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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Shä & Salomé Loïc Clément (s), Anne Montel (d) Jean-Claude Gawsewitch

Jours de pluie

Chronique du 17/09/11

Shä c'est le chat. Salomé c'est sa copine rousse. Enfin... il vaut mieux éviter ce mot en sa compagnie, elle lui préfère le terme de blonde vénitienne. On ne plaisante pas avec les couleurs de cheveux, oh non !
Ils vivent ensemble malgré leurs différences... l'un écrit des histoires, s'amuse à découper les faits divers dans les journaux et adore répondre aux questionnaires dans les magazines féminins. L'autre est ce que l'on appelle une geek.
Un quotidien fait de drôleries et de tendresses, mais aussi de petits bonheurs, de poneys et de chocolat blanc.

Shä & Salomé, c'est un album qui fonctionne sous la forme de strips tous plus sympathiques et rafraichissants les uns que les autres.
C'est aussi une première pour les deux auteurs. Loïc Clément, bibliothécaire de profession, n'est pas un inconnu pour nous, et surtout pour Badelel puisque son métier l'amène a travailler avec lui. Anne Montel l'accompagne au dessin sur ce projet dont les premières planches furent primées lors du concours des jeunes talents lors du festival d'Angoulême 2009 (Tiens, c'était pas l'année où Pénélope Bagieu avait son stand dans la bulle des jeunes talents ? Ce qui pourrait peut-être expliquer la rencontre avec la maison d'édition).

_ L'empereur Pâlichon vous bannit, reculez de 3 cases.
_ Cool !
_ Je crois que t'as pas bien compris, Salomé. Tu viens d'avoir une pénalité là.
_ Oui je sais, mais "Empereur Pâlichon" c'est vraiment trognon...
_ ...
_ Je te vois sceptique, mais les mots qui finissent en "chon" c'est toujours mimi !
_ Si tu le dis...
_ Mais si allez, pose-moi des questions, tu verras. Je ne vais te faire que des réponses adorables.
_ OK d'acc. Comment me trouves-tu aujourd'hui ?
_ Maigrichon.
_ Tu veux qu'on mange quoi ce soir ?
_ Un cornichon.
_ Tu m'offriras quoi à mon anniversaire ?
_ Évidemment un reblochon !
_ Un message à délivrer à l'ensemble de l'humanité ?
_ Méfiez-vous des cochons sans nichons : ce sont des bichons patachons !
_ OK c'est vrai que c'est mignon mais c'est surtout n'importe quoi ce que tu dis.
_ Votre adversaire avance de 5 cases...
_ Yahooouuu, j'ai gagné ! Ben alors, on fait sa ronchonchon ?


Voilà un peu de matière pour vous illustrer le contenu qui devrait vous ravir (et vous faire sourire) sur un peu plus de 100 pages. Car les jeux de mots sont nombreux et le quotidien de ces deux protagonistes bien amusant. Bien entendu, il est également fait de rencontres et là encore, d'autres personnages viendront alimenter le récit d'un peu plus de fraicheur encore.

Et pour le plaisir de vos yeux, les dessins d'Anne Montel, qui sentent bon l'aquarelle, sont un véritable régal : doux, chaleureux et bien vivants, il ne laissent pas de place pour la monotonie, eh oui, même les jours de pluie :)

Et pour prolonger le plaisir, rendez-vous sur leur blog !

Chronique du 17/09/11

Une fois n'est pas coutume, on va faire du copinage. Aujourd'hui, on est le 17 septembre 2011. Hier, un caprice du destin nous a amené à aller faire un tour à moitié imprévu chez notre libraire BD, et voilà que nous tombons sur une couverture qui ne m'est pas inconnue. En effet, Loïc Clément, mon ancien référent à la Bibliothèque Départementale de la Gironde, un type super calé en BD et tout, avait déjà fait circuler parmi ses connaissances la preview de son futur album BD. J'étais déjà tombée, par le passé sur une intervention des deux auteurs sur le blog de Guillaume Long, aussi le graphisme d'Anne Montel ne m'était-il pas tout à fait inconnu. Bref, pas difficile à repérer au milieu des nouveautés du libraire.

Poussée par la curiosité autant que par l'attrait de la preview, non seulement je l'ai posée sur notre liste d'achats du jour, mais c'est en plus la première que je lis dans ladite liste. Et mon enthousiasme me pousse à chroniquer très vite cet album qui mérite d'être plébiscité.

Je suis ravie de vous annoncer que je ne suis pas déçue. Bon, je ne connaissais pas vraiment Loïc en temps que scénariste alors pour moi, c'est vraiment une découverte. Au final, c'est une BD pleine de douceur, de délicatesse, de poésie... et d'un humour très subtil bourré de références et de clins d'œil. Le dessin d'Anne Montel met ce petit univers intime parfaitement en valeur avec ses couleurs douces (aquarelles ou encres ?) et ses traits simples et fluides. Quant aux personnages, ils sont attachants, y compris la petite mamie qu'on a juste envie de baffer à la première rencontre.
J'ai tout particulièrement apprécié les titres des strips (ah oui, ce sont des strips), choisis avec beaucoup d'intelligence. Je précise que je ne fais pas tous ces compliments parce que je connais l'un des auteurs, hein. Comme dit plus haut, je découvre son travail de scénariste, mais en l'occurrence, c'est une très belle œuvre que je recommande vivement !

Quelques bonus en supplément : une ou deux recettes de cuisine qui n'est pas sans rappeler l'intervention des auteurs sur le blog de Guillaume Long (cf. plus haut) et... le témoignage d'un livre... celle-là on ne me l'avait jamais faite !


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Jours de pluie

Année d'édition
2011

Temps des Mitaines (Le) Loïc Clément (s), Anne Montel (d) Didier Jeunesse

Chronique du 28/03/14

Pour le (plus si) petit Arthur, la période est compliquée.
Vous me direz que les ados vivent toujours des périodes plus ou moins compliquées, vous auriez sans doute raison. Arthur à tout de même des circonstances atténuantes : une situation familiale pas mal chamboulée le force, lui et sa mère, à déménager vers de lointains horizons. Exit le carcan douillet du « Gant de laine » et bonjour « Les Mitaines » !
C'est sûr qu'avec les bouts des doigts découverts on se sent un peu plus exposé, comme à nu, face aux défis à relever. Arthur devra faire preuve de courage, s'intégrer à sa nouvelle école et se faire de nouveaux camarades de classe...
Pour complexifier un peu plus la donne, l'étrange disparition d'un élève suscite interrogations et recommandations, d'autant plus qu'un loup noir comme la nuit et aux yeux rouges comme le sang rôde dans les parages : tout un programme !


Voilà maintenant 3 ans que nous attendions le nouvel album de Loïc Clément et Anne Montel, forts du succès de leur premier livre, Shä & Salomé, que nous avions adoré.
Si nous sommes déçus de n'avoir pas eu le loisir d'apprécier une suite à ce Jour de pluie, nous ne désespérons pas de voir la série un jour poursuivie chez un autre éditeur (Jean-Claude Gawsewitch ayant arrêté la bande dessinée). En attendant, nous pouvons toujours nous sustenter avec leur nouvelle BD jeunesse (et anthropomorphique) : Le Temps des Mitaines !

C'est ainsi que l'Aventure avec un grand « A » s'immisce dans la vie d'Arthur et de ses compagnons curieux et téméraires sur les traces des élèves disparus. Le « quintette » va pour cela mener sa propre enquête en parallèle de celle des adultes, pas forcément plus futés.

« Un crime requiert avant tout chose un mobile !
_ Les trucs qu'on suspend au-dessus des berceaux ? J'adore ça !
 »


Une équipe de choc

Je vous ai déjà parlé d'Arthur (l'ourson), le nouveau de l'école. Centre névralgique de l'histoire, il redoute la solitude et cherche à rapidement se faire de nouveaux amis. L'enquête lui donne cette alternative et c'est lui qui crée l'esprit d'équipe dans le petit groupe.

Gonzague c'est l'escargot intello au look génial. Les lunettes juste au-dessus du « museau » alors que ses yeux se trouvent bien plus haut, au bout de ses tentacules, renforcent son côté « premier de la classe ». Son langage soutenu tranche avec celui des autres personnages.

Willo la luciole est un peu le pendant de Gonzague, dont il s'amuse à vulgariser ses pensées. Cela crée un décalage fort dans les dialogues et une source d'humour continue. Willo brille beaucoup la nuit et d'autant plus lorsqu'il a peur... vive la discrétion !

Pélagie est sans conteste mon personnage préféré. La petite souris n'est pas très maligne mais elle est vaillante et surtout, sa répartie est incroyable ! Si elle n'est pas très utile question jugeote, Pélagie fait en revanche beaucoup rire.
« Et s'il faut se déguiser en tabouret en rotin pour enquêter dans l'ombre, j'suis votre homme !
_ T'es une fille, Pélagie !
_ C'est pas grave, je ferai la chaise !
 »

Kitsu, pour finir, est la mauvaise élève par excellence. La renarde connaît une situation familiale complexe et préfère l'école buissonnière aux cours. Elle cache tout de même un bon fond sous ses airs de fille solitaire et bagarreuse. Et puis c'est la TBC* de Pélagie et ça, ça n'a pas de prix !

Les 5 compagnons forment une équipe hétéroclite et joyeuse et ont tous un pouvoir particulier (qui s'éveille à l'adolescence). Kitsu fait fleurir le bois, Pélagie dessine des étoiles (ça peut paraître bête comme pouvoir mais il peut avoir son utilité), Willo s'illumine (dans son cas j'hésite entre pouvoir et aptitude génétique), Gonzague recolle tout avec sa bave UHU... quant à Arthur... son pouvoir ne s'est pas encore révélé...


L'anthropomorphisme et les vertiges de l'amour

L'anthropomorphisme est un moyen d'accroche courant pour faire en sorte qu'un récit mature convienne bien aux enfants. Il est ainsi possible de matérialiser les différences de caractères et de simplifier la compréhension. Mais cette technique occasionne aussi quelquefois des problématiques...
J'ai bien noté la présence des amourettes adolescentes : Pélagie en pinçant pour Arthur qui lui-même en pince pour Kitsu, cette dernière n'étant pas réfractaire semble-t-il. Une souris qui aime un ourson qui est de son côté attiré par une renarde, pourquoi pas après tout ? Mais c'est sans compter la filiation imposée par la présence des parents : les familles ne se mélangent pas et vivent ensemble.
Si on comprend aisément la raison qui pousse à utiliser l'anthropomorphisme dans une bande dessinée, on est en droit de se poser des questions « bêtes » et de soulever une contradiction aussi parfois. Fichue considération d'adulte à l'imaginaire défaillant...


Qu'importe la raison, pourvu qu'on ait l'ivresse.

Fort de ses personnages hauts en couleur, Le Temps des Mitaines propose une quête à la portée de nos plus jeunes lecteurs, une enquête adolescente, intrépide et intelligente qui a un petit quelque chose de Harry Potter (à ses débuts) dans une version animalière.

Nous autres adultes nous approprions tout autant cette lecture qui s'adresse finalement à tout le monde. Bien sûr, Le Temps des Mitaines est moins subtil et moins empli des petites tendresses du quotidien qui faisaient notre bonheur dans Shä & Salomé, il ne fait pas appel aux mêmes sensibilités. Notre âme de grand enfant y trouvera quand même son compte, tant par l'humour qui traverse les âges sans prendre de ride que par les aquarelles d'Anne Montel, décidément toujours aussi douces et plaisantes.

Et puis il faut être grand finalement pour capter l'essence de l'album, les références des auteurs et les divers clins d'œil disséminés aux quatre vents des Mitaines : Shä et Gencive (Shä & Salomé) sont bien de retour dans cette cour d'école, de même que le compère Bertrand Gatignol (le père de Jeanne/Pistouvi) y fait son apparition. Évidemment, l'œuvre de Miyazaki n'est jamais très loin non plus... et moi tout ça me donne envie d'aller manger des okonomiyaki chez Un soir à Shibuya !



* Très Bonne Copine. Acronyme qui pourrait rejoindre FBI (Fausse Bonne Idée) dans une liste des sigles bien sentis.


Un autre avis : David Fournol

La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.
Le blog des auteurs.




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Année d'édition
2014