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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Docteur Radar Noël Simsolo (s), Frédéric Bézian (d) GLÉNAT

Tueur de savants

Chronique du 02/03/14

1920. Paris. Gare de l'est.
Le professeur Gontran Saint-Clair s'apprête à partir en voyage pour rencontrer l'un de ses homologues, Ludwig Lang, afin de partager le fruit de leurs recherches respectives. Mais son voyage tourne mal et il ne verra jamais l'Allemagne.
Les journaux relatent la mort de l'éminent personnage qui travaillait sur la grande idée de la conquête spatiale. Mais pas un ne mentionne les étranges disparitions de deux autres savants, Aristide Vernon et Bruno Vaillant. Pas un, pas même les inspecteurs de police, ne fait la corrélation entre ces événements tragiques... à l'exception de Ferdinand Straub, as de l'aviation française de réputation et gentleman détective à ses heures...

« J'ai beaucoup de fortune et trop de loisirs, comme vous, mais au lieu de spéculer en bourse et d'entretenir des actrices, moi, je lutte contre le mal ! C'est mon plaisir ! »

Et le petit plaisir de Ferdinand Straub l'amène tout droit sur les traces d'un dangereux criminel : le Docteur Radar !


Le rythme comme locomotive

En plaçant l'incident déclencheur en tout début d'album (la mort d'un savant : la goutte de trop), les auteurs ont d'emblée inscrit leur récit dans le feu de l'action. Dès lors Ferdinand Straub, en qui on voit un héros des temps modernes, insouciant et réfléchi à la fois, ne cesse d'avancer de péripétie en péripétie et se confronte immanquablement au même écueil nommé Radar. Le « docteur » aux multiples visages ne manque pas d'atouts et d'acolytes pour mettre à mal toutes les ruses de Straub, gardant toujours un temps d'avance sur ses poursuivants. Mon esprit me met ainsi sur la voie d'un Fantômas, ennemi retors par excellence, à qui le Docteur Radar n'a rien à envier, et surtout par l'Art du déguisement ! Un parallèle qui peut être poussé jusque dans l'écriture, quasi-automatique, qui emprunte celle des romans éponymes du début du 20ème siècle.

Cette narration à rebondissements ne s'essouffle jamais et, quand bien même les événements sont prévisibles, là n'est pas l'essentiel. Certes, les pistes menant à la résolution de l'enquête sont naturelles. Certes, l'identité du Docteur Radar tombe au bout de quelques pages (ou du moins une identité). Certes on sait comment une scène va se terminer avant même qu'elle ne commence. Ce n'est pas important : ce qui compte avant tout est le rythme qui, lui, ne connaît pas de ralentissement. Tout va à 200 à l'heure, le train file droit et ne saurait être entravé par une quelconque hésitation.
Pour aller dans le sens de ce cap à maintenir, un personnage comme Pascin est inestimable : artiste bulgare aussi talentueux qu'il est débauché, il répond toujours présent lorsqu'il est question de recadrer l'enquête, de remettre son ami Straub sur les bons rails. Et pour ce faire il n'hésite pas à utiliser son immense (et insoupçonné) réseau de connaissances... sinon crapuleuses, disons plutôt nocturnes.


Service réciproque

Autant on pourrait dire que le dessin sert à merveille le scénario, annoncer le contraire serait tout aussi justifié.
Le trait de Frédéric Bézian est explosif et nerveux. Un graphisme aux antipodes d'une ligne structurée : les perspectives sont déformées et les personnages semblent croqués sur le vif. Un travail qui va dans le sens du rythme imposé par le récit et qui renforce cette impression de vitesse.
On pourrait croire que cette méthode rendrait la lisibilité des scènes et des visages aléatoire mais il n'en est rien. L'auteur a su donner corps à chacun de ses personnages, leur insufflant vie au travers de mines aisément identifiables. Ils possèdent ainsi chacun leur propre trait physique : corpulence, moustache, chevelure... ils sont uniques et reconnaissables.

Et que dire de l'immense qualité de la colorisation qui crée des atmosphères et qui immerge dans l'histoire !
Le jeu d'ombres et de lumières mis en avant par Frédéric Bézian est incroyable : la scénographie des cases, augmentée par des décors aux motifs riches et variés, ne s'étale jamais sur une palette complète, utilisant seulement une teinte dominante en plus du noir de l'ancrage et une simple touche d'une autre couleur qui apporte tout le sublime de ce mode de travail.
J'aime particulièrement ces bleu nuit qui se fondent dans les ambiances nocturnes ou encore ces jaunes qui éclairent à merveille les rues de la ville.


Une collaboration efficace

Noël Simsolo est avant tout versé dans le 7ème Art : acteur, réalisateur (surtout de courts-métrages) et scénariste à la fois ; mais a aussi prouvé par divers essais et romans qu'il savait bien écrire.
Son seul passage dans le 9ème Art avant celui-ci, Ne touchez à rien, datait de 2004 . Frédéric Bézian était également de la partie pour l'épauler au dessin.

J'ai aimé découvrir le fruit de leur travail collaboratif. Le graphisme de Frédéric Bézian est un régal et l'efficacité du scénario apporte une dimension de plaisir supplémentaire.

S'il faut un bémol pour contrebalancer toutes ces qualités, j'ai quelques fois buté sur la typographie manuscrite italique qui, bien que capitale, m'a donné quelques soucis de décryptage.

Cet album-là appelle à une suite, avec un final propre aux films d'André Hunebelle (à défaut d'avoir lus les romans originaux). Il semblerait pour autant qu'elle ne soit pas prévue, autant chez l'éditeur que du côté des auteurs, renforçant l'hommage au genre.

À noter qu'il existe également un tirage luxe en noir et blanc de cet album, édité à seulement 1000 exemplaires. Je trouve néanmoins dommage de se priver de la couleur.



D'autres avis : David Fournol, Fab Silver

La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.

CHronique du 03/11/14

Dans ce polar des années 1920, Noël Simsolo et Frédéric Bézian renouent avec le polar classique et jouent avec ses codes. Meurtre dans le train, vols de documents, femmes fatales, créatures de cirque, lieux de débauche, courses poursuites, pièges, police inefficace... tout y est. A mi-chemin entre Adèle Blanc-Sec et Fantômas, les auteurs reviennent non seulement aux racines mais en plus ils en accentuent les éléments :
- le gentleman détective n'a qu'à donner son nom pour qu'on lui ouvre toutes les portes ;
- le commissaire est complètement largué ;
- le coupable change 26 fois d'identité, sa méchanceté ne connait pas de limite et son mobile est parfaitement débile.
Tout y est grandiloquent et exagéré !

Et tout va à cent à l'heure. Pas de temps pour la réflexion, il faut agir vite et dans la précipitation. Un rythme soutenu par un dessin hachuré au pinceau où le mouvement se poursuit dans le traitement des ombres. L'intrigue va si vite qu'on se sent oppressé.

Ce clin d'œil excessif au policier des années 1920 aurait pu trouver tout son intérêt en y incrustant un brin de nostalgie, mais tout est si vif que les exagérations m'ont plus agacée qu'amusée. Ce qui est bien dommage à mon goût, car les éléments sont parfaitement maîtrisés et Simsolo se les approprie avec beaucoup d'intelligence. Cette rapidité est pourtant un enjeu tout-à-fait assumé par le scénariste : en témoigne le dessin de Bézian, parfaitement mis au service de ce rythme précipité.
Restent ces planches presque monochromes qui instillent des ambiances différentes à chaque scène et font ressortir quelques éléments judicieux : un cahier, un rai de lumière, une flaque de sang...


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Tueur de savants

Année d'édition
2014