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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Blast Manu Larcenet (s)(d) DARGAUD

Tome 1 : "Grasse carcasse"

Chronique du 27/12/09

Polza Mancini est gros. Il pèse lourd. Pire qu'un cheval de trait. Pire qu'un char d'assaut. Et pourtant, parfois, il vole !
Celui qui s'appelle Polza, de Pomni Leninskie Zavety parce que son père était communiste, a fait beaucoup de mal à une certaine Carole Oudinot, maintenant sous coma artificiel. Il est aujourd'hui en garde à vue, et doit expliquer aux policiers les raisons de son geste. Le bonhomme ne nie rien, mais il est hors de question d'aller droit au but : la fin, ils la connaissent tous. Ils veulent les raisons, alors il racontera tout depuis le début, et à sa façon. Tout a commencé avec le Blast !

Qu'est-ce que le Blast ? C'est un choc, quelque chose qui lui est tombé dessus une fois alors qu'il était saoul, après avoir appris quelques heures plus tôt que son père allait mourir. Son esprit s'ouvrait, ses sens devenaient exacerbés, il était léger... léger malgré son poids démesuré. Il voyait l'invisible ! Et il voyait ces géants de pierre, les Moaïs de l'île de Pâques. Il savait même les façonner.
Le Blast nous amène également les seules touches de couleur dans cet album monochrome, sous des dessins enfantins. Mais est-il réel ce Blast ? Est-ce dans sa tête, un syndrome provoqué lorsqu'il est en transe ? Un alibi peut-être ? Et si ce n'était qu'un instant d'ivresse, de perte de contrôle, et que dans cet instant précis où il croit frapper la pierre pour lui donner vie, il ne faisait que la massacrer ? Et si la fameuse Carole était entre la vie et la mort aujourd'hui à cause d'un Blast ? Et si un jour on retrouvait le sympathique Bojan mort dans cette forêt ?

Manu Larcenet nous livre là un album de 200 pages qui se boit comme du petit lait. On ne sent pas sa lourdeur. Lui aussi, il vole. Et nous volons avec lui pour découvrir l'histoire de ce bonhomme à l'apparence sympathique mais qui cache certainement une cruauté indiscernable. Qu'a-t-il fait à Carole ? Qui est cette Carole ? Nous n'en saurons rien, il faudra attendre la suite. Nous suivons avec un intérêt toujours grandissant une histoire rondement menée, celle de Polza, ou du moins celle qu'il veut bien nous livrer, celle d'un homme qui quitte tout, qui abandonne sa vie d'avant, uniquement pour retrouver la sensation de cet instant "magique". On se prend d'affection, un peu. Le personnage est attachant.

Bref, Blast est pour moi une très agréable découverte, auréolée du Prix des libraires 2010. Un œuvre personnelle de Manu Larcenet et qui laisse pantois. Une lecture qui fait un peu rêver et beaucoup réfléchir.

Chronique du 24/04/10

Blast c'est plein de choses : la folie d'un homme, une dénonciation de la société, la confrontation de la folie à la rigueur administrative... Blast c'est aussi un superbe album rempli d'illus vraiment frappantes, évocatrices et remplies de sensations. Mais pour moi, Blast s'arrête là. J'ai trouvé l'album long, et si le talent de narrateur de Larcenet n'est pas à remettre en cause, je n'ai pas réussi à rentrer dedans, et ce malgré deux lectures (persuadée que j'avais fait fausse route avec ma première impression). Quelqu'un qui rentrera dedans prendra sans doute un grand « blast », mais pour moi la baffe reste strictement graphique. La relecture n'a malheureusement pas amélioré ma première impression, j'aperçois la lueur de ce qui doit être un chef d'œuvre, mais je dois me balader avec une lampe de poche pour éclairer un soleil...

Roaarrr Challenge
- Prix des libraires 2010


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Tome 1 : \\"Grasse carcasse\\"

Année d'édition
2009

Tome 2 : " L'apocalypse selon Saint Jacky "

Chronique du 01/12/12

Polza Mancini est obèse. Ça c'est pour la partie visible du bonhomme, l'apparence, ce qu'on remarque en premier, ce qui frappe d'emblée, qui écœure...
Polza Mancini a aussi fait beaucoup de mal à Carole Oudinot. C'est un fait, on le sait, la pauvre fille est dans le coma et même pire puisqu'elle vient de mourir des suites de ses blessures...
Le reste est bien difficile à déterminer. On aurait bien aimé interroger la victime mais bon... la police ne faisant pas dans les discussions nécromantiques il faudra se contenter de Polza, de son témoignage...
Les enquêteurs devront s'armer de patience et faire preuve de discernement pour faire le tri entre mensonges et vérités, pour traduire les non-dits.
Polza Mancini raconte sa version de l'histoire, ses errements. Il prend tout son temps, il s'en délecte même ! L'individu est dangereux, ça on le sait. Menteur aussi à ses heures... et terriblement marqué par un passé douloureux... Il faut dire que le personnage n'est pas gâté : renfermement, obésité, scarification, drogue, alcool, troubles psychotiques, peur de la mort mais aussi refoulement de la mort d'autrui (comme celle de son frère, qu'il a tué dans un accident de voiture), mensonges... quelle belle panoplie !

Dans ce deuxième opus, on commence à cerner un peu mieux son passé, on apprivoise son comportement. Sans le comprendre pourtant, qui pourrait comprendre ça ? Il totalise à lui seul plus de tares que plusieurs individus même pas lambdas !
On assiste ici, au travers du récit de Polza, à sa transformation ! D'homme prisonnier du carcan de son obésité, il devient petit à petit libre et autonome. Finalement, les géants de Rapa Nui et Polza Mancini sont une seule et même personne : elles sont ce qu'il voudrait être, il sait comment les façonner dans le premier opus, il a amorcé sa transformation dans le second. Il trouve dans ces statues une personnification de lui-même !

Manu Larcenet nous livre ici un second tome très alléchant. On a l'impression d'être en quelque sorte des voyeurs, on viole l'intimité du personnage de Polza, on découvre petit à petit toutes ses facettes... des plus attachantes aux plus sordides.
Si Blast possède une telle force, c'est aussi parce que cette série est une œuvre très personnelle de Manu Larcenet. Cette façon de s'échapper de Polza, de vouloir vivre la vie à fond, d'esquiver la réalité des choses, je pense que tous ces sentiments, ces petites frustrations, dominent en quelque sorte chez l'auteur. Et il en parle très librement ! Il y a d'autres bricoles qui me font penser ça : l'attachement aux livres, la bonne ambiance des concerts...
Je me souviens d'ailleurs d'une interview à ce sujet... je n'ai pas réussi à remettre la main dessus (il y parlait de drogue et de la condition de clochard, c'était très intéressant) mais j'en ai trouvée une autre qui exprime tout de même cet aspect autobiographique (sans l'être évidemment) et l'engouement qu'il parvient à nous transmettre à chaque page.

Le sujet est dur, il ne nous épargne pas.
Manu Larcenet en profite aussi pour évoquer un fait de société qu'il avait déjà en partie abordé dans Le combat ordinaire : les médicaments, l'anxiété. N'oublions pas que la France est n°1 des antidépresseurs ^^

« L'armoire à pharmacie de la première maison vide que j'ai occupée regorgeait de merveilles...
… anxiolytiques, antidépresseurs, barbituriques, hypnotiques... et bien d'autres dont j'ignorais la fonction mais qui étaient si appétissants.
Dans presque toutes les maisons que j'ai habitées sans y être invité, j'ai pu vérifier l'omniprésence de ces médicaments du mal-être...
C'est étrange qu'ils soient l'apanage des sociétés dont la priorité n'est plus la survie.
À croire que l'angoisse naît du confort.
Bref, je me suis fait ma fête ! »



Et puis Blast ne serait pas aussi puissant sans un dessin qui l'est tout autant. Graphiquement, Manu Larcenet se fait plaisir et nous fait plaisir. C'est grandiose, sûrement ce qu'il a fait de plus abouti de toute sa carrière d'artiste, avec un noir et blanc à la fois sombre et contemplatif... et quelques touches de couleur apparaissent par moments. Pas seulement les blasts non : ces dessins de ses enfants qui deviennent dans ses mains de véritables œuvres d'Art, en surépaisseur de ses traits, laissant entrevoir une petite lueur d'espoir dans un monde (celui de Polza) qui n'en a plus vraiment.
La couleur apparaît aussi ailleurs, sur ces quelques planches ressassant le passé, douloureux... un passé en couleurs alors que la vie est terne ? On utilise habituellement le procédé inverse... peut-être est-ce là nécessaire de rappeler que l'enfance de Polza avait encore un parfum d'innocence et une certaine chaleur... c'était il y a tellement longtemps !



D'autres avis : Yvan, PaKa, David Fournol, Choco, Mo', Yaneck




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Tome 2 : " L'apocalypse selon Saint Jacky "

Année d'édition
2011

Tome 3 : " La tête la première "

Chronique du 06/12/12

Après l'apocalypse, on avait bien du mal à s'imaginer ce que serait la vie de Polza Mancini. Il avait quelques options, quelque part entre assistant trafiquant et future victime d'un psychopathe. Finalement, il choisi de reprendre sa vie d'errance... comme au bon vieux temps d'avant Saint Jacky !

« Au vu de mes récentes mésaventures, je décidai de rester mobile.
Pour ce faire, j'établis une sorte de « code de sécurité »...
Ne jamais passer plus de deux nuits au même endroit.
Prendre tout ce qui peut servir immédiatement : argent, médicaments, outils, vêtements...
Ne jamais allumer la lumière ni dormi à l'étage. Ne jamais défaire son sac.
Toujours laisser une issue déverrouillée et facile d'accès, en cas de retour des occupants légitimes ou d'arrivée de la police. »


Les enquêteurs approfondissent l'enquête, soucieux de recouper toutes les informations qu'ils ont en leur possession avec l'histoire racontée par Polza. Celui-ci poursuit son récit, l'édulcorant toujours à son rythme, lent, précautionneux du moindre détail. On est promenés dans ses pérégrinations verbales, accrochés à ses dires sans savoir s'ils sont véridiques... vu le bonhomme, qui lui-même se qualifiait il y a peu de menteur, on a du mal à le croire... mais il y met tellement d'embellissement et de détails qu'on ne peut que vouloir y croire... d'autant plus que les sources des policiers corroborent son argumentation.
Il n'y a pas à dire : s'il ment, il le fait merveilleusement bien, avec une méticulosité d'une incroyable finesse !

Cette fois Polza nous raconte l'après Saint Jacky, son séjour à l'hôpital et sa rencontre avec cette mystérieuse Carole Oudinot. Ça y est, on va enfin savoir qui est cette fille dont on sait d'emblée qu'elle va mourir... mais n'allons pas trop vite, ce serait sauter bien des étapes !


Le cantonnier est mort. Il s'est pendu dans sa maison, mise sous scellé par la police le temps de l'enquête. C'est en substance ce qu'apprend Polza au détour d'une supérette de village, dans laquelle il refaisait son stock d'alcool (on se refait pas). En bon gentleman squatteur, c'était là une belle occasion de passer la nuit au chaud dans la chaumière désormais sans vie dudit cantonnier... et de découvrir une série de peintures...

« Uniquement des portraits. Des dizaines de portraits grimaçants, douloureux, magnifiques.
J'étais parmi eux comme en famille. S'il y a une universalité de la souffrance, le cantonnier qui les a peints a su la cerner puis la révéler.
Cette prouesse ne semblait malheureusement pas lui avoir apporté le repos de l'âme... »


La découverte de ces œuvres marque un tournant dans la vie de baroudeur de Polza : il va ainsi prendre conscience de son but refoulé, ou tout du moins donner une nouvelle dimension à son errance. Ce faisant, il réalise sa propre thérapie intérieure.
Il pense se rendre compte que sa fuite en avant n'a finalement comme seul but que de mourir plus vite, et ainsi mettre un terme à sa douloureuse expérience sur terre. Changement de mentalité et de conduite : il fait maintenant face à la mort, il la nargue... mais elle refuse de le cueillir... il se dit alors qu'il est peut-être en quelque sorte immortel.
La folie de l'homme marque encore un point.
On peut d'ailleurs opposer cette réflexion intérieure à son séjour en hôpital psychiatrique. Il est forcé de rester le temps de se refaire une santé (une scarification qui a mal tournée, une de plus). Refus de se livrer aux analyses médicales, déni de mal-être : il refuse l'aide des médecins (on n'est jamais mieux servi que par soi-même après tout).

L'empathie qu'on pourrait encore avoir pour le bonhomme aurait dû être largement entachée, depuis le temps. Pourtant Manu Larcenet fait souffler sur nos jugements le chaud et le froid... D'un côté il y a les preuves accablantes l'affublant de criminel, et de l'autre sa version de l'histoire dans laquelle il n'est pas forcément l'auteur des crimes qu'on lui attribue. Il y assiste à chaque fois, mais il s'en dédouane. Les explications sont tellement bien présentées qu'on a presque envie de le croire. Ne restent alors que des troubles du comportement et des délits mineurs : vol, prise de stupéfiants, squat, incendie...
Comble d'un attachement, Polza se fait salement amocher dans ce volume, victime d'un viol (oui oui, ça n'arrive pas qu'aux filles, il y a des salauds partout...) avec violence des plus horribles qui soit. Là, on le plaint carrément, on fermerait presque les yeux tellement c'est moche mais on a aussi envie de tourner les pages pour savoir la suite...
On reste donc toujours partagé entre le dégout de l'être qu'il inspire (et les faits qui l'accablent, même si c'est toujours un peu informel pour l'instant, mais je suis sûr qu'on y reviendra en détail dans le(s) prochain(s) tome(s) ; d'aucuns disent que le 4ème sera le dernier mais rien n'est moins sûr) et l'attachement au récit qu'il raconte.
Polza aurait-il pioché dans son entourage la carte du trouble dissociatif de l'identité ?

Heureusement, il y a ce tableau verdoyant dans l'œuvre du cantonnier (et en couleur s'il vous plaît)... et cette petite vie nouvelle et paisible à la campagne entre un schizophrène sympa et une pure beauté.
La vie ne vaut d'être vécue sans amou(ouh ouh ouh)r !

D'autres avis : PaKa, Yvan, David Fournol, Yaneck, Mo'




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Tome 3 : " La tête la première "

Année d'édition
2012

Combat Ordinaire (Le) Manu Larcenet (s)(d), Patrice Larcenet (c) DARGAUD

Tome 1 : "Le combat ordinaire"

Chronique du 17/07/10

C'est l'histoire d'un photographe fatigué, d'une fille patiente, d'horreurs banales et d'un chat pénible...
C'est ainsi qu'est présenté l'album sur le 4ème de couverture. Et pourtant, sous ce résumé bien succinct se cache un récit bien plus complexe qu'il ne veut bien le faire croire.

Le combat ordinaire, ça veut dire quoi, déjà ?
Peut-être la lutte que mène Marco contre son quotidien, contre lui-même.
Car le héros de cette histoire souffre de crises d'angoisse et bien qu'étant depuis plusieurs années suivi par un psychologue, cela ne lui passe pas. Pourtant, un jour il décide de tout plaquer : son psy, son boulot...
Ce n'est pas la première fois qu'il agit ainsi. Autrefois il avait quitté sa ville, sa famille et ses amis. Cette fois il renoue un peu avec elle et rend visite à ses vieux démons.

Le côté psychanalyse est omniprésent dans l'album. Lorsqu'il rencontre le vieux dans sa campagne de Chazay, lorsqu'il dialogue avec son frère, avec ses parents, avec sa compagne...
Les hommes changent, les soucis demeurent.

J'ai connu le travail de Manu Larcenet par le Retour à la terre, puis par Blast. Tous de très bons albums, mais si l'on doit comparer, le Combat ordinaire se rapproche bien plus de la noirceur de Blast. Ici c'est la psychologie de l'être humain qui est mise en avant par le personnage de Marco, par ses questions sur lui et sur son environnement. On apprends du poids des mots, du silence qui suit... Côté dessin en revanche, même si le trait est plus dur que pour le Retour à la terre, on se rapproche plus de ce style graphique.

J'ai vraiment adoré l'album. Tous ses tabous, ses non dits, ses silences, sa force. Les personnages sont attachants ou dégoutants. On les aime et on les détestent.
Pourquoi ai-je attendu si longtemps avant de lire ce bijou ?



Roaarrr Challenge
- Prix du meilleur album - Angoulême 2004


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Tome 1 : \\"Le combat ordinaire\\"

Année d'édition
2003

Tome 2 : " Les quantités négligeables "

Chronique du 16/09/11

L'arrivée d'Émilie dans sa vie lui apporte beaucoup. Marco s'est depuis repris en main, il retrouve chaque jour de plus en plus goût à la photographie, il rend régulièrement visite à ses parents, à son frère...
La photo, il décide de ne plus jamais faire d'expositions sur les guerres, mais plutôt que redécouvrir sa passion sous un angle neuf, en donnant vie aux ouvriers de l'atelier 22. Un lieu important pour lui, car son père y a travaillé toute sa vie et il connaît chaque personne là bas... des gens qui bossent dur chaque jour pour une vie de misère, pour un job qui risque de disparaître...

Après un tome 1 prometteur, Manu Larcenet nous enfonce de plus en plus dans le quotidien de cet homme qui essaie tous les jours de lutter corps et âme contre tous ses démons : son travail, sa famille, les psy, ses collègues, les moyens de transports... il y en a tant !
Pour s'en sortir, on peut dire qu'Émilie chamboule pas mal de choses dans sa vie. On voit bien qu'il a grandi le Marco, qu'il murit à son contact... on voit bien aussi qu'il a besoin de son épaule...

Manu Larcenet est très fort, il parvient à nous emmener du rire aux larmes en une page, en une case. L'art et la manière de plomber l'ambiance en un temps record, puis petit à petit, alors qu'on retrouve le goût des choses, qu'on sourit aux petits bonheurs de la vie, voilà qu'on est de nouveau sous le choc d'une triste nouvelle.
La vie est rude, et c'est aussi le cas de ces ouvriers de l'atelier 22 pour qui Marco consacre une exposition. L'occasion de renouer avec le passé, mais aussi de rencontrer de grands artistes... ce qui permet aussi de se rendre compte que les personnes qu'on croit au-dessus parce qu'elles font des choses merveilleuses peuvent être aussi talentueuses que connes ^^

« J'ai souvent confondu l'artiste et son œuvre...
Ce n'est que grâce à la psychanalyse, par étapes successives, que j'ai vaguement pu dissocier les deux : on peut être un grand artiste et un sale con...
On peut faire des choses très belles en étant soi-même assez moche. On peut saisir toute la beauté du monde sur du papier mais n'en jamais faire partie...
C'est étrange : Comment peut-on être à ce point dépassé par ce qu'on fait ?
Mais si l'œuvre est meilleure que l'artiste, pourquoi ne l'améliore-t-elle pas ?
La main frôle le divin quand les pieds pataugent dans la médiocrité...
Que l'on préfère l'un ou l'autre, le messager et le message ne se fondent peut-être jamais...
Mon boucher est un bonhomme abominable, mais son jambon sec est un pur moment de bonheur... L'art et la charcuterie... »


Ça vous est jamais arrivé vous ? Savoir garder la distance entre l'œuvre et son auteur est une chose primordiale si l'on veut continuer à aimer ce qu'on a toujours apprécié. Certains ne savent pas le faire... je trouve ça dommage. Mais ça met toujours un claque quand on s'en aperçoit...

Manu Larcenet fait encore un travail magnifique sur cet album. La série se poursuit avec la même excellence. On est ravis et on est soufflés... on est heureux mais tristes aussi ! On dit que la vie est une succession d'épreuves. Diable qu'elle défile vite, il en faut du courage pour la regarder bien en face !



Roaarrr Challenge
- Prix du jury Œcuménique 2005
- Prix Tournesol 2005


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Tome 2 : \\" Les quantités négligeables \\"

Année d'édition
2004

Retour à la terre (Le) Jean-Yves Ferri (s), Manu Larcenet (d), Brigitte Findakly (c) DARGAUD

Tome 1: "La vraie vie"

Chronique du 26/10/07

Manu Larssinet et Mariette partent vivre à la campagne, aux Ravenelles, loin de la ville, de son trafic, de la pollution... et des magasins.
Mariette s'acclimate rapidement, mais le changement brutal s'annonce plus compliqué pour Manu ... et Speed (le chat).

Une série de strips hilarants sur le déménagement à la campagne, avec des personnages vraiment sympathiques et des scènes mémorables, des cartons, des digitales pourpres, des potes, des voisins, des soirées, le propriétaire, Mme Mortemont, Tip-Top, la coupe des châtaigniers, l'ancien maire et la boulangère...
C'est assez marrant de se plonger dedans et de s'y identifier finalement (nous aussi, on a migré vers la campagne ... en moins pire quand même). Quelques histoires sont vraiment parlantes, comme les cartons qui sont toujours pas vidés, ou le chat qui au départ était un peu perdu, qu'Angélique poussait à chasser et moi qui le retenait : "pauvre oiseau !".

Un bon moment, vraiment ... il me reste à lire les suivants maintenant :)

Chronique du 26/10/07

Aaaah ! Le retour à la terre, ma référence !

Jean-Yves Ferri a été absolument énorme sur ce coup. Manu Larcenet aussi, ne lui enlevons pas ce qui lui revient de droit...

Cette BD a simplement réussi l'exploit d'être universelle. Je n'ai encore rencontré personne qui ait lu Le retour à la terre sans l'avoir aimée. C'est vraiment incroyable comment chacun peut se retrouver dans ce quotidien décalé de Manu Larssinet et de Mariette. Même ma collègue Sylvie, qu'on ne peut jamais sortir de ses Achille Talon et autres Astérix a été enchantée par Le retour à la terre

En bref, un couple de citadins découvre la vie à la campagne. A mourir de rire ! Mariette explique le concept à merveille dans le tome 2, mais je garde la citation pour le tome 2 justement :)


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Tome 1: \\"La vraie vie\\"

Année d'édition
2005

Tome 2: "Les projets"

Chronique du 28/10/07

L'hiver est maintenant passé, la froideur des Ravenelles laisse la place au printemps. Manu est sur le point de terminer le second tome de "Pic d'ozone" et doit aussi dessiner l'affiche pour la fête du cochon. En même temps, Mariette voudrait un bébé, mais Manu, lui, préfèrerait un potager !

C'est toujours un plaisir que de lire cette série, qui me rappelle bien des choses ^^, comme l'herbe qui pousse et qu'on a la flemme de tondre par exemple, ou le passage sur le lézard. Tiens, pour l'anecdote, eux ils ont eu un lézard dans la maison, nous on en a eu pleins, du vivant au décapité par le chat, en passant par ceux à qui il manquait la queue. Mais le pire, c'était celui, bien vivant, qui se faufile dans le lit quand on se couche ... et croyez moi, ça fait bizarre !
Sinon, la série sur l'épicier m'a aussi beaucoup fait rire, et me rappelle une saynète que j'ai joué au théâtre : "je sais ce qu'il vous faut", mais qui au final ne vend pas ce genre d'article :)

Chronique du 28/10/07

La fameuse citation de Mariette, à la fois typique de l'humour de cette BD et du concept de base : "C'est Manu, vu par Ferri mais dessiné par Manu sauf que quand le Manu de l'album dessine, Manu change de style pour pas qu'on voie qu'il dessine comme lui"

Dans ce deuxième tome, notre charmant couple forment des projets. Mariette veut un bébé, Manu veut un potager. Ce qui amène à des quiproquos mortels :D Et pis y'a l'affiche pour la fête du cochon !


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Tome 2: \\"Les projets\\"

Année d'édition
2005

Tome 3: "Le vaste monde"

Chronique du 29/10/07

Mariette est sur le point d'accoucher, et elle se prépare avec Manu pour cette belle aventure. Les lectures sur le sujet se multiplient et si Mariette se prépare à la naissance du bébé, Manu se pose beaucoup de question et éprouve les pires difficultés à accepter sa condition de futur père !

Comme pour les deux tomes précédents, les histoirettes sont vraiment hilarantes, même si j'ai un peu moins accroché cette fois.
On aborde ici un tout autre sujet, finies les difficultés d'acclimatations aux Ravenelles, on sent même que le couple Larssinet est bien intégré à la vie du petit village. Tout ou presque tourne autour du futur bébé, et la Mme Mortemont joue un rôle prédominant (et on aime bien les gags avec Mme Mortemont).
Ah, il y a aussi quelques pages sur un festival de bande-dessinée paumé au milieu de nulle part avec des "fans" qui viennent se faire dédicacer leurs albums. Parlez à un auteur de BD de ce sujet, et je suis certain qu'ils auront tous quelques anecdotes très sympathiques à vous raconter (pour en avoir discuté avec Loïc Dauvillier il y a peu, c'était vraiment très drôle ... ah, y'en a vraiment, ils font très très très fort ^^' ).




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Tome 3: \\"Le vaste monde\\"

Année d'édition
2005

Tome 4: "Le déluge"

Chronique du 30/10/07

La petite Capucine est née, il est maintenant venu le temps des courtes nuits, du biberon et des couches. Difficile est la vie du jeune parent !

Encore une fois chapeau à Jean-Yves Ferri pour cette bande-dessinée pleine d'humour qui ne cesse de nous faire rire après 4 tomes, et merci à Manu Larcenet de donner vie à Larssinet (Larcenet vu par Ferri mais dessiné par Larcenet) comme il le fait, c'est vraiment super.
J'ai beaucoup aimé cet album, autant sur la "découverte du bébé" que sur les messages du blog, sur les scènes de Mme Mortemont ou sur les paroles de l'ancien maire.... et les inoubliables atlantes :)

Et pour finir en beauté, autant pour cet album très réussi que pour cette excellente série...




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Tome 4: \\"Le déluge\\"

Année d'édition
2006

Tome 5: "Les révolutions"

Chronique du 17/03/09

Alors que Mariette a repris ses études à la fac, Manu se retrouve à jouer les "hommes au foyer". Du coup, à lui les corvées de repassage devant la télé et le biberon de Capucine !

Ce que j'aime dans le retour à la terre, c'est que cette bande-dessinée nous fait rire avec une simplicité absolue. Contrairement à beaucoup d'autres BD qui se veulent comiques, celle-ci pose l'histoire simplement et fait mouche, non pas avec des gags forcément très hilarants, mais avec un naturel inégalable et une mise en abime continue.
Pour moi, le retour à la terre est encore une fois une référence en la matière, et on ne s'en lasse pas. Mieux encore, c'est toujours avec le plus grand plaisir qu'on découvre un nouvel opus, avec des personnages toujours aussi décalés et drôles... et les inoubliables atlantes, omniprésents dans cet album :)

Chronique du 17/03/09

Alors que Mariette est moins présente à la maison, voici Manu Larssinet en père de famille accompli et (plus ou moins) responsable. Sur fond de campagne électorale véreuse, et de "travail" avec Tonton Ferri (qui retrouve les cadavres des trois anglais !), on retrouve avec une formidable régularité le Manu halluciné des premiers tomes et son entourage loufoque. Toujours aussi invraisemblable et divertissante, cette série reste égale à elle-même depuis le départ, une valeur sûre de tous points de vue.


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Tome 5: \\"Les révolutions\\"

Année d'édition
2008