Accueil
Nos Bande Dessinées
Nos Mangas
Nos albums
Nos artbooks
Nos dédicaces
Nos dessins à nous :)
Nos sites préférés
Laissez-nous un message !
Nous contacter
Aidons nos librairies indépendantes

Publications BD
Publications Manga
  Administration
Titre : Auteur : Edition :

Séries par ordre alphabétique :
1 -  3 -  A -  B -  C -  D -  E -  F -  G -  H -  I -  J -  K -  L -  M -  N -  O -  P -  Q -  R -  S -  T -  U -  V -  W -  Y -  Z - 

En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
A.L.I.E.E.N. Lewis Trondheim (s)(d) GALLIMARD

Anthologie de Littérature Infantile Extraterrestre Égarée Négligemment

Chronique du 09/07/12

Lewis Trondheim nous l'apprend en préambule, cet album n'est pas de lui !
Un midi (37) d'avril 2003, alors qu'il cherchait un coin sympa pour piqueniquer avec sa petite famille, Lewis est tombé par hasard sur cette bande dessinée. Chose étrange, ni le support ni le contenu ne semblait provenir d'un quelconque esprit terrien. L'évidence lui sautait aux yeux en même temps qu'il contemplait les alentours : l'herbe calcinée formait un cercle parfait ! Et s'il tenait là la preuve d'une existence extra-terrestre ? Le mystère demeure encore aujourd'hui, mais il est de bon droit de remercier les éditions Gallimard d'avoir publié cet O.V.N.I. de la bande dessinée. Car oui, c'en est bel et bien un !

Le secret de Polichinelle n'effraiera personne si je le dévoile sur l'instant, vous vous doutez bien de la réelle identité du mystérieux auteur. Néanmoins, si personne n'est dupe (n'est-ce pas ?), nous sommes en droit de nous poser la question sur l'origine humaine de Lewis Trondheim (et sur ses facultés mentales). Est-ce seulement sa BD qui vient d'une autre planète ?

Lewis Trondheim partage avec nous un album muet sans l'être, entendre par là que le texte dans les bulles se cantonne de toute façon à un langage qu'on ne saurait - du moins je crois - décoder... mais il faudrait que je mette mes meilleurs spécialistes sur la question. Pas de soucis pour autant pour la compréhension. Le récit, simple et efficace, se passe allègrement d'explications.
Un album qui met en scène des personnages aux profils variés et colorés, tous droits sortis de son imagination débordante. Des êtres vivants aux formes étranges (normal pour des extra-terrestres me direz-vous !) et aux mœurs... chirurgicaux. Ne cherchez pas, nous sommes dans un ailleurs lointain. Cependant, il n'est pas impossible d'y trouver quelques références à notre monde à nous : immeubles d'habitation, gadgets électroniques, métiers ou comportements parfois proches des nôtres... J'ai presque parfois l'impression d'une satire de notre réalité poussée à son paroxysme, sans aucune qualité et avec tous les défauts.

Sous le couvert d'un graphisme enfantin et absolument pas réaliste (la marque de fabrique de l'auteur), le monde d'A.L.I.E.E.N. est déjanté et cruel, plein de perversité, mais il n'en demeure pas moins divertissant, et j'irais même jusqu'à dire drôle ! Sûrement mon petit côté sadique :)




Commenter cette BD

Anthologie de Littérature Infantile Extraterrestre Égarée Négligemment

Année d'édition
2007 (1°ed.Bréal Jeunesse 2004)

Donjon Zénith Lewis Trondheim (s)(d)(c-T1), Joann Sfar (s)(d), Walter (c-T2) DELCOURT

Tome 1 : "Cœur de canard"

Chronique du 22/12/10

Quelque part dans l'une des plus hautes tours du donjon, le maître des lieux reçoit la visite de deux créatures encapuchonnées. Ces étranges personnages à l'aspect plus que sinistre souhaitent acheter l'édifice. Mais ils sont bien vite éconduits vers la sortie la plus proche. Ce n'est pas encore aujourd'hui que le donjon changera de propriétaire !
Seulement voilà, les types à la cagoule rouge ne comptent pas laisser les choses se passer ainsi. Pour contrecarrer leurs plans, le Gardien souhaite faire appel à un barbare pour mener l'enquête. Sauf que parfois, le destin est bien facétieux. Et c'est ainsi que le canard dénommé Herbert se retrouve mêlé à une incroyable histoire.

Autant le dire tout de suite, le travail du duo Sfar / Trondheim est totalement jouissif pour l'amateur de jeu de rôle que je suis. Même si je ne suis pas un fervent partisan du "porte - monstre - trésor" qui fait la saveur du célèbre Donjons & Dragons que cette BD parodie, je suis vraiment enchanté par le scénario. Il nous ballade sur un ton totalement humoristique dans les méandres du donjon par excellence. Et qui plus est, les auteurs n'en oublient pas pour autant d'orchestrer une crise pour le maître des lieux, embellissant par la même le contenu de la bande-dessinée.

Les personnages sont drôles, les répliques le sont tout autant. On ne s'ennuie pas et on rigole allègrement. Pas de réflexion, c'est une lecture qui rentre dans le cadre de l'amusement seul, et qui n'est pas du tout à prendre au sérieux.

Donjon, c'est aussi un projet incroyable. Puisque de nombreux albums complètent cette série. Tout d'abord il y a la série Zénith, dont cet album est le premier tome, et qui correspond à l'âge d'or du donjon. Potron-Minet retrace la création du donjon tandis que Crépuscule relate sa déchéance. Viennent ensuite se greffer Donjon Monster et Donjon Parade.
À chaque fois c'est le même duo qui mène le scénario, mais pour le dessin, cela varie au fil des albums. Rassurez-vous lecteurs, ce tome 1 de Zénith se suffit à lui-même. Alors s'il ne vous plaît pas, vous n'aurez pas à acheter les suivants.

Pour moi, c'est quand même la plus incontournable des séries abordant l'univers du jeu de rôle. Et c'est autrement mieux que le Donjon de Naheulbeuk (je parle de la BD, parce que les pistes audio, ça c'est autre chose ^^).

« _ Le géant est toujours vivant et depuis des années il doit être à la recherche de son œil. Et comme il voit ce que voit son œil, il connaît ton visage.
_ Peuh... Je n'ai rien à craindre... Le cerveau d'un géant pèse le même poids que son œil. Ha ha ha...
_ Ne ris pas, Alcibiade... Ça lui fait un cerveau de 30 kilos !!!! »


« _ C'est bien ce que je pensais : un berbouche évolutif. Je vais lui injecter des petits bonshommes qui feront sortir le berbouche. L'embêtant c'est qu'après les petits bonhommes voudront rester dedans. Alors ensuite, je mets des fourmis bonhommivores pour nettoyer tout ça.
_ Et les fourmis ? ... Il faut s'en débarrasser aussi, non ?
_ C'est pour ça que j'ai apporté un fourmilier... »


Herbert et Marvin à bord d'un éléphant :
« _ Tu as vu ? ... Ces créatures ne sont que de vulgaires automates... Normalement ils se déplacent seuls mais j'ai réussi à prendre les commandes de celui-là.
_ Comment as-tu deviné que c'étaient des machines ?
_ Voyons, Herbert, un animal avec une queue devant et une queue derrière, ça n'existe pas. »

Chronique du 10/01/11

Dans tout bon « Porte Monstre Trésor », il y a un donjon pour contenir les portes, les monstres et les trésors. On suit généralement le héros infatigable en quête d'or ou de princesses, mais derrière tout ça, il y a un véritable business. Eh oui ! Avec tous ces « héros infatigables » il faut bien contenter tout le monde. Les monstres ne se trouvent pas à tous les coins de rue, et faut constituer un trésor suffisamment conséquent pour attirer les héros. Donjon est spécialisé dans les quêtes ultra-dangereuses avec plein de trésors à la clef, une sorte de parc d'attraction pour barbares en manque de baston.

Bref, c'est une BD complètement décalée et abracadabrante qui joue avec les codes de l'heroic fantasy. Elle dépeint des héros effrayants et pourtant tellement risibles. Melvin est un monstre de puissance repoussant et terrifiant, et pourtant végétarien avec un code d'honneur stupide. De son côté, le personnage de Herbert fait figure de clown. Canard gaffeur qui n'avait rien demandé et héros malgré lui, il pointe du doigt toute la dérision des univers du PMT.

L'originalité du concept n'a d'égal que sa simplicité, qui permet à Donjon de passer les années sans prendre une ride.
Indémodable, la série s'inspire originellement des jeux de rôle les plus classiques (inutile de préciser qu'elle possède d'ailleurs son propre JdR). Pourtant, plus de 10 ans après et 33 tomes plus tard, elle reste d'actualité. Impossible de ne pas penser aux MMORPG tels que WOW, avec leurs incontournables quêtes et donjons. « Donjon », un mot entré dans le vocabulaire des joueurs pour désigner un lieu clôt où se trouve une quête à résoudre...


Commenter cette BD

Tome 1 : \\"CÅur de canard\\"

Année d'édition
1998

Tome 2 : " Le roi de la bagarre "

Chronique du 17/11/11

Maintenant au donjon en tant qu'employé, Herbert apprends la dure loi du métier. C'est ainsi qu'il se voit confier la tâche de garder quelques menus objets... trésors qu'il se fait systématiquement prendre du fait de sa faiblesse.
Alors qu'il se fait convoquer une nouvelle fois par le gardien, celui-ci l'envoie à Zautamauxime - le village des lapins qui n'aiment pas les étrangers - rejoindre Marvin, afin qu'il le présente à celui qui deviendra son maître le temps de son entraînement. À son retour, il connaîtra les arts martiaux !

Lewis Trondheim et Joann Sfar sont de retour quelques mois seulement après le premier opus de Donjon Zénith. Ce duo d'auteurs prolixes développe l'univers de la saga, et par le biais de cette nouvelle aventure en profitent pour affiner un peu le portrait de ses personnages principaux.
Ainsi nous en apprenons un peu sur le passé de ce brave (façon de parler) Herbert - et sur les précédents porteurs de l'épée magique (dont certains sont de classe Cthulhuesque, il est de bon ton de le signaler) qui ne veut toujours pas se laisser dégainer. Marvin se voit également gratifié de son tout puissant Tong Deum, jugez du peu :

« Les champignons des pieds mêlés aux sucs corrosifs du dragon venaient à bout des meilleurs armures.
Et ceux qui n'étaient pas brûlés par le feu gastrique s'enfuirent en attendant que quelqu'un fasse un peu d'air, car l'haleine du dragon était une infection... »


Sacré Marvin ! Pour sûr avec un aussi chouette pouvoir, tes ennemis irons pourrir en enfer pour l'éternité.
Et du coup, je suis bien heureux d'avoir échappé à l'odeur le temps d'une dédicace...

Je reste cependant un peu moins emballé que lors du premier tome. Bon, certes, je suis tatillon : Donjon est toujours excellent, plein de rythme et débordant d'humour. Les auteurs nous prouvent d'ailleurs que leur esprit est toujours aussi tordu, n'hésitant pas à développer de nouveaux concepts comme le combat à la plume (qui tue) ou encore l'épée-fouet à deux lames. Mais que voulez-vous, je suis peut-être nostalgique des tentacules futurs/ex-maîtres du monde ?




Commenter cette BD

Tome 2 : \\" Le roi de la bagarre \\"

Année d'édition
1998

Fennec Lewis Trondheim (s), Yoann (d) DELCOURT

Fennec

Chronique du 28/12/07

Fennec ou l'histoire d'un fennec, qui aux prises avec les serpents, décide de partir à la recherche du collier du chaman, dont le pouvoir de faire tomber la pluie lui permettra de chasser ses ennemis de toujours.

Une bande-dessinée au format plus classique pour une nouvelle parutions dans l'excellente collection de Lewis Trondheim Shampooing.
Une histoire originale, accessible pour les grands et les petits, et avec un dessin simple et une colorisation aquarelle vraiment réussie.
Yoann nous montre ici un véritable coup de pinceau, et nous emmène dans le périple insencé du fennec, dont la fourberie apparaît sans limite.

Et puis on aime aussi les autres animaux, certains pour leur connerie, d'autres pour leurs tares... le tout subtilement exploité par notre ami fennec bien entendu.

Moi ... j'adore (d'ici à ce qu'on me dise que je ressemble à un fennec quand je joue à un jeu, y'a pas loin ^-^ ) !

Chronique du 28/12/07

La peau de vache (ou de fennec ?) de la bande dessinée. Le fennec.
Le fennec est une créature toute mignonne dont l'aspect adorable met de suite en confiance. C'est bien dommage, car il ne faut jamais faire confiance à un fennec. Le fennec est fourbe. Le fennec est égoïste. Le fennec pense à sa peau et uniquement à sa peau. Les autres créatures de la savane n'ont d'autre utilité que de participer à sa propre survie, d'une manière ou d'une autre.
Pour les joueur de VDD : vous voyez Sakuragi ? C'est le fennec !

Le principe des strips suivis, tel qu'on le trouve ici ou encore dans Le retour à la terre et Lou! permet d'aérer le scénario. L'humour de Lewis Trondheim reste subtil et le graphisme de Yoann, tout en douceur comme dans un album jeunesse, vient donner un air toujours plus innocent à cette infâme créature. Décalage hilarant. Ou comme j'ai dit en refermant la BD : "délicieux".


Commenter cette BD

Fennec

Année d'édition
2007

Kräkændraggøn Lewis Trondheim (s), Mathieu Sapin (d), Brigitte Findakly (c) GALLIMARD

Chronique du 08/02/14

Pour faire face à la crise (ceci n'est pas un gros mot, « crise » est rentré dans le langage courant depuis 2008), le gouvernement a souhaité bouleverser ses programmes scolaires. C'est ainsi que le ministère de l'éducation communique massivement le jour même de la rentrée : l'avenir, c'est le jeu vidéo !
Élèves et professeurs découvrent les nouvelles directives avec stupéfaction : la science-fiction et la fantasy s'invitent en cours de français, l'elfique (il y a aussi du klingon) remplace l'anglais, les mathématiques modernes laissent leur place à l'étude des probabilités, la biologie étudie les monstres... des classes new-look qui ravissent les ados (à l'exception du premier de la classe) et qui terrorisent les enseignants...

« Premier cours : TP avec World of Warcraft... »

Je dois l'avouer, je crois que j'aurais adoré ce programme scolaire-là !


Genèse et publication

Tout a commencé dans Le journal de Spirou, magazine hebdomadaire pour lequel Lewis Trondheim a imaginé l'histoire de Kräkændraggøn. C'est ainsi que la série a vu le jour, pré-publiée sous la forme d'une planche par semaine avec Mathieu Sapin au dessin.
Pourtant, au départ, Lewis Trondheim avait pensé à Nicolas Keramidas pour ce projet. Ce dernier a même réalisé quelques planches et recherches de personnages. Je sais pas vous, mais moi j'aime beaucoup ce que fait Keramidas et ces premiers jets mettent vraiment l'eau à la bouche.
J'apprécie nettement moins le travail de Mathieu Sapin, moins rond et plus caricatural. La mise en couleur de Brigitte Findakly, forte en contrastes, m'a aussi un peu piqué les yeux, bien que cet effet soit quelque peu atténué par l'usage de trames pour délimiter les ombres.

« Ça ne s'est pas fait avec Nicolas parce que le but était de faire une page par semaine pour le magazine. Et Nicolas ne pouvait pas tenir le rythme en parallèle de ses autres livres. » (Lewis Trondheim)

À bien y regarder, ce découpage périodique se ressent forcément, chaque planche formant un gag à part entière. Pour autant, la cohésion globale reste assez fluide, si bien qu'une lecture continue n'est pas altérée par le format de pré-publication.

Il est de coutume que les livres pré-publiés dans Le journal de Spirou soient ensuite édités chez Dupuis (comme c'était le cas pour les précédents travaux de Lewis Trondheim : Zizi Chauve-souris, L'atelier mastodonte, Ralph Azham...). Voir cette bande dessinée paraître chez Gallimard est donc plutôt une surprise, qui vient appuyer la rumeur d'un accueil mitigé.


Boîte crânienne à idées

Lewis Trondheim est très fort pour partir d'une idée saugrenue (et il en a des tonnes) pour ensuite la décliner jusqu'à en épuiser toutes les possibilités.
L'exercice Omni-visibilis reste dans ma mémoire, le principe est ici identique bien que l'idée de départ soit différente.

« Les jeux vidéos ont ruiné ma vie. Il m'en reste deux. »

Le postulat du nouveau programme scolaire à base de jeux vidéos est loufoque à souhait et devrait plaire à tous les « gamers », ainsi qu'aux grands enfants qui comme moi ont baigné dedans pendant de longues années.
Pour ceux qui ne sont pas très portés par les monstres, consoles, jeux de rôles et tout l'univers de la fantasy, en revanche, la lecture de Kräkændraggøn risque de paraître un peu fade.



Un autre avis : David Fournol

La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.




Commenter cette BD



Année d'édition
2014

Omni-visibilis Lewis Trondheim (s), Matthieu Bonhomme (d) DUPUIS

Omni-visibilis

Chronique du 18/01/11

Hervé Boileau est un type comme tout le monde. Un homme tout ce qu'il y a de plus banal, avec une légère tendance maniaque et paranoïaque quand il s'agit de la propreté. Jusque là, tout va bien.
Mais un jour, sans avoir rien fait de spécial, il se réveille avec un don particulièrement ennuyeux : tout le monde voit ce qu'il voit, entend ce qu'il entend et sent ce qu'il sent...

On m'avait déjà conseillé il y a quelques temps la lecture de cet album, en me vantant sa grande qualité. Puis est venu le temps de la sélection officielle d'Angoulême 2011, et il en fait partie. Alors je ne me suis pas fait prier et je l'ai commandé à la librairie. Je vous le confirme, c'est une excellente acquisition ! Et de tous les titres que j'ai lus dans cette sélection, c'est pour l'instant le meilleur !

Tout d'abord parce que Lewis Trondheim nous a concocté une histoire poilante. Voilà bien longtemps que j'avais pas ri autant en lisant une BD. Le sourire toujours aux lèvres, c'est une lecture agréable au plus haut point, avec des répliques mordante et des situations rocambolesques. Il y a une surenchère incroyable du début à la fin, on est pris dans le récit et impossible d'en descotcher.
Déjà, le bonhomme est plutôt particulier avec sa manie de la propreté. C'en est risible, et surtout, ça le suit durant tout l'album. À cela s'ajoute cette idée géniale qui, sans en être vraiment une, apporte toute la vivacité à cet album.
Voir au travers des gens, je crois que tout le monde a déjà pensé à un super-pouvoir de ce genre un jour. Mais que tout le monde puisse voir au travers de quelqu'un, sans le vouloir ni le commander... ça, il fallait y penser !
Vous le vouliez, Trondheim l'a fait :)

Le dessin de Matthieu Bonhomme, tout en bichromie, retranscrit à merveille ce côté aseptisé du personnage principal. On est dans cette ambiance d'un bout à l'autre. Mais c'est aussi un méticuleux travail d'ombre et lumière, comme en témoigne ce magnifique visuel sur le parc pages 48 et 49.

Ah non vraiment, cette BD est géniale :)
Quelques citations ?

" Avec ces conneries, j'ai ouvert la portière moi-même.
Adieu les germes.
Arggll Arrggl... au secours, on est des gentilles bactéries. C'est l'apocalyyypse ! "

" _ Je sais que vous êtes monsieur Boileau.
_ Vous êtes tous autour de moi en train de me regarder ?
_ Je ne pense pas. Je suis aveugle mais je ne sens personne autour. Savez-vous que j'ai retrouvé cet endroit grâce à l'ouïe et l'odorat dès que vous êtes entré ici ? Ces sens restent actifs même si vous fermez les yeux.
_ Ah... Et qu'est-ce que vous voulez ?
_ Juste que vous ouvriez les yeux à nouveau. S'il vous plaît.
_ Mais tout le monde saura où me trouver...
_ Vous avez un don miraculeux, monsieur Boileau. Utilisez-le avant qu'il ne disparaisse. "

" _ Je me suis fait un plan parano. J'ai eu l'impression qu'il y avait plein de policiers chez elle qui essayaient de remonter à la source de l'appel.
_ Mmm... dans le doute, on va éteindre nos portables au cas où ils veulent nous tringler.
_ Nous trianguler.
_ Oui, voilà... "

Chronique du 14/08/12

Trondheim a pour habitude de nous montrer le point de vue décalé des choses. De toutes évidences il ne sait pas être sérieux, pour le plus grand bien de nos zygomatiques. Mais ne pas être sérieux ne signifie pas nécessairement être futile. Ainsi, Omnovisibilis est-il une étude de nos comportements. Comment réagirions-nous si une personne était soudain et inexplicablement dotée du pouvoir de retransmettre universalement ce qu'il perçoit par ses 5 sens. Bon, le principe de base est capillotracté, on peut le reconnaître, et compliqué à gérer pour le scénariste (je soupçonne Trondheim d'avoir volontairement écarté l'épisode des couilles qui grattent). Pour autant, le concept a été bien mené et poussé au bout (voir la scène de la chiasse, ma préférée). Trondheim revoie Big Brother à sa façon et décrit une société d'opportunistes mal léchés où les 9/10° des gens utilisent le don du euh... c'est un héros, sûr ? Bon... de Hervé puisque c'est son nom. Ah ouais, parce qu'en prime le personnage principal est un loser maniaque et microphobe.
Bref, voilà les ingrédients principaux pour faire d'un concept farfelu une BD hilarante et qui tient la route.

Le dessin de Bonhomme est simple, direct et efficace. Par contre, quitte à choisir la bichromie, une autre couleur que ce vert gerbouille n'aurait fait de mal à personne. Enfin ça c'est mon ressenti. Souvent les femmes enceintes se mettent à ne plus supporter certains goûts ou certaines odeurs, en ce qui me concerne, ce fut certaines couleurs. Voilà donc qui n'a pas joué en la faveur d'Omnivisibilis du temps de sa sortie.


Commenter cette BD
Voir les commentaires existants (2)


Omni-visibilis

Année d'édition
2010

Zizi chauve-souris Lewis Trondheim (s), Guillaume Bianco (d) DUPUIS

Tome 1 : " Cheveux rester "

Chronique du 15/02/13

Zizi (Suzie Wendel de son véritable nom) est une jeune fille comme les autres. Enfin non, pas tout à fait comme les autres... elle trouve que les top modèles à Beverly Hills elles sont trop belles et elle décide de se faire LA coupe de cheveux dernier cri... Pas besoin de coiffeur pour ça il suffit de tout ébouriffer dans tous les sens et hop : le tour est joué !
À l'époque on disait « se coiffer avec un pétard », mais là ses amies parlent plutôt de « se peigner avec un frigidaire ». Dans l'esprit ça change pas grand chose : on comprend rien à la mode de Beverly Hills !

Un jour d'automne, alors que Zizi prend l'air (n'y voyez pas de connotation étrange bande de petits pervers) debout sur le muret de l'école, une chauve-souris « achevit » (atterrir dans les cheveux quoi) sur elle. Le début d'une longue et belle histoire d'amour...

« Demain tu retournes chez toi, pigé ?
_ Je peux t'être utile, tu sais...
CLIC !
_ Pfff ! … À me faire avoir des heures de colle, oui !!!
_ Je peux te faire voir dans le noir !
_ Waow ! Trop bien pour trouver l'interrupteur... »


Pendant tout le temps de la bande dessinée, Zizi essaie de faire comprendre à la chauve-souris qu'elle doit rentrer chez elle. Sauf que la chauve-souris elle est vachement bien dans les cheveux de Zizi et elle essaie sans cesse de persuader son hôte de la garder près d'elle.
Oh bien sûr elle peut se rendre utile la chauve-souris, conférant même à Zizi des super pouvoirs qu'elle lui transmet par contact capillaire. Et puis elle lui permet aussi de voler, et donc se s'évader de son train train quotidien : le grand saut vers l'aventure. Et quand l'aventure est faite de monstres rigolos (d'horribles créatures de la nuit en fait) et de rencontres sympathiques (comme le Grand-Garou, niark), c'est encore mieux !

« Chasseuse » de monstres la nuit, Zizi doit quand même aller à l'école la journée. C'est ennuyeux l'école... et en plus la maitresse n'arrête pas de lui donner des heures de colle... Faut dire qu'elle préfère largement s'amuser à débusquer le monstre Gobeur d'yeux d'enfants ou encore s'entraîner aux arts martiaux avec Hugo.

« Si M est le milieu de l'hypoténuse BC, alors AM=1/2 BC... Le point A, situé sur le cercle de... Suzie Wendel ! Qu'est-ce que je viens de dire ?
_ Euh... Dire le passé, c'est trop facile... Permettez-moi de révéler en exclusivité votre future phrase avec... " Allez voir le directeur ! " »



Pour cette belle histoire dessinée, deux auteurs qu'on ne présente plus : l'extravagant Lewis Trondheim d'un côté, toujours dans les bons coups pour (nous) faire rire, et Guillaume Bianco dont la renommée ne cesse de croître.
Un récit qui se présente sous la forme de comic-strips et qui a tout de même un petit parfum de Pico Bogue (quoiqu'un peu plus fantastique) tant la répartie de la petite fille pétille.
Oh certes on ressent bien les codes usuels de Lewis Trondheim, son humour un peu lourd mais toujours drôle et décalé. Ce qui est intéressant ici, c'est qu'il propose à Guillaume Bianco un terrain de jeu à sa mesure, dans la parfaite continuité de ses précédents albums... plus particulièrement de Billy Brouillard si on s'en réfère seulement à l'ambiance, mais aussi à Eco...


« Tu as passé une mauvaise nuit ???
_ Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
_ D'habitude tu imagines des tartines pour les stars et les top modèles avec des confitures exotiques et du beurre d'animal rare...
_ Tu veux dire le lait de Licorne et la gelée d'arbre arc-en-ciel ? C'est bébé !
_ C'est mignon !
_ Pff ! … Passe-moi plutôt les corn-Flakes au champagne et à la cocaïne... »


Dans Eco la petite fille se transforme et ne comprend pas tout ce qui se passe. Un épisode qu'elle vit difficilement parce qu'elle se sent très seule et délaissée par ses parents.
Dans Zizi c'est également l'une des thématiques sous-jacentes : l'adolescence !
Zizi veut grandir, pour comprendre les adultes peut-être, pour ne plus être considérée comme une petite fille surtout...
L'adolescence arrive plus vite qu'on le croit !

« Et hop ! Finis les jouets d'enfants ! Maintenant, je suis une grande !
Ou alors juste toi ! Tu restes ! … Tu seras mon comptable... »




D'autres avis : Choco, Zaelle, David Fournol




Commenter cette BD
Voir les commentaires existants (2)


Tome 1 : " Cheveux rester "

Année d'édition
2012