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En rouge les commentaires de Lunch et en bleu ceux de Badelel.
A l'assaut d'un château Géraldine Collet (s), Coralie Saudo (d) Millefeuille

Chronique du 03/06/14

« On lit ce livre ? Tu t'en rappelles ?
_ À l'assauuuuuut ! »

Difficile de résister à un tel enthousiasme, quand bien même ma fille adore les livres d'une manière générale.
À l'assaut d'un château n'est pourtant pas une histoire continue. Qu'à cela ne tienne, ça ne l'effraie pas. Chaque page est indépendante tout en suivant un même cadre conducteur, mettant en scène un souriceau qui part à l'assaut d'un château. Il essaie tout, de la catapulte au siège, présentant tour à tour quelques unes des plus célèbres techniques d'offensive avant d'étendre plus encore le vocabulaire de la forteresse depuis l'intérieur.

« Puisque c'est comme ça, j'utilise un beffroi ! »

À l'assaut d'un château raconte non seulement une innocente invasion mais invite également les enfants, qui développent tous une certaine fascination pour ces ouvrages moyenâgeux, autour d'un premier lexique. L'occasion pour eux de mettre un nom sur ces dents qu'on appellent créneaux et d'émoustiller leur imaginaire avec un dragon dans les douves ou un peu de magie.
L'album pourrait de fait paraître didactique mais l'effet est atténué par des textes à rimes. Un glossaire plus compact répertorie à la fin les termes employés dans l'histoire pour les plus grands qui veulent approfondir.
Une dernière page « Fabrique tes souriceaux... » apporte un petit plus en travaux pratiques et je compte bien dénicher quelques beaux galets pour une session peinture !

Coralie Saudo dévoile un graphisme qui semble fait de collages de papiers découpés, retravaillés et colorisés sur informatique. Seul le souriceau paraît sortir du cadre avec sa texture plus naturelle (le fameux galet peint), rehaussée par une touche de blanc pour les mains, les pieds, les yeux, les cheveux... pour ajouter à son expressivité.

Géraldine Collet et Coralie Saudo ont aussi travaillé ensemble dans la même collection sur l'album S'échapper d'une île qui dépeint plutôt le décorum marin, et sur de nombreux autres projets parus chez les éditions les 400 coups.

Nous remercions Babelio et les éditions Millefeuille pour cette lecture.


La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.
Le blog de Géraldine Collet.
Le site de Coralie Saudo.




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Année d'édition
2013

Arbre de Nutello (L') Bénédicte Guettier (s)(d) CASTERMAN

Chronique du 27/01/13

L'arbre de Nutello est a priori un nouveau venu de Bénédicte Guettier dans la collection La vie en rond. Du moins je n'ai pas trouvé de dépôt légal antérieur à 2012 malgré mes recherches.

« Au menu : noisettes, noisettes et noisettes ! Tu connais quelque chose de meilleur ? »

Un récit qui s'adresse toujours à nos toutes petites têtes blondes (ou pas d'ailleurs, mais chez nous c'est vraiment blond) et qui reprend de manière différente le thème du partage entrevu avec Le champignon de Chipoti.
Cette fois plus question de le tourner dans le sens de la solitude finale. Au contraire de Chipoti, Nutello est très heureux de recevoir de la visite et de partager son repas. Au menu ? Des noisettes bien sûr !
L'enfant découvrira à quoi ressemble un écureuil et ses habitudes : mode de vie, alimentation (exclusivement composée de noisettes évidemment).

Un livre un peu plus solide comparativement aux autres de la collection compte tenu de sa tranche plus large (le livre a la forme d'un tronc d'arbre après tout, et c'est solide un tronc !).




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Année d'édition
2012

Bébé Lily et toi Claire Trévise (s), Olivia Lyly (d) Quatre Fleuves

Chronique du 19/06/12

Je suis pour ma part très mitigé par rapport à cet album bébé.
D'une part parce que je ne le trouve pas d'une grande originalité. Il y a des albums pour le même âge tellement plus inventifs que je trouve dommage que celui-ci se cantonne à si peu de choses.
De même concernant les gadgets. Car à part un petit grelot inséré dans le livre et qui fait gling gling, très peu de choses à manipuler pour le bébé. Certaines pages ne contiennent rien de particulier (j'entends par là à part le texte et le dessin sur le livre en tissu).

Maintenant que j'ai vu ou eu en main quelques albums pour cette tranche d'âge, je suis franchement déçu par celui-ci.

Chronique du 04/12/11

Bébé Lyly et toi est le tout premier livre de Gussette. Je vous fais grâce de l'âge auquel ce livre s'adresse, vous devinerez sans problème qu'il n'est pas utile d'avoir un bac+20 pour le lire !

En tous cas, Gussette l'apprécie, elle se marre bien à chaque fois.

Moi ce que j'apprécie chez lui c'est qu'il a tous les ingrédients magiques pour un livre pour bébé (ah mince, j'avais dit que je ne mentionnerais pas le public !) : d'abord en tissu (indispensable), avec des matières (elle n'a pas encore testé le toucher par contre mais ça viendra bientôt), des petits bruits, quelques mouvements, et une histoire qui invite aux variations d'intonations.

Par contre, je lui trouve les couleurs biens fades pour le type de dessin choisi, du coup, le graphisme fait très convenu. Avec des couleurs plus lumineuses et plus voyantes, le trait aurait gagné en personnalité. Mais je ne suis pas certaine que la principale intéressée se préoccupe de l'originalité du dessin en fait...



Petit erratum sur les informations liées à ce livre : Claire Trévise n'est pas vraiment la scénariste du bouquin. Elle a écrit le texte français. Sachant que le livre original est norvégien, elle est plutôt ce que j'appellerais une traductrice... Mais le nom du vrai scénariste est introuvable, sur le bouquin aussi bien que sur Internet, du coup on a un peu fait comme tout le monde.


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Année d'édition
2011

Bocal de Sushi (Le) Bénédicte Guettier (s)(d) CASTERMAN

Chronique du 08/10/12

Sushi, ne vous y méprenez pas, est un poisson.
Encore bien vivant rassurez-vous... et a priori loin du couteau bien aiguisé du premier restaurant japonais du coin.

Le bocal de Sushi est un livre pour les très jeunes enfants.
Facile à comprendre et ne s'étalant pas sur plus de quelques pages cartonnées, bref, le récit idéal pour nos adorables bambins.
Une histoire qui fera également sourire les adultes, plus à même de comprendre la malignité qui se cache derrière des textes hautement naïfs.

« Il a l'air gentil, il me sourit. »

Je vous laisse deviner qui est son nouvel ami ?

Le bocal de Sushi appartient à une collection que j'adore chez Casterman : dans laquelle le fond et la forme se confondent.
Ici la forme du livre épouse celle du bocal dans lequel nage Sushi. Rigolo et inventif, le médium joue vraiment un rôle dans la narration, ce qui donne une dimension particulière à la lecture.

Cette idée, nous la devons à Bénédicte Guettier, auteure prolixe spécialisée dans la littérature jeunesse. Jugez-en sa bibliographie, non exhaustive qui plus est... tout bonnement hallucinante.
Mais je laisserai Badelel vous en parler plus longuement, elle s'y connaît franchement plus que moi sur le sujet.
Il est noté que la mise en page est de Céline Julien mais je n'ai trouvé nulle part en quoi consistait exactement son travail (l'idée de départ pour la forme des livres de cette collection ? Le lettrage ?).

Les enfants peuvent manipuler le livre eux-même mais ce n'est pas sans risques, car le dos de l'album est plutôt fin et donc facilement endommagé. Il est donc plutôt conseillé de le lire avec eux.

Chronique du 08/10/12

Nul besoin de présenter Bénédicte Guettier, tant elle est omniprésente dans la production jeunesse (petite enfance serait plus juste d'ailleurs) ! Mais si enfin, vous connaissez au moins l'âne Trotro... Ha ? Jérôme voulait que je la présente ? Ben euh... Voilà sa bibliographie, elle est plus éloquente que moi.

Bon, alors elle a aussi une petite collection chez Caster rigolote comme tout pour faire rire jaune. Et donc là, déjà, le poscail s'appelle Sushi (sympa les maîtres), et en plus il est innocent comme tout, pauvre Sushi ! Bon, l'album ne dit pas s'il finira en sushi, il reste sur une note plus optimiste : le doute.

Par contre un bémol : ouais le format il est super rigolo ouais... Dites ça à la Gussette qui nous les arrache en moins de deux, les bouquins. Car avec une tranc... pardon un DOS (si si ça s'appelle comme ça en vrai) moitié moins haute que l'album lui-même, je vous laisse imaginer que ça ne tient pas des masses !


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Année d'édition
2011 (1°ed.1996)

Champignon de Chipoti (Le) Bénédicte Guettier (s)(d) CASTERMAN

Chronique du 27/01/13

On vous avait déjà parlé ici de cette collection La vie en rond, qu'on aime beaucoup à la maison, avec ces livres aux formes rigolotes.
Le champignon de Chipoti est donc un autre livre de Bénédicte Guettier paru chez Casterman. Un album pour les tout petits qui se voit doté, pour ce qui concerne la réédition 2012 (et ça vaut pour toute la collection 2012), de pages cartonnés doublées, ce qui rends les livres ainsi édités plus solides, un moindre mal quand on sait la fragilité de cette collection dont la tranche est, du fait de leur forme, plutôt fine.

« C'est un peu triste de manger tout seul, mais je n'aime pas partager ! »

C'est l'histoire d'une petite souris qui ne veut pas partager.
On y apprend bien sûr le partage, mais dans un sens plutôt négatif, Chipoti voulant garder pour elle l'énorme champignon qu'elle vient de trouver, rejetant tour à tour une autre souris et un lapin.
Je conseille cette lecture couplée de L'arbre de Nutello, sur le même sujet.




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Année d'édition
2012 (1°ed.1999)

Contes de la banlieue lointaine Shaun Tan (s)(d) GALLIMARD

Chronique du 01/03/11

Alors que vous êtes confortablement installé dans votre canapé, vous avez devant vous une lettre. Un grand format, papier craft, adressé à Paul, à destination de Perth en Australie.
Sa provenance, quant-à elle, demeure plus mystérieuse. Une multitude de timbres colore tout le côté droit de l'enveloppe et aide à se faire une idée d'une banlieue lointaine, dans laquelle on peut rencontrer des buffles d'eau, où les chiens veillent la nuit sur les meubles sauvés d'un incendie, ou les missiles décorent les jardins...
À l'intérieur du pli désormais ouvert, les contes se succèdent, narrant avec verve et une certaine magie des histoires toutes plus incroyables les unes que les autres.

Banlieue lointaine, c'est le nouvel album de Shaun Tan après le succès de Là où vont nos pères, auréolé du Fauve d'or d'Angoulême en 2008.
Cette fois, pas de sujet aussi lourd que l'immigration. Juste une succession de contes courts adressés aux jeunes et aux moins jeunes (le titre est par ailleurs édité dans la collection Gallimard Jeunesse). Des histoires fantastiques et incongrues, accompagnant à merveille de splendides illustrations comme l'auteur sait si bien les réaliser.
Car cette fois il s'agit bien plus d'un roman graphique que d'une bande dessinée de part sa conception : grandes pages d'écriture confrontés à des dessins pleine page pour la plupart des histoires.

Pour ma part j'ai trouvé quelques inégalités dans la construction des récits. Certains m'ont marqué plus que d'autres, que j'ai perçu plus longs, moins excitants.

Mes préférés ?
- Vigilants, pas inquiets, avec ces missiles dans les jardins en guise de décoration qui font une magnifique allégorie de la course à l'armement.
- Orage à l'horizon et son découpage si particulier, son assemblage extraordinaire de mots dans un poème de grande classe.
- Nulle part ailleurs et ces maisons aux secrets bien gardés.

Et si nous ne retenions que le meilleur en refermant le livre ?




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Année d'édition
2009

Eco Guillaume Bianco (s), Jérémie Almanza (d) SOLEIL

Tome 1 : "La malédiction des Schaklebott"

Chronique du 13/01/11

Famille prospère et travailleuse, les Schaklebott sont d'habiles et renommés artisans. Leurs doigts accomplissent des merveilles et leurs étoffes se vendent à prix d'or. Réputés pour leurs magnifiques talents, leur carnet de commande ne désempli pas, et ils n'ont que peu de temps à accorder à leur unique petite fille, Eco. Les jouets ne lui manquent pas, mais l'amour des parents ne s'achète pas.
Un jour, son père lui demande un service : le ministre a commandé des poupées pour l'anniversaire de sa fille, mais les livreurs sont affairés ailleurs et ses parents ont trop de travail pour pouvoir s'absenter. Il faudra donc qu'elle porte elle-même le petit coffre...

Avant même le début de l'histoire, sur la page précédant le chapitre 1 destinée aux traditionnels remerciements, est faite une citation de Kafka :
« Il n'existe que des contes de fées sanglants.
Tout conte de fées est issu des profondeurs du sang et de la peur. »

Il y avait donc fort à parier que cette histoire aux doux aspects de conte ne se passe pas gentiment. Cela ne signifie pas qu'il y aura pas de happy-end (dans un album futur, vu que ce n'est ici que le tome 1)... mais que le chemin s'avère plus tortueux qu'à l'accoutumée.

Un conte. C'en est pourtant bien un. Du moins il en a tous les aspects lorsqu'on commence l'histoire. Un texte plein de poésie et d'espoir. Des images majestueuses, avec un dessin tout en rondeur, des perspectives déformées et des petites bouilles sympathiques. On se dit au départ que cela correspondrait à merveille à une lecture pour enfant.
Oui mais voilà, tout dégénère et la fin est... spéciale. Plus tourmentée dirons-nous. Elle évoque des considérations plus adolescentes, le passage à l'âge adulte, le rejet des parents, la solitude et la découverte de soi.

Décidément, Guillaume Bianco à l'art de faire des histoires qui paraissent être adaptées aux enfants, mais qui ne le sont pas vraiment.
Je suis de ce fait un peu surpris de la tournure du scénario. On ne s'y attends pas du tout et on a presque l'impression qu'on sort du contexte. J'avais pourtant envie de vivre ce conte, de savoir ce qu'il advenait de cette petite fille et de la voie surmonter une à une les péripéties de l'histoire.
Mais la fin nous rappelle à d'autres interrogations, j'ai l'impression qu'on change de sujet et que la fillette a pris 8 ans d'un coup. Et je trouve ça un peu dommage.

Je suis en revanche totalement subjugué par les dessins de Jérémie Almanza. Comme je le disais plus haut, les illustrations sont de toute beauté. Les images sont rigolotes, pleines de détails et d'objets insolites et déformés. C'est rond et sympathique. Ça me fait un peu penser à du Tony Sandoval.

J'ai eu l'impression cependant, et notamment sur l'un des dessins, qu'il n'était pas vraiment en adéquation avec le texte (la double page 10-11). La narration parle d'une maison propre et rangée, sans recoins pour se cacher. Alors que l'image parle d'elle même : il y a des objets partout et tellement de désordre qu'on imagine mal qu'il soit difficile de s'y cacher.
En allant sur le blog de Guillaume Bianco, je me suis aperçu qu'il avait fait le storyboard avec ses propres vignettes, qui collent effectivement mieux au texte. Je dois avouer que je préfère les magnifiques illustrations, plus alambiquées, qu'a réalisées Jérémie Almanza, mais peut-être que le texte aurait dû être retravaillé par endroits pour mieux y coller. Le dessin est tellement vivant que l'inverse m'eut paru totalement improbable.

Et je rage un peu de m'arrêter en plein milieu de l'histoire quand même, surtout que la fin nous laisse penser à une remake du petit chaperon rouge... ça sent la fugue à plein nez tout ça ^^

Chronique du 13/01/11

Eco n'est pas une bande dessinée à proprement parler. D'ailleurs ce n'est pas une bande dessinée du tout, c'est même clairement un album d'images, vu que ce livre ne contient aucune des caractéristiques de la bande dessinée. La seule chose qui le rattache à ce genre, c'est l'éditeur, et le fait que les auteurs soient habituellement des auteurs de BD. Ce type de considérations mis à part, c'est un livre graphiquement sublime, c'est incontestable ! Dans la droite lignée de la collection Métamorphose avec une ambiance un peu sombre et un trait « innocent ».

Concernant l'histoire, elle se rapproche pas mal du conte, d'ailleurs chaque chapitre est introduit par une référence à Jack et le haricot magique. Ce qui me chiffonne c'est de comprendre à quel public il s'adresse. Le ton et la situation laissent imaginer qu'il s'adresse à des enfants, mais le vocabulaire et un certain nombre d'événements présagent plutôt d'une orientation plus adolescente. Je ne sais pas si ce questionnement est lié à mon cadre professionnel, en tout cas, il a pas mal perturbé ma lecture. Autre chose qui m'a gêné, cette fois en temps que femme, c'est la fin de ce premier tome (ah oui tiens, c'est un premier tome). Sans vouloir trop en dire, on sent clairement la plume masculine qui ne sait pas de quoi elle parle. Même imagée, la scène est grossière et mensongère.
Ce qui n'empêche pas une lecture agréable et une histoire prometteuse.


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Tome 1 : \\"La malédiction des Schaklebott\\"

Année d'édition
2009

Tome 2 : " La bête sans visage "

Chronique du 29/11/11

Les souvenirs sont cruels... Facétieux, ils nous jouent de bien vilains tours, ravivant à nos mémoires des scènes que nous souhaitions oublier.
« Tu ne sortiras pas de table avant d'avoir fini ton assiette, Éco ! »
Des têtes à têtes avec ses repas, combien d'entre nous l'ont vécu durant l'enfance ? Pour Éco, ce n'est pas qu'un souvenir, c'est un véritable cauchemar : sa mère hystérique qui la gave comme une oie, enfonçant ses ongles dans sa chair de jeune fille.
En sueur, des feuilles collées sur ses joues, elle se réveille enfin de cet horrible vision. La forêt lui est toute acquise, à elle qui a fui le domicile familial. Avec ses quatre compagnons peluches, elle part à la recherche de la Princesse des nuages.

Guillaume Bianco et Jérémie Almanza reviennent avec deuxième tome, et non le dernier, d'Éco, qui retrace la petite aventure de cette petite fille au bonheur déchu. Elle qui avait tout pour être heureuse - sans l'être vraiment - dans la maison Schaklebott a vu son destin brisé le jour où elle a déçu ses parents et causé la perte du prestige familial.
Ses sentiments de solitude et de délaissement se sont vus amplifiés par le mépris et la folie de ses parents, et en particulier de sa mère. La fuite était donc la seule issue pour Éco, persuadée que sa génitrice était à l'origine de sa transformation, qu'elle lui avait lancé une malédiction.

Dans ce second opus nous partons avec l'héroïne et ses quatre compagnons d'infortune dans un beau voyage, loin des malfaisances parentales. Si l'aventure séduit par l'ambiance omniprésente du conte, nous ne pouvons nous empêcher de porter sur le récit notre regard d'adulte. Cette fuite en avant de la fillette évoque avec beaucoup d'images la transformation de la femme, qui un matin pose ses yeux dans son reflet et s'aperçoit qu'elle a grandi. Le réflexe adolescent voit peut-être en premier lieu la tourmente du père et de la mère qui, de par l'éducation qu'ils apportent, peuvent jouer le rôle des persécuteurs. De ce fait, Éco se renferme peut-être sur elle-même et se projette dans ce conte onirique pour mettre des mots sur sa mutation. Et nous, on a quand même un peu l'impression que ce beau voyage n'est que prétexte, et qu'Éco se réveillera chez elle en même temps qu'elle ouvrira ses yeux sur sa nouvelle féminité.

L'entrée en matière, dans le premier tome, m'avait surpris car je ne m'attendais pas du tout au sujet du livre. J'ai cependant été conquis par sa suite, qui développe un récit rythmé tout en abordant le thème de la sexualité féminine de belle manière. Il faut dire que les illustrations de Jérémie Almanza sont toujours aussi belles et envoûtantes, et aident à se plonger dans le cadre fantastique de l'histoire.
En revanche, si les références (Grimm, Perrault, La Fontaine, ...) de Guillaume Bianco présentes dans les extraits qu'il propose à chaque début de chapitre sont adaptées aux plus jeunes, ce n'est clairement pas le cas d'Éco. La mort y est abordée crument, le récit véhicule beaucoup de mélancolie et la transformation que vit la petite fille - qui en est de moins en moins une - aurait tendance à effrayer un enfant. Je ne saurais cependant donne de conseil en matière d'âge requis pour cette lecture... des idées ?

La conclusion - et la probable prise de conscience - est prévu dans un troisième tome... Si le duo d'auteurs continue à ce rythme là, il faudra patienter à peu près deux ans !




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Tome 2 : \\" La bête sans visage \\"

Année d'édition
2011

Milo le rhino Nesmo (s)(d) Balivernes

Chronique du 27/01/13

« Au secours ! Le ventre de Milo gémit.
C'est bizarre, il fait des gargouillis.
Il a sûrement faim, mais, c'est étrange,
Milo ne sait plus ce que les rhinos mangent ! »



Nesmo, qui est aussi dessinateur de BD (notamment aux côtés de Jean-David Morvan sur Ronces et Univerne), nous propose une balade africaine aux côté des animaux qui peuplent ce continent : girafes, lions, zèbres, hippopotames... touristes...
Une découverte d'animaux exotiques donc (surtout les touristes) qui au passage nous rappelle (ou nous apprend) ce qu'ils mangent.

Mais c'est surtout le dessin que je trouve absolument génial (et qui n'a rien à voir avec ses bande dessinées pour le coup), à mi-chemin entre le cubisme des premiers jeux vidéos 3D et les Légos. Un dessin aux formes simples qui permet d'identifier clairement les animaux. Les pages sont aérées : pas de surabondance de traits, les décors sont rendus dans leur plus simple apparat et les couleurs sont tranchées. Un ensemble qui fonctionne bien pour la compréhension des plus jeunes.

Si j'ai un petit regret à formuler c'est au niveau du texte. L'auteur s'est épanché à faire des rimes sur chaque phrase mais les syntaxes sont du coup parfois un peu étranges.


Un livre à mettre dans les mains des enfants à partir du moment où ils font attention aux pages souples. Et pour ce qui est de leur lire, c'est possible à peu près dès 15 mois.
Et si vous aimez ce titre, vous pourrez aussi jeter un œil sur Malo le matou, un second album paru au même moment dans la collection Petites sornettes chez Balivernes édition. Un livre qui présente quant à lui les animaux de la ferme.


Je remercie Jérôme qui m'avait déjà donné très envie de découvrir cet album avec sa chronique.
Je remercie Babelio et les éditions Balivernes pour ce joli cadeau qui n'a pas manqué de plaire à ma fille, qui l'a déjà lu (ou tout du moins fait lire) et feuilleté à de nombreuses reprises. Et puis en plus, y'a plein de crocodiles, et elle adore les crocodiles !


La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.




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Année d'édition
2012

Sauvage (Le) David Almond (s), Dave McKean (d) GALLIMARD

Chronique du 16/11/11

Blue Baker est un petit garçon d'une dizaine d'années. Avec sa sœur Jess et sa mère, ils vivent dans une petite ville tranquille toute proche du bois de Burgess.
À l'école, la conseillère Mme Molloy s'inquiète beaucoup pour Blue. Alors elle le retire des cours de temps en temps pour parler avec lui, et lui demande d'écrire pour faire exploser ses sentiments. Il faut dire que le gamin vient de perdre son père et qu'il vit une période très délicate.
Ce n'est pas facile de coucher ses sentiments sur du papier, mais petit à petit, il se met à raconter une histoire, celle d'un jeune garçon sauvage rôdant dans le bois tout proche...

David Almond, écrivain britannique, a écrit cette histoire sur une demande d'ITV et de Seven Stories, centre du livre pour la jeunesse anglais.
Pour l'épauler sur le projet, un autre anglais : Dave McKean. Ce dernier n'est pas inconnu dans le monde de la bande dessinée, rendu célèbre par le magnifique Batman Arkham Asylum, mais aussi Cages, Celluloid ou encore de nombreuses collaborations avec Neil Gaiman (Le Jour où j'ai échangé mon père contre deux poissons rouges, Des loups dans les murs...).

L'album alterne les phases de texte dans lesquelles Blue raconte les événements avec sa vision d'adulte - ou tout du moins d'adolescent - et les chapitres illustrés mettant en image l'histoire du Sauvage telle qu'il l'écrivait quand il avait dix ans.
Cette partie là, le récit dans le récit, fait la part belle aux illustrations de Dave McKean et aux envolées sauvages du petit garçon hirsute et curieux du monde qui l'entoure. Il ne connait pas le langage ni les us de la vie en société, il est effrayant, mais sous ses airs de monstre se dégage quand même un certain attachement. On ressent les émotions qui le transcendent brutes et sans relief, son émancipation au fil de ses rencontres, et par son biais, les réflexions du narrateur.
Petit bémol de ces scènes, l'auteur a choisi de retranscrire fidèlement un texte rédigé de main d'enfant, avec des fautes de syntaxe et d'orthographe... De ce fait j'ai eu un peu de mal à me plonger dans le récit au départ - je me suis ensuite rattrapé - fixant ces fautes comme des aberrations dans un livre édité. Au final je ne suis pas sûr que cela amène plus de crédibilité à l'ouvrage et que, au contraire, ça ne le dessert pas plutôt.

À la fin de ma lecture, je restais tout de même conquis par la métaphore, par ce parallèle que fait l'enfant entre son héros sauvage et lui-même.
Où se finit la réalité et où commence la fiction ?




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Année d'édition
2009

Shiro et les flammes d'arc-en-ciel Yukio Abe (s)(d) Nob Nobi

Chronique du 01/12/11

Une vieille légende parcours la forêt de Miaô depuis la nuit des temps. Tous les cent ans, la lune redescend sur Terre jusqu'à toucher le mont Poisson. Il est alors coutume de l'accueillir de la meilleure des façons et d'éclairer sa venue d'immenses feux de joie : des feux illuminés par des flammes d'arc-en-ciel.
Le lune, heureuse de toute cette attention, continuerait alors de bercer le peuple de la forêt pour les cents années à venir.
L'heure est aujourd'hui venue de partir à la recherche des fameuses flammes d'arc-en-ciel. C'est Shiro, le seul chat de la forêt, qui est alors désigné pour cette quête malgré son jeune âge. Le destin de tout un peuple est entre ses mains.

En préambule je voudrais remercier les éditions Nobi Nobi pour l'envoi de cet album, par le biais de l'opération Masse Critique de Babelio. Ce n'est pas la première fois que l'on m'adresse un album en échange d'une chronique - et je ne le mentionne pas toujours non plus - mais j'ai vraiment apprécié sa réception et le petit mot qui l'accompagnait qui m'était destiné.
Nobi Nobi est une toute jeune maison d'édition puisqu'elle a tout juste un an et demi (leurs premiers ouvrages ont été édités en mars 2010). Si leur catalogue n'est pour l'heure pas encore bien rempli, leur politique éditoriale est d'ors et déjà établie : ils souhaitent présenter des albums jeunesse illustrés qui permettent de découvrir la culture japonaise, soit par le biais de traductions d'œuvres originales, soit des créations nouvelles inspirées du pays du soleil levant.
Une découverte (je ne connaissais pas cette maison d'édition) que j'ai envie de suivre puisque je suis très attiré par la civilisation japonaise depuis déjà de nombreuses années.

Shiro et les flammes d'arc-en-ciel est donc un album jeunesse, vous vous en doutiez.
Rien qu'à la couverture, il n'est pas bien difficile de faire le parallèle avec le très célèbre Hayao Miyazaki, tant le graphisme mis en avant ressemble à celui du maître à qui l'on doit de merveilleux dessins animés tels que Le voyage de Chihiro, Mononoke Hime, Mon voisin Totoro, Nausicaä, Porco Rosso et bien d'autres...
Il faut dire que Yukio Abe travaille lui aussi dans l'animation, ceci peut donc expliquer cela. Vous connaissez sûrement la série Le tour du monde en 80 jours (1981) dans laquelle il était l'un des directeurs de l'animation. Il officiait également comme directeur artistique pour l'adaptation de Léo, roi de la jungle (d'après l'œuvre d'Osamu Tezuka) en 1997, ou encore Edgar de la Cambriole : Le Secret de Mamo (Lupin III) en 1978. Hayao Miyazaki lui-même réalisé le film suivant de Lupin III : Le château de Cagliostro, en 1979.
Un lourd passif dans l'animation qui explique le trait de l'auteur, mais il est bel et bien question d'un livre ici, je vous rassure :)

Shiro et le flammes d'arc-en-ciel est un album haut en couleur dans lequel l'auteur développe un récit simple et efficace. Ses dessins, dont la technique s'apparente à du pastel gras retravaillé pour donner plus de relief aux textures, accompagnent une histoire pour les plus jeunes qui, pour reprendre les propos de Jérôme, ont tout de la structure d'un conte, de la situation initiale à la situation finale, en passant par les traditionnelles péripéties engendrées par l'élément perturbateur qu'est l'ombre qui cache la lumière tant convoitée.
On croisera la route de nombreux personnages, tous d'un aspect animalier : le chat bien entendu, mais aussi des poissons, des lapins, brebis, cerfs et bien d'autres. Les petits de la chouette m'ont pas mal fait pensé à des mogs (très célèbres dans Final Fantasy), et j'aurais même eu tendance à voir dans la tanière d'Altagarr bon nombre de Tomberry (mais je suis sûrement un gros geek... quoique ^^).

Côté récit, ne vous attendez pas à un miracle révolutionnant vos lectures, il s'agit d'une histoire pour enfants. Dès 5 ans précise même l'éditeur. Mais je ne pense pas qu'il soit insurmontable pour un bout de chou d'en comprendre le sens bien avant si vous vous sentez l'âme d'un conteur.
On se réconfortera dans les dessins qui, avouons-le, sont bien plaisants à regarder.

Chronique du 04/12/11

Alors pour commencer, contrairement à Lunch, ce n'est pas du tout le dessin qui me fait penser à Miyazaki, mais uniquement la police utilisée pour le titre de l'album, ce qui réduit pas mal les ressemblances. Ce qui n'empêche pas ce petit livre d'être très coloré, avec un travail de matière très abouti et une qualité graphique indéniable. Un régal pour les yeux, je ne me lasse pas de le feuilleter !

Il n'y a pas que le dessin qui est le fruit d'un travail poussé. Malgré la brièveté de l'histoire (hé ho, c'est un album pour enfant quoi), on sent que l'univers dans lequel évolue le héros a été bien réfléchi, et on regrette finalement de passer si vite d'un événement à l'autre et de ne pas prendre le temps de s'attarder sur tel ou tel aspect de ce monde. Je crois qu'il y a de quoi développer de nombreuses aventures pour ce jeune héros.

L'histoire elle-même ne casse certes pas trois pattes à un cana... matou, mais elle retrace une petite aventure fort divertissante et trépidante, dans laquelle on ne s'ennuie pas. Et elle a très bien marché pour endormir Gussette, 2 mois 1/2.
Cela dit, 2 mois 1/2, ce n'est pas vraiment l'âge préconisé pour ce genre de littérature, c'est juste qu'avec les bébés, tout marche, y compris les romans pour adulte. Si l'éditeur conseille ce livre à partir de 5 ans, je pense qu'un enfant de 6-7 ans se l'appropriera beaucoup plus aisément.

Mon verdict en bref : une chouette aventure, dans un univers à approfondir, avec un graphisme sublime.

Et puis c'est vrai qu'il y a des mogs là-dedans !...


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Année d'édition
2011 (2004 au Japon)

Trois petits riens Michaël Escoffier (s), Kris Di Giacomo (d) Balivernes

Chronique du 25/11/13

Si l'on voulait résumer l'album en trois mots, Trois petits riens raconte l'histoire de trois fois rien sortis d'on ne sais où et partis vers un ailleurs lointain.
Trois petits personnages insolites qui arpentent les chemins et finissent par décrocher une mission à leur mesure : retrouver le doudou que Louise a perdu.
Mettant en scène tour à tour un chien et un père-noël coincé dans une cheminée depuis l'hiver dernier comme compagnons d'aventure, ainsi qu'une pie et un coucou en complices espiègles, nos trois petits riens se plient en quatre pour mener à bien leur recherche, et orienter notre lecture vers une fin heureuse.


Cet album, qui comporte 32 pages sans contenir toutefois trop de textes, est conseillé à partir de 5 ans mais il demeure largement accessible dès 2 ans.
Le premier soir, à l'ouverture du paquet, la puce a sauté de joie et s'est directement installée sur nos genoux (il faut dire qu'elle adore les livres) pour non pas une, ni deux, mais trois lectures, mine de rien, nous enjoignant tour à tour à lui raconter l'histoire.

Une histoire aussi belle qu'amusante à conter, car les textes de Michaël Escoffier jouent avec les formes des illustrations et sont très agréables, avec des mots redondants et des rimes sonnantes.

« Si trois fois rien égale trois, se disent-ils, à mille nous ferons le poids. »

Pour les accompagner, les décors décrits par Kris Di Giacomo traduisent une ambiance grise-marron propice au drame qui se déroule sous nos yeux (perdre un doudou, c'est un drame, je défie tout parent de prétendre le contraire). Un rendu très brut obtenu d'une manière générale sur fond de carton et de papier kraft, assorti d'un trait à la plume ou au crayon de couleur noir, de remplissages pleins ou coloriés, de taches et de gommettes. Un assemblage cohérent et enfantin plutôt original et réussi.

J'avais peur que l'apparence un peu terne de l'album déplaise à la puce mais c'est bien le contraire qui s'est produit (il faut toujours laisser les enfants se faire leur propre opinion). Elle a demandé et redemandé le livre plusieurs jours de rang. Comptant les 1+1+1 petits riens en même temps que nous, aboyant à l'intervention du chien, pointant le doudou perdu aussitôt apparu.
Elle la comprend bien à Louise, heureuse comme tout d'avoir retrouvé son doudou !

« La vie est faite de petits riens, de tout petits riens de rien du tout, invisibles aux yeux de certains, mais qui comptent pour nous, plus que tout. »

Les auteurs, qui n'en sont pas à leur coup d'essai, ont déjà quelques collaborations en commun.
Michaël Escoffier est un auteur reconnu dans le milieu jeunesse. Kris Di Giacomo a quant à elle toujours travaillé avec lui : soit 13 livres (+1 en tant qu'auteur complet) selon Ricochet.
Il faudra peut-être persévérer de ce côté-là !

Nous remercions Babelio et Balivernes éditions pour ce joli cadeau.

Chronique du 25/11/13

Après toute une panoplie d'albums dont on retiendra notamment La plume, Le jour où j'ai perdu mes super pouvoirs ou Bonjour facteur, Michaël Escoffier de retour. Cette fois Kris di Giacomo est au dessin (une illustratrice qu'il semble apprécier, puisque c'est loin d'être leur première collaboration). Ensemble, ils créent ici un album métaphorique et intelligent, au graphisme plein de charme avec des effets « kraft » (et j'adoooore les effets « kraft » !).

Trois petits riens arrive à rassembler en quelques pages une demi-tonne d'ingrédients qui en font l'album idéal : sur fond philosophique où les enfants y apprendront que « la vie est faite de petits riens », on y trouve pèle-mêle du doudou, du Père Noël, de l'aventure, de la solidarité, un bon gros chien bien sympatoche, du rythme et quelques rimes bien fichues.

Bref, cet album a tout pour plaire. Et justement, à la maison, il plait beaucoup beaucoup beaucoup. Dans son catalogue, Baliverne le classe dans les albums dès 5 ans. Ben nous, on a une petite fille de 2 ans qui en raffole et en redemande régulièrement une énième fournée (et quand on est parent d'une telle ogresse littéraire, je peux vous assurer que c'est important d'apprécier les livres qu'on lui lui 26 fois par jour).


D'autres avis : Jérôme, Lasardine

La présentation de l'album sur le site de l'éditeur.


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Année d'édition
2013