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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Blast Manu Larcenet (s)(d) DARGAUD

Tome 1 : "Grasse carcasse"

Chronique du 27/12/09

Polza Mancini est gros. Il pèse lourd. Pire qu'un cheval de trait. Pire qu'un char d'assaut. Et pourtant, parfois, il vole !
Celui qui s'appelle Polza, de Pomni Leninskie Zavety parce que son père était communiste, a fait beaucoup de mal à une certaine Carole Oudinot, maintenant sous coma artificiel. Il est aujourd'hui en garde à vue, et doit expliquer aux policiers les raisons de son geste. Le bonhomme ne nie rien, mais il est hors de question d'aller droit au but : la fin, ils la connaissent tous. Ils veulent les raisons, alors il racontera tout depuis le début, et à sa façon. Tout a commencé avec le Blast !

Qu'est-ce que le Blast ? C'est un choc, quelque chose qui lui est tombé dessus une fois alors qu'il était saoul, après avoir appris quelques heures plus tôt que son père allait mourir. Son esprit s'ouvrait, ses sens devenaient exacerbés, il était léger... léger malgré son poids démesuré. Il voyait l'invisible ! Et il voyait ces géants de pierre, les Moaïs de l'île de Pâques. Il savait même les façonner.
Le Blast nous amène également les seules touches de couleur dans cet album monochrome, sous des dessins enfantins. Mais est-il réel ce Blast ? Est-ce dans sa tête, un syndrome provoqué lorsqu'il est en transe ? Un alibi peut-être ? Et si ce n'était qu'un instant d'ivresse, de perte de contrôle, et que dans cet instant précis où il croit frapper la pierre pour lui donner vie, il ne faisait que la massacrer ? Et si la fameuse Carole était entre la vie et la mort aujourd'hui à cause d'un Blast ? Et si un jour on retrouvait le sympathique Bojan mort dans cette forêt ?

Manu Larcenet nous livre là un album de 200 pages qui se boit comme du petit lait. On ne sent pas sa lourdeur. Lui aussi, il vole. Et nous volons avec lui pour découvrir l'histoire de ce bonhomme à l'apparence sympathique mais qui cache certainement une cruauté indiscernable. Qu'a-t-il fait à Carole ? Qui est cette Carole ? Nous n'en saurons rien, il faudra attendre la suite. Nous suivons avec un intérêt toujours grandissant une histoire rondement menée, celle de Polza, ou du moins celle qu'il veut bien nous livrer, celle d'un homme qui quitte tout, qui abandonne sa vie d'avant, uniquement pour retrouver la sensation de cet instant "magique". On se prend d'affection, un peu. Le personnage est attachant.

Bref, Blast est pour moi une très agréable découverte, auréolée du Prix des libraires 2010. Un œuvre personnelle de Manu Larcenet et qui laisse pantois. Une lecture qui fait un peu rêver et beaucoup réfléchir.

Chronique du 24/04/10

Blast c'est plein de choses : la folie d'un homme, une dénonciation de la société, la confrontation de la folie à la rigueur administrative... Blast c'est aussi un superbe album rempli d'illus vraiment frappantes, évocatrices et remplies de sensations. Mais pour moi, Blast s'arrête là. J'ai trouvé l'album long, et si le talent de narrateur de Larcenet n'est pas à remettre en cause, je n'ai pas réussi à rentrer dedans, et ce malgré deux lectures (persuadée que j'avais fait fausse route avec ma première impression). Quelqu'un qui rentrera dedans prendra sans doute un grand « blast », mais pour moi la baffe reste strictement graphique. La relecture n'a malheureusement pas amélioré ma première impression, j'aperçois la lueur de ce qui doit être un chef d'œuvre, mais je dois me balader avec une lampe de poche pour éclairer un soleil...

Roaarrr Challenge
- Prix des libraires 2010


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Tome 1 : \\"Grasse carcasse\\"

Année d'édition
2009

Tome 2 : " L'apocalypse selon Saint Jacky "

Chronique du 01/12/12

Polza Mancini est obèse. Ça c'est pour la partie visible du bonhomme, l'apparence, ce qu'on remarque en premier, ce qui frappe d'emblée, qui écœure...
Polza Mancini a aussi fait beaucoup de mal à Carole Oudinot. C'est un fait, on le sait, la pauvre fille est dans le coma et même pire puisqu'elle vient de mourir des suites de ses blessures...
Le reste est bien difficile à déterminer. On aurait bien aimé interroger la victime mais bon... la police ne faisant pas dans les discussions nécromantiques il faudra se contenter de Polza, de son témoignage...
Les enquêteurs devront s'armer de patience et faire preuve de discernement pour faire le tri entre mensonges et vérités, pour traduire les non-dits.
Polza Mancini raconte sa version de l'histoire, ses errements. Il prend tout son temps, il s'en délecte même ! L'individu est dangereux, ça on le sait. Menteur aussi à ses heures... et terriblement marqué par un passé douloureux... Il faut dire que le personnage n'est pas gâté : renfermement, obésité, scarification, drogue, alcool, troubles psychotiques, peur de la mort mais aussi refoulement de la mort d'autrui (comme celle de son frère, qu'il a tué dans un accident de voiture), mensonges... quelle belle panoplie !

Dans ce deuxième opus, on commence à cerner un peu mieux son passé, on apprivoise son comportement. Sans le comprendre pourtant, qui pourrait comprendre ça ? Il totalise à lui seul plus de tares que plusieurs individus même pas lambdas !
On assiste ici, au travers du récit de Polza, à sa transformation ! D'homme prisonnier du carcan de son obésité, il devient petit à petit libre et autonome. Finalement, les géants de Rapa Nui et Polza Mancini sont une seule et même personne : elles sont ce qu'il voudrait être, il sait comment les façonner dans le premier opus, il a amorcé sa transformation dans le second. Il trouve dans ces statues une personnification de lui-même !

Manu Larcenet nous livre ici un second tome très alléchant. On a l'impression d'être en quelque sorte des voyeurs, on viole l'intimité du personnage de Polza, on découvre petit à petit toutes ses facettes... des plus attachantes aux plus sordides.
Si Blast possède une telle force, c'est aussi parce que cette série est une œuvre très personnelle de Manu Larcenet. Cette façon de s'échapper de Polza, de vouloir vivre la vie à fond, d'esquiver la réalité des choses, je pense que tous ces sentiments, ces petites frustrations, dominent en quelque sorte chez l'auteur. Et il en parle très librement ! Il y a d'autres bricoles qui me font penser ça : l'attachement aux livres, la bonne ambiance des concerts...
Je me souviens d'ailleurs d'une interview à ce sujet... je n'ai pas réussi à remettre la main dessus (il y parlait de drogue et de la condition de clochard, c'était très intéressant) mais j'en ai trouvée une autre qui exprime tout de même cet aspect autobiographique (sans l'être évidemment) et l'engouement qu'il parvient à nous transmettre à chaque page.

Le sujet est dur, il ne nous épargne pas.
Manu Larcenet en profite aussi pour évoquer un fait de société qu'il avait déjà en partie abordé dans Le combat ordinaire : les médicaments, l'anxiété. N'oublions pas que la France est n°1 des antidépresseurs ^^

« L'armoire à pharmacie de la première maison vide que j'ai occupée regorgeait de merveilles...
… anxiolytiques, antidépresseurs, barbituriques, hypnotiques... et bien d'autres dont j'ignorais la fonction mais qui étaient si appétissants.
Dans presque toutes les maisons que j'ai habitées sans y être invité, j'ai pu vérifier l'omniprésence de ces médicaments du mal-être...
C'est étrange qu'ils soient l'apanage des sociétés dont la priorité n'est plus la survie.
À croire que l'angoisse naît du confort.
Bref, je me suis fait ma fête ! »



Et puis Blast ne serait pas aussi puissant sans un dessin qui l'est tout autant. Graphiquement, Manu Larcenet se fait plaisir et nous fait plaisir. C'est grandiose, sûrement ce qu'il a fait de plus abouti de toute sa carrière d'artiste, avec un noir et blanc à la fois sombre et contemplatif... et quelques touches de couleur apparaissent par moments. Pas seulement les blasts non : ces dessins de ses enfants qui deviennent dans ses mains de véritables œuvres d'Art, en surépaisseur de ses traits, laissant entrevoir une petite lueur d'espoir dans un monde (celui de Polza) qui n'en a plus vraiment.
La couleur apparaît aussi ailleurs, sur ces quelques planches ressassant le passé, douloureux... un passé en couleurs alors que la vie est terne ? On utilise habituellement le procédé inverse... peut-être est-ce là nécessaire de rappeler que l'enfance de Polza avait encore un parfum d'innocence et une certaine chaleur... c'était il y a tellement longtemps !



D'autres avis : Yvan, PaKa, David Fournol, Choco, Mo', Yaneck




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Tome 2 : " L'apocalypse selon Saint Jacky "

Année d'édition
2011

Tome 3 : " La tête la première "

Chronique du 06/12/12

Après l'apocalypse, on avait bien du mal à s'imaginer ce que serait la vie de Polza Mancini. Il avait quelques options, quelque part entre assistant trafiquant et future victime d'un psychopathe. Finalement, il choisi de reprendre sa vie d'errance... comme au bon vieux temps d'avant Saint Jacky !

« Au vu de mes récentes mésaventures, je décidai de rester mobile.
Pour ce faire, j'établis une sorte de « code de sécurité »...
Ne jamais passer plus de deux nuits au même endroit.
Prendre tout ce qui peut servir immédiatement : argent, médicaments, outils, vêtements...
Ne jamais allumer la lumière ni dormi à l'étage. Ne jamais défaire son sac.
Toujours laisser une issue déverrouillée et facile d'accès, en cas de retour des occupants légitimes ou d'arrivée de la police. »


Les enquêteurs approfondissent l'enquête, soucieux de recouper toutes les informations qu'ils ont en leur possession avec l'histoire racontée par Polza. Celui-ci poursuit son récit, l'édulcorant toujours à son rythme, lent, précautionneux du moindre détail. On est promenés dans ses pérégrinations verbales, accrochés à ses dires sans savoir s'ils sont véridiques... vu le bonhomme, qui lui-même se qualifiait il y a peu de menteur, on a du mal à le croire... mais il y met tellement d'embellissement et de détails qu'on ne peut que vouloir y croire... d'autant plus que les sources des policiers corroborent son argumentation.
Il n'y a pas à dire : s'il ment, il le fait merveilleusement bien, avec une méticulosité d'une incroyable finesse !

Cette fois Polza nous raconte l'après Saint Jacky, son séjour à l'hôpital et sa rencontre avec cette mystérieuse Carole Oudinot. Ça y est, on va enfin savoir qui est cette fille dont on sait d'emblée qu'elle va mourir... mais n'allons pas trop vite, ce serait sauter bien des étapes !


Le cantonnier est mort. Il s'est pendu dans sa maison, mise sous scellé par la police le temps de l'enquête. C'est en substance ce qu'apprend Polza au détour d'une supérette de village, dans laquelle il refaisait son stock d'alcool (on se refait pas). En bon gentleman squatteur, c'était là une belle occasion de passer la nuit au chaud dans la chaumière désormais sans vie dudit cantonnier... et de découvrir une série de peintures...

« Uniquement des portraits. Des dizaines de portraits grimaçants, douloureux, magnifiques.
J'étais parmi eux comme en famille. S'il y a une universalité de la souffrance, le cantonnier qui les a peints a su la cerner puis la révéler.
Cette prouesse ne semblait malheureusement pas lui avoir apporté le repos de l'âme... »


La découverte de ces œuvres marque un tournant dans la vie de baroudeur de Polza : il va ainsi prendre conscience de son but refoulé, ou tout du moins donner une nouvelle dimension à son errance. Ce faisant, il réalise sa propre thérapie intérieure.
Il pense se rendre compte que sa fuite en avant n'a finalement comme seul but que de mourir plus vite, et ainsi mettre un terme à sa douloureuse expérience sur terre. Changement de mentalité et de conduite : il fait maintenant face à la mort, il la nargue... mais elle refuse de le cueillir... il se dit alors qu'il est peut-être en quelque sorte immortel.
La folie de l'homme marque encore un point.
On peut d'ailleurs opposer cette réflexion intérieure à son séjour en hôpital psychiatrique. Il est forcé de rester le temps de se refaire une santé (une scarification qui a mal tournée, une de plus). Refus de se livrer aux analyses médicales, déni de mal-être : il refuse l'aide des médecins (on n'est jamais mieux servi que par soi-même après tout).

L'empathie qu'on pourrait encore avoir pour le bonhomme aurait dû être largement entachée, depuis le temps. Pourtant Manu Larcenet fait souffler sur nos jugements le chaud et le froid... D'un côté il y a les preuves accablantes l'affublant de criminel, et de l'autre sa version de l'histoire dans laquelle il n'est pas forcément l'auteur des crimes qu'on lui attribue. Il y assiste à chaque fois, mais il s'en dédouane. Les explications sont tellement bien présentées qu'on a presque envie de le croire. Ne restent alors que des troubles du comportement et des délits mineurs : vol, prise de stupéfiants, squat, incendie...
Comble d'un attachement, Polza se fait salement amocher dans ce volume, victime d'un viol (oui oui, ça n'arrive pas qu'aux filles, il y a des salauds partout...) avec violence des plus horribles qui soit. Là, on le plaint carrément, on fermerait presque les yeux tellement c'est moche mais on a aussi envie de tourner les pages pour savoir la suite...
On reste donc toujours partagé entre le dégout de l'être qu'il inspire (et les faits qui l'accablent, même si c'est toujours un peu informel pour l'instant, mais je suis sûr qu'on y reviendra en détail dans le(s) prochain(s) tome(s) ; d'aucuns disent que le 4ème sera le dernier mais rien n'est moins sûr) et l'attachement au récit qu'il raconte.
Polza aurait-il pioché dans son entourage la carte du trouble dissociatif de l'identité ?

Heureusement, il y a ce tableau verdoyant dans l'œuvre du cantonnier (et en couleur s'il vous plaît)... et cette petite vie nouvelle et paisible à la campagne entre un schizophrène sympa et une pure beauté.
La vie ne vaut d'être vécue sans amou(ouh ouh ouh)r !

D'autres avis : PaKa, Yvan, David Fournol, Yaneck, Mo'




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Tome 3 : " La tête la première "

Année d'édition
2012