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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Derniers jours d'un immortel (Les) Fabien Vehlmann (s), Gwen de Bonneval (d) FUTUROPOLIS

Les derniers jours d'un immortel

Chronique du 16/01/11

Elijah est un policier très réputé. Alors qu'il enquête sur le meurtre d'un écho, il est mandaté pour une autre affaire, d'une importance capitale. Pour la satisfaire, il va devoir créer lui-même un écho, un double de sa personne, bien conscient que cela affectera sa mémoire et occultera certains de ces souvenirs les plus anciens.

Les derniers jours d'un immortel, c'est le nouvel album de ce très grand scénariste qu'est Fabien Vehlmann. Moi qui avait adoré Jolies Ténèbres, dessiné par Kerascoët, j'ai voulu prolonger la découverte de l'auteur avec un autre de ses titres, lui aussi nominé pour la sélection officielle d'Angoulême en 2011. Les années se suivent et se ressemblent. Mais un jour viendra probablement où ce prolixe scénariste de talent sera récompensé par un prix lors du festival référence en France.

Car du talent ce monsieur n'en manque pas. Ses récits sont toujours surprenants et innovants. Là encore, on est plongé dans une histoire étonnante qui ne laisse pas indifférent. Mais rassurez-vous, vous qui n'avez pas aimé Jolies Ténèbres, le sujet et le ton sont totalement différents.
Cette fois, nous voilà plongé dans la science-fiction, dans une enquête épineuse aux côtés d'un policier immortel.

Le monde décrit par Vehlmann n'a pas grand chose à voir avec celui qu'on connait. Le scénario fourmille d'idées. La plus fantasque d'entre elles se nomme "écho". Les échos sont des sortes de clones que chaque homme peut créer de façon à se dupliquer. Cela leur permet d'être à plusieurs endroits à la fois. Ces échos sont des entités véritables, même si elles sont aussi une partie de l'être premier, celui qui les a engendrés. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais c'est une idée qui m'a beaucoup plu et qui remet en cause pas mal de questions existentielles, et notamment l'immortalité, la notion de vie et de mort. D'autres innovations gravitent autour de ça : les funérailles par exemple, moment choisi par un immortel pour mettre volontairement fin à ses jours.

Dans ce monde là, d'autres formes de vie extra-terrestres existent et se côtoient, la téléportation est monnaie courante, et il est même possible de changer de forme à sa guise. Les naissances sont contrôlées, la technologie s'est considérablement développée et les hommes sont capables de dominer les éléments.

Mais au-delà de l'enquête, c'est le personnage d'Elijah qui reste le plus intéressant : un immortel tellement différent des autres. C'est un homme apprécié pour sa perspicacité et son implication dans son travail, mais il est aussi quelqu'un de réfléchi et de très introverti. Alors que tout le monde ne cesse de créer des échos à outrance, ou de se transformer pour changer son apparence, lui recherche la stabilité et la mémoire. C'est cet attachement à la mémoire qui fait sa grande particularité, car il ne souhaite pas perdre (en créant des échos) les souvenirs qui le rattachent aux personnes qui lui sont chères, alors qu'il voit autour de lui des gens évoluer et peu à peu oublier.
Un homme qui privilégie la communication avec ses échos et le devoir de mémoire.

Le dessin de Gwen de Bonneval, à qui l'on doit entre autre Vierge froide et autres racontars ou Messire Guillaume, est simple et direct. Le trait est efficace et la colorisation absente. Mais en a-t-on réellement besoin sur ce récit ? Je ne crois pas.
J'ai beaucoup aimé la danse d'Elijah en page 19, la civilisation a vraiment évolué en ces temps indéfinis :)

Je suis heureux d'avoir pu lire, grâce à la sélection officielle d'Angoulême, ce nouvel album de Vehlmann. Je ne sais pas s'il sera distingué d'un prix lors du festival, mais il mérite d'être lu : un bel album !




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Les derniers jours d\\'un immortel

Année d'édition
2010

Ile aux cent mille morts (L') Fabien Vehlmann (s), Jason (d), Hubert (c) GLÉNAT

L'île aux cent mille morts

Chronique du 07/04/11

Gweny, une jeune fille à l'aspect canin, arpente la plage chaque jour dans l'espoir de trouver une bouteille contenant une carte au trésor. Au village, les vieux assis sur leurs bancs (avec leurs drôle de regards) se racontent l'histoire, celle du père de la petite qui, cinq ans auparavant, avait trouvé cette mystérieuse carte au trésor dans une bouteille échouée sur le sable et était parti à l'aventure, abandonnant femme et enfant.
La fillette s'est depuis ce jour mis en tête qu'elle trouverait elle aussi la carte menant à cette île lointaine et mystérieuse, et qu'elle irait chercher son père...
Jusqu'à ce qu'une nouvelle bouteille échoue sur le rivage...

L'île aux cent mille morts, voilà un nom des plus évocateurs : chouette, du sang et des larmes ! En plus, c'est un album de Fabien Vehlmann, l'occasion de s'en mettre plein la vue.
Sauf que voilà, même les plus grands font aussi des choses un peu moins bien, voire pas top du tout. Et cet album là, je ne l'ai pas trouvé à la hauteur de ce que j'ai lu de cet auteur jusque là.

Fabien Vehlmann est plutôt coutumier de ce thème, récurrent chez lui, qu'est la mort.
Dans Jolies Ténèbres, il l'aborde de plein fouet, comme une claque bien cinglante qu'on prend en pleine figure. Seuls abonde aussi dans ce sens, mettant la jeunesse en opposition directe avec la mort. Les derniers jours d'un immortel permet d'évoquer le devoir de mémoire tout en se posant la question de repousser les limites de la mort.

Ici la mort n'est qu'un prétexte, un titre, presque racoleur. C'est aussi une profession, avec cette improbable école de bourreaux perdue sur une île lointaine.
Vehlmann pose un contexte, celui d'une enfant recherchant son père contre vents et marées. Mais il ne parvient malheureusement pas à convaincre (du moins pas moi).
La faute au récit, simple et finalement pas si efficace que ça.
La faute aussi au dessin minimaliste de Jason conjugué aux grands aplats de couleur d'Hubert. Au découpage répétitif et sans charme : des planches de 9 cases - parfois 8 - parfaitement alignées et identiques de forme. C'est limite déprimant.
Il n'y a aucune émotion qui ne transparaisse dans les personnages, froids et finalement antipathiques. Là encore, l'agencement monotone des cases n'arrange rien.

J'aimerais conclure sur une bonne note, tant Fabien Vehlman a suscité d'engouement pour moi ces deux dernières années. Mais je ne suis pas certain d'être en mesure de trouver des arguments pour sauver cet album.
Peut-être que la succession des événements, qui s'enchainent rapidement, et le texte simple et sans emphase, pourraient plaire à un jeune adolescent... peut-être... mais même là, je suis persuadé qu'on peut largement faire mieux pour toucher cette tranche de lecteurs de bandes dessinées.




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L\\'île aux cent mille morts

Année d'édition
2011

Jolies ténèbres Fabien Vehlmann (s), Marie Pommepuy (s), Kerascoët (d) DUPUIS

Jolies ténèbres

Chronique du 28/11/09

C'est comme un conte un peu malsain ...
Une petite fille reçoit son amoureux Hector dans son salon. Confortablement installés dans un sofa à consommer un bon chocolat chaud avec du cake, en compagnie du petit "frère" qui joue le serviteur. Lorsque tout à coup, le décors se met à changer radicalement, il fond et dégouline, d'énormes goûtes rouges et gluantes tombent et obstruent la sortie. Mais tout le "petit monde" se retrouve quand même dehors sain et sauf. L'endroit d'où ils sortent par dizaines se dévoile peu à peu ... le corps d'une fillette, étendu sur l'herbe rosée, immobile.

Par où commencer ?
Tout d'abord l'accroche visuelle : lorsque j'ai croisé ce livre en librairie, j'ai de suite été saisi par la beauté de la couverture, une illustration magnifique montrant le visage "endormi" de la fillette. Quelle beauté !
Et il suffit d'ouvrir la bande-dessinée pour se conforter dans cette idée, le dessin est vraiment magnifique, alternant la simplicité d'un trait qu'on retrouverait avec grande joie pour accompagner les contes pour enfants, et la dure réalité, sombre et sinistre, du cadavre !

Car c'est là l'histoire : nous sommes plongés dans un conte qui n'en est pas vraiment un. La vue du corps de la fillette est omniprésent, du début à la fin du tome, qui part tout en douceur et qui se dégrade peu à peu :
Au départ, les petits êtres font face à leur nouvelle vie hors du corps, ils s'organisent pour tenir le coup, ils font front au monde extérieur pas forcément rassurant, mais avec une énergie débordante et le sourire. Puis au rythme du corps qui se décompose, les protagonistes deviennent de plus en plus obscurs, mauvais, malsains.

Cet album est le fruit d'une idée originale de Marie Pommepuy, qu'elle a développé avec Fabien Vehlmann. Et c'est encore elle qui est au dessin, car Kerascoët est en fait un binôme qu'elle partage avec Sébastien Cosset.

J'ai vraiment adoré ce "one-shot". C'est beau, mais faites attention, car ce n'est clairement pas un livre à mettre dans toutes les mains !
Reste à savoir ce qui les auteurs ont voulu en faire : une représentation poétique de la mort ? une introspection post-mortem de la fillette cherchant son assassin, se raccrochant à la dernière odeur qu'elle a senti ?
Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'en faire une analyse psychologique, Jolies ténèbres c'est une excellente BD, à lire (et relire) sans modération.

Chronique du 29/06/11

Jolies Ténèbres est un album tout en contrastes. La couverture, le style de dessin, les premières pages nous font miroiter un univers tout en innocence. Ce serait bien mal connaître Fabien Vehlmann qui nous a concocté, comme à son habitude, quelques surprises.
Jolies Ténèbres aborde en fait la mort et la cruauté sans aucun fard, et avec d'autant plus de brutalité que l'héroïne, Aurore, se cache derrière tout un tas de bonnes intentions.
Personnages issus de l'imagination et des rêves d'une petite fille morte, les protagonistes se caractérisent par le « sadisme latent » de l'enfance (dixit Freud), les barrières du monde adulte en moins.
Les personnages aux traits ronds et les couleurs acidulées de Kerascoët tranchent également avec les images de cadavre et les situations dramatiques qu'il représente.

Bref, voici une BD qui bouscule, qui se démarque par l'originalité de sa démarche et par le ton adopté, et qui séduit ceux qui aiment être surpris. A ne pas mettre entre toutes les mains pour autant : âmes sensibles s'abstenir.


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Jolies ténèbres

Année d'édition
2009

Paco les mains rouges Fabien Vehlmann (s), Éric Sagot (d) DARGAUD

Tome 1 : " La Grande Terre "

Chronique du 21/04/14

Voici venu, le temps, des pleurs et des clans, des gens pas gentils oui c'est le bagne à vie...

Avec juin et le début de l'été, k.bd a décidé de consacrer sa thématique mensuelle à la dure loi des prisons et au quotidien des prisonniers (avouez qu'il y a de meilleures destinations pour les vacances).
À l'honneur de ce mois : Paco les mains rouges de Fabien Vehlmann et Éric Sagot, album fort plébiscité ces derniers temps et faisant partie de la sélection officielle lors du dernier festival angoumoisin.


La mort dans l'âme...

Quand Patrick Louis Comasson apprend qu'il échappe à la guillotine, il pense que sa gueule d'ange à joué en sa faveur auprès des jurés. Il se rend bien vite compte qu'une condamnation à perpète en Guyane est loin de l'idée qu'on se fait de vacances au soleil... Les statistiques sont ce qu'elles sont : l'espérance de vie d'un fagot (transporté ayant commis un crime grave) ne dépasse pas cinq ans !

« Au cachot, j'ai écrit une lettre à ma fiancée et à ma famille. J'ai dit que la Guyane était très belle.
Qu'est-ce que j'aurais pu leur dire d'autre ?
 »

Les courriers à ses proches ne durent qu'un temps, la (péni)tentiaire fait tout pour décourager les échanges et puis à quoi bon ? Paco, c'est le surnom qu'il se donne, sombre rapidement dans le quotidien des bagnards : noir et sans espoir. Le tatouage qu'il revêt lors de sa traversée illustre bien le présage : une faucheuse qui l'avait épargné du couperet mais qui pointait à jamais sa lame aiguisée comme une épée de Damoclès dans son dos...

La mort frappe tous les jours à Saint-Laurent-du-Maroni et revêt bien des aspects, du paludisme aux vengeances... Il faut savoir saisir les opportunités qui se présentent, se faire muter au bon endroit, exploiter le moindre filon pour se faire un peu d'argent sur le dos des autres et espérer un meilleur avenir. On s'aperçoit vite que personne n'est blanc dans l'affaire, pas plus le bagnard que le gardien.
Mais survivre dans la prison à ciel ouvert de Guyane est un enfer au quotidien où les brimades sont des meurtrissures plus profondes que les passages à tabac.
« Parce qu'au bagne, un blaze c'est presque plus dur à enlever qu'un tatouage. »


« Bonne nuit, Pâquerette ! »

Paco ne s'attendait probablement pas, alors qu'il montait à bord de la Martinière sans grande chance de revoir sa chère et tendre, que sa vie basculerait à ce point.
La bagne tel qu'il est décrit est un univers carcéral atypique où la prétendue « liberté » semble pire que la pénombre des prisons. C'est aussi un lieu de privation où l'absence des femmes pèse lourdement dans les corps et les esprits. Se tissent alors d'autres liens, bestiaux ou refoulés... Les détenus cherchent l'affection comme ils le peuvent et tentent de se reconstruire. L'homosexualité prend alors deux visage : une tare (mais aussi une protection) pour les dominés (les « mômes ») ; ou au contraire un symbole de puissance pour les caïds.

La mutation de Paco est violente et tendre à la fois, partagée entre la brutalité des contrecoups de sa vie de bagnard, sa combativité et sa rage, et les sentiments naissants qu'il écarte avant d'essayer de les comprendre.


Les auteurs

Le thème de l'homosexualité est omniprésent, croisant celui de la mort comme c'est souvent le cas dans l'œuvre de Fabien Vehlmann.
L'auteur installe son scénario dans une fiction qui n'oublie pas de laisser une place à l'Histoire. Le bagne de Saint-Laurent-du-Maroni a bel et bien existé et les difficultés de la vie tels qu'elles sont décrites sont sûrement proches de la réalité. Le parallèle avec Papillon – de son vrai nom Henri Charrière, qui a raconté son aventure dans un livre qui a lui-même été adapté au cinéma – est rapidement fait, lui qui est parti pour Cayenne sensiblement à la même époque (1933) et dans le même bateau... Paco suivra-il le même destin et parviendra-t-il à s'évader ?

Pour seconder le récit, Éric Sagot s'est approprié une ambiance graphique proche de ce qu'aurait pu faire Brüno, avec des visages carrés et un trait simple qui permet d'une certaine façon de vulgariser le propos et d'amoindrir son impact.
Le choix d'une colorisation sépia vient ancrer cette histoire à la fois dans le passé et dans un quotidien de mort et de persécutions... Pourtant, à en juger le cahier graphique d'une vingtaine de pages annexé en fin d'album, Éric Sagot a fait des essais plus colorés avant de se lancer dans cette voie : bichromie à base de bleu, large palette de crayons de couleurs, gamme plus réduite ou alternance de tendances, crayons gras avec des traits marqués par le bleu des coups...).


Une fin frustrante

Je n'avais pas fait attention qu'il s'agissait d'une première partie. L'album, plus épais qu'un 46 pages classique et ne présentant pas de tomaison sur sa belle couverture toilée (j'aurais dû lire le sous-titre sur la première page), laissait présager un tome unique. L'enrichissement par un cahier graphique conséquent constitue un second élément trompeur.
J'ai trouvé cette césure brutale. Elle n'est pas forcément inopportune (elle est plutôt bien placée) mais elle survient sans prévenir, nous coupant dans l'élan du récit à un moment qui laissait présager un rebondissement d'importance.

L'histoire n'est pas déplaisante à lire mais elle souffre pour moi d'un manque de rudesse. Certains crayonnés présentés en fin d'album avaient parfois plus de force et m'amènent à contester d'une certaine façon la pertinence du choix graphique. C'est peut-être aussi l'une des raisons qui provoque chez moi un manque d'empathie pour Paco, une faiblesse renforcée par la relative facilité avec laquelle le personnage s'en sort dans un milieu dangereux.
Affaire à suivre dans le second tome...

Chronique du 21/04/14

Couverture tissée de teintes noires, dessin très simple et presque enfantin, couleurs sépia, Vehlmann au scénario... De prime abord, voilà un livre qui a tout pour plaire. Pourtant très rapidement, j'ai trouvé que le récit n'était pas à la hauteur de ce qu'on pouvait en espérer.
Le narrateur, Paco, raconte à on-ne-sait-qui son passé de bagnard en Guyane. Tout le texte se trouve dans les récitatifs et finalement peu de bulles laissent la parole aux personnages. Précisément ce qui me déplait dans un certain nombre des vieilles séries classiques. Cet usage excessif débouche sur trois dérives assez fréquentes et qu'on retrouve ici :
- la faiblesse des interactions entre image et texte, et là, pour moi, le medium « bande dessinée » n'a plus aucun intérêt,
- le manque d'espace qui contraint un style trop succins pour donner véritablement une âme aux mots,
- un déroulement trop rapide de l'histoire qui ne permet pas de s'imprégner réellement de l'ambiance.

Dommage. Vraiment dommage, car le contenu en lui-même possède de nombreux atouts.

La thématique d'abord : le bagne fait partie de notre histoire, certes pas la plus glorieuse mais justement celle qui mérite qu'on s'y attarde. Relater de l'histoire de l'humanité ne consiste pas seulement à se glorifier de nos victoires ou des périodes fastueuses. L'histoire sert à se rappeler de nos erreurs pour ne pas les reproduire. Aujourd'hui que savons-nous réellement du bagne en tant que citoyens ? Finalement pas grand chose.
Paco les mains rouges nous donne un très bon prétexte pour nous intéresser un peu au sujet, non pas en remettant en cause la culpabilité du héros (les bagnards les plus célèbres restent ceux qui ont clamé leur innocence) mais réellement en suivant le quotidien du bagnard lambda : les conditions de vie, les maladies, les viols, la violence, les évasions, les gardiens, les magouilles, les anciens bagnard coincés en Guyane...

Le souvenir du film est lointain pour moi, mais difficile de ne pas penser à Papillon : les longues files de déportés traversant les ports français pour embarquer vers la Guyane, les tatouages, les pyjamas rayés... Mais en tous cas dans ce premier tome, loin de s'évader ou de justifier son innocence, Paco est résigné à sa peine (mais escompte bien faire mentir les statistiques qui donnent une espérance de vie de 5 ans pour un bagnard) et se débrouille pour rendre son existence plus tolérable.

Il y a aussi de l'amitié – ou peut-être de l'amour – qui apparaît en fond malgré toutes les rancœurs accumulées et la solitude du personnage. Il y a des beaux moments, de l'humanité et de l'instinct de survie. Mais toujours à cause de cette voix off, tout ça manque de profondeur et d'intensité.


D'autres avis : Choco, Mo', Yvan, Belzaran, Jérôme

La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.
Le blog de Fabien Vehlmann.


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Tome 1 : " La Grande Terre "

Année d'édition
2013

Sept (T1) Fabien Vehlmann (s), Sean Phillips (d), Hubert (c) DELCOURT

Tome 1: "Sept psychopathes"

Chronique du 09/12/07

1941, à Londres, pendant que la guerre fait rage, le colonel Thompson reçoit un courrier plutôt inhabituel : un interné dans un asile psychiatrique prétendrait savoir comment gagner la guerre.
C'est ainsi que va se monter, dans le plus grand secret, et en moins d'une semaine, une opération folle visant à assassiner Hitler, avec un groupe composé de sept psychopathes, chacun ayant leur aliénation propre.

Le premier tome de la série "Sept", avec le concept bien défini d'une histoire de 62 pages présentant 7 personnages principaux.
Contrairement aux "Sept voleurs", que j'ai lu en premier, je trouve que cette bande-dessinée est plus aboutie. Certes, la présentation de chaque individu prend toujours autant de temps dans un ouvrage qui doit ensuite développer une intrigue et une conclusion, mais on a cette fois l'impression de rentrer dans une aventure irréaliste, bien que trop courte.

Je n'aime pas trop les "concepts" au final... je trouve dommage que les auteurs ne puissent pas prendre le temps de développer, de travailler sereinement sur une histoire solide.
Je trouve que le fait de présenter 7 personnages principaux est bien trop pour une seule bande-dessinée de 62 pages, d'autant qu'avec un tel sujet et les tares de chaque protagoniste, je suis certain qu'il y avait matière à développer, et à entretenir une ambiance très particulière, jouer sur l'intensité, la tension, et la folie.

Cependant, "Sept psychopathes" n'est pas non plus une "mauvaise" BD, elle se laisse lire, et présente néanmoins de bonnes choses... on en aurait seulement aimé plus !




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Tome 1: \\"Sept psychopathes\\"

Année d'édition
2007

Voyage en Satanie Fabien Vehlmann (s), Kerascoët (d) DARGAUD

Tome 1/2

Chronique du 18/09/11

Voilà déjà deux mois que Constantin a disparu dans le gouffre de Merlac.
Les recherches menées par l'abbé Montsouris n'avaient rien donné, le niveau de l'eau était bien trop élevé...
Si tous les espoirs s'étaient éteints depuis longtemps, Charlie, la sœur de Constantin, n'a jamais voulu renoncer. Elle a su convaincre Monsieur Lavergne et quelques autres de tenter une nouvelle expédition suite à l'été très sec qui venait de s'écouler.
Mais à l'extérieur la météo se dégrade : il est grand temps de se faire une raison et de remonter à la surface !

Je l'avais repérée cette sortie ! Un nouvel album du duo Vehlmann/Kerascoët, qui m'avait tant enchanté sur Jolies Ténèbres, je pouvais pas louper ça ! J'ai sauté sur l'occasion dès mon premier passage en librairie et je poursuis la découverte de cet auteur prolixe qu'est Fabien Vehlmann et que je trouve fascinant.

Là encore, malgré l'apparence d'un scénario axé sur le voyage dans les entrailles de la terre, il nous livre une histoire où la mort est une thématique bien présente. Certes elle n'est pas aussi dominante que dans la plupart de ses albums. Mais quand on parle autant de la mort, on se demande souvent ce qu'il y a après. Et si l'Enfer était sous terre ?

Oui, car il est bien question d'Enfer messieurs dames !
La mère de la petite fille est internée dans un hôpital psychiatrique, prétextant qu'elle s'est faite violer par un démon. Charlie est d'ailleurs rousse, alors qu'aucun de ses parents ne présentent cette particularité, ce qui lui cause toutes les railleries du village.
Constantin, son frère, accorde du crédit à la théorie infernale. Il a même écrit un livre sur le sujet, affirmant que les Sataniens vivaient au plus profond de la terre et que le gouffre de Merlac était l'une des entrées de leur monde. Charlie, elle, pense que sa mère s'est plutôt faite violer par un fermier rustre, et roux qui plus est, un soir de fête...
Si Constantin a disparu dans le gouffre, c'était parce qu'il voulait vérifier sa théorie... malheureusement...

Nous assistons donc à une descente aux Enfers qui va conduire notre petit groupe, pris par les eaux, à se frayer un chemin dans les entrailles de la terre, de plus en plus profond.
Un voyage qui n'est pas sans rappeler le très célèbre roman de Jules Verne : Voyage au centre de la terre. Un roman que j'avais dévoré étant petit tant il m'avait plu. N'est-ce pas excitant cette route vers l'inconnu après tout ?
Facile me direz-vous, puisque je ne prends aucun risque, assis dans mon canapé, à feuilleter cet épisode :)

Côté graphisme, le duo Kerascoët est égal à lui-même. Un dessin tout en rondeur et très expressif, des couleurs dantesques de circonstances. On a vraiment l'impression de s'enfoncer de plus en plus, grâce à la colorisation, dans les profondeurs de la terre, qui deviennent le théâtre de lieux aussi beaux qu'irréalistes.

Une série courte, prévue en deux tomes, qui devrait donc nous apporter toutes les réponses au prochain volume. Diantre que c'est bon :)




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Tome 1/2

Année d'édition
2011