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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Anuki Frédéric Maupomé (s), Stéphane Sénégas (d) La Gouttière

Tome 1 : " La guerre des poules "

Chronique du 28/03/12

C'est sur le blog de Mo' que j'ai découvert Anuki. Son avis m'avait alors intrigué. Intrigué parce que la bande dessinée est muette tout d'abord, et qu'elle laisse libre cours à l'imaginaire, mais aussi parce que l'interprétation de l'histoire par son lutin n'avait pas la même saveur que la perception d'un adulte.
Le temps à passé, j'ai fini par tomber sur l'album en librairie, lors d'un festival BD. Je me suis souvenu de la chronique de Mo', des commentaires qui ont suivi, de la bonne impression que tout ça m'avait laissé, et je me suis laissé happé par la tentation. Voilà donc venu mon tour de vous dire ce que j'en pense.

Il est peu évident d'exprimer un récit, des sentiments, de narrer des situations, sans utiliser le moindre mot. Un exercice d'autant plus périlleux qu'il s'adresse à des enfants, ce qui demande encore plus de précision dans les traits, dans le traitement graphique. Le dessin doit absolument rester simple et expressif.
Stéphane Sénégas y parvient parfaitement, posant ses images sur un fond blanc, se permettant même de s'évader des cases par moment. Une sobriété qui assoie d'autant plus la narration et aide vraiment à faire des pauses pour la compréhension des plus petits.

Le récit de Frédéric Maupomé est lui aussi très simple : un petit indien dans un mauvais jour, le genre de jour où rien ne va, où tout dérape. Pour le consoler, on lui offre une insigne en forme d'oiseau. Le garçon joue alors avec, mais évidemment, quand rien ne va... rien ne va ! Les péripéties s'enchaînent alors. Heureusement que le petit homme n'a pas peur des poules :)
Une histoire courte comme tous les albums jeunesse et qui n'oublie pas de véhiculer une morale, pleine de bon sens et de partage.

J'ai beaucoup aimé la valeur didactique du bouquin. J'ai trouvé très sympa qu'un album puisse s'adresser aux enfants et qu'il puisse être lu sans assistance, que l'enfant sache lire ou pas d'ailleurs. Ma fille n'est pas encore en âge, mais j'aimerais vraiment tenter l'expérience, plus tard :)




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Tome 1 : \\" La guerre des poules \\"

Année d'édition
2011

Tome 2 : " La Révolte des castors "

Chronique du 22/08/12

Le duo d'auteurs Frédéric Maupomé et Stéphane Sénégas remettent ça avec le tome 2 d'Anuki.
La bande dessinée se passe toujours de texte mais reste toujours aussi intuitive et géniale pour un gamin, qui peut toujours se l'approprier sans aide extérieure. Un trésor d'inventivité que ne se lasseront pas les parents de mettre entre les mains de leurs enfants.

Pour autant, on peut quand même reprocher à Frédéric Maupomé de ne pas suffisamment renouveler sa recette. En effet, on retrouve exactement les mêmes acteurs, si ce n'est que les castors ont remplacé les poules et que le sujet de la course-poursuite n'est plus une insigne donnée en cadeau mais des mûres sur un buisson.
Des querelles d'enfants qui remettent tout de même une nouvelle fois en avant les joies du partage, non sans humour. Les castors ne se laissent pas faire et combinent d'ingéniosité pour rendre la pareille à Anuki, qui les a embêté pendant leurs travaux de construction : œil pour œil, dent pour dent (de castor).

Le dessin de Stéphane Sénégas, toujours aussi didactique, ne souffre d'aucun défaut de lecture. On passe aisément de case en case, ou d'image en image lorsqu'il n'y a pas de cases, à l'aide de pointillés gras indiquant le chemin pris par le petit indien. De même sur les points de vue d'ensemble, le regard d'Anuki est indiqué par le même procédé : tout est fait pour aider à la meilleur compréhension possible.

J'ai beaucoup aimé deux scènes en particulier, contrastant pas mal avec les autres illustrations de l'album, voire même avec le premier.
Il y a tout d'abord ce crayonné page 14, montrant les silhouettes des trois enfants jouant dans la forêt. Un dessin aéré qui marque comme une pause dans le scénario, comme un cliché qui restera des années plus tard le souvenir gravé de cette aventure dans leur mémoire.
Page 25 ensuite, j'ai vu dans ce plan « Anukiavélique » du petit indien comme un air de Shadoks. Il manque peut-être quelques notes de calculs et sûrement quelques bruitages, mais ça a quand même fait appel à ma nostalgie. Évidemment, comme tout bon plan qui se respecte, on était loin de penser qu'il allait fonctionner ^^

Une lecture que j'ai tenté de faire avec ma fille de 10 mois dans les bras. Pas évident... surtout qu'elle trouvait la couverture de l'album très à son goût. Pour avancer, y'a mieux :)

En bref, une recette qui fonctionne à merveille. Un nouveau récit plein de rebondissements et avec une vraie morale qui fait du bien et un humour un brin espiègle qu'on apprécie.


D'autres avis : Mo', Jérôme




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Tome 2 : " La Révolte des castors "

Année d'édition
2012

Mon copain secret Loïc Dauvillier (s), Alain Kokor (d) La Gouttière

Chronique du 16/12/12

Qui n'a pas eu un copain secret dans son enfance ?
Bon j'avoue, je ne me souviens pas vraiment en avoir eu un... mais il n'est pas rare de voir un enfant, et de s'en inquiéter lorsqu'on est adulte, parler tout seul. Il discute en fait avec une peluche ou un ami imaginaire, il lui raconte des histoires. Ensemble ils peuvent se faire des confidences, échanger sur des choses inavouables, des bêtises, des questions : une façon de penser à voix haute et surtout d'extérioriser ses pensées.
Un copain secret c'est donc un compagnon de tous les jours, qui est là pour écouter quand ça ne va pas. Et c'est important d'être écouté quand ça ne va pas !

Entre réalité et fiction, Mon copain secret est un formidable terrain de jeu pour ses deux auteurs, Loïc Dauvillier et Alain Kokor, qui avaient par ailleurs déjà travaillé ensemble sur Petite souris, grosse bêtise.
Ils développent une intrigue mettant subtilement en image ce trait particulier de l'enfance.
Manon, c'est une petite fille pas comme les autres. Déjà, elle est différente parce qu'elle a un frère jumeau : Tom. Mais en plus de ça, « Hier, en rangeant [sa] chambre, [elle a] trouvé un éléphant dans [son] placard. » Et ça... c'est pas commun ! Et puisque personne ne la croit, ce sera son secret rien qu'à elle !

Certains éléments dans la narration nous font penser que c'est vrai. Des éléments qui se trouvent confrontés à notre regard d'adulte trop rationnel.
Il y a un petit côté Peter Pan là dedans finalement : la magie se perd quand on devient adulte ? Ça tombe bien : nous sommes de grands enfants ici !:)

« _ T'as perdu quelque chose, ma poulette ?
_ Euh... oui... Un... un éléphant !
_ Un éléphant !! Hahahahah... Ça me rappelle des souvenirs. Quand j'étais petite, y'en a un qui m'a rendu quelques visites et puis plus rien. Hahahaha ! N't'inquiète pas. Il n'est jamais perdu pour tout le monde.
»


Ce que j'aime beaucoup dans le travail de Loïc Dauvillier, c'est qu'il aborde toujours ses livres avec une vision atypique de celle qu'on trouve habituellement. Ce n'est pas la première fois qu'il me touche vraiment avec un récit (il m'avait pas mal chamboulé sur Inès). Il a ce regard si particulier sur l'enfance qui donne suffisamment de relief pour plusieurs niveaux de lecture. Quand il nous livre un album jeunesse, les adultes y trouvent aussi leur compte. Il donne une réelle profondeur au récit qui permet une relation, une discussion entre les parents et les enfants.
Pour illustrer ses propos, Alain Kokor fait un admirable compagnon. Ses dessins sont emplis de tendresse et ils ne manquent pas de rythme ! Il utilise de surcroit une colorisation douce ocre-orangée empreinte de rêverie. Le dessinateur a un peu changé son style depuis Petite souris, grosse bêtise : ses traits sont plus diffus, moins gras... ce qui aide à se plonger dans l'ambiance et l'onirisme de l'histoire.


J'aimerais ajouter un détail concernant le récit.
La maman des jumeaux a je trouve un excellent comportement vis à vis du copain imaginaire. C'est le jardin secret de Manon et elle n'essaie pas de rentrer dans son intimité. J'évite de vous en dévoiler plus et vous engage plutôt à vous procurer l'album... oui je sais, c'est un peu sadique, mais j'avais besoin d'en parler car cette conclusion est vraiment belle !

Comme souvent pour les albums parus en novembre, celui-ci ne figure pas dans la sélection jeunesse d'Angoulême, dans laquelle il aurait pleinement eu sa place. On se consolera en disant qu'il fait partie de ces bande dessinées qu'on aime bien et qu'on plébiscite volontiers pour vos achats de Noël !


D'autres avis : Celui de David Fournol, de Jérôme (avec une intervention très intéressante de l'auteur dans les commentaires), et puis celui de Mo', qui comme souvent pour un titre jeunesse nous fait partager la vision de son lutin... et l'avis d'un enfant ça nous amène aussi un regard très différent !




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Année d'édition
2012

Passe-passe Delphine Cuveele (s), Dawid (d) La Gouttière

Chronique du 12/04/14

C'est par une chouette journée ensoleillée, peut-être un dimanche, peut-être pendant les vacances, qu'une jeune fille et sa grand-mère partagent de petits instantanés de bonheurs. Tout commence sur ce banc jouxtant la vieille maison de pierre alors qu'ils contemplent la nature qui s'éveille. Il fait bon, les oiseaux batifolent et les papillons dansent. C'est justement l'un d'eux qui va bouleverser le petit monde. Un papillon tout décoloré qui se pose sur la tête de mémé et qui paraît s'en enticher...


L'effet papillon

Cette journée qui débute au matin et qui s'achève au crépuscule est une belle parabole de la vieillesse. Elle met en image une enfant qui voit changer sa grand-mère au fil des pages. Tout va très vite finalement mais le sujet est traité avec légèreté et délicatesse. Le temps d'un battement d'ailes la mamie s'en va... et pendant ce temps le papillon prend de belles couleurs. Les cheveux, symbole par excellence de l'âge canonique (pour ceux qui ont la chance d'être velus de la tête évidemment), grisonnent en premier. Puis vient le tour de la vue, de la mémoire et ainsi de suite...
Ces moments-clefs qui se concluent par un nouveau « trouble » sont pour la grand-mère autant de retours en enfance aux côté de sa petite fille : souvenirs d'un pas de danse, expériences culinaires, course de vélo, cueillette de champignons... Elles s'amusent, on ne retient que les sourires... et le papillon resplendit.


Muet mais pas mutique

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les bande dessinées muettes ne rendent pas la lecture plus rapide : elles posent chaque instant avec douceur et aident à la contemplation.
Se lancer dans un exercice aussi périlleux pour une première est plutôt hasardeux... force est de constater que le message offert par Delphine Cuveele passe sans heurt.
Certains (les fous) pensent à tord que le travail du scénariste est plus aisé lorsqu'il n'y a pas de dialogues. C'est au contraire une mécanique complexe car différente qu'il faut maîtriser. L'absence de mot doit être compensée par une grande fluidité de lecture et par une compréhension sans faille de chaque case. C'est agréable de constater que la jeune auteure (qui a néanmoins épaulé son cher et tendre sur Le réseau bombyce – tiens, encore un papillon ?) s'en sort très bien.

Les BD muettes, Dawid (Cathelin) les connaît très bien : Coloriage, Le mange-couleurs ou plus récemment La belle et la bête sont autant de livres sans texte sur lesquels il a travaillé en tant que dessinateur ou auteur complet.
Je reproche à ses couleurs un léger manque de douceur, la faute à un travail d'aquarelle supplanté par un traitement informatique qui vient contraster avec la chaleur du pinceau. Ses dessins offrent en revanche une belle rondeur à des bouilles pleines de tendresse, indispensable atout pour convaincre les enfants.


Passe-passe ne souffre pas de séduire petits et grands. Il peut servir d'ouverture pour aborder la fin de vie avec les enfants, sujet ô combien délicat ici traité sans misérabilisme.
Avec cette lecture muette notre fille en est toute déboussolée dans ses habitudes (« Lis maman ! »). Nous sommes obligés (elle est encore toute petite) de lui raconter les cases et d'instaurer un dialogue (la lecture solo viendra en son temps... on a encore quelques années devant nous).
Pour ma part j'ai été touché par le fond du message surtout, par ces moments que j'aurais souhaité partager avec mes proches ou que j'aurais voulu prolonger, par ce papillon qui prend son envol... tout un symbole !

Pour ceux qui aiment les bandes dessinées muettes, je ne peux que conseiller la série Anuki ou, pour les plus jeunes, Petit poilu.
Avec Passe-passe, les éditions de la gouttière enrichissent leur collection de titres orientés jeunesse avec un fond suffisamment riche pour être intergénérationnels.

À lire aussi la dédicace des auteurs.


La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.
Le Glob de Dawid.




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Année d'édition
2014

Petite souris, grosse bêtise Loïc Dauvillier (s), Alain Kokor (d) La Gouttière

Petite souris, grosse bêtise

Chronique du 12/07/11

Suzie est une enfant un peu turbulente, si bien qu'elle pose quelques problèmes d'éducation à ses parents. Sa mère cherche par ailleurs à comprendre ses réactions et ainsi améliorer leur relation. Cela n'y change pas grand chose, Suzie a besoin d'affection et d'attention, et elle a probablement cette impression que ses parents ne s'occupent pas assez d'elle, qu'ils la délaissent au profit d'autre occupations. Du coup, elle joue au football pour passer le temps, et fait des bêtises pour qu'on la remarque...

Eh oui, on donne dans la bande dessinée jeunesse en ce moment !
Force est de constater que chaque lecture est tout à fait différente : chacune d'entre elles peut être adaptée aux plus jeunes ou plutôt cibler un public ado, et tous ces albums n'ont pas non plus le même contenu.
Là où Toto l'Ornithorynque développe une aventure simple et efficace, là où Garance nous emmène en voyage et joue avec nos émotions, l'histoire de Petite souris, grosse bêtise a un but précis, elle est là pour servir la morale !
On est moins dans la contemplation, moins dans l'aventure, mais un peu plus dans la psychologie.

Je pense qu'on a tous fait des bêtises étant gamins. Certaines étaient plus grosses que d'autres évidemment. À cet âge là, on n'a pas cette notion de danger... on sait quand on fait quelque chose si c'est bien ou mal, mais on n'a pas conscience de la gravité d'une situation, de ce qu'elle peut engendrer.
Petite souris, grosse bêtise, c'est un peu ça finalement : Comment une petite blessure du quotidien peut occasionner une très grosse bêtise.

Le dessin d'Alain Kokor donne une réelle vivacité au scénario. On ressent d'autant plus l'hyperactivité de la petite fille. Quant aux couleurs, on reste dans des teintes un peu agressives, on est dans le mal-être.
Ma préférence va cependant au traitement graphique du rêve de Suzie avec la souris "dentiste". On sent bien la différence entre rêve et réalité, avec ce dessin plus rond, ces couleurs pastelles et ces contours des cases ondulants.

Comme tout bon album de Loïc Dauvillier, c'est une lecture qui fait réfléchir. Il ne s'agit pas non plus d'une thématique aussi lourde qu'Inès, mais le récit véhicule tout de même un message.
Je suis ravi de cette lecture, mais pas encore conquis. Je reste un peu sur ma faim. Peut-être suis-je contrarié parce que j'avais envie de lire un album jeunesse pour me retrouver en enfance, pour découvrir un récit plein de fraicheur et d'innocence. Petite souris, grosse bêtise n'a pas grand chose à envier à une bande dessinée adulte finalement...

Chronique du 12/07/11

Deux sentiments contradictoires avant l'ouverture de Petite souris grosse bêtise. D'un côté Dauvillier privilégie généralement les thèmes de la mort et des drames sociaux et j'avais surtout envie de lire quelque chose de frais. D'un autre côté, il s'agit d'une BD jeunesse, et je sais pour avoir auparavant lu La Petite Famille qu'il a abordé cette série avec beaucoup de tendresse. Quant au dessin de Petite souris grosses bêtise, il est certes moins rond, mais il garde une touche très innocente. Bref, un a priori très neutre et pas mal de curiosité avant d'ouvrir cette bande dessinée.

Cela dit, j'ai principalement apprécié la brièveté du récit, parce que cette petite Suzie m'a littéralement faite flippé à chacune de ses bêtises. Pour le coup, LA grosse bêtise qui clôture la BD, on la sent tellement venir, et avec des conséquences tellement plus importantes...
Alors à la relecture, j'ai essayé de faire abstraction de mon regard d'adulte et elle retrouve l'innocence des BD jeunesse, mais à la découverte, j'ai vraiment perdu de vue cet aspect-là tant j'ai eu peur pour la vie de l'héroïne.

Ca n'en reste pas moins une lecture adaptée aux enfants, et même un excellent apprentissage (qui m'effraie donc). Par ailleurs, le dessin est parfaitement maîtrisé et le coup de pinceau d'Alain Kokor lui donne un charme particulier, loin des traits grossiers et des couleurs Photoshop qu'on trouve trop souvent dans la BD jeunesse grand public.

Après avoir ouvert Petite souris grosse bêtise avec deux sentiments contradictoires, cette même impression demeure en tournant la dernière page. Une qualité indéniable mais un désagréable sentiment d'effroi. Ne nous y trompons pas : Loïc Dauvillier est passé par là !


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Petite souris, grosse bêtise

Année d'édition
2009