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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Abélard Régis Hautière (s), Renaud Dillies (d), Christophe Bouchard (c) DARGAUD

Tome 1 : " La danse des petits papiers "

Chronique du 31/10/11

La vie est belle au marais, plus que belle même. Y'a rien de mieux ailleurs !
Les hommes y vivent heureux, sans contrainte, jouant aux cartes jusqu'à pas d'heure, péchant les poissons dans l'eau calme, sirotant quelques bières sur la berge les yeux posés sur l'horizon, des étoiles pleins les yeux.
Abélard est encore un petit poussin alors que les autres ont un peu bourlingué à droite à gauche avant d'arriver ici. Lui, il est né dans le marais, il n'a connu que cet endroit. Il profite du moment présent sans attacher d'importance à autre chose, laissant vagabonder ses pensées au rythme des notes de sa petite guitare. Son chapeau, source de proverbes intarissable, lui délivre chaque fois qu'il le retourne une maxime. D'une naïveté extrême, il ne comprends pas toujours ce que ces adages signifient, ni même les pensées des adultes qui l'accompagnent. Il a des rêves plein la tête et se pose des tas de questions. Un jour, il décide de partir...

« _ Quelle purée de pois... Une chance que tu sois tombé sur nous. Tout seul dans ce brouillard, tu te serais perdu.
_ C'est étrange, le brouillard plus on le regarde de près, moins on le voit. Chez moi, il y en a souvent le matin. Il arrive pendant la nuit sans faire de bruit. Il glisse sur l'eau, il s'étale sur le matais et puis il disparaît. Je me demande d'où il vient.
_ Du ciel. Le brouillard, c'est un nuage qui est tombé par terre.
_ Où est la pluie ?
_ La pluie ? Quelle pluie ?
_ Mon ami Mikhaïl dit que les nuages sont de gros sacs pleins de pluie.
_ Ha Ha Ha ! C'est bien une réflexion de Gadjo ! Les nuages... des sacs de pluie... Ouh ouh ouh ! Comme si on pouvait enfermer la pluie dans un sac !
_ Ben alors... d'où elle vient, la pluie ?
_ Des nuages ! »


Petit garçon deviendra grand.
On peut pas dire qu'Abélard soit très précoce, malin, ambitieux, etc... C'est vraiment la naïveté qui le caractérise le plus. Il ne connaît rien du monde, mais il a envie de le découvrir et de voir de ses propres yeux à quoi il ressemble, bien loin de se douter de tout le mal qui sévit ailleurs et de la bêtise des gens. Pour lui qui a vécu toute son enfance dans un milieu où il fait bon vivre, où tout le monde est adorable et où rien ne compte plus que la tranquillité, affronter le monde relève d'un sacré défi.

« Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles. »

Au début, je me suis demandé où Régis Hautière, le scénariste d'Abélard (mais aussi d'Accords sensibles, De briques & de sang, Pendragon...), voulait nous amener avec ses multiples dictons sortis d'un chapeau comme par enchantement. Ce chapeau m'avait tout l'air d'un artifice, d'un prétexte pour caser plein de métaphores sympathiques. C'est finalement plus que ça, puisqu'il fait office de conscience pour Abélard. Mais ce n'est pas pour autant son seul guide puisque chaque rencontre qu'il fera lui apprendra les choses de la vie (si tant est qu'il puisse les comprendre).

Outre l'aspect « mignon » que le récit développe, fortement appuyé par le graphisme tout en rondeur de Renaud Dillies (à qui l'on doit aussi Betty Blues ou Bulles & nacelle), l'innocence d'Abélard fait le parfait contrepoids à la bêtise humaine. Les situations auxquelles notre protagoniste principal se retrouve confronté auraient de quoi faire fuir la plupart des gens censés, mais lui n'a pas cette vision malsaine et toute faite de la société qu'ont les adultes. Il ne voit pas le mal ou le vice, au contraire, sans le vouloir lui-même, il le dénonce. Et c'est ça qui fait tout le charme de ce personnage alors que d'autres un peu moins naïfs nous auraient juste donné envie de leur mettre des claques.
Ainsi, il se retrouve confronté au racisme, à l'exclusion, à la violence. Et sans jamais rien comprendre des choses il parvient à décontenancer tout le monde (d'ailleurs, on se demande parfois qui est le plus naïf, du coup).

« La race, c'est quand on est pareils mais complètement différents, c'est ça ? »

Et si Abélard n'était pas après tout notre petite voix à nous ? Ne nous aiderait-il pas à dédramatiser un peu les choses qui nous entourent ?

Chronique du 31/10/11

Régis Hautière nous emmène sur les pas d'un jeune aventurier amoureux et naïf. On aime l'âme de ce personnage, aussi pure que celle d'un enfant. Il se fie aux maximes tirées de son chapeau pour prendre ses décisions et son regard innocent tourne en ridicule les aspects les plus laids de l'humanité (pour me prêter au jeu des citations qui plait tant à Lunch : "La race, c'est quand on est pareils mais complètement différents, c'est ça ?").

Pour accompagner cette histoire, Dillies a sorti ses vieux feutres, offrant un trait à la fois plein de rondeurs et de flous, avec une végétation qui complète la dimension onirique du dessin. Lui qui nous habitue à des petites histoires pleines d'innocence, il s'intègre pleinement dans l'univers d'Abélard. Les pinceaux de Bouchard en tons pastels, presque sépias, renforcent cette impression de se promener dans un rêve.

Un très bel album que l'on referme en se demandant bien où Hautière veut nous emmener...


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Tome 1 : \\" La danse des petits papiers \\"

Année d'édition
2011

Tome 2 : " Une brève histoire de poussière et de cendre "

Chronique du 09/11/11

Abélard et Gaston poursuivent leur petit bonhomme de chemin ensemble. Malgré leurs différences notables, ils forment un duo attendrissant et complémentaire, le plus ronchon contrebalançant l'extrême naïveté d'Abélard, le jeune poussin apportant un peu de gaieté dans l'univers de cet éternel désabusé qu'est Gaston.
Ils font fi des épreuves et avec abnégation finissent par apprendre l'un de l'autre, par tout simplement s'apprécier, en même temps que nous nous attachons aux deux personnages nous aussi.

_ « Les fruits de l'amitié »... j'aime bien cette expression. Je trouve ça joli.
_ C'est niais, je te dis. L'amitié, c'est du flan. Moi, ma philosophie de la vie, je ne la tire pas d'un chapeau de clown. Je la tire de mon expérience. Et mon expérience, elle me dit que les amis, ce sont des parasites qui sont là quand tout va bien et qui disparaissent au premier coup dur. Mon expérience, elle me dit que, quand tout s'écroule autour de toi, la seule personne sur qui tu peux vraiment compter... c'est toi.


Le tome 2 clôt ce diptyque d'une très belle façon. De manière triste aussi - mais ça nous le sentions venir dès le premier volet et l'intervention de cette diseuse de bonne aventure qui n'avait pas eu le courage de briser les rêves du jeune aventurier - sans pour autant définir dans quel sens le vent tournerait.
Ce qui fait la force de cet album c'est bien entendu l'indéfectible amitié que nous voyons se former sous nos yeux. Ce sont aussi les échecs de ce garçon plein d'espoir qui claquent comme de violents uppercuts dans le foie.
Chose incroyable, tout ce que les auteurs construisent dans le tome 1, et renforcent au début du second volume, est complètement balayé ensuite.
C'est très beau et à la fois tellement décevant. Je parle pas du récit mais au contraire de ces sentiments qui ont été développés et qu'on avait finalement envie de croire jusqu'au bout. La naïveté d'une personne qui est si touchante et qui déstabilise tout le monde tellement la réaction surprend. Et puis toutes ces confrontations avec la rudesse de la vie et des gens, avec la connerie humaine qui, inexorablement – et malheureusement - gagne à la fin...

Oui, Abélard est un album fantastique. Lisez les deux tomes d'une traite, sans vous arrêter : ils sont inséparables ! D'ailleurs, c'est à se demander si l'éditeur n'a pas fait exprès de scinder le récit en deux pour améliorer ses bénéfices, au détriment de la forme. Je dis ça, parce qu'en prime, les deux tomes sont parus la même année, à seulement deux mois d'intervalle... une belle connerie ! J'aurais dû me laisser tenter par l'intégrale qui sort ce mois-ci (oui oui, seulement deux mois après le second opus), même si elle est un peu plus onéreuse, au moins le récit aurait été entier.

Ne finissons pas sur cette note négative : Abélard est magique. Les auteurs parviennent à nous captiver, à faire vagabonder nos esprits vers un ailleurs utopique. On voyage, on est séduits, on est emballés même, et on se pose des questions qu'on ne s'étaient jamais posées.
Et puis... avouons-le, ça décoiffe !

Chronique du 09/11/11

Un tome 2 résolument différent du premier ! En fait, les teintes des couvertures en disent long sur l'ambiance. Autant le tome 1 est innocent et réjouissant, autant le tome 2 est profondément triste. Les couleurs de l'album elles-mêmes évoluent vers quelque chose de plus sombre à mesure qu'on avance dans l'histoire.

En tous cas c'est un album beau et poignant, le genre d'histoires qui vous écrasent le cœur. J'ai eu envie de mettre une rouste à ces mauvais personnages qui font du mal à notre héros, j'ai eu envie de prendre Abélard dans mes bras, j'ai eu envie de le secouer pour l'aider. Décidément on s'attache à ce petit bonhomme au cœur trop pur.

A la réflexion, il y a quelque chose de Disney : les bons d'un côté, les méchants de l'autre. Certains pourraient *peut-être* y trouver un manque de profondeur, moi j'ai juste trouvé une grande simplicité à cette histoire, au sens positif du terme. Une très belle histoire, servie par un dessin d'une grande douceur et des personnages très expressifs (toujours cette qualité dans l'anthropomorphisme), et toujours ces couleurs d'une très grande qualité.

Bref, j'ai a-do-ré !!!


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Tome 2 : \\" Une brève histoire de poussière et de cendre \\"

Année d'édition
2011

Bulles & Nacelle Renaud Dillies (s)(d), Christophe Bouchard (c) DARGAUD

Bulles & Nacelle

Chronique du 12/12/09

Une petite souris en mal d'inspiration, le syndrome d'un écrivain face à sa page blanche, en proie à la solitude la plus profonde.

Bulles & Nacelle met en image, d'une très belle manière, ce que tout auteur appréhende le plus : l'effroyable manque d'inspiration !
Outre le dessin que je trouve vraiment magnifique, des traits simples, et ronds mais torturés, incroyablement mis en valeur par une couleur vraiment agréable, je suis un peu resté sur ma faim par ce scénario. En effet, nous parlons quand même de solitude et de manque d'inspiration, et je ne suis pas certain que ce soit un sujet exceptionnel et avec un fond assez riche pour en faire un album. Cela dit, l'auteur s'en sort bien, il invente une histoire, il met en scène des personnages au traits animaux, un carnaval, des rêveries et des oiseaux.

Pour ce qui est de la présentation, je trouve également un peu dommage ce découpage un peu trop linéaire. Six cases carrées par page, toujours, et sans variation, si ce n'est parfois une image qui prends toute la page (mais qui rentre dans les cases quand même, comme quand il y a plusieurs télévisions les unes sur les autres pour former une image plus grande).

Pour être franc, si à la première idée j'ai été attiré par ce livre par ses couleurs et son dessin, mais aussi par le débat qui a été fait sur son sujet par les chroniqueurs de Raging Bulle et qui m'a vraiment donné envie, je suis sincèrement resté sur ma faim car je m'attendais à mieux.




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Bulles & Nacelle

Année d'édition
2009

Saveur coco Renaud Dillies (s)(d) DARGAUD

Chronique du 12/10/13

Renaud Dillies, consacré à Angoulême pour son premier album Betty Blues (Alph-Art du meilleur premier album 2004), est entré par la grande porte dans le petit monde de la bande dessinée. Il enchaîne les livres, tous aussi beaux les uns que les autres, y appliquant la même patte personnelle qui a fait sa consécration. C'est ainsi que naissent des albums comme Bulles & Nacelle ou Mélodie au crépuscule, en solo, ou quelques collaborations avec Régis Hautière, avec Mr Plumb et plus récemment Abélard.


Valeur-refuge

Ce qui fait la grande force des œuvres de Renaud Dillies, et on ne peut pas lui enlever ça, c'est qu'elles donnent toutes envie de les lire.
Le dessin revêt toujours des habits de tendresse. Sous des traits traditionnellement animaliers, les personnages sont emprunts d'une grande humanité, ils sont mignons et attachants (on pourrait aussi parler de naïveté), tout simplement.
Saveur Coco n'échappe pas à la règle : un graphisme engageant qui donne envie de poser le livre sur ses genoux et de partir à l'aventure.
Nos compagnons se nomment Jiři et Pôlka : l'une est cigogne longiligne, fumeuse de pipe aux nuageuses volutes et cithariste à ses heures, parfait Mexicain poncho et sombrero ; l'autre est fennec aux longues oreilles et à la noix de coco, surmonté d'un vieux pépin en toute saison, parasol plus que parapluie.

« Il était une fois, dans un pays fort proche du soleil...
Une bien modeste construction sans toit. Et dessus, Jiři et Pôlka contemplant, de leurs quatre yeux grands ouverts, l'immense et aride désert de sable à l'horizon vaporeux...
Et toujours point de nuages à l'horizon !
Ni Jiři ni Pôlka ne se rappelant depuis quand belle pluie n'était plus venue...
»

Le désert à perte de vue, avec tout ce qu'il a de vide et de jaune, est au contraire un théâtre à ciel ouvert, investi et coloré.


Un découpage surprenant.
Renaud Dillies, abonné au gaufrier (pas systématique mais récurent dans ses livres), s'émancipe un peu et se risque au-delà du confort de ses habitudes. Le résultat est sans partage : un découpage surprenant qui, allié à sa douceur graphique, nous émerveille d'autant plus.
Les cases jouent avec les formes et les motifs, les contours s'embellissent, se superposent ou s'entrelacent parfois, prennent même de la rondeur. Un délice où le fond devient forme.
Ce faisant, il insuffle à sa narration une part de rêve et de poésie.
Symboles omniprésents (à l'exception de quelques rares planches), la lune chasse le soleil, monte et redescend, exposant ses croissants au milieu des étoiles jusqu'au lever du jour, et son soleil de plomb. Les jours se suivent et se ressemblent sans se ressembler, ils donnent le tempo.


Résurgences

Ainsi va la vie de ces deux personnages en quête d'eau ou d'un marteau (pour casser la noix de coco).
L'histoire, poétique à souhait, reproduit les thèmes de prédilection de l'auteur : la musique, l'amitié (et une certaine forme de naïveté), l'anthropomorphisme et l'utopie d'un monde meilleur.
Je n'irai pas jusqu'à dire que tous les livres de Renaud Dillies se ressemblent mais il semble éprouver des difficultés à s'éloigner de ses habitudes.

« Ainsi, illico presto, Jiři et Pôlka coururent... jusqu'au bout de la nuit.
Mais le jour se fit...
… Le poisson, lui, s'en fut.
Un nuage de désespoir enveloppa nos amis... malheureusement, point climatique.
»

Dans Abélard, Régis Hautière avait montré ô combien les dictons (en quasi-overdose) pouvaient former une poésie d'expressions. J'ai cette désagréable impression que Renaud Dillies a bien retenu la leçon. Les proses s'amoncellent, forment une farandole de mots et sonnent presque comme une musique. Mais ils sont parfois difficile à suivre, aussi.

Une autre chose qui m'a gêné : les deux personnages ont des caractères opposés (complémentaires ?)... L'intérêt d'utiliser le caron tchèque sur le R de Jiři m'échappe. Si ce n'est pour la forme opposée au circonflexe de Pôlka. Poésie des formes ?


Le fond de l'air est chaud !
Dès le départ, cette quête (trouver de l'eau) a un côté surréaliste.
Ces animaux-héros vivent en plein désert mais ne semble pas se soucier vraiment de l'eau, ils ont soif mais ne donnent pas l'impression que ce soit vital : ils semblent vivre un jour sans fin.
En fait, tout paraît improbable dans l'album. Les personnages sont farfelus, des poissons volants aux invités des trois montagnes.

Moi qui ai lu bien attentivement l'avis de Mo' (voir le lien plus bas), c'est vrai qu'il y a un petit air de ressemblance (volontaire ou pas) avec l'univers loufoque de Fred (Philémon, L'histoire du corbac aux baskets...) dans ces fortuites rencontres.
Si l'ambition est là, le ressenti reste différent. Peut-être est-ce dû à cette impression que les personnages de Renaud Dillies sont moins vivants que ceux de Fred.


Conclusion
Je reste sur un sentiment très mitigé au sujet de cette œuvre.
Je me suis un peu perdu et je n'ai pas vraiment réussi à rentrer dans les dialogues, ni à trouver un réel intérêt à l'histoire.
Pour autant, je me suis régalé graphiquement. C'est un livre qu'on peut feuilleter plusieurs fois, agréable à l'œil et possédant une grande richesse dans son embellissement.


Souvenirs, souvenirs... les palmiers, la noix de coco, moi ça m'a rappelé ça, pas vous ?

D'autres avis tout aussi contrastés : Yvan, Moka

D'autres encore, plus enjoués : Mo', PaKa, Jérôme, Marion, Noukette

La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.




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Année d'édition
2013