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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Herakles Édouard Cour (s)(d) AKILEOS

Tome 1

Chronique du 29/09/12

Les douze travaux d'Hercule, ça parle à tout le monde. Mais il n'est pas évident de se les remémorer vraiment. Quels sont-ils vraiment ?
Alors oui, bien sûr, on se souvient aussi des douze travaux d'Astérix. On est parfois tenté des les rapprocher, de les confondre.
Édouard Cour nous permet de remettre un peu nos idées en place, mais pas seulement : car il nous fait revisiter ce pan de la mythologie grecque avec beaucoup d'humour et de talent... Ce qui, pour un premier album, n'est pas donné à tout le monde !

La première image d'Hercule (Herakles en Grec) qui nous vient à l'esprit, c'est celle d'un homme, peut-être un peu plus grand que la moyenne ; mais surtout très fort, plutôt bien bâti et sacrément intelligent. Un bel éphèbe doté de tous les talents en somme, quoi de plus normal pour un demi-dieu, fils de Zeus et de l'une de ses conquêtes humaines. Édouard Cour se joue de la légende, illustrant le magnifique héros en une brute épaisse, tout juste douée pour réfléchir avec son estomac et son gourdin. Un rustre qui abat les épreuves comme un déménageur se jouerait d'un carton et que la mémoire collective aurait converti en mythe.

« Comprends que ça me casse les orkis. C'est pas comme si j'avais rien fait... »

Un album très plaisant à lire et ce pour plusieurs raisons :
D'une part, il y a ce rapport avec la mythologie dont je raffole. Hercule fait partie de ces héros qui passionnent. Mais il ne s'agit pas pour l'auteur de seulement nous raconter l'histoire de ce demi-dieu, il la fait vivre avec une véritable passion qu'il nous transmet comme un virus. Il nous illustre ce colosse en nous déformant l'image qu'on a de lui. Et ceci sans que ça n'entache la légende. Une petite facétie que l'auteur se permet de renforcer avec un humour digne de René Goscinny.

« Ça, c'était juste pour remettre les clepsydres à l'heure… »

Le personnage d'Hercule n'est par ailleurs pas le seul qui soit intéressant. Linos, ancien musicien reconverti en « ange-gardien », est une véritable réussite. À la fois bonne et mauvaise conscience, il est en quelque sorte là tel une ombre pour accompagner le héros ancien, ou pour le hanter diraient certains.

D'autre part, le graphisme de l'album est tout à fait remarquable. Ces traits fins auréolés de somptueux aplats au crayon, ces couleurs ocres/rouge absolument fantastiques, ce rythme donné par des mouvements et qui nous fait penser à un certain Christophe Blain, ce lettrage « à la grecque » nullement illisible et qui contribue à nous enfoncer dans l'ambiance... tout est réussi là-dedans. Il n'y a rien à jeter.

Un album vif, dynamique et efficace qui, bien plus qu'une entame, nous plonge dans un univers mythique raconté avec beaucoup d'humour. Étant donné le rythme soutenu, il y a fort à parier que la conclusion sera apportée dans un diptyque. Et si c'était l'un des indispensables de l'année ?

Chronique du 29/09/12

A l'époque où j'ai commencé à m'intéresser à la bande dessinée, Didier Crisse sortait Atalante (comme beaucoup, j'ai commencé par du Soleil, rien d'incroyable là-dedans). Je m'étais alors fait cette réflexion que « chouette, dans la BD, ils abordent même la mythologie grecque ». Il faut savoir qu'étant ado, la mythologie grecque, c'était mon dada... euh, mon centaure, au point que je me suis même mise à l'apprentissage du grec ancien. Aussi fus-je moyennement enchantée par le contenu scénaristique de l'ensemble, mais toujours emballée à l'idée que « chouette, dans la BD, ils abordent même la mythologie grecque », Didier Crisse est devenu mon idole.
Le recul des années n'a pas fait beaucoup de bien à l'image que j'avais de cette série (ni de cet auteur), et aujourd'hui, je la qualifierais de remarquablement passable.
Alors quand Jérôme m'a ramené Herakles, je suis restée un peu sceptique. Jusqu'à l'examen de la première page (mon scepticisme ne fut pas long, notez). Et là, voyez-vous, ma réaction est proportionnellement inverse à celle qui fut inspirée par le titre précédemment cité.

HERAKLES EST ABSOLUMENT GENIALE !

Voilà, c'est dit. En l'état actuel des choses, c'est mon coup de cœur 2012.
C'est drôle, c'est cultivé et réfléchi, c'est pertinent, c'est graphiquement super chouette, c'est profondément idiot, c'est génial. Voilà. Et le mec est bien calé en grec aussi.

Donc Herakles, Hercule de son nom latin, s'est vu imposer 12 travaux qu'il doit réussir afin d'accéder à l'immortalité. Il est ainsi réputé pour être un monstre de puissance. Ce qui va souvent de paire avec un cerveau ridiculement petit, car la légende embellie souvent la réalité. Donc Herakles est une brute épaisse, et un sombre imbécile au grand cœur, ça c'est acté. De fait, la légende en prend un coup. Mais c'est fait dans les règles, et c'est ça qui est beau. Edouard Cour (c'est l'auteur), ne se contente pas de récupérer l'un des mythes les plus connus au monde. Il l'a étudié, dépiauté, digéré, puis rendu avec beaucoup de savoir tout en le gardant dans son intégralité.

Ainsi on tombe parfois sur une vulgarité gardée dans la langue des Hellènes et accompagnée d'une note de bas de page « traductrice ». Par exemple page 39 « Comprends bien que ça me casse les orkis » renvoie à la note suivante «Traduction évidente » (c'est l'une de mes préférées).

Page 50, Édouard Cour s'est amusé à glisser une phrase non traduite. Globalement on en saisit l'esprit très facilement, et on saisit aussi pourquoi elle a été mise en grec (le jeune public, tout ça...), mais comme on est entre nous, et que par curiosité, on aime toujours savoir de quoi il retourne réellement, une bonne demi-heure de traduction pour cette malheureuse phrase (mes années de grec sont très très loin) m'a permis d'en dégager (en toute humilité hein, y'a sans doute meilleure traduction) l'essence suivante « Va-t'en aux corbeaux, trou du cul de biche ». « Va-t'en aux corbeaux » étant la version civilisée helléniste de « Va te faire voir chez les Grecs ».

Et en fin d'ouvrage, l'auteur nous livre généreusement une carte des périples du héros (au sens propre du terme, une fois n'est pas coutume) et le passé des différents protagonistes par ordre de rencontre dans le livre.

Bref, un bijou pour se cultiver en se marrant.

Et finalement, cet Herakles est quand même super attachant, n'eusse-ce été cette méchante malédiction jetée par Héra qui en fait aussi un gros psychopathe. La carrure toute pataude du bonhomme et sa spontanéité n'y sont sans doute pas pour rien !


D'autres avis : David Fournol, Jérôme, Yvan


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Tome 1

Année d'édition
2012

Tome 2

Chronique du 26/04/14

Initialement prévue en deux tomes, la saga d'Herakles contée par Édouard Cour se parachèvera dans un troisième opus. Non que le rythme, soutenu et incisif, soit revu à la baisse (les travaux sont abattus à une vitesse folle, le cap est bel et bien maintenu) mais il y avait trop a dire finalement...
Le mythe d'Hercule n'est pas seulement lié aux douze travaux : cette volonté d'affronter des épreuves surhumaines qui sont soumises par son pire ennemi (Eurystée) « pour la Gloire d'Hera » interroge. Pour quelle raison se laisse-t-il (mal)mener de la sorte ? Jusqu'à quel point est-il capable d'endurer la colère d'Héra ?
Ceux qui connaissent la légende savent qu'il n'a rien demandé sinon de naître et de vivre. Pourquoi eut-il fallu qu'il ait un destin aussi tourmenté ? C'est pour toutes ces raisons qu'un triptyque est nécessaire.


Missions complètes !

« Tu es un Dieu...
... et je ne suis qu'un petit roi de rien du tout.
»

En achevant ses douze travaux, Alcide obtient le Graal suprême : la déconfiture d'Eurystée.
Si ces épreuves n'ont pas été de tout repos, elles paraissent presque trop faciles pour un héros tel qu'Herakles. Même une (ou deux) descente(s) en Enfer ne l'effraie pas.

Avec ce second volet de ses aventures, c'est l'assurance de poursuivre dans cette vision du mythe avec le même enthousiasme et les mêmes promesses :
Le dessin d'Edouard Cour est toujours aussi vif avec cette force de mouvement incroyable. Dans la continuité du premier tome, je n'ai pas grand chose à ajouter que je n'aurais déjà dit.
Quant au scénario, il se poursuit tambour battant. Les épreuves se succèdent et paraissent de plus en plus ardues (du moins pour le commun des mortels). Nous n'avons pas le temps de rêvasser et Herakles non plus.
Pourtant on ressent un changement de rythme en fin d'album : Alcide a accompli ses hauts faits. Est-il devenu un demi-dieu pour autant ou l'a-t-il au fond de lui toujours été ? Qu'est-ce que ça change à sa vie ? Une cassure qui laisse entrevoir un troisième tome plus orienté sur le personnage et sa quête intérieure (sur ses règlements de comptes ?) que sur ses démonstrations de force.


Le ciel lui est tombé sur la tête

Au-delà de la seule confirmation, Édouard Cour s'essaie aussi à de nouveaux effets narratifs.

Tout le monde le sait, les gaulois avaient peur que le ciel ne leur tombe sur la tête. Que cela soit dit : pas Herakles !
À l'occasion d'une rencontre avec le grand Atlas, lui qui soutient la voûte céleste de son imposante stature, l'auteur expérimente de nouvelles formes de narration. C'est ainsi que le poids du ciel inversera notre « gravité de lecture ». Je dois avouer que j'ai trouvé ça un peu déconcertant...

Il en va de même lors du passage d'Alcide en Hadès. Après un premier choc avec une succession de plans en noir et blanc (le gris de l'orichalque sûrement, comprenne qui pourra, j'ai trouvé cette entrée en matière fort à propos), l'auteur instaure un joyeux bordel séquentiel avec des cases longilignes se suivant dans un ordre chaotique (entendre par là qu'il faut tourner le bouquin dans tous les sens) soulignant le malaise du héros foulant la terre des morts.
Un passage qui n'a pas manqué de me rappeler l'excellent travail de Dave Sim sur Cerebus (l'oryctérope n'était pas confus mais bourré) mais que j'aurais néanmoins trouvé plus réussi si les textes avaient été dans le même sens que les dessins.
Pour finir sur l'Enfer, le travail très noir sur noir d'Edouard Cour est assez remarquable avec des personnages tels que Perséphone, Hadès ou encore le Cerbère qui se retrouvent de fait valorisés dans leur apparence. Des planches qu'il faut cependant contempler avec une lumière adéquate (idéalement l'éclairage solaire mais sûrement pas une mauvaise lumière artificielle) pour en apprécier les détails.

Le ciel est-il tombé sur la tête d'Édouard Cour ?
En tout cas il ne se contente pas de raconter une histoire dans la facilité : il expérimente le medium livre et se l'approprie. Gageons que c'est de bonne augure pour la suite !



D'autres avis : Fab Silver (avec une interview croisant l'univers BD et musical de l'auteur), Yaneck

Le site de l'auteur.




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Tome 2

Année d'édition
2014