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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
3'' Marc-Antoine Mathieu (s)(d) DELCOURT

3 secondes

Chronique du 27/09/11

La première case débute comme un soir de théâtre : noir sur scène.
Puis apparaît alors un minuscule point blanc, comme une petite lumière au bout d'un tunnel. Ce point grossit, puis prend forme. Peu à peu se dessine un décor, se silhouettent des personnages. Le tout zoome sur un homme, plus loin, dans une loge. Son œil bien rond se focalise sur l'écran de son téléphone qui lui annonce un message...
De reflet en reflet, nous voilà baladé de scène en scène tout le long de notre lecture. Autant de miroirs qui nous permettent d'appréhender tous les angles d'une même séquence qui se déroule en 3 petites secondes...

J'ai toujours pensé que les concepts, et surtout dans la bande dessinée, ne donnaient jamais rien de concluant. Je donne souvent en exemple la série Sept ou les auteurs ont 46 pages pour présenter sept personnages et développer un scénario. Très peu d'albums sont parvenus à faire quelque chose de correct sur ce principe.
Ici le concept est totalement différent, puisque l'idée est de nous promener de scène en scène par le biais de reflets et de zooms, dans l'espace d'une poignée de seconde. Le temps y est comme figé mais les angles sont nombreux et chaque revisite d'un lieu nous permet d'affiner notre expertise du scénario, de chercher de nouveaux indices qui nous amèneraient sur la voie de la compréhension.

Croyez-le ou non, mais j'ai trouvé ce concept intéressant, et même particulièrement réussi. Mais nous avons affaire avec quelqu'un qui sait faire, car Marc-Antoine Mathieu n'est pas le premier venu en ce qui concerne la mise en abyme. Déjà avec Les sous-sols du Révolu, il nous avait emmené dans cette toile exposée dans le musée, toujours plus loin, dans un soucis du détail démesuré. Cet album de 3 secondes perpétue cet exercice de style à son paroxysme et nous permet de découvrir l'intrigue par petits bouts.

Une prouesse d'autant plus extraordinaire qu'elle joue sur l'espace et le temps.
L'espace bien évidemment parce qu'on est baladé d'éclat en éclat : les textes sont inversés et notre perception des choses renversée à chaque espace. On est en quête du moindre indice et j'ai trouvé assez amusant de jouer avec ces miroirs.
Le temps, aussi, a une grande importance. Car si la scène semble figée, elle avance inexorablement au fil de l'album. Marc-Antoine Mathieu a joué avec la vitesse de la lumière et s'est servi de voyages plus ou moins longs pour faire avancer plus ou moins vite les choses.

En bref, il vous faudra bien tout regarder d'un bout à l'autre (je parle de regarder, parce que la BD est quasiment muette) pour comprendre et résoudre cette intrigue qui remue presse, politiques, justice et sportifs.
Une lecture qui prend un temps fou pour tout bien décrypter lorsqu'on veut s'en donner la peine, et qui demande une concentration certaine.

Pour approfondir après cette intense enquête, l'éditeur vous propose de visionner le film de l'album en ligne, sur internet, grâce à un code donné dans la bande dessinée. Une démarche intéressante et qui permet de jouer avec le média informatique tant redouté dans le milieu du livre.
Marc-Antoine Mathieu pionnier ?




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3 secondes

Année d'édition
2011

Dieu en personne Marc-Antoine Mathieu (s)(d) DELCOURT

Dieu en personne

Chronique du 11/04/11

" _ Oui... bon... alors, cette identité ?
_ Dieu.
_ Dieu. Di-eu. Comme ça se prononce, j'imagine. Prénom ?
_ Dieu.
_ Oui, j'ai compris, mais Dieu comment ?
_ Dieu Dieu. Mais en général on m'appelle Dieu tout court. "


Tout commence lors de ce recensement. Un lieu sans nom, mais qui nous fait obligatoirement penser à Ellis Island, accueille un mystérieux personnage. Parmi les milliers de personnes qui se présentent, l'un d'eux dit s'appeler Dieu. Au début personne ne le croit bien entendu. Et puis peu à peu, cela prend tout son sens. Toute son ampleur aussi. Car un phénomène comme celui là est évidemment remarquable et remarqué.
Dieu est venu voir le monde qu'il a créé !

" _ Évidemment... c'était une question idiote. Et quelle est la raison de votre présence ?
_ Ah ! Vous les hommes et votre raison ! Vous êtes-vous déjà interrogé sur la raison des questions ? La raison a-t-elle une raison d'exister ? ... Pourquoi faudrait-il que les choses n'aient plus de pourquoi ?
_ Pourquoi pas ?
_ Ce n'est pas une raison. "


Vous l'aurez compris, inutile de lui demander pourquoi il se trouve ici.
Marc-Antoine Mathieu, scénographe de formation, a pris pour habitude d'innover et de surprendre pour chacun de ses albums. La scénographie c'est l'art d'agencer l'espace. On peut dire que la bande dessinée est un support comme un autre pour ses expérimentations : la case absente, la lecture à double sens... ce ne sont pas les idées visuelles qui manquent.
Seulement voilà, Dieu en personne est un album tout à fait différent. L'auteur a choisi de donner du relief à un personnage, déclinant ce qui peut lui arriver sous toutes ses formes : procès, image, merchandising, étude, recherche, etc... Il ne s'agit pas de la même mise en scène, mais ça reste une mise en lumière d'un homme qui, pourtant, n'a pas de visage.

Vaste programme que de confronter le tout-puissant au monde d'aujourd'hui.
Cela donne souvent le droit à des scènes pour le moins loufoques. Et les texte de Marc-Antoine Mathieu sont en ce sens un véritable régal, tout en finesse et en jeux de mots.

" _ Alors ? Dieu acteur ? Dieu Spectateur ? Un piètre metteur en scène ! Dans ce monde imparfait, pourquoi Dieu n'agit-il pas ? Pourquoi ne change-t-il pas les choses ?
_ Notre client ne peut pas accepter que nous ne puissions pas trouver par nous-même les solutions à nos problèmes... N'oublions pas qu'il nous a créés... notre échec serait son échec.
_ Allons bon. Dieu joue aussi aux échecs ? "


Dieu au théâtre de l'absurde, dans une monochromie parfaite pour jouer le jeu de l'ombre et de la lumière. Ce qui rend le côté scénique mais qui donne aussi un penchant intemporel à l'œuvre. Le rapport au passé (recensement, vêtements, appareils électroniques, etc...) est par ailleurs tout aussi important que les allusions au futur (technologie, intelligence artificielle, etc...) dans l'album, ce qui nous laisse planer entre deux époques.

Un album qui m'a ouvert l'appétit sur un auteur atypique que j'ai envie de découvrir plus.

Chronique du 25/09/12

Au début je pensais introduire cette note par un truc du genre : « Si Dieu s'incarnait sur Terre aujourd'hui, comment serait-il accueilli ? ». Mais en fait non, Dieu en Personne, ce n'est pas vraiment ça. Ce serait plutôt un truc du genre « Comment faire apparaître le ridicule de notre civilisation avec philosophie ? En utilisant l'image de Dieu ». Il s'agit bien là d'une critique de l'hypermédiatisation, car un tel événement – Dieu sur Terre - créerait invariablement des conflits de croyance. Là ils ne sont nullement effleurés, et tout le scénario est construit sur la base d'une société éminemment athée comme la nôtre.
Un avis qui n'a pas changé par contre : c'est fait avec énormément d'intelligence ! Poussée jusqu'au bout de son concept, cette BD amène à réfléchir sur notre société autant que sur certaines questions théologiques concernant l'existence de Dieu, son omnipotence, son universalité (le fait qu'on ne voie jamais Dieu de face est-il en lien avec l'interdit de représentation de Dieu chez les Musulmans ?), etc.

Évidemment, c'est du Marc-Antoine Mathieu, on ressent donc bien souvent le travail de scénographie dans la mise en page (et un petit clin d'œil au Philémon de Fred p.89). Là encore, rien à redire, c'est du beau travail !

Mais alors pourquoi, alors que Dieu en Personne a toutes les qualités requises pour être une excellente BD, pourquoi sa lecture m'a parue si ardue et m'a si peu emballée ? C'est comme s'il manquait une âme à cette BD (et elle traite de Dieu ? C'est un comble...). Elle est froide et manque d'émotion. Elle parle au cerveau, mais non au cœur, et du coup, ça fait flop...

Roaarrr Challenge
- Prix Nouvelle République - BD Boom 2009
- Prix de la critique ACBD 2010


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Dieu en personne

Année d'édition
2009

Sous-sols du Révolu (Les) Marc-Antoine Mathieu (s)(d) FUTUROPOLIS

Les Sous-sols du Révolu

Chronique du 19/05/11

Sieur Eudes Le Volumeur fait ses premiers pas dans l'enceinte du musée que l'on nomme, entre autre, le musée du Révolu. Il est parfois appelé autrement, le voulu démesuré, l’œuvre du muselé, le musée du voleur... Autant de dénominations qui cachent sa véritable identité, perdue au fil du temps.
Le Volumeur est en charge d'expertiser l'insondable, c'est à dire le contenu du musée dans son intégralité. Une tâche à laquelle il va consacrer sa vie entière, bien loin de se douter au premier abord de l'immensité souterraine qui s'étend sous ses pieds.

Le véritable nom de ce musée, vous l'aurez bien rapidement deviné, puisqu'il s'agit du musée du Louvre évidemment.
Dans ce livre, Marc-Antoine Mathieu a décidé de procéder à un étrange inventaire de la célèbre bâtisse parisienne. Un inventaire souterrain et secret, de l'occulte si j'ose dire, puisqu'il fait état de tout ce que le visiteur ne voit pas.
Ainsi son présentées des montagnes d'archives, les ateliers de restauration, les divers moules ayant servi à la conception des sculptures, la formation des gardiens, l'atelier d'encadrement, ou encore les souterrains engloutis ou oubliés...
Vaste programme donc pour le Volumeur chargé d'expertiser ce lieu inconnu. Le visiteur ne voit que la surface visible du musée, c'est à dire les œuvres exposées. L'auteur a donc pris le contrepied de présenter tout le reste, laissant libre cours à son imagination.

Il s'agit donc plutôt d'un introspection du musée du Louvre, d'un voyage dans son cœur, dans ses entrailles. Un voyage imaginaire qui nous révèle bien des secrets enfouis et bien gardés.
Beaucoup de clins d’œils sont faits, à des œuvres en particulier, qu'elles soient exposées ou fantasmées. J'ai par exemple adoré le tableau présentant le travail de Nicolas de Crécy sur Période Glaciaire, que j'ai rapidement reconnu.

Côté artistique, qui d'autre qu'un Marc-Antoine Mathieu, passé maître dans le traitement du clair-obscur, aurait pu mieux aborder la question des profondeurs du musée du Louvre ?
Difficile de remettre en cause son talent certain, sublimé d'autant plus par les quelques représentations d’œuvres qu'il nous montre tout au long de notre visite. Un travail de mise en abyme permanent, que ce soit dans sa descente dans les profondeurs obscures ou sur certaines œuvres, et en particulier celle du musée du Voleur, qui a même le droit à sa triple page au milieu du livre.

Pourtant, si je ne peux qu'admirer l'indéniable talent de l'auteur et l'idée de base de ce livre, j'ai éprouvé de grandes difficultés à rentrer dans l'album.
J'ai commencé à le trouver intéressant à partir du moment où il a été question des peintures, finalement. La première moitié a été plus laborieuse pour moi.
Les deux passages que j'ai préférés étant la découverte du grand tableau du musée du Voleur et le sourire de la Joconde.
Du même auteur, j'ai préféré Dieu en personne, qui est pourtant très loin de ses habituels récits (dans Dieu en personne, ce ne sont pas les décors qui sont mis en abîme mais le personnage central : Dieu).




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Les Sous-sols du Révolu

Année d'édition
2006