loup des mers.

Loup Larsen est certainement le personnage le plus emblématique du Fantôme, mais aussi le plus complexe, à la fois atypique et fascinant.
D'un charisme diabolique, le Capitaine mène ses hommes par la haine et se plaît à avoir des ennemis. Heureusement pour lui, il dispose d'une grande force de persuasion et d'un corps sculptural qui fait de lui un monstre de la nature. Paradoxalement, il dispose d'une insoupçonnable érudition qui, mise aux côtés de sa brutalité apparente, nous enivre d'une fragrance exquise.

Derrière ce personnage fort de caractère, les autres protagonistes pourraient nous paraître bien fades. Mais ce n'est pas le cas.
Évidemment, le temps d'une bande dessinée est bien trop court pour leur donner autant de relief à tous, mais il n'en demeurent pas moins intéressants. Et c'est d'autant plus le cas d'Humphrey Van Weyden lui-même.
Arrivé à bord vêtu de ses habitudes aristocratiques, sa personnalité de gentilhomme se brise pour mieux construire celle qui le fera homme. Sa rencontre avec Loup Larsen est fortuite mais fondamentale dans sa transformation, ce qui fait de lui un personnage fort.

Il y a dans le récit cette impression d'héritage, de legs. Non pas que Loup Larsen ait vu dans le jeune homme quelqu'un de sa trempe (il n'est pas assez gaillard) mais il y a une fascination certaine entre ces deux hommes, du respect aussi, malgré les océans qui séparent leurs deux personnalités.

« Immortalité. Foutaises. »

Vous l'aurez compris, j'ai été passionné par la psychologie des personnages durant ma lecture. Des personnages qui me hantent encore quelques jours après tant leur charisme est prégnant.
Mais ne parler que de ça serait oublier la très grande qualité du dessin de Riff Reb's. La justesse de son trait et la maîtrise de ses ombres donnent à ses planches une clarté exemplaire, sur les scènes de jour comme de nuit. Et les gueules qu'il dépeint sont empruntes d'une grande expressivité, le plus souvent sadiques ou grinçantes il est vrai.

Du côté de la colorisation, Riff Reb's a pris le parti d'articuler son album autour d'une bichromie différente pour chaque chapitre. Un choix discutable dans son intérêt peut-être (on aurait pu se satisfaire d'une quadrichromie de l'ensemble) mais qui permet d'ancrer chaque passage dans une ambiance différente : le bleu des paisibles alizés, le vert de l'angoisse, le rouge du sang...


Je n'ai pas lu Jack London, c'est pas bien c'est vrai, mais je vais tâcher de composer avec ce manque.
Il m'est du coup impossible de dire si l'œuvre de Riff Reb's est une adaptation fidèle ou pas. On remarque le découpage des chapitres, probablement identique à la trame du roman. On pense repérer les ellipses aussi de fait (le chapitre 4 est très court et marque un résumé au rythme d'un jour par case). Mais le tout est très bien fait, de sorte que la lecture est très fluide et n'entache ni la compréhension ni le tempo de l'histoire (on suppose que la tension est plus progressive et pernicieuse dans le roman encore). C'est d'ailleurs l'un des meilleurs livres qu'il m'ait été donné de lire cette année (et encore une fois un excellent travail de la collection Noctambules). Et l'album inaugurera notre mois de juin sur les pirates et loups des mers sur k.bd.


Si je devais avoir un regret, c'est dans la scène finale (que je tairais, faut pas abuser hein). J'aurais tant aimé que le marin et son second reprennent la mer ensemble, forts de leur expérience passée...

Chronique du 21/05/13

Si la couverture du Loup des Mers intrigue et attire, c'est à reculons que j'ai ouvert cette BD. Ne me demandez pas pourquoi ; vous avez déjà la réponse ! Ben oui, bien deviné : c'est une adaptation de roman. Beurk beurk beurk et 100 fois beurk, on va encore se trouver avec un truc bâtard.
Alors pour modérer tout le bien que je vais pouvoir dire de cette BD ci-dessous, je précise que je n'ai pas lu le roman et que j'aurais sans doute détesté si ça avait été le cas. Mais voilà, là tout de suite, dans l'immédiat, j'ai vraiment trouvé ça bien.

En fait d'abord, ce que j'ai apprécié, c'est que je n'ai pas senti le fait que c'était une adaptation. Oui bien sûr, Riff Reb's a gardé le chapitrage, ce qui nous donne quelques indices sur les ellipses qui ont été faites comme me l'a fait remarqué Lunch (moi j'ai pas remarqué, j'étais sous le charme). Mais ça se fait naturellement et je n'ai pas ressenti le besoin d'associer ces chapitres à ceux d'un roman. L'histoire est fluide, sans précipitation et même pire : ça m'a donné envie de lire le roman de Jack London pour pouvoir à nouveau ressentir le flot d'ambiances de ce Loup des Mers (si si... bon allez, je vous donne l'autorisation : vous pouvez me flageller).

On se laisse happer par la personnalité du Capitaine Loup Larsen, toute sa force et son ambiguïté. Et si le décor époustouflant des vagues à perte de vue offre à l'histoire un cadre vraiment visuel, la lecture est rendue oppressante par la seule présence du capitaine. Riff Reb's fait à merveille ressentir le paradoxe des océans, vastes espaces s'il en est, qui contraignent à ces terribles huis-clos, entassés les uns sur les autres pendant plusieurs mois sur les bateaux.

Et que serait un récit maritime s'il n'y avait le dessin ? Un trait fouillé où les ombres sont intrinsèques, des cases pleines de mouvement, des doubles pages au crayon époustouflantes et une grande expressivité des personnages. Quant aux couleurs – une teinte par chapitre – elles participent à créer des ambiances. Bref, ce n'est pas là dessus qu'on va trouver la faille.
Non, si vraiment il fallait trouver un défaut à cette BD, c'est peut-être d'avoir dû faire des choix. Certes les événements ne sont pas précipités, mais on ne ressent pas la temporalité, et il nous semble finalement que le bateau traverse le Pacifique en une semaine. Et à se concentrer sur le duel entre Loup Larsen et le héros Humphrey Van Weyden, on ne prend peut-être pas non plus assez de temps pour découvrir les personnages plus secondaires qui ont pourtant tous leur rôle dans cette histoire.



D'autres avis : Champi, David Fournol, Legof, Mitchul, OliV', Yvan, Zaelle, BOBD

La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.


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Année d'édition
2012

Royaumes engloutis (Les) Roke (s), Elias (d), Oliva (c-T1) PAQUET

Tome 1: "Les fils de la marée"

Chronique du 03/02/07

Dans un monde dominé par les démons et leur roi Serk, Elnar et Goroth ont découvert un dieu endormi. Grâce à lui, ils ont pu triompher de leurs ennemis et ont créé leur Empire.
Cinquante ans plus tard, un petit groupe mené par le capitaine Nord, ancien colonel de l'armée impériale, remarque en ville un démon nommé Brontes et un pirate du nom de Sarsi Aelius et décident d'enquêter sur ce qui se cache derrière cette improbable alliance....

S'il y a une chose que l'on retient après la lecture de ce premier tome, c'est qu'on attend la suite avec impatience. Le scénario met en place beaucoup de chose, et la trame d'une intrigue qui prends de plus en plus d'ampleur.
Les personnages eux aussi sont tous très fouillés, et ont tous un lours passé et des choses à cacher. Dans ce jeu de piste, on a hâte de savoir qui tirera son épingle du jeu.
Le dessin est fin et agréable, les décors sont riches et variés. Nous n'en attendions pas mieux de ce prof de BD catalan, qui s'était déjà fait connaître pour sa première série chez PAQUET: "Naüja".
On en redemande :)




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Tome 1: \\"Les fils de la marée\\"

Année d'édition
2005

Tome 2: "Rédemption"

Chronique du 03/02/07

Siori et Jorel sont revenus de leur mission et ont réussi a sauver Garala, la fille de Senseron, considéré comme le 3ème homme de l'Empire et recherché de tous.
Il va maintenant falloir se rendre à la ville gnome de Gran Kraal, dans laquelle se cache certainement cette astrologue qui avait une bien étrange quête à accomplir....

Un second tome qui clôt la série ? Dommage, d'autant qu'on sent bien qu'à la fin, tout est encore possible. Mais il est vrai que le scénario prendrait alors une toute autre allure, épique voire même mythique. Mais je n'en dit pas plus :)
Cette histoire nous délivre là une conclusion que nous n'attendions pas. Chapeau bas, messieurs, c'est dans la continuité du premier (je noterais même une légère amélioration des dessins, peut-être du fait que les couleurs sont réalisées par Elias lui même ?).




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Tome 2: \\"Rédemption\\"

Année d'édition
2006

Coffret tomes 1&2

Chronique du 03/02/07

A l'occasion de la sortie du tome 2 de cette série, PAQUET a décidé de produire un coffret (c'est la grande mode).
Celui-ci fait apparaître le maître de Jorel, le chevalier Safrac, tandis qu'une illustration du démon Brontes est visible au dos.

Rien de bien extraordinaire, si ce n'est le prix O_o (a pas fait gaffe ^^).

Chronique du 03/02/07

Et dire que c'est moi qui l'ai flanqué dans les mains de Jérôme... Oui j'ai honte.
Tout mauve avec un peu de dessin par ci par là... Bof.


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Coffret tomes 1&2

Année d'édition
2006