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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Beauté Hubert (s)(c), Kerascoët (d) DUPUIS

Tome 1 : " Désirs exaucés "

Chronique du 05/07/11

Morue n'a décidément rien pour elle.
Laide de naissance, elle est la risée de tous les garçons du village, à part peut-être Pierre. Assignée à toutes les tâches ménagères chez sa marraine, elle s'échine chaque jour à écailler le poisson, ce qui ne manque pas de lui coller une odeur persistante à la peau, d'où son nom...
Un jour, alors qu'elle va chercher du bois dans la forêt, elle fait la rencontre d'une fée, qu'elle délivre d'un mauvais sort. Cette dernière lui demande quel est son vœux le plus cher : la beauté !

Hubert et Kerascoët avaient déjà travaillé ensemble sur Miss pas touche. Là encore, le fonctionnement est similaire. Hubert est en charge du scénario. Kerascoët (qui rappelons-le est un couple d'auteurs) dessine, et Hubert colorise.
Le scénario s'assimile à un conte de fée (un vrai, pas comme Jolies ténèbres). Il y a tous les ingrédients pour : l'héroïne est une pauvre hère sans le sou mais pleine de rêves, il y a un joli prince dans un joli château, et puis il y a cette fée qui exauce les désirs les plus fous...
Mais cette fée là est quelque peu facétieuse, et le souhait escompté n'est pas tout à fait celui demandé.

« _ Hélas, Mab ne peut changer la réalité. Laide tu es née, laide tu resteras. Il aurait fallu que les fées se penchent sur ton berceau, mais tu n'es pas fille de roi.
_ Ah.
_ Mais si Mab ne peut changer ta nature, elle peut en changer la perception.
_ Mais je serais belle ?
_ La beauté tu veux, la beauté tu auras. Tu seras aux yeux des autres l'idée de beauté faite femme. Par cet enchantement, tu éclipseras la plus belle mortelle jamais née. »


Mais ce qui fait de cette bande dessinée un vrai conte, c'est la morale. Et morale il y a !
Car la beauté rend aveugle, et c'est bien là le fil conducteur de notre histoire. C'est fou ce que la perception des gens changent en fonction de ce qu'ils voient. Et cela apporte réellement tout le comique de la situation.
Ah... si seulement Morue avait choisi l'intelligence :)

Côté dessin, je suis charmé.
En fait, c'est cette couverture un peu atypique qui a guidé mon achat. Ce mélange entre le dessin de Kerascoët et les couleurs toutes en contrastes de Hubert. Je suis par ailleurs rassuré sur son talent, moi qui avait été copieusement déçu par sa colorisation de L'île aux cent mille morts.

La fin de l'album marque une étape dans le récit. Un happy-end en soi, mais qui cache de nombreux rebondissements. Voilà qui devrait ravir les amateurs de manipulations en tous genres.

Chronique du 19/11/2014

Si Beauté commence comme dans un conte de fées, si l'esprit des contes hante l'album tout du long, Hubert prend ici le parti de rendre la belle histoire un peu plus crédible sans pour autant se départir du côté fantastique. Et si les fées n'étaient pas si bonnes que ça ? Et si les vœux n'étaient qu'un vil piège pour assujettir toujours plus les humains ? Et si la beauté était un cadeau empoisonné ?

Dans un univers féérique peuplé de preux chevaliers, de belles dames et de loyaux sujets, où les princes et les princesses reçoivent un don des fées à leur naissance, Hubert met à l'épreuve l'humain. La jalousie des femmes, la convoitise des hommes, la cruauté, la folie ne sont que quelques uns des traits qui se dessinent chez les autres. L'héroïne n'a rien à leur envier. De fragile, humble et innocente, elle devient capricieuse, exigeante, ambitieuse, égoïste et insensible.

Mais le miroir garde deux visages. Ce que les autres voient ne correspond pas à ce qu'est réellement l'héroïne et le bicéphale Kerascoët évoque cette subtilité à merveille, variant les représentations. Tantôt sublime aux yeux des autres, tantôt laide qu'elle est, Kerascoët joue à merveille la double identité de Beauté, la sublimant encore aux moments opportuns.

Pour donner la réplique à ce Janus en jupons, un joli choix de personnages s'offre à nous :
- Pierre l'amoureux loyal. Il l'aime pour ce qu'elle est réellement et tente de la sauver de la folie des autres.
- Claudine, princesse sans charme. Intelligente, cultivée avec un caractère bien trempé, elle est le pendant de Beauté, paysanne idiote et sans éducation.
- La fée Mab, perverse, trompeuse et mauvaise. Elle manipule Beauté, lui fait miroiter une destinée fabuleuse et l'amène ainsi à concevoir son propre malheur.
- Des foules incalculables mais non moins prestigieuses d'admirateurs. Du simple paysan au plus grand des rois, tous tombent sous les flèches de Cupidon (ou plutôt de Mab dans ce cas précis).
- À leurs côtés, des foules incalculables de femmes jalouses. De la simple paysanne à la plus grande des reines, toutes sombrent dans la rancœur.

Sans aller jusqu'au spoil, la série prend de la consistance au fur et à mesure des trois tomes.


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Tome 1 : " Désirs exaucés "

Année d'édition
2011

Jolies ténèbres Fabien Vehlmann (s), Marie Pommepuy (s), Kerascoët (d) DUPUIS

Jolies ténèbres

Chronique du 28/11/09

C'est comme un conte un peu malsain ...
Une petite fille reçoit son amoureux Hector dans son salon. Confortablement installés dans un sofa à consommer un bon chocolat chaud avec du cake, en compagnie du petit "frère" qui joue le serviteur. Lorsque tout à coup, le décors se met à changer radicalement, il fond et dégouline, d'énormes goûtes rouges et gluantes tombent et obstruent la sortie. Mais tout le "petit monde" se retrouve quand même dehors sain et sauf. L'endroit d'où ils sortent par dizaines se dévoile peu à peu ... le corps d'une fillette, étendu sur l'herbe rosée, immobile.

Par où commencer ?
Tout d'abord l'accroche visuelle : lorsque j'ai croisé ce livre en librairie, j'ai de suite été saisi par la beauté de la couverture, une illustration magnifique montrant le visage "endormi" de la fillette. Quelle beauté !
Et il suffit d'ouvrir la bande-dessinée pour se conforter dans cette idée, le dessin est vraiment magnifique, alternant la simplicité d'un trait qu'on retrouverait avec grande joie pour accompagner les contes pour enfants, et la dure réalité, sombre et sinistre, du cadavre !

Car c'est là l'histoire : nous sommes plongés dans un conte qui n'en est pas vraiment un. La vue du corps de la fillette est omniprésent, du début à la fin du tome, qui part tout en douceur et qui se dégrade peu à peu :
Au départ, les petits êtres font face à leur nouvelle vie hors du corps, ils s'organisent pour tenir le coup, ils font front au monde extérieur pas forcément rassurant, mais avec une énergie débordante et le sourire. Puis au rythme du corps qui se décompose, les protagonistes deviennent de plus en plus obscurs, mauvais, malsains.

Cet album est le fruit d'une idée originale de Marie Pommepuy, qu'elle a développé avec Fabien Vehlmann. Et c'est encore elle qui est au dessin, car Kerascoët est en fait un binôme qu'elle partage avec Sébastien Cosset.

J'ai vraiment adoré ce "one-shot". C'est beau, mais faites attention, car ce n'est clairement pas un livre à mettre dans toutes les mains !
Reste à savoir ce qui les auteurs ont voulu en faire : une représentation poétique de la mort ? une introspection post-mortem de la fillette cherchant son assassin, se raccrochant à la dernière odeur qu'elle a senti ?
Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'en faire une analyse psychologique, Jolies ténèbres c'est une excellente BD, à lire (et relire) sans modération.

Chronique du 29/06/11

Jolies Ténèbres est un album tout en contrastes. La couverture, le style de dessin, les premières pages nous font miroiter un univers tout en innocence. Ce serait bien mal connaître Fabien Vehlmann qui nous a concocté, comme à son habitude, quelques surprises.
Jolies Ténèbres aborde en fait la mort et la cruauté sans aucun fard, et avec d'autant plus de brutalité que l'héroïne, Aurore, se cache derrière tout un tas de bonnes intentions.
Personnages issus de l'imagination et des rêves d'une petite fille morte, les protagonistes se caractérisent par le « sadisme latent » de l'enfance (dixit Freud), les barrières du monde adulte en moins.
Les personnages aux traits ronds et les couleurs acidulées de Kerascoët tranchent également avec les images de cadavre et les situations dramatiques qu'il représente.

Bref, voici une BD qui bouscule, qui se démarque par l'originalité de sa démarche et par le ton adopté, et qui séduit ceux qui aiment être surpris. A ne pas mettre entre toutes les mains pour autant : âmes sensibles s'abstenir.


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Jolies ténèbres

Année d'édition
2009

Voyage en Satanie Fabien Vehlmann (s), Kerascoët (d) DARGAUD

Tome 1/2

Chronique du 18/09/11

Voilà déjà deux mois que Constantin a disparu dans le gouffre de Merlac.
Les recherches menées par l'abbé Montsouris n'avaient rien donné, le niveau de l'eau était bien trop élevé...
Si tous les espoirs s'étaient éteints depuis longtemps, Charlie, la sœur de Constantin, n'a jamais voulu renoncer. Elle a su convaincre Monsieur Lavergne et quelques autres de tenter une nouvelle expédition suite à l'été très sec qui venait de s'écouler.
Mais à l'extérieur la météo se dégrade : il est grand temps de se faire une raison et de remonter à la surface !

Je l'avais repérée cette sortie ! Un nouvel album du duo Vehlmann/Kerascoët, qui m'avait tant enchanté sur Jolies Ténèbres, je pouvais pas louper ça ! J'ai sauté sur l'occasion dès mon premier passage en librairie et je poursuis la découverte de cet auteur prolixe qu'est Fabien Vehlmann et que je trouve fascinant.

Là encore, malgré l'apparence d'un scénario axé sur le voyage dans les entrailles de la terre, il nous livre une histoire où la mort est une thématique bien présente. Certes elle n'est pas aussi dominante que dans la plupart de ses albums. Mais quand on parle autant de la mort, on se demande souvent ce qu'il y a après. Et si l'Enfer était sous terre ?

Oui, car il est bien question d'Enfer messieurs dames !
La mère de la petite fille est internée dans un hôpital psychiatrique, prétextant qu'elle s'est faite violer par un démon. Charlie est d'ailleurs rousse, alors qu'aucun de ses parents ne présentent cette particularité, ce qui lui cause toutes les railleries du village.
Constantin, son frère, accorde du crédit à la théorie infernale. Il a même écrit un livre sur le sujet, affirmant que les Sataniens vivaient au plus profond de la terre et que le gouffre de Merlac était l'une des entrées de leur monde. Charlie, elle, pense que sa mère s'est plutôt faite violer par un fermier rustre, et roux qui plus est, un soir de fête...
Si Constantin a disparu dans le gouffre, c'était parce qu'il voulait vérifier sa théorie... malheureusement...

Nous assistons donc à une descente aux Enfers qui va conduire notre petit groupe, pris par les eaux, à se frayer un chemin dans les entrailles de la terre, de plus en plus profond.
Un voyage qui n'est pas sans rappeler le très célèbre roman de Jules Verne : Voyage au centre de la terre. Un roman que j'avais dévoré étant petit tant il m'avait plu. N'est-ce pas excitant cette route vers l'inconnu après tout ?
Facile me direz-vous, puisque je ne prends aucun risque, assis dans mon canapé, à feuilleter cet épisode :)

Côté graphisme, le duo Kerascoët est égal à lui-même. Un dessin tout en rondeur et très expressif, des couleurs dantesques de circonstances. On a vraiment l'impression de s'enfoncer de plus en plus, grâce à la colorisation, dans les profondeurs de la terre, qui deviennent le théâtre de lieux aussi beaux qu'irréalistes.

Une série courte, prévue en deux tomes, qui devrait donc nous apporter toutes les réponses au prochain volume. Diantre que c'est bon :)




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Tome 1/2

Année d'édition
2011