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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
Aurore Enrique Fernández (s)(d) SOLEIL

Chronique du 01/09/12

Aurore, c'est l'histoire d'une petite communauté vivant au bord de la mer... survivant au bord de la mer pour être tout à fait exact. Depuis quelques temps, la pêche n'est pas très abondante et la terre, trop aride, n'apporte pas suffisamment de pousses pour nourrir le petit monde.
Les temps sont difficiles, et ces gens là en sont venus à penser que les dieux qu'ils prient depuis toujours les ont abandonnés. Peut-être sont-ils lassés d'entendre leurs plaintes. Peut-être souhaiteraient-ils qu'ils prennent en main leur destin !
Aurore, c'est aussi une petite fille de cette communauté. Pour elle aussi ce n'est pas évident. Mais ses parents se battent contre vents et marées.
Aurore, c'est finalement cet événement, arrivé là comme un enchantement... l'Aurore dorée ! Elle tapissait le ciel de sa couleur, merveille de la nature, comme un rayon de soleil dans cette période de disette. Quelques jours plus tard, un ruisseau est apparu, de cette même teinte dorée. Et puis deux membres de la petite communauté, dont Aurore, ont eu la mauvaise idée d'y toucher et se sont aussitôt transformés en pierre...
Depuis ce jour les parents d'Aurore, pleins de courage dans leur grande détresse, remontent à la source de leurs maux pour tenter de percer à jour ce phénomène.

La couverture sur fond rouge, une petite fille toute de rouge vêtue et accompagnée d'un loup noir... autant de choses qui nous fait rapidement penser au Petit chaperon rouge mais il n'en est rien. Enrique Fernández nous imagine une nouvelle fois un conte fantastique sans pour autant faire appel à cette célèbre histoire.
La petite Aurore devra inventer une chanson pour parler de son peuple, pour qu'il retrouve sa sérénité d'antan. Une sorte d'ode aux dieux pour qu'ils sachent qu'on les chante toujours ici bas. Mais avant cela, elle devra appréhender le monde alentour pour mieux comprendre en quoi sa communauté influe sur son environnement immédiat.
Une histoire non sans morale, une peu triste certes, mais qui laisse tout de même entrevoir un échappatoire, un meilleur avenir pour ceux qui y auront cru jusqu'au bout.

Graphiquement, j'ai trouvé que le dessin se rapprochait beaucoup plus du Magicien d'Oz que des derniers travaux de l'auteur, avec un traitement graphique toutefois très différent et une couleur à la fois froide et chaleureuse.
Les personnages font un peu figures de « totems », un trait évidemment exacerbé pour le loup dont la gueule, exagérément longue et carnassière, cache une âme humaine. Un animal qui fait office de pont entre les hommes et les dieux.
Le dessin de la petite fille, Aurore, est quant-à lui un peu étrange. Avec sa grosse fourrure sur le dos et son bâton de pèlerin à peine plus grand qu'elle, elle nous apparaît toute tassée. Parfois gamine, espiègle et perdue, on a aussi cette impression qu'elle est parfois plus mature que la plupart des enfants de son âge.
Dans l'ambiance, on retrouve des thématiques ou des créatures qui pourraient aisément intégrer l'univers d'Hayao Miyazaki, comme ces petits êtres planteurs d'arbres ou le faiseur de rivières.

Si j'ai apprécié la lecture, je reste toutefois un peu sur ma faim, triste plus que déçu par l'épilogue de l'album. Il n'y a malheureusement pas beaucoup d'optimisme qui s'en dégage. Une histoire qui ne se finit pas forcément mal, mais qui aurait peut-être pu prendre une tournure plus joyeuse.

Chronique du 30/07/14

L'univers d'Enrique Fernandez a toujours un quelque chose de mystérieux et Aurore n'échappe pas à la règle. Malgré quelques maladresses dans le récit (j'ai mis un temps pas possible à comprendre le début... c'est fou comme je suis blonde !), je dois admettre que cette BD possède sa petite dose de philosophie et qu'il serait abscons de suivre ce récit sans prendre un minimum de recul.

Aurore est un prétexte, une fable.

A travers la fillette, on croise une foultitude de thématiques. La perte de l'enfant, la compréhension des sentiments, l'amitié, la nécessité de façonner la nature sont sans doute les plus évidents, mais pas forcément les plus intéressants.
Pour ma part, j'ai surtout apprécié la façon dont l'auteur traite un thème nettement moins courant : celui d'avoir à être fier de ce que l'on est quand rien ne joue en votre faveur. Comment faire les louanges d'une race qui ne vit qu'aux dépends de ce qui l'entoure ? L'homme est incapable de survivre dans le monde tel qu'on le lui a donné. Il est obligé d'altérer voire de détruire son environnement pour exister.
De la même façon, l'interrogation posée par Aurore peut être transposée à un cadre plus personnel, et à la confiance en soi.

Au final, le cadre tribal et animiste du récit permet seulement de donner à l'histoire des allures mythologiques et de faire ressortir la valeur allégorique du récit. Bien entendu le trait quasi-géométrique et exagéré d'Enrique Fernandez donne parfaitement corps à cette ambiance primitive. Quant aux couleurs, on ne peut qu'admirer ses ton directs à l'aquarelle qui offrent toujours une telle sensibilité à l'image !


D'autres avis : Yvan, Zaelle, David F.


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Année d'édition
2011

Brigada Enrique Fernández (s)(d) AME

Tome 1

Chronique du 08/12/13

Il est des fléaux bien difficiles à cerner. Le Voirandeer est de ceux-là.
Entouré d'un brouillard aussi énigmatique que malfaisant, le monstre détruit tout sur son passage, ne laissant derrière lui que du sang, des ruines et des légendes...
Combien de Daurin ont péri au combat, sonnant les cloches de son héroïque assaut contre une bête aussi terrifiante qu'invisible ?

Perpétuelle lutte s'immisçant au cœur de l'indissoluble conflit qui perdure entre les nains et les elfes noirs. Deux peuples farouchement opposés depuis toujours et qui essaient tant bien que mal de dominer les terres des hommes opprimés et désemparés.
Le dernier espoir d'un lendemain meilleur repose sur les frêles (mais machiavéliques) épaules des sœurs, des sorcières élevées au rang de divinités respectées et dictant leur grand plan du haut de leur inébranlable tour. À moins que le salut ne vienne de la Brigade de Macson, une équipée naine composée de repris de justice à qui il a été accordé une seconde chance... Menée par Irvo, Capitaine sorti de sa retraite pour faire renaître un semblant de discipline en son sein, elle brave le brouillard et ses dangers au jour le jour...


Auto-édition : une solution ?

Brigada est la nouvelle série d'Enrique Fernández, celui-là même qui nous a récemment enchanté avec ses Contes de l'ère du Cobra.
L'auteur espagnol s'est ici lancé dans un défi d'envergure puisqu'il a décidé d'auto-éditer son livre par le biais d'un financement participatif.
L'opération, débutée le 4 juillet 2012 et achevée 40 jours plus tard, a été un franc succès, recueillant 50000 € sur les 36000 € escomptés pour que naisse le projet. Une somme suffisamment conséquente pour que l'offre soit étoffée : format de la bande dessinée et du making-of plus large, 1000 impressions supplémentaires (4000 au total)... et bien entendu une bonne chose pour que le tome 2 voit le jour.

Auteur et éditeur sont deux métiers distincts. L'idée de passer outre les maillons de la chaîne du livre est tentante si l'on considère les déboires actuels du milieu, mais porter plusieurs casquettes différentes complique également la tâche.
Car un éditeur n'est pas seulement là pour porter un projet, il aide également l'auteur (du moins normalement mais c'est peut-être moins le cas aujourd'hui avec la multiplication des publications) et l'accompagne dans son travail. Brigada n'a pas eu ce suivi et de fait son scénario souffre de quelques lourdeurs. Un éditeur aurait pu recadrer les choses et aiguiller l'auteur vers une entame simplifiée. Car le début de l'histoire est très touffu, présentant un univers aussi riche que complexe et de multiples personnages. Le tout concours à une mise en place tardive de la trame générale, le temps de bien ordonner les choses.

En plus de ces fonctions à la fois créatrices et éditoriales, Enrique Fernández se charge lui-même de la diffusion et de la distribution de ses albums. Bien entendu, la campagne de financement lui a donné une bonne base de souscripteurs, mais il doit aussi faire les démarches auprès des libraires s'il souhaite écouler son stock et dégager des bénéfices... et bien sûr prendre en charge l'envoi des commandes.
Tout un programme ! Heureusement, Enrique Fernández peut jouir de sa notoriété acquise sur ses précédents livres pour s'extirper d'un projet complexe et financièrement aléatoire.


Un classique et du potentiel.

Pour qui s'embarque dans l'aventure, le nouveau conte d'Enrique Fernández s'inscrit dans la pure veine de la Fantasy. Un monde dépeignant des êtres classiques du genre (nains, elfes, sorcières) mais aussi des monstres imaginaires (Voirandeer) et bien sûr : de la magie. Les peuples légendaires possèdent surtout des dons (lire dans les veines de la terre pour les nains ; communiquer avec la nature pour les elfes... là encore c'est classique) mais c'est sans doute le brouillard qui intrigue le plus avec sa capacité à corrompre les animaux pour les transformer en bêtes féroces, à dissiper les talents inhérents aux races, à peu à peu annihiler toute cohésion et capacité de jugement d'un groupe.
Des effets qu'on pourrait rapprocher à ceux du Veill dans La Geste des chevaliers Dragons (Tome 3 : Le pays de non-vie).
Reste à voir si Brigada saura développer un souffle épique !


Apothéose graphique.

S'il est une chose constante dans le travail de l'auteur espagnol, c'est bien sa patte graphique incontestablement éblouissante. Reconnaissable entre tous, son style s'affirme d'album en album et nous enchante à chacune de ses productions.
L'univers graphique développé dans Brigada est assez proche des Contes de l'ère du Cobra, moins d'artifices mais plus lumineux, avec un traitement flouté supplémentaire donnant au brouillard un caractère vaporeux qui lui va bien.



Entretien avec Enrique Fernández.

Puisque j'ai eu la chance d'échanger quelques mots avec l'auteur et de lui poser quelques questions...

Lunch : J'ai vu que tu avais pu contacter des libraires pour qu'ils mettent en rayon ton album. Ils étaient très heureux de le mettre bien en avant à la librairie Album à Bordeaux en tout cas. Et c'est une très bonne chose pour la promotion de ton travail.

Enrique Fernández : La question des librairies est très compliquée. Il y a beaucoup de libraires qui ne veulent pas acheter d'exemplaires, car je ne travaille pas comme un distributeur qui peut reprendre les excédents. Je fais une vente complète pour les libraires, sans chance de retourner l'excédent. Et comme ça il n'y a pas beaucoup de gens qui veulent se risquer, malheureusement. Même si je fais des packs de 5 livres !

Lunch : En plus de devoir endosser plusieurs casquettes (auteur, éditeur, distributeur...), c'est compliqué de financer un tel projet.
Je me posais la question de savoir si ton retour sur investissement était bon. Tu as pu commencer à en tirer des bénéfices ? C'est en bonne voie pour le tome 2 ? Tu prévois combien de tomes d'ailleurs ?

Enrique Fernández : Je suis très heureux d'avoir fait ce projet, mais en ce moment je dois encore travailler pour améliorer toutes les erreurs. Il y en a beaucoup ! Et la campagne pour le deuxième numéro sera mieux faite.
Économiquement, oui, ça marche, mais pas pour se dédier complètement à cette affaire. Je fais d'autres travaux en parallèle.
La série comporte trois tomes pour commencer, mais on sait jamais comment ça va marcher. Ça dépend de la campagne du tome 2. On va voir...

Lunch : Trois tomes donc, c'est une belle aventure en tout cas.
Sinon, quand tu parles d'erreurs, tu fais référence à quoi en particulier ?

Enrique Fernández : Il y a eu des erreurs de choix surtout pour le mode d'envoi. J'ai choisi une compagnie de transport qui a fait ce qu'elle a voulu avec la plupart de mes envois. Et en plus, elle ne veut pas admettre qu'elle est responsable de ces erreurs. Pour la prochaine fois, je vais faire confiance à une autre compagnie qui va se porter garante du début à la fin sur ce point. Mais c'est l'une des questions les plus difficiles a traiter, car il n'y a pas de bon prix et faire un prix unique pour tous les pays est compliqué, parce qu'il faut que le client qui vient d'acheter le livre ne soit pas déçu, c'est très difficile.

Lunch : J'ai pour ma part trouvé que ce tome introductif était très complexe, imbriquant beaucoup de personnages qui ont tous un rôle à jouer. C'est pas évident de traiter autant de choses en même temps. Le second tome sera plus axé sur l'aventure j'imagine, maintenant que tout est en place ?

Enrique Fernández : Quand j'ai commencé a écrire le premier tome, il était encore plus complexe, car il était plus destructif sur la question narrative. J'ai choisi une approche plus aimable pour ne pas aller trop loin mais sans me laisser porter par une narration trop évidente. Car mon intention est de décrire un univers qui est complexe, ce qui est le cas aussi pour les protagonistes.

Lunch : C'est quelque chose que tu tenais absolument à faire, un livre seul de A à Z, sans filet et sans passer par un éditeur ?

Enrique Fernández : C'est une chose que j'étais tenté de faire depuis longtemps, pendant que je travaillais sur d'autres albums, mais le problème était de financer le tout. Avec le crowdfunding, cette question a été solutionnée.

Lunch : En parlant d'édition, AME est un acronyme ? Un choix qui a une signification particulière ?

Enrique Fernández : Ame vient d'Amelia, ma fille. Elle est née l'année durant laquelle je me suis lancé dans cette folie d'auto-édition, et sa naissance m'a donné la force pour travailler avec plus de motivation, pour faire quelque chose différent. Aussi, "AME" signifie "pluie" en japonais, et il y a aussi une relation avec ma fille et d'autres choses personnelles.

Lunch : C'est très joli AME. Pour toutes les significations que tu as énumérées et puis aussi pour ce que ce mot veut dire en français.
Autre question : David Chauvel est quelqu'un d'important pour toi. C'est lui qui t'offre la saga du Magicien d'Oz à tes débuts dans la BD et aujourd'hui, il suit toujours tes travaux de près. Il était encore là pour Brigada. Il t'as dit que tu étais fou quand tu lui a annoncé ce projet ?

Enrique Fernández : Haha ! C'est un très bon ami, et il m'a beaucoup aidé pendant toutes ces années. Même pour Brigada il m'a sauvé sur certaines questions. Il comprend (je crois) mon point de vue sur la question de l'auto-édition, et il m'a seulement demandé de lui expliquer mon expérience quand elle sera finie. Bonne affaire, non ?

Lunch : Les journées sont courtes en ce moment j'imagine, entre la promotion de Brigada #1, la préparation du tome 2 et aussi tes projets en parallèle ?

Enrique Fernández : Oui, trop courtes ! J'ai commencé d'autres travaux qui ont une échéance plus déterminante, et j'ai du laisser un peu à part la préparation du tome 2. J'espère pouvoir lancer la campagne au commencement de l'année prochaine au plus tard.

Lunch : Merci pour tes réponses Enrique et pour tout ce temps que tu m'accordes alors que tu es très occupé. Muchas gracias también por tu francés !



Un autre avis : Fab Silver

Le blog d'Enrique Fernández.




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Tome 1

Année d'édition
2013

Contes de l'ère du cobra (Les) Enrique Fernández (s)(d) GLÉNAT

Tome 1 : " Les amants "

Chronique du 28/08/12

« Bienvenue dans mon modeste théâtre.
Aujourd'hui, en ce cinquième anniversaire de la nuit des feux, permettez que je caresse vos âmes avec mon histoire, une histoire tissée des fils de cent autres histoires... »


Enrique Fernández a toujours aimé les contes. Dès ses premiers pas dans la bande dessinée, c'est avec David Chauvel qu'il se lance dans l'adaptation du roman de Frank Baum : Le magicien d'Oz. Son trait d'alors a quelque chose de féérique, en dehors des sentiers battus.
Les contes, il se les approprie petit à petit, il en fait presque son crédo. Il signe avec L'île sans sourire son second (si je ne m'abuse) album solo. L'an passé, il nous faisait vivre une fable initiatique et porteuse d'espoir avec Aurore...

Le voilà qui poursuit sa route dans le monde de la bande dessinée avec une nouveau conte, qui s'assoit entre la magie d'Aladin et la cruauté du Baron de Münchhausen. Dessins et couleurs nous transportent vers l'orient, l'Inde et Les mille et une nuits, le berceau de tous les rêves, des légendes, des serpents, des belles femmes...
Un monde dans lequel personne ne s'en sort indemne, dans lequel tout être, aussi bienveillant soit-il, possède une face sombre.

Enrique Fernández est un dessinateur que j'admire vraiment, capable de m'ôter les mots de la bouche avec son traitement graphique si particulier. Il parvient à chaque fois à faire quelque chose de sensiblement différent, et pourtant toujours aussi reconnaissable.
Il faut dire que ce monsieur vient de l'animation, tout comme d'autres grands noms de la bande dessinée que j'adore : Juanjo Guarnido, Virginie Augustin... On ressent vraiment cette patte là dans l'approche de la couleur. C'était flagrant dans L'île sans sourire, ça l'est d'autant plus dans ces Contes de l'ère du Cobra, dont le traitement est vraiment proche de celui d'Aladin de Disney.
Une colorisation en net décalage par rapport à celle employée dans Aurore, paru seulement 4 mois plus tôt (décembre 2011 pour Aurore et avril 2012 pour Les contes de l'ère du Cobra). Deux techniques tout à fait différentes et que l'auteur a sûrement dû employer de front.

Le récit m'a franchement enthousiasmé au départ, puis j'ai fini par le trouver un peu long, surtout sur la deuxième partie. Il faut dire que l'intrigue débute merveilleusement bien. L'auteur prend le contrepied parfait du beau prince qui part délivrer sa promise. Ça dégénère, la situation devient inextricable, on se demande comment ça va évoluer, c'est épineux et très plaisant.
Pourtant, j'ai trouvé que la seconde partie, avec l'arrivée du comédien nain, acolyte de notre virevoltant Irvi, était trèèèèèès longue, et pas si riche en rebondissement que la première moitié de l'album. Changement de rythme donc, dommage. Mais nous en aurons sûrement pour nos mirettes dans le second et dernier opus. Avec je l'espère une montée en puissance du début à la fin.

Ceci étant dit, j'ai beaucoup aimé cet album malgré tout, et je trouve que l'entrée en matière est plus agréable et va plus dans le fond des choses que dans Beauté.
Bref, si vous aviez aimé cet album de Fabien Velhmann et Kerascoët, si vous aimez tout simplement les belles histoires, foncez sur Les contes de l'ère du Cobra : vous ne serez pas déçus !


D'autres avis : David F., Zaelle




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Tome 1 : " Les amants "

Année d'édition
2012

Tome 2 : " Révolution "

Chronique du 27/04/13

« Comme je vous le narrais, notre pays traversait là des temps bien obscurs. Si obscurs qu'une simple et infime étincelle pouvait provoquer un puissant brasier. Un feu si intense qu'il mettrait fin pour toujours à cet Empire plongé dans les ténèbres.
Maluuk généra l'étincelle. Irvi souffla l'air qui la transforma en flamme.
Laissez-moi vous raconter maintenant comment cette flamme devint un puissant feu...
»


Après seulement quelques mois d'attente (le premier tome était paru en avril 2012, et le second à peine 5 mois plus tard) Enrique Fernández met fin à ces magnifiques contes (oniriques) de l'ère du Cobra.
Ainsi le lecteur par l'album alléché n'eut pas à attendre trop longtemps pour se plonger dans la conclusion du diptyque.
Une pause courte fort appréciable, et surtout une césure bien amenée dans le rythme de la narration, qui ne donne pas la désagréable impression que l'histoire aurait pu tenir dans un seul tome plus volumineux : le premier tome posait les bases de la romance et décrivait les personnages qui entraient véritablement en scène dans le second, sur une pétillante conclusion.

J'attendais celle-ci depuis longtemps mais, comme souvent, je fais trop traîner mes lectures... Qu'à cela ne tienne, j'ai relu intégralement l'histoire pour mieux m'imprégner de sa féérie. Et j'y ai pris beaucoup de plaisir tant l'auteur nous livre un travail impeccable.
Cette seconde lecture m'a par ailleurs permis de remarquer certains détails qui m'avaient échappé, comme cet exercice de style auquel Enrique Fernández s'est prêté sur les premières planches du tome 1. Elles présentaient une fluidité et un dynamisme incroyables, renforcés par ce découpage qui rendait la succession des cases si vivante : il y avait une continuité entre les cases, notamment les 3 premières de la page 5 et l'envol d'Irvi au-dessus de la cité en page 6.
Une dynamique que l'auteur a rapidement laissé tomber tant ce devait représenter un travail de folie. Il a cependant préservé notre délice intact à grand renfort d'artifices éblouissants : la mise en couleur de cette série est absolument fantastique !


« Notre devise est " seulement pour les plus grands, seulement pour les grandes occasions ", votre altesse. Notre caravane offre ses services uniquement aux clients les plus remarquables, et nous proposons des représentations sur mesure, fondées sur leurs propres exploits.
_ Hum... Humm... Soit, soit... Cela fait longtemps que nous n'avons eu la visite d'une troupe comme la vôtre. Quels sont vos talents ?
_ Notre plus grand talent est de transformer notre client en personnage principal de sa propre histoire. Et, qui mieux que votre altesse pour jouer son propre rôle ?
_ Moi, jouer un rôle dans la pièce ?
_ Mais pas n'importe lequel ! Le rôle principal : celui du héros !
»

Avec ce tome 2, Enrique Fernández clôt son récit dans une magistrale vengeance théâtrale. Une fin prenante oscillant entre le conte et le théâtre, dans un bouquet final explosif.
Je suis vraiment fan de cet auteur, et je dois l'avouer, Les contes de l'ère du Cobra est son œuvre que je trouve la plus aboutie, tant narrativement que graphiquement.
Maintenant, il ne me reste plus qu'à attendre (avec impatience) la sortie de Brigada, son prochain livre !



L'avis de Zaelle

La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.




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Tome 2 : " Révolution "

Année d'édition
2012

Ile sans sourire (L') Enrique Fernández (s)(d) Drugstore

L'île sans sourire

Chronique du 07/12/09

Un homme débarque seul sur une île battue par la tempête. La petite embarcation qui l'avait amené jusque là reviendra le chercher deux semaines plus tard.
L'homme en question se nomme Milander Dean, il est géologue et arrive dans cette petite communauté de pêcheurs pour étudier les pierres environnantes.
À peine arrivé, il croise la route d'Elianor Mise "Yukinde", qui signifie merveilleux. La petite fille est toujours joviale et déborde d'énergie, tout le contraire de notre mystérieux bonhomme qui ne lâche jamais un sourire...

L'île sans sourire porte vraiment bien son nom. Car tous les adultes sont mornes et tristes. Il n'y a guère que les enfants qui portent encore un peu de joie de vivre. Les maisons sont peintes et décorées avec des couleurs vives pour égayer leur quotidien, on leur raconte sans arrêt des histoires extraordinaires, à croire qu'on ne veut pas qu'ils grandissent, de peur qu'ils deviennent adultes, qu'ils deviennent comme les autres...
Mais quel secret cache tous ces artifices ?

L'île sans sourire est une histoire fantastique qui est née des mains d'Enrique Fernández, que j'avais déjà découvert dans son adaptation du Magicien d'Oz. Si les dessins sont toujours aussi ronds et pleins de couleurs, ravissant nos yeux ébahis, cette fois le scénario est de lui (Le Magicien d'Oz était scénarisé par David Chauvel). Et mis à part la narration que je trouve parfois une peu lourde pour un livre qui se veut simple, je n'ai vraiment rien à redire sur ce conte pour enfant vraiment sympathique à lire, et qui devrait plaire à toute la famille, du plus grand au plus petit.
Le contraste entre la tristesse des adultes et la joie des enfants est vraiment exacerbée par la venue de ce géologue renfermé sur lui-même et qui serait sur cette île comme une baleine dans l'océan, en permanence accompagné par la petite Eli et sa débordante activité.
C'est plein de regards, de sourires, de belles choses, de réalité mais aussi de fantastique. Et c'est le mélange de tout ça qui fait de l'île sans sourire un album vraiment plaisant.




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L\\'île sans sourire

Année d'édition
2009